Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Editorial : encore un effort pour regarder la réalité en face si on cherche la paix par danielle Bleitrach

Un commentateur du blog qui s’obstine à venir nous expliquer à quel point le socialisme est ennemi de la liberté alors que malgré quelques défauts le « libéralisme » demeure la seule voie bénéfique commence à évoluer même s’il l’ignore lui-même. A propos de Cuba, il a prétendu mettre un signe d’égalité entre l’attitude des Etats-Unis et celle de la Chine à Taiwan. Si je vois dans cette ânerie manifeste un progrès c’est qu’il en est – et c’est un immense progrès- de mon obstiné commentateur, comme des dirigeants européens et Macron en particulier mais pas seulement. Ils tentent tous de trouver une autonomie stratégique, cela va de Macron qui lui y voit une forme d’allégeance pure et simple qui préserverait ce qu’il reste du capital gaulliste . Mais ce renvoi dos à dos va bien au délà jusqu’au grotesque du gauche qui signe par ce fait son arrêt de mort et même le PCF entraîné au plan international dans sa disparition pure et simple. Il y a confusion dans cette comparaison du crime contre l’humanité et dela revendication à l’application d’une reconnaissance simplement du droit international tel qu’il est défini par la Charte des Nations unies. et je vais tenter brfievement de décrire la nature de ce renvoi dos à dos, dont la finalité réelle est de bloquer, d’empêcher l’intervention citoyenne, on décourage « l’esprit partisan » pour mieux contribuer à l’escalade, laisser le peuple français s’engager dans un surarmement mortifère en le désarmant dans sa capacité d’intervention citoyenne.

Est-ce cela pour vous la « démocratie » ? Réflechissez vous la déconsidérez et vous rendez le fascisme inévitable.

Partons de votre comparaison : pour rappel Cuba a mené une lutte historique pour son indépendance face à l’Espagne, une lutte telle qu’alors qu’avec 50.000 soldats les Anglais s’assuraient la domination des Indes, l’Espagne avec ses 500.000 soldats a essuyé une défaite totale mais les Etats-Unis par trahison ont prétendu avoir subi une agression et ils ont imposé de fait une dictature et nous publions un article de rappel sur la manière dont les Etats-Unis se sont conduit face à une île sur lequel ils ont prétendu exercer un pouvoir colonialiste et mafieux. Cuba qui a voulu choisir son mode de gouvernance subit un blocus totalement illégal depuis plus de soixante ans, blocus qui est condamné chaque année par les Nations Unies y compris par la France, à l’exception des USA, Israël, l’Argentine et l’abstention ce l’Ukraine cette année. Ce blocus a pris des dimensions de génocide, et l’île est désormais sous menace d’un changement de régime, d’enlèvement de Raoul Castro et intervention militaire. Trump et sa bande mafieuse ne craint pas de prétendre faire payer à cette petite nation des Caraïbes qui ne menace personne sa déculottée en Iran.

Il y a là qu’il s’agisse de Cuba, d’autres nations d’Amérique latine, d’Afrique, comme du Moyen, Orient l’exercice de la loi de la jungle, qui comme nous l’analysons aujourd’hui met en péril tout le droit international et toute la capacité de négociation, l’onde de choc en est encore mal perceptible.

Oser comparer ce crime contre l’humanité à l’affirmation de la Chine à l’unité d’un territoire chinois dont le dépeçage a toujours été le produit d’interventions extérieures de la guerre de l’Opium comme Hong Kong au soutien à des séparatisme que les Etats-unis transforment en fortin, en base d’intervention et en guerrier par procuration, c’est méconnaitre l’histoire, le droit international autant que ce qui est proposé par la Chine qui n’exige aucun changement de régime simplement la fin de la base US. Taiwan étant la pièce de leur dispositif d’encerclement comme l’est l’ïle de Guam et ceci en violation totale du fait que l’indépendance de Taiwan n’est absolument pas reconnu par l’ONU. Au plan historique si le parti communiste a pris le pouvoir en Chine continental(1), le Kuomintang, Guomindang, Kuo-Min-Tang, ou Kouo-Min-Tang est le plus ancien parti politique de la Chine. Créé en 1912 par Sun Yat-sen, il domine le gouvernement central de la république de Chine à partir de 1928 jusqu’à la prise de pouvoir par les communistes en 1949. Jusqu’en 1986, il est le seul parti autorisé à Taïwan. Il reste ensuite la première force politique de l’île jusqu’en 2016, gardant durant toute cette période la majorité au Parlement et, sauf de 2000 à 2008, la présidence. En 2016 cependant, il perd temporairement tant la majorité au Parlement que la présidence au profit du Parti démocrate progressiste qui est en fait une création des USA qui tente d’imposer ce que le Kuomitang n’a jamais accepté à savoir le détachement de la Chine continentale.

Nous avons parlé à propos de la doctrine de Primakov qui s’impose à la Russie à la fin de l’URSS de la manière dont ce grand diplomate analyse la fin obligatoire de l’unipolarité des USA. Il y a deux raisons à cette fin de l’unipolarité que l’occident coalisé avec les USA croyait avoir imposé comme une fin de l’histoire, c’est note t-il la manière dont les dits USA entretiennent partout des formes de sous développement, empêchent l’accès à la modernité. Même en Asie et dans les pays comme l’Europe où ils ont prétendu développer un essor économique, industriel ça a été en imposant l’alignement total de leur politique extérieure sur les intérêts US comme par le biais de l’OTAN ou d’une manière encore plus caricaturale sur les monarchies du Golfe. Ce qu’a révélé l’affaire du détroit d’Ormuz après la guerre tarifaire de Trump ça a été le fait que la « protection » US non seulement avait un coût prohibitif mais était de fait inefficace et même allait a contrario des intérêts.

Si le rackette digne d’Al Capone est manifeste en ce qui concerne Cuba, il faut mesurer que partout il y a déstabilisation et la différence se fait entre ceux qui sont prêts à accepter la « division du travail » imposée par Trump à savoir amplifier le surarmement contre l’ordre multipolaire et la Chine en payant toujours plus non pas pour sa propre défense vu que personne n’est menacé mais pour des aventures de l’impérialisme qui nuisent à la mondalisation de l’économie;, développent inflation et chômage.

Alors pour en revenir à ce commentateur qui ose comparer la situation de Cuba et celle de Taiwan et qui se faisant témoigne de son inculture manifeste en matière d’histoire comme de géopolitique, pourquoi est-ce que je prétends qu’il y a « progrès » dans cette comparaison qui n’est pas « raison » ? Parce que ils en sont à tenter une situation d’équivalence, de renvoi dos à dos alors qu’il y a peu de temps la dictature était pour eux d’un seul côté. Certes comme pour Macron ce renvoi dos à dos est encore une manière de feindre une autonomie stratégique qui est rien moins que l’acceptation de rester un supplétif du mafieux en chef et sous couvert de « libéralisme », de « démocratie », il y a l’invite comme du temps du colonialisme à défendre l’indéfendable au nom de la mission civilisatrice mais on se bat à reculons tant ce que représente ce monde unipolaire est battu en brèche en France même, avec une crise qui n’a pas de solution dans leur système et qui entretient la politique comme dans la maison mère les USA: une guerre civile qui mène au fascisme.

Il y a en ce moment une manière de limiter la reconnaissance du caractère criminel et génocidaires de ce qui est partout entretenu par l’hégemon imperialiste unipolaire, sa prétention à exercer sa puissance en solitaire la tentative d’adjoindre à la condamnation par des tribunaux ad hoc de crimes manifestes comme ce qui se passe à Gaza ou à Cuba, comme pour mémoire la Russie. Et notre interlocuteur en est à ce stade là : le CPI poursuit les dirigeants israéliens pour viol des prisonniers mais y ajoute aussitôt vu ce qu’est le CPI la Russie et ce sans la moindre preuve. La diabolisation de la Russie doit se poursuivre alors qu’apparait de plus en plus clairement la nature du régime qui a été chargé de porter le fer et le feu en lieu et place de l’OTAN pour faire le même travail dans la fédération de Russie que celui opéré en rupture de tous les engagements contre ce qui était les pays du pacte de Varsovie et même le coeur même de la Russie quand on en est à Kiev. Nier cette dimension historique et géopolitique au nom de « révolution de couleur » provoquées interdit ici aussi toute négociation, toute issue.

Mais sous le poids de la réalité, même en Ukraine, les sondages, les réactions montrent que la crainte de la corruption des dirigeants devient plus grande que la crainte de la menace russe et les sondages n’interviennent que dans les zones qui ne sont pas russophiles et déjà passées à la Russie. Ce qui apparaît c’est que ce système de la guerre par procuration ne fonctionne pas sur une mobilisation populaire mais est déserté par la population ukrainienne qui fuit massivement, en revanche il est devenu un mercenariat qui recrute partout soit sur des bases idéologiques d’extrême-droite , soit sur des bases économiques comme avec le nombre reconnu de soldats colombiens avec tous les trafics qui vont avec, armes, drogue. Ce système mercenaire se déploie aujourd’hui en Afrique, au mali en particulier et les dirigeants ukrainiens, Zelenski en tête vivent de cette corruption qui fait songer à cette guerre de trente ans dans laquelle a disparu la moitié de la population européenne et dont Brecht faisait déjà l’analogie avec la situation de l’Allemagne nazie dans la mère Courage. Celle qui croit nourrir ses enfants par la Guerre qui les tue.

Je voudrais ajouter une réflexion personnelle sur la manière dont dans un tel contexte où la prise de conscience de la nature des intérêts réel joue un tel rôle sur la manière dont le régime unipolaire dit sa violence terroriste et que j’avais déjà perçu dans l’intervention dans l’ex-Yougoslavie en 1999, la manière dont a été monté de toute pièce une Serbie génocidaire pour mieux bafouer le droit et intimer la terreur y compris déjà en bombardant l’ambassade de Chine et intervenant en Europe contre un gouvernement qui pourtant avait donné pas mal de gage de soumission mais qui prétendait demeurer « socialiste » fut-ce à la manière de Gorbatchev. Il n’y a pas dans une telle logique de hasard y compris quand l’intervention revendique sa violence terroriste et génocidaire en s’attaquant aux enfants.

C’est le cas d’Israël qui va très loin dans ce domaine mais est-ce un hasard si les bombardements en Iran débutent par le massacre d’une centaine d’écolières, des enfants, des filles, qui sont tuées avec cynisme et prémiditation si on imagine à quel point les cibles ont été désignées à l’avance dans une étroite collaboration entre Israël et Washington, si encore aujourd’hui Trump parle de ramener à l’âge de pierre l’Iran et de faire sauter Oman pour faire durer contre les intérêts du peuples américain la guerre en Iran peut-être pour qu’Israêl accomplisse un maximum de crimes au Liban ?

Mais est-ce un hasard si le défi de l’OTAN a été porté par une frappe récente également contre une école où des jeunes gens n’y a -t-il pas là un acte délibéré pour faire table rase de toute négociation pour en rendre impossible le minimum de confiance nécessaire pour s’asseoir autour d’une table? Ces frappes ciblées avaient une portée purement symbolique – elles ne visaient ni des spécialistes militaires, ni des cibles militaires.

Il serait temps que chacun fasse un examen des conditions qui mènent à la paix et celle qui mènent à toutes les guerres, hybrides mais aussi militaire y compris dans une escalade que rien ne parait pouvoir interrompre.

danielle Bleitrach

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