Histoire et societe poursuit sa méditation sur l’Histoire, l’événement ses conséquences : la guerre prolongée… Si la fin d’un monde unipolaire avec le Zugzwang est inéluctable, la question est de savoir dans quel état cette agonie laissera le monde multipolaire. Un champ de ruine ou une architecture inédite ? Les deux probablement et cela prend forme sous nos yeux pour qui sait voir. Mais nous sommes convaincus que ce qui nous est posé à chacun en tant qu’être politique (dirait Aristote) c’est un choix de civilisation, et le sens que nous donnons à notre vie? Ce que Hegel définit comme la liberté réelle celle d’avoir sa place chez lui dans sa famille, sa localité, sa nation et le monde.

NOus avons déjà souligné à quel point le suzerain du monde unipolaire se joue dans l’affirmation spectaculaire de sa puissance militaire, financière, celle aussi d’imposer ce narratif au monde, de l’apeurer et le désorienter en occupant les écrans et en renforçant pas cette surexposition la censure, en interdisant tout ce qui peut si peu que ce soit contredire ce guignol qui finit par décréter le blocage du détroit d’Ormuz faute de pouvoir obtenir que la situation de ce dernier retourne simplement à ce qui existait avant son intervention et celle d’Israël .
Nous avons également souligné la contradiction entre cette représentation et le prix de l’essence à la pompe, les FAITS. Là les faits deviennent têtus. Même la diabolisation de l’adversaire n’y suffit pas.

Ce qui peut accorder un sursis à ce pouvoir c’est que le champ politique de cette superpuissance et celui du monde sur lequel s’exerce son emprise deviennent une foire d’empoigne et se divise à l’infini. La caste et son pouvoir discrétionnaire engendrent des « forces » groupusculaires qui ne mordent plus sur la réalité et « sur-idéologisent » en jargonnant. Alors ce que Lénine définit comme la première nécessité d’une situation révolutionnaire, à savoir l’impossibilité à gouverner de la classe dominante, soit son ultime survie et le règne de l’arbitraire et du fascisme…
Pour comprendre cette décomposition du champ politique dit « libéral », démocratique des sociétés occidentales qui se retourne en son contraire le fascisme, il faudrait consacrer des chapitres entiers à l’étrange organisation de l’impérialisme à son stade financiarisé, qui n’est plus celui de Lénine. Avec transformation de la concurrence monopoliste, tendent à se vider de leur pouvoir les Etats eux-mêmes et se substituent à eux des milliers de lieux dans lesquels il n’y a plus aucune régulation, plus de taxes. le fait que ce soit désormais les îles Caïman ou les îles vierges qui détiennent l’essentiel de la dette des USA plus encore que la Chine, le Japon, ou les Européens, dit la nature réelle du pouvoir d’un Trump et de la manière dont il avance un œil fixé sur les marchés et l’autre sur les sondages des élections de mi-mandat devrait nous faire percevoir la nature de ce système.(1)
Qui à travers la propagande qui est déversée sur nous peut avoir la moindre conscience de ce qu’est le système qui laisse actuellement les nations à commencer par les USA, en état de guerre civile ?
Ou encore nous faire nous interroger sur ces paradoxes qui font que Trump a parfaitement raison de noter que les Etats-Unis ne dépendent pas du détroit d’Ormuz qu’ils sont parfaitement suffisants et même excédentaire en pétrole et que ceux qui souffrent de son blocage sont en priorité tous les pays qui refusent de s’engager à ses côtés pour le sortir du guêpier. Il n’y a pas que les européens, les plus réticents sont peut-être la Corée du sud et surtout le Japon traitant directement avec l’Iran. Quant à la Chine, elle ne cesse de multiplier les filets de protection tout en bénéficiant d’un traitement préférentiel de l’iran et de la Russie et en ayant constitué des stocks y compris à travers un système sophistiqué de participation aux raffineries. Sans parler d’une ré-orientation des routes des échanges qui ne sont plus seulement maritimes. Mais de quoi se protège-t-elle et pourquoi cherche-t-elle à élargir sans cesse un front qui à des degrès divers ne suivront pas les Etats-Unis? Qui ne représente pas les intérêts d’aucun pays dans le monde pas même le sien.
Donc revenons à la question pourquoi alors que les Etats-Unis sont à l’abri des conséquences du blocage du détroit d’Ormuz non seulement sont-ils empêtrés dans cette guerre? Une guerre que personne ne peut gagner parce qu’elle s’inscrit dans une guerre prolongée et que visiblement l’Iran a choisi la durée… Pourquoi cette guerre que l’on présente comme le résultat de l’influence nuisible de Netanyahou s’inscrit-elle dans un voracité pétrolière de Trump qui l’a déjà poussé à l’expédition au Venezuela et à revendiquer le Groenland. Mais ces questions se doublent d’une autre pourquoi alors que’ les Etats-Unis sont à l’abri de la pénurie et sont même excédentaires sont-ils en train de subir un effet inflationniste à partir mais pas seulement de la montée des prix du pétrole?
Là encore il faut avoir conscience que ce qui est visé c’est l’approvisionnement chinois et l’asphyxie de sa capacité à maîtriser les échanges dans un monde « mondialisé » sur le mode dominant impulsé par l’Impérialisme. Cette avidité a déjà existé elle a failli dévaster le monde.
Ce monde est non seulement celui d’une caste de multimilliardaires qui s’émancipe de toutes lois et régulation mais prétend le faire en revendiquant la liberté la plus absolue pour lui et ses pareils.
Quel monde ? On pourrait dire qu’il y a eu une parodie de la stratégie révolutionnaire du Che par le capitalisme financier: à la proposition d’allumer partout des foyers révolutionnaires, le capital, confronté à sa propre crise, a à travers l’utopie du marché seul expression du social, a ouvert la possibilité de la fuite des capitaux y compris de l’épargne pour la santé des fonds de pension vers des territoires pas règlementés, sans taxes. Ce choix est celui des Etats privatisant à tour de bras à partir du choc pétrolier, celui de Mitterrand transformant les sociétés nationales comme EDF et d’autres en sociétés par action partant à l’assaut de continents entiers et se détachant de plus en plus du service public.
Sa contrerévolution s’est imposée comme une libération et la gauche a crié « Vive la crise! » émancipatrice, cette libération supposée des énergies a tablé sur ce qui deviennent les efforts non coordonnés d’acteurs privés en quête de profits mais aussi de sécurité que l’Etat ne leur accorde pas ou alors de moins en moins. Le monde est de moins en moins interconnecté, de plus en plus fragmenté si ce n’est qu’il existe des prédateurs dont Trump parait l’incarnation qui sont de plus en plus à l’affut de cette « dynamique » de rupture avec tout contrat social pour en retirer des profits et le droit à la tyrannie.
C’est peu dire qu’il s’est trouvé une gauche pour emboîter le pas. Il est évident qu’il est des individus et mêmes des collectifs plus doués que d’autres pour enclencher cette « dynamique »de la fragmentation et Marine Tondelier a mis l’accent d’une manière humoristique sur la capacité en France du PS a vivre un congrès permanent dans lequel aujourd’hui Mélenchon, Olivier faure et Hollande ne cesseront pas de créer les conditions de la division, la machine à perdre du crétinisme parlementaire(2). Mais le processus provient surtout du capital.
Il est alors question d’une capacité à organiser des sécessions douces pour le capitalisme de la séduction (3) , la multiplicité de petits actes de défection de chacun vers le privé, le marché, ce qui peut être obtenu par un paiement, une épargne individuelle par rapport au service public, à l’état , à la solidarité collective.
Et à une échelle territoriale plus vaste, cela devient un monde d’enclaves clôturées autour duquel monte une situation invivable (4) et complètement paranoïaque de peuples dangereux et envahisseurs qui sont serviteurs opprimés et esclaves en état de révolte anarchique.

Tout système politique envisageant d’autres valeurs, et d’autres priorités, et qui de ce fait s’oppose à ce naturalisme des eaux glacées du calcul égoïste comme relevant de la nature humaine, en devient selon ce narratif consensuel dogmqtique, imposé, coercitif, tyrannique. Le capitalisme- qui occulte l’exploitation de ses travailleurs au profit d’une vision du marché et du primat du consommateur solvable et plus- semble traduire un maximum de volontés d »acteurs non contraints apparemment. Toutes les propositions collectives sont alors stigmatisées, décrites par cette « doxa » comme relevant de la tyrannie quand elles visent à recréer l’unité des exploités et des peuples pillés. Pourtant la force de contrainte que les sociétés qui luttent contre cette vague pseudo démocratique, pseudo libertaire mais qui est déjà répression, exploitation, destruction des syndicats, des partis ouvriers, est obligée de s’opposer par la force, par la revendication des véritables intérêts de la majorité des nations et des peuples à la liberté du libre renard dans le libre poulailler. Par ce que Marx, Lénine et les autres définissaient par la dictature du prolétariat sans laquelle il n’y a pas de socialisme allant vers le communisme.
Tandis que le monde multipolaire est de plus en plus dans la conscience de la guerre prolongée dans laquelle se joue le sort des nations avec des acteurs rassemblés sur des bases diverses en l’occurrence l’impossibilité de la survie dans pareil système qui est devenu Apocalypse Now et la revendication à la paix, à un droit international revisité… Nous en sommes encore à nous diviser sur l’appréciation de ce qu’est l’ennemi, sa nature et le fait que Trump n’est pas un accident mais que le système qui a produit un Trump est fondamentalement antidémocratique démocratique, mortifère…
Encore que il faut là aussi mesurer les effets réels de la période, au-delà du sentiment de cet apocalypse, en particulier le fait que la fin du monde unipolaire a peu de chance de déboucher sur le rêve d’Emmanuel Todd de la disparition des Etats-Unis et le fait qu’ils ne seront plus une grande puissance. Si en revanche il n’en est pas de même des guerriers par procuration que sont l’Ukraine et zelenski et Israël de Netanyahou et quelques autres, il faut admettre que nous sommes obligés de coexister et que le monde a besoin d’être apaisé et pas seulement de l’emporter .
Cette aspiration méconnue se double d’un changement de génération qui n’a plus aucune idée de ce qu’on nous avait transmis ne serait-ce que de la manière sont on lutte contre le fascisme. Ce changement de génération, qui est un autre fait caractéristique, avec un bouleversement d’orientation et mêle la disparition des figures historiques à la Orban peut paradoxalement dans les ex-pays socialistes représenter une aggravation puisque les problèmes demeurent mais aussi dire que nous n’avons pas su transmettre et encore plus passer la relève, il a manqué une génération celle chez nous qui s’est engouffré derrière Mitterrand et qui s’est cru iconoclaste mais a détruit les cadres sociaux de la mémoire.
ET si je raisonne par analogie, je constate que nous sommes devant un congrès du PCF dans lequel tout le monde feint de s’inquiéter de ce qui va se passer en 2027 et multiplie les propositions électoralistes, mais ce qui se passe en 2026 en ce moment même ne dit-il pas déjà les dangers et le double discours y compris sur l’immigration, sur la guerre et sur la paix. Qui le démontera ? Qu’avons nous transmis de ce que des générations entières de lutte y compris contre le fascisme nous avaient apporté et dont nous tirons encore des programmes dont les accents concrets tranchent ? Nous n’avons que le mot rassemblement en bouche pour mieux diviser, exclure de l’espace public au niveau international comme dans nos propres partis, voire familles. C’est devant cette situation que j’ai écrit le zugzwang…
Y a-t-il une stratégie consciente à l’intérieur de la multipolarité? qui repose également sur cette articulation d’un projet le socialisme par l’agrégation de choix sous la pression des masses et la dictature de l’unipolaire devenue facteur de division?
Une des questions qui est posée dans la période c’est celui de l’affrontement inévitable bien que différé entre les USA et la Chine… Et inévitablement il est procédé alors à l’estimation des forces, à ce que les conflits existants en particulier ceux d’Ukraine et d’Iran nous apprennent. Le fait est que non seulement la guerre est prolongée mais la guerre est multiforme, devenu un phénomène social total qui se confond avec la tentative de contre offensive de l’hégémon avec ses performances scientifiques et techniques, la guerre est prolongée et hors limite (5). Pour Qiao et Wang, la guerre n’est plus uniquement une épreuve des volontés sur le champ de bataille entre deux armées régulières, elle n’est plus seulement un duel entre États comme Clausewitz le pensait. La guerre s’est étendue à toutes les activités de la vie humaine, à tous les espaces, à tous les domaines. Elle n’est plus l’apanage des militaires, mais aussi des civils comme le hacker ou le financier.
A ce stade, qui n’est plus 1999, date à laquelle fut écrit ce livre, nous découvrons qu’au-delà de ces figures de « spécialistes », il existe la pression des masses qui prend des effets nouveaux comme le rôle des sondages et contribue à l’instabilité des gouvernants. Si en ce temps des organisations supranationales comme l’ONU ou des organisations non-étatiques telles que les groupes terroristes ou les cartels ont également accaparé le monopole longtemps réservé aux États de faire la guerre, il y a exigence de retrouver un ordre international qui réserve à tous leur place. la guerre qui nous est imposée fait usage de tous les moyens comme la spéculation financière, la dévaluation, etc., et plus seulement des soldats, des chars et des avions. On pensait qu’elle ne se déroulerait plus forcément sur un territoire, qu’elle s’était déterritorialisée dans l’espace exo-atmosphérique ou le cyberespace, c’est vrai mais se confirme aussi l’importance des champs de bataille, des êtres humains et du matériel conventionnel. En ce sens, la guerre et ses manifestations sont nombreuses et difficilement saisissables : « guerre financière », « guerre économique », « guerre médiatique », « guerre du droit international », « guerre écologique »… Mais derrière cette déterritorialisation, on retrouve de plus en plus le retour comme dans la guerre en Iran et le détroit d’Ormuz le poids des énergies et des produits « réels » avec la taupe de la lutte des classes. C’est même le moyen essentiel de peser sur la transformation en cours.
C’est à ce type de guerre qu’est confronté le monde multipolaire et elle place très différemment chaque pays suivant son niveau de développement mais aucun ne peut ignorer le terrain (6) de ce hors limite (7).
Et c’est là que nous retrouvons un des problèmes principaux auquel sont confrontés ses leaders dans ce moment de transmission nécessaire. Eux qui eux ont été formés dans un monde qui a affronté le fascisme et qui en connait les multiples visages, qui sait ce qu’il faut pour s’en débarrasser. L’existence d’un parti communiste est essentiel même si comme celui de la Russie il n’est plus au pouvoir mais a la force suffisante pour donner au patriotisme sa dimension de classe. Ziouganov a une préoccupation qu’il a réussi à faire partager à son parti, celle de ne jamais oublier les leçons terribles de ce qu’a été le nazisme et ce qu’il a fallu déployer d’héroïsme pour le vaincre. Cette mémoire de ce que le communisme a créé de héros modestes et lumineux il la défend parce que la jeunesse a besoin de ce rappel. En effet la génération qui est aujourd’hui en état de prendre la tête du pays non seulement n’a pas connu une telle épreuve mais a été formée dans les temps de la contrerévolution. C’est le principal problème sans doute de ceux qui franchissent cette étape du monde multipolaire auquel sont confrontés tous les leaders y compris Poutine et XI, sans parler de Cuba. On peut rire de Trump mais le grotesque du fascisme ne l’a jamais rendu moins dangereux. Mais il y a aussi un point d’appui, le fait que ces générations ne sont pas prêtes à la guerre et la désertent. Il faut ne pas repousser cette apparente contradiction mais l’utiliser pour avancer ensemble.
Après la fin de l’histoire son retour en force… Le passé mais rien n’est reproduit à l’identique…
Qu’est-ce qui est historique et qu’est ce qui ne l’est pas… Si j’ai si passionnément aimé l’Histoire c’est parce qu’elle a provoqué en moi le sentiment d’exister, je pense à ce que Nietzsche, avec lequel je n’ai pas beaucoup d’affinités a su dire à propos des combats des dieux dans le théâtre grec: « c’est l’étrange magie de ces combats qu’on ne puisse y assister sans pouvoir s’empêcher d’y prendre part. » Que voulez-vous c’est ainsi je ne me sens pas partie prenante des « combats » entre les écuries des présidentiables en France, c’est fini et je ne suis pas la seule à déserter. Tout appartient à l’histoire pourtant, encore faut-il qu’elle vous transforme en acteur et suscite en vous le sens d’une vie… le prix de la votre… C’est ce que représente Cuba même affaiblie, même épuisée elle vous fait le don de votre participation désintéressée à l’Histoire humaine mais parce que jamais elle ne cède à la paranoïa, n’exige de ses soutiens qu’ils soient autres qu’ils ne sont, y compris avec son adversaire les Etats-Unis elle construit des ponts. Cuba a-t-elle réellement su transmettre à d’autres générations? Bien mieux que beaucoup d’entre nous. Est-ce suffisant ?
L’histoire c’est ce qui s’accomplit et qui dit à chacun : il s’agit de toi et au nom de cela il s’oublie… Même quand les acteurs n’ont pas en eux cette flamme chevaleresque de l’Amérique latine.. Comment expliquer? Ceux qui sont dans l’Histoire agissent comme s’ils avaient reçu mandat à la fois du passé et de l’avenir. .Le maitre mot c’est la souveraineté c’est à-dire la capacité à traduire en action la résistance pour refuser la défaite et alors on mesure mieux que nous avons des armes. C’est d’elle qu’il faut discuter et s’emparer. (8)
On repense à ce dialogue étonnant entre Xi et Poutine sur le fait que les planètes étaient alignées dans un ordre qui n’avait pas existé depuis 100 ans (en gros la révolution d’octobre qui avait suivi la première guerre mondiale). Et les deux dirigeants tous deux élevés dans une perspective historique celle du matérialisme historique s’interrogeant : es-tu prêt, je le suis a répondu l’autre.
Et on peut effectivement s’interroger sur ce qui s’oppose à ce qui est présenté comme la loi « naturelle » de l’unipolarité avec sa somme de vénalités, d’individualismes ou simplement de recherche de sécurité orienté vers le maintien de la loi d’une caste et que recèle cet échange? .
Effectivement tout se passe comme si nous étions confrontés à deux temporalités, celle des USA se jouant dans sa puissance à effrayer le monde, à prétendre le fasciner par sa capacité à ignorer les lois, les valeurs, les institutions qu’il a lui -même engendré et qui n’étaient pas que le fruit de la volonté de cette caste aveuglée par sa suprématie mais le produit aussi de la lutte des classes étendue à l’échelle de l’humanité avec l’impérialisme. Aujourd’hui il ne lui reste que l’arbitraire et les jeux du cirque assorti de quelques trucs de promoteurs immobilier dans « l’art du deal ».
Face à lui un autre monde largement impulsé par la Chine en partenariat stratégique avec la Russie, mais aussi la Corée du nord et l’Iran face à l’événement, ce rendez-vous qu’est le blocage du détroit d’Ormuz. Ce sur quoi nous insistons aujourd’hui est une autre approche décentrée émanant d’autres cultures mais surtout tenant compte de la multiplicité et de la complexité de la mondialisation, une réponse certes militaire mais qui a été obligé d’apporter des réponses au front hors limite dans lequel l’économique, le financier, le juridique se reconstituent en fonction de l’endiguement de la bête sauvage qu’est devenu l’impérialisme occidental dont les USA ne sont que le bras armé militairement et financièrement. Une réponse qui tient compte de l’humain dans le contexte de sa relation nouvelle à la nature, à sa propre nature.
Ce qui est en jeu est l’unité du genre humain, la fin de toutes les discriminations à travers lesquelles les rapports de classe on pu s’imposer depuis des millénaires, et c’est parce que Cuba est devenue à cause de l’exemplarité de son combat la capitale de la solidarité humaine qu’elle emporte une unanimité qui va bien au-delà des camps habituels. Si nous devons être attentifs aux conditions réelles, matérielles et idéologiques du combat actuel, la force des communistes tient à cette capacité à ne jamais oublier le but, c’est ce qui crée la force d’inventer, d’innover sans se contenter des limites que paraissent receler les temps et même de proposer un combat commun aux croyants.
Nous vous présentons aujourd’hui quelques FAITS qui témoignent de la résilience, de la capacité à résister au choc qui se développe : un article qui montre comment la Chine crée son propre arsenal juridique pour s’opposer à la militarisation du dollar, aux sanctions, aux blocus que les USA prétendent imposer au monde. Nous voyons par ailleurs comment la Russie s’adresse aux BRICS en priorité par rapport à la sécurité alimentaire. La manière dont le Vietnam qui a longtemps joué les deux bambous se rapproche de la Chine.
Cette « résilience » ou capacité à résister aux chocs est en priorité organisée avec les pays émergents du sud mais elle ne se contente pas de faire un front de quelques grands pays mais a le souci d’intégrer ceux qui sont les premières victimes de la vague, le cas de Cuba est bien sur le plus évident, mais Cuba correspond aussi à ce monde des « non-alignés » qui contribue à changer la face des décisions de l’ONU.
Quel est la place de chaque nation, de chaque force politique, de chaque individu dans ce choix de société avec cette interpellation : « Quel sens donnes-tu à ta vie ? » qui ne peut être éludé au-delà des vaines querelles de notre propre marginalisation à laquelle nous invite un système crépusculaire.
danielle Bleitrach
(1) Notons que le PCF avec les travaux des frères Bocquet sur les paradis fiscaux qui a engendré des textes et propositions législatives avait pris une certaine avance qui malheureusement a été bloquée par le refus de la prise en considération du monde multipolaire et de la stratégie de la Chine. Blocage que l’on doit à la faction qui s’est constituée entre la commission internationale du PCF dirigée par le sieur Boulet, son travail sur les publications du PCF et l’entreprise de liquidation menée au sein de la presse à commencer par l’Humanité et le groupe communiste à l’assemblée nationale mais aussi au sénat qui à la veille du 40e congrès et des présidentielles connait une maturation évidente mais qui se prépare de longue date y compris depuis le 38 e congrès. Cette décomposition ne concerne pas que le PCF et son origine est à rechercher dans celle du monde unipolaire décrit ici.
(2) on peut craindre que l’incontestable socialdémocratisation du PCF l’ait (lui et les groupuscules qui n’ont de sens que par leur satellisation) ait transformé définitivement l’organisation de ce parti en simple machine électorale et en annexe du Congrès permanent avec ses factions qui va avec.
(3) Ce thème que l’on trouve chez le sociologue Mike Davis des Etats-unis et dont l’idéal type est Los Angeles nous l’avons décrit dans notre livre « quand la France s’éveillera caractérise toute une littérature des années deux mille. Le Monde multipolaire va ouvrir sur une autre réalité celui des nations émergentes, la Chine en particulier qui utilisent pourtant la libéralisation mais en défendant leur souveraineté et en refusant d’être simplement les dépotoirs de ce que des îlots de puissance revendiquent pour eux seuls. Pourtant il existe si l’on considère le transfert massif vers des sociétés écrans dans les paradis fiscaux. Ce qui a été mis en lumière dans les Panamas papers et les Paradise Papers autant que par l’affaire Epstein.
(4) En fait, ce qui est en question est moins ce monde d’enclaves que leur vocation à devenir à travers les soubresauts de l’impérialisme américain la grande source d’inspiration de la survie dans la réorganisation politique de la société qui s’imposera au monde et qui prend alors des allures d’apocalypse.
(5) publié pour la première fois en 1999 en chinois aux Éditions littéraires et artistiques de l’Armée de libération (, La Guerre hors limites (Chāoxiànzhàn 超限戰) est un traité de réflexion stratégique qui a été publié en français par Rivages.
(6) là encore l’histoire réelle de l’affrontement nous confronte à bien des découvertes, non seulement le monopole des terres rares des Chinois, l’autarcie relative du monde russe héritée de l’URSS, mais également le haut niveau de formation des ingénieurs iraniens et même des miliciens houtis.
(7) les adversaires qu’affronte et frappe l’Iran sont non seulement les bases américaines mais ce monde des paradis fiscaux un paradis comme à Dubaï qui repose sur la surexploitation des travailleurs philippins et autres peuples d’asie et océanie…
(8) en ce moment où se pose par exemple le cas du congrès du PCF, il y a quelque chose de fascinant dans la difficulté collective de retrouver les procédures qui permettrait d’aboutir à rendre ce parti utile à son propre projet la paix, la justice sociale, le socialisme… La social démocratisation ou « liquidation » a abouti à l’équivalent d’un congrès du PS, la guerre perpétuelle entre tendances et le défaitisme qui nait immanquablement d’une telle paralysie. C’est pour cela que pour parer à ce premier danger, sollicitée j’ai dit que je choisirais la base commune, étant bien consciente que les conditions de sa production (le travail de commissions coupé de ce qui faisait la richesse de ce parti, la présence des militants dans les entreprises, dans les quartiers populaires, avec un effet technocratique qui malgré l’emphase finit toujours par conforter les idées dominantes) en a fait un texte sans utilité réelle. Donc le véritable travail après ce choix d’une base commune serait d’imposer à ce qui reste d’organisation un véritable travail de débat dans lequel les militants retrouvent leur place. Une réflexion collective qui envoie aux conférences fédérales des délégations réellement porteuses de ce travail avec des individus prêts à s’investir. C’est un lourd trav ail qui exige un bureau un collectif qui l’assume, convoque des réunions en prépare les discussions et fasse des choix, la multiplication des textes alternatifs l’économise et favorise un vote a priori sans débat. Alors que le travail d’amendement est une appropriation. Le contraire des bases faussement révolutionnaires qui ont été conçues pour réclamer la direction. La délégation qui porte le résultat du travail ne se constitue pas pour défendre sa faction mais son travail de réflexion collective mais qui peut organiser cela ? Où sont ceux qui sont conscients de la nécessité d’organiser un tel processus ? Résultat quand on me demande mon avis sur cette base, je refuse de le donner parce qu’il me semble que le travail de destruction a été tel que l’on m’a dépouillée moi et tous ceux qui avaient encore plus d’expérience de toute possibilité de transmission. Ce qui n’est pas le cas d’autres partis communistes qui conservent cette transmission, comme par exemple le KPRF, le parti communiste cubain et bien d’autres dont sont cachés soigneusement les travaux et que nous publions dans histoire et societe. Mais là aussi il y a eu un travail qui a coupé de ce savoir qui manque cruellement non seulement au PCF, mais à la France et à tous ceux qui veulent que leur action ait du sens, débouche sur une transformation. le manque d’un parti communiste ne concerne pas seulement les communistes, tous ceux qui ont vécu quand ce parti existait savent la différence mais ils disparaissent.
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