Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Où en est-on Europe ? En Ukraine ? le gouvernement des « juges », à propos d’un sondage, propositions « urgentes » au PCF et à Fabien Roussel, par Danielle Bleitrach

Une étude de l’agence européen Eurofound intitulée « Vivre et travailleur dans l’UE » montre qu’entre 2022 et 2024, le soutien à l’Ukraine et à ses personnes déplacées a diminué. Ce sondage va bien au-delà du soutien qui diminue au fur et à mesure que la situation réelle se durcit. Il indique en fait le désaveu grandissant et inquiétant pour une part dans le « moralisme » à plusieurs vitesses du discours des gouvernements de l’UE. Comment peut-on à la fois refuser la proposition de Poutine concernant la paix en Ukraine sous gestion de l’ONU alors même que l’on ose nier le suffrage universel en Roumanie et dans d’autres pays, y compris la France, et en particulier dans la Serbie du Kosovo où l’arbitraire des juges va jusqu’à prétendre mettre en prison le dirigeant politique qui refuse d’être totalement soumis à la volonté des Albanais par le biais de l’arbitraire des juges internationaux, dans ce qu’il estime être la patrie serbe et l’injuste mise en pièce de la Yougoslavie.

L’affaire Le Pen elle-même est un modèle du genre, tant les conditions semblent y avoir été créées pour un désaveu de toutes les institutions existantes. L’Europe, les juges qui ne font rien pour Bayrou mais s’agitent contre Marine Le Pen et même Sarkozy, ce qui contribue à une vision totalement erronée d’une justice « gauchiste » et favorise une anarchie d’extrême-droite, faite de suspicion légitime et de rumeurs malsaines. Tout ce que produit une fois de plus un consensus « libéral », moralisant c’est de rasembler les espoirs de ce qui n’en peuvent plus autour de leur pire adversaire l’extrême droite et de rassem bler autour de ce leurre tous les conservartismes. L’ensemble, comme prévue, va trouver ses « victimes » dans les lampistes, les femmes, les homosexuels, les juifs, tous ceux que l’on accuse d’être désormais les figures d’une élite « décadente », mais aussi les « immigrés » y compris français depuis plusieurs générations qui seraient protégés par la même justice. On savait pourtant depuis Politzer à quel point ce genre de discours protège le capital et on le voit aux USA. On connait ça avec toutes les formes de fascismes, quand on voit la manière dont un certain libéralisme « gauchisant », en totale rupture avec les préoccupations populaires croit pouvoir faire la loi comme elle l’a fait contre le communisme depuis des décennies et elle continue d’ailleurs en France contre Fabien Roussel et les communistes, quand ils prétendent défendre à nouveau la souveraineté française et les intérêts populaires, ceux de la classe ouvrière. Mais au niveau international, l’urgence pour les couches populaires est devenu déterminant à cause de la guerre et des affrontements économiques, environnementaux, dont Trump parait avoir révélé le brutalité, le PCF malheureusement n’a pas pris la mesure de ce qui se joue sur ce terrain là: oui l’Europe est aussi déconsidérée que le parlement français et toutes les istitutions mais ce qui surgit doit être combattu par un internationalisme du socialisme réel.

Si l’on peut se féliciter de la position de Fabien Roussel dans les médias, la prise de conscience de la rupture entre le monde politique, la « République » et le peuple qui souffre, il faut d’une manière urgente que cette avancée s’accompagne de deux autres sinon cette bonne position sera balayée comme un fétu de paille, comme tous les « succès médiatiques ». Il ne restera plus la place que pour Glucksman comme faire valoir de l’irresistible ascension…

La première urgence et quasiment la seule est l’organisation du parti par rapport au monde du travail en priorité

: il y a trop d’idéologues, de propagandistes comme disaient les bolcheviques et pas assez d’organisateurs. le parti est dans un état dramatique et il faut mesurer que depuis les frères Philippot le RN a tenté de copier l’organisation du PCF et a dans certains endroits réussi, dans d’autres c’est la débâcle. Pour sa part Mélenchon en bon lambertiste a bien tenté de créer une organisation mais ils ne savent qu’infiltrer et fonder à la tête de « mouvements » des petits groupes qui finissent par se faire la peau entre eux. Lui aussi ne peut fonctionner comme le RN dont il est le versant pro-immigré, et ce versant seulement, c’est-à-dire jouant sur les mêmes divisions. Il faut impérativement que le PCF n’ait plus qu’une seule tâche, celle de ré-organiser le PCF en particulier dans le monde du travail. Fabien Roussel sort un livre sur le travail c’est excellent, mais un secrétaire du PCF ne sort pas un livre pour rien, cela doit se concrétiser par une ré-organisation dans l’entreprise, les établissements. Ce n’est pas concurrent avec le syndicalisme, celui-ci au contraire a besoin de cette intervention politique et Sophie Binet en a tout à fait conscience comme d’autres dirigeants confédéraux et pas mal de militants.

Le deuxième point n’est pas secondaire, tout autant qu’on le conçoit dans le prolongement du premier: il s’agit de se positionner dans ce qui est aujourd’hui de plus en plus présent, la guerre et la guerre économique dans sa dimension « géopolitique ».

On ne peut pas continuer à prétendre affirmer une position « légale » dans un tel viol de la légalité. Il faut défendre une légalité internationale mais mesurer qui la bafoue et là l’estimation du rôle de la Chine et aussi d’autres conflits comme l’Ukraine, Gaza, tout le Moyen Orient, et les autres continents change de nature. Nous avons proposé dans notre livre que le PCF plaide pour l’adhésion de la France aux BRICS et travaille davantage sur la définition du socialisme à la française et Fabien Roussel a bien voulu nous en écrire la préface pour ouvrir un espace démocratique de discussion. Il nous semble que par rapport à l’activité prioritaire à l’entreprise, un tel débat qui pourra être nourri par notre livre mais également par d’autres réflexions (je pense en particulier à l’ARAC) s’avère complémentaire.

J’ignore si actuellement le PCF, qui parait légitimement s’intéresser surtout aux élections municipales et risque de se diviser entre les notables qui ont toujours été préoccupés d’être élus ce qui n’est pas négligeable mais qui devient une force d’inertie quand il n’y a plus de parti capable d’autre chose que cette mobilisation autour de l’élu de gauche, est en état d’entendre cette proposition, mais il s’avère que dans de nombreux département cette préoccupation apparait et a déjà des résultats. Il faut mieux les connaitre et la vie du parti ne doit pas être celle des seules « commissions ». Parce que « penser « politiquement est une véritable « révolution » intellectuelle: il s’agit de passer des analyses générales type Attac de « spécialistes » à des propositions qui tout en étant argumentés doivent inciter à l’action collective, c’est-à-dire en terme de réalisation donc avoir des buts et des moyens humains. Le communisme est bien une mise en mouvement, une mobilisation de l’intervention populaire c’est bien de le dire mais sans mise en acte c’est une sale manie speculative de plus…

la place de la « contestation »

A propos de « speculations », Il y a tout ce qui est né de la liquidation du PCF sur des bases souvent justes, mais qui s’est souvent ossifié… tous les groupuscules qui autour de leur gourou prétendent jouer à la grenouille plus grosse que le bœuf mais dont il est évident que malgré l’apport inestimable de certains de ces camarades, n’ont jamais eu d’influence réelle en France depuis des décennies. Là aussi le Que faire s’impose… il serait temps de choisir la réalité et la nécessité de mener le combat commun avec le PCF, non parc que nous sommes d’accord sur tout c’est même le contraire mais parce que cela est urgent. Cela dit, si c’est pour transporter la capacité de division et de marginalisation, ce n’est pas la peine, c’est du temps perdu. Là aussi une réflexion s’impose et une mise à plat parce que nous sommes vraiment entrés dans un nouveau monde qui a besoin plus que jamais des communistes, sans catéchisme dogmatique mais un travail théorique, organisationnel énorme et novateur.

Danielle Bleitrach

Une nouvelle étude montre qu'entre 2022 et 2024, le soutien à l'Ukraine et à ses personnes déplacées a diminué.

Une nouvelle étude montre qu’entre 2022 et 2024, le soutien à l’Ukraine et à ses personnes déplacées a diminué.© Euronews

Alors que l’invasion de l’Ukraine par la Russie est entrée dans sa quatrième année, environ 6,9 millions de réfugiés ukrainiens ont gagné les pays voisins, notamment la Pologne, la Hongrie, la Moldavie et d’autres pays du monde.

C’est la Pologne qui a accueilli le plus grand nombre de réfugiés ukrainiens, soit environ un million, selon l’Agence des Nations unies pour les réfugiés

Bien que le soutien à l’Ukraine et à sa population réfugiée reste important, il a diminué ces dernières années.

En 2022, une enquête Eurobaromètre Flash a révélé que 88 % des personnes interrogées dans l’UE ont exprimé leur soutien aux personnes fuyant la guerre, avec des niveaux de soutien particulièrement élevés dans les pays nordiques.

Toutefois, un an plus tard, ce soutien était tombé à 76 %.

En 2024, il a encore chuté à 71 %, la Pologne affichant un niveau de soutien particulièrement bas de 60 %.

Ce déclin du soutien de la Pologne indique « une inquiétante lassitude de la guerre dans le pays qui a été en première ligne tout au long de l’opération« , selon une étude d’Eurofound.

Le déclin des préoccupations concernant la guerre s’est accompagné d’un mécontentement croissant à l’égard des aides gouvernementales apportées à l’Ukraine et à sa population

Les personnes interrogées sont de plus en plus nombreuses à estimer que leur gouvernement en a trop fait en matière de logement et d’assistance aux réfugiés ukrainiens, avec une augmentation de 7,9 points de pourcentage entre 2022 et 2024.

L’aide humanitaire recueille des niveaux de soutien variables, tout comme l’aide militaire, également répartie entre ceux qui déclarent que leur gouvernement n’en fait pas assez (32,3 %), suffisamment (32,9 %) ou trop (34,8 %).

Qui retire le plus de soutien ?

L’étude révèle que l’évolution la plus importante concerne les personnes qui ont du mal à joindre les deux bouts.

Près d’une personne sur cinq ayant connu des difficultés économiques au cours des deux dernières années a retiré son soutien au logement des Ukrainiens par son gouvernement, et 22 % de ces sondés en difficulté économique ont retiré leur soutien à l’aide militaire apportée à l’Ukraine

L’expérience de la privation, c’est-à-dire le fait de ne pas pouvoir répondre aux besoins économiques et sociaux de base, influe fortement sur le soutien aux Ukrainiens déplacés.

Un grand nombre de ceux qui, au départ, soutenaient l’aide de leur gouvernement à l’Ukraine et aux Ukrainiens et qui ont ensuite changé d’avis, ont également déclaré ne pas être en mesure de répondre à au moins un besoin fondamental en 2024, comme les vêtements ou les meubles, l’accès à l’internet ou les rencontres avec les amis et la famille.

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1 Commentaire

  • Frederick
    Frederick

    Je soutiens Fabien Roussel à 100%. Mais le secrétaire national du PCF se meut dans un parti où, depuis des décennies, s’est creusé un vide théorique considérable. Il n’est qu’à lire son intervention au Conseil national sur la situation internationale ou son interview à Ouest-France pour s’en convaincre : il n’y a plus d’analyse marxiste, ni même d’un simple bon sens matérialiste dans les questions internationales. Ainsi faire de Vladimir Poutine un « oligarque » comme Trump ne résiste pas l’étude concrète de l’histoire récente de la Russie. Il faudrait pouvoir répondre à des questions elles-aussi bien concrètes, par exemple le rôle de la Russie dans les BIRCS+ ; pourquoi le Sud global soutient-il la Russie ? Que signifie l’alliance stratégique entre Pékin et Moscou ? Quelle est la nature réelle de l’écolonomie russe ? Et, bien sûr, tirer les conséquences de la marche vers l’Est de l’OTAN. Dans l’analyse des rapports de force internationaux, il conviendrait d’en revenir à une essentielle approche dialectique. Fabien Roussel, ici, n’est pas en cause, il a les outils qu’il trouve et la formation qu’il a (il avait 22 ans à la chute de l’URSS). Il est urgent que le PCF reforme les intellectuels qui lui manquent aujourd’hui, pour aborder d’un point de vue marxiste les relations internationales et rassemble celles et ceux qui se sont éparpillés au fil des ans et forment encore un important vivier pour le matérialisme historique.

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