Entre les commandes nationales 2025 et 2026 et l’exportation, les industriels de l’armement français vont engranger plus de 100 milliards d’euros de commandes en deux ans. Ce qui leur procure de la visibilité, assure le nouveau Délégué général pour l’armement Patrick Pailloux. No comment… (note de DB pour HetS)

Publié le 05/02/26 à 06:00

Patrick Pailloux, le nouveau Délégué général pour l’armement
DGA
La mise au point est claire, très claire. A tous ceux qui ne veulent pas croire ou qui feignent de ne pas croire que la France injecte suffisamment de commandes dans la base industrielle et technologique de défense (BITD), le nouveau Délégué général pour l’armement Patrick Pailloux s’est montré mercredi extrêmement offensif lors d’un briefing avec les journalistes de défense. « On n’a jamais passé autant de commande. Au regard d’une période récente, c’est un record toute catégorie », a affirmé l’ancien directeur de cabinet de Sébastien Lecornu au ministère des Armées. Et les chiffres de commandes sur lesquels il s’est appuyé pour sa démonstration, sont impressionnants.
En 2025, le ministère des Armées, via la direction générale de l’armement (DGA), a passé un total de commandes pour environ 38 milliards d’euros. En 2026, la DGA devrait investir de l’ordre de 42 milliards d’euros. A ces 80 milliards d’euros de commandes françaises, le Délégué général pour l’armement a rajouté le montant des exportations en 2025, qui devrait s’élever à plus de 20 milliards d’euros. Au total, le carnet de commandes de l’industrie d’armement française va se gonfler d’environ 100 milliards d’euros en deux ans (2025-2026). Voire plus si on y rajoute les contrats que vont gagner à l’export les industriels en 2026 avec le soutien de l’État français. « Le langage qui consiste à dire qu’on (l’industrie de défense, ndlr) n’a pas de visibilité, ce n’est pas vrai », a canonné Patrick Pailloux.
Des commandes nationales encore en hausse en 2026
En 2025, la DGA a passé des commandes très coûteuses pour des systèmes d’armes emblématiques comme le porte-avions de nouvelle génération (PANG) et le lancement en réalisation du sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE) de troisième génération à Naval Group, le lancement de la première capacité du radar Aurore à Thales, ou encore le missile balistique stratégique M51.4 à ArianeGroup. Selon nos calculs, ces opérations ont absorbé de l’ordre des deux tiers des 38 milliards d’euros des commandes de la DGA en 2025. Ce qui a pu brouiller les pistes pour tous les observateurs qui se sont demandés où étaient passées les commandes pour les industriels en 2025. Dans le même temps, elle a signé en 2025 un chèque de 19 milliards d’euros à l’industrie de défense au titre des commandes passées lors des années précédentes. « Environ 90% de cet argent restent sur des emplois en France », a tenu à rappeler Patrick Pailloux.
En 2026, les commandes devraient beaucoup plus ruisseler sur l’ensemble de la BITD (42 milliards) dans un contexte de nouvelle augmentation du budget du ministère des Armées (hausse de 6,5 milliards d’euros en 2026 par rapport à celui de l’an dernier). « Il n’y a pas de gros objets emblématiques comme les SNLE, le porte-avions… » en 2025, a-t-il expliqué. A l’exception de la commande de la cinquième FDI et du lancement de la nouvelle version du Rafale F5 pour environ 1,3 milliard d’euros, le ministère va poursuivre la mise à niveau des stocks de munitions (missiles Meteor, MICA et Mistral, bombes AASM, munitions téléopérées et obus de 155 mm) ainsi que l’équipement de l’armée de Terre avec l’achat de 97 véhicules Scorpion (Jaguar, Griffon et Serval).
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