Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Un lecteur nous écrit

J’avais promis qu’il y aurait un espace pour les lecteurs, voici ce que l’un d’entre eux écrit. Personnellement je trouve que le texte devient vraiment passionnant dans la deuxième partie, et le réduire de moitié lui aurait donné de la force. Mais je ne suis pas apte à sélectionner ce qu’il a cru bon d’exprimer dans cette représentation sensible de l’histoire qui demeure pour moi essentielle ; et il faut la patience de perdre son temps pour renouer les liens et décrire ce monde brisé où on utilise sans savoir d’où cela provient, je ne savais pas qu’il y avait un situationniste cela me fait remonter loin, du temps où Henry Lefebvre appelait les foules de mai 68 à brûler la bourse. Il s’appelle Stephen.

Corps du message :
Bonjour Danielle,
J’espère que vous allez bien.
Je suis artisan, entrepreneur individuel et mes clients sont restaurateurs…
Voici ce que j’ai écris (pas trop long : 7000 mots) pendant ces 9 mois durant lesquels je n’ai pu exercer d’activité professionnelle ; je vous l’envoie parce que vous y apparaissez.
Vous y noterez une tension entre l’histoire (je n’ai rien contre l’histoire) et la folie. Etant aveugle intellectuellement, l’histoire n’est plus efficiente, pour moi et en conscience, depuis déjà longtemps. J’aime vous lire, Danielle, parce que vous êtes cette personne qui voit et qui décrit, du haut de son promontoire, la plaine à un infirme. J’aime votre façon de raconter.
Dites-moi ce que vous en pensez de ces quelques lignes.
Et si ça vous intéresse je vous en enverrai d’autres (10000 mots) sur ma folie (elle n’est pas glauque).
Cordialement,
Stéphane.



Ou le récit en ville.



Va la spirale, en place du café, ainsi que l’amour du sucre.

La distribution du courrier selon un protocole élaboré par des technocrates en manque d’amour mérite notre attention. Soyons vigilants. Les boutons d’or qui poussent dans la fissure des trottoirs devraient pouvoir nous inspirer.



Dérivée de la courbe de progression du covid-19, cette droite me parle. Pas de soucis. J‘en ai pour mon argent.

Croyez-moi ou pas : il pleut. C’est l’ambulance qui hurle à mon oreille. Pendant que j’attends dans l’ascenseur.

Si, aujourd’hui, le fait de lire un livre est devenu aussi banal que le fait de se rincer la bouche avant d’aller se coucher, je doute du dessein à produire dans le futur une quelconque voiture écologique.

Quand t’achètes en solde une paire de rideaux et que pour cela t’as du cracher tes poumons à arpenter les rue de Montmartre, t’attends qu’au minimum l’alternance du jour et de la nuit soit prise en charge par un processus cérébral qui gèrent les cycles circadiens. Sinon, mieux vaut rester sur un banc, assis, à compter les scooters électriques.

Nous n’avons à priori aucune raison de penser que l’enfermement soit la seule réponse sensée au problème fondamental défini par l’âme primitive. Et jouer à la marelle n’y changera rien.


Tandis que d’un coté, poussée par une force extrême, l’eau coule, de l’autre, un homme se lève et regarde l’heure à son portable.

La thèse d’un temps intercepté s’impose comme une étape cruciale au sein d’un long processus qui caractérise la filière situationniste. Elle met en lumière la récolte de data  qui sera ensuite acheminée des quatre coins de la France vers une petite plate-forme, le pavillon Debord, que seuls les connaisseurs fréquentent, au cœur de la grande centrale d’achat située à Rungis.  Dans le jargon des vendeurs du MIN de Paris, on appelle cela : faire l’évier.

Ça commence par poser d’emblée les caractéristiques censées définir telle ou telle personne dans le but de reproduire artificiellement un schéma jugé pertinent par celui qui en a les moyens. Et pendant ce temps-là, je masse mon dos à force de me pencher en avant.

Pourquoi cette vie ? Steve Jobs avait son opinion. Et quand je vois mon disque dur externe posé sur une feuille de papier A4 sur laquelle est inscrite une longue série de listes de courses, j’en ai une autre.

Délire sous-jacent à tous discours dignes de ce nom. Ma mère me disait : « Méfie-toi des inconnus ». Je n’en ai qu’une. Buvons à sa santé.

Je ne critique pas les productions complexes sorties tout droit de la nébuleuse phylogénique de l’histoire humaine, pas même mes sens. Ce qui explique que je puisse fumer une cigarette et savourer mon café tranquillement.

Contrairement à celle qui,  assise sur son lit, épluche une mandarine achetée spécialement la veille afin de faire le plein en vitamine C et qui jamais n’autorisa, une seule journée, que nos plantes connaissent la soif, tenu comme un simple couteau bien aiguisé, je dus m’en servir et me tailler une énorme part de cake.

Parmi tous ces objets posés sur la table, je choisis ce vieux morceau de sopalin plié plus ou moins correctement. On avait du m’en parler. Mais ça me parait si loin.

Un jour, alors que j’étais enfant – autour de deux ou trois ans – et que je baragouinais des mots aussi bizarres les uns que les autres, le soleil se mit tout à coup à taper sur ma tête un peu plus fort que d’habitude. Je sus à cet instant que j’avais les cheveux roux et que j’aurais à payer le prix de cette aberration.

Si je me penche en avant, je risque de tomber. Il y a ce mur. Autant qu’il soit propre.

Le bouchon n’a pas été poussé loin. Il a traversé l’univers.

Je vous engage pour six mois. Nous comptons sur vous, soyez en certain, bien plus que sur le géni de l’indice journalier du CAC 40 à générer de l’information. Max Plank qui était un homme fort brillant avait posé des fondations robuste à une physique qui aujourd’hui encore réalise les attentes d’hommes et de femmes œuvrant dans le domaine des sciences et nous, sans vouloir paraitre trop optimiste, il y a de fortes chance pour qu’ensemble, de notre coté, nous défoncions pas mal de murs.

Sous les artefacts plastiformes que l’océan amasse, nous avons trouvé une issus à ce qui, jusqu’à présent, nous paraissait impossible. La lumière passe donc par les influenceurs et leurs  plates formes vidéo. Sans eux, nous ne nous serions pas laissés pousser les ongles, nous n’aurions pas appris à les rendre plus solides, nous n’aurions pas pu remuer efficacement tous ces emballages industriels, sur nos doigts, la surface de peau disponible  à cette cause étant devenue si rare.

Elle écrit sur son cahier. Et s’il pleut demain, tant pis.

Pas besoin de rêver d’Eldorado. On trouve tout sur internet. Même la notion de clarté y a sa place. Et pour ceux qui ont peu de moyens, suffit d’attendre le bon moment.

Jeff Bezos me parle, ce qui m’a valu de souscrire une assurance vie très avantageuse et ce en raison de la manière étrange que j’ai d’y contribuer : non pas de façon pécuniaire, au moyen de ce genre de monnaie sonnante et trébuchante  ou de l’un de ces  équivalents, mais par le truchement de quelque chose  comme un éventail de situations multiples et variées que l’univers gardera pour moi en réserve et où j’irais piocher, le moment venu et qui  fera le lit d’un temps au sein duquel j’aurais  tout loisir de me reposer. On appelle cela s’extraire du jeu.

Je me voyais beau. Les filles ont cette chance. L’herbe a poussé depuis.

Tant que les chambres froides des superettes tourneront à plein régime, en ce qui me concerne, déambuler sur les trottoirs en marchant sur les mains correspondra à la résolution d’une pulsion maitresse.  De loin, ça peut donner le change.

J’encourage fortement ceux qui en ont le courage d’aller acheter leur pain frais. Faire du gras se conçoit, seulement, au jour le jour et concrètement, la vie : c’est meilleur.

Oyez, oyez !  Voyez le tir manqué de Billy Bender, adolescent tout juste pubère assis sur le bord de son lit. Il est confus. Aidez-le, si vous le pouvez, à maintenir posé sur ses hanches son livre de biologie ouvert ; allez-y doucement ; vous y êtes. Puis, en tenant vos mains à plat sur sa bouche pour empêcher que s’en échappe un petit cri, chantez ce qui vous passe par la tête. Ne soyez pas timides, encouragez celui qui tente désespérément de récupérer, en raclant le coton rêche de sa couverture, du bout des ongles, de cette jouissance échouée ou du moins ce qu’il en reste. Il est mûr ; exprimez votre puissance. Les institutions veillent au grain.


Tu poses ton pied sur une marche d’escalier et tu t’attends à ce qu’elle soit suffisamment solide pour soutenir ton poids. Ne rêve plus. Quand cette femme promène son chien, elle est seule. C’est pour dire qu’il y a des endroits tellement sombres que même une ombre, qui serait alors un phénomène relevant du prodige, y confine à l’absence totale d’espoir.



Vole ! Mon hirondelle. Vole ! En toute confiance.  Toutes les tuiles des maisons de notre beau pays sont neuves et pour longtemps, prêtes à t’accueillir. D’ailleurs, qui va salir un toit ?


Elle dit : « Te souviens-tu du restaurant La Planchette ? » Tandis que je lisais sur Babelio les citations de l’américain Bret Easton Ellis. Puis en rigolant : « Stéphane, écoutes-moi ; rêvons un peu. »


Qui aurait le courage de stopper net un train qui roule à pleine vitesse ? Où irais-je puiser cette force pour passer à l’acte ? Combien même cela ne serait-il possible qu’au son du pipo et des claquettes qui battent la mesure sur le dance floor d’un music-hall-airbnb.


J’entends bien que les ventricules gauche et droit du cœur de la pauvre Marilyn Monroe nécessitaient qu’on les manipule un peu. Les aveugles étaient doués pour cela.


Il est fort possible qu’en ces temps de pandémie d’absence totale de sens, la folie finisse par gagner tous les jours un peu plus de terrain.  Nous comptons tous là-dessus.


Si tu veux bien passer outre le sentiment que j’ai à propos d’où nous mène la notion d’universel, je crois que je t’en serais gré. A moins qu’ils ne puissent aller s’acheter une glace.



Les drogues ont valeur d’onguents pour faciliter la pénétration  d’un certain nombre de principes actifs garantissant ainsi l’homéostasie à tout organisme humain. En ces temps de crise et d’un point de vu systémique, nos chairs ont beaucoup à attendre des soins qu’on leurs prodigue. Il est clair qu’il faut mettre cela en perspective ; puis être indulgent quand on insiste en ajoutant que nos mères nous mettent au monde et que ce monde possède à minima trois dimensions.



Trois jours lui avaient été accordés pour remplir cette tâche de la plus haute importance. Cela fait, les commerçants étant restés chez eux, les vinyles emballés sous leur film plastic et les vendeuses à leurs cours  à distance, il ne lui restait plus qu’à libérer ses livres d’une structure choisie pour occuper le moins de volume possible dans une pièce où il n’était pas possible d’envisager la chose autrement, et à sourire aux médecins.



Devine un peu, pendant que j’étais assis devant mon ordinateur, je la voyais faire avec son bras des mouvements amples, des courbes, des droites, toutes sortes de figures, parfois il se figeait ; alors son visage prenait le relais et je n’entendais pas un mot de ce qu’elle me racontait.





Laisser… Abandonner… Se libérer… Rendre compte d’une situation prise sous l’angle de sa totale irréductibilité à quoique ce soit qui puisse faire penser à une onde, à quelque chose de continue ou à un concept limite tout en se servant une tasse de café sans sucre… Poursuivre tout en retournant à sa place, toujours la même… Retrouver sa position, la même et ce regard si particulier qui n’a jamais l’air de demander à quiconque s’il joue ou non son rôle, le même regard, tandis qu’elle fredonne.



Un drap de qualité moyenne sèche d’autant plus facilement qu’il est étendu simplement, sans pince, à même un fil. Contrairement aux assaisonnements de salade auxquels on ne peut s’empêcher de rajouter du poivre ou du piment, qui, tels des posts malsains sur un fil twitter,  accroissent les plaies sur la paroi de mon estomac, le tissu n’en gardera qu’une trace, une seule strie considérée comme posant le principe d’un geste inaugurale et cohérent à la tâche qui consiste à le plier afin de le ranger.



Deux jours de gel ininterrompu me parurent surgir tout droit d’un autre âge. Ainsi, quand la vision des êtres devenus chères à mon cœur, comme celle du petit muret couvert de neige qui s’offrait à moi sous la fenêtre de mon studio, produisait  cette décharge de sensualité tactile jusqu’aux tréfonds de mes os et valait l’expérience à distance d’une rave party à Rennes, je devais aussi convenir que jouir de la vie pouvait ne pas dépendre uniquement des perles dont l’histoire nous a gratifiées.





Produire un récit, une histoire, un objet défini par sa trame, tenu par un fil conducteur, cohérent,  nécessite qu’au préalable on y ait été initié. La vie est très habile à ce jeu.  Et si, par hasard ou chutes répétées du haut d’un muret pouvant servir d’étai au monticule de sable bordant la voie d’accès au sous sol d’une maison du sud de la France, il fut, au sein d’un schéma de quelque carte neurale, inscrit l’incapacité de se conformer normalement à cette règle, alors, de façon tout à fait logique, on aime autrement, d’instants en instants, on aborde l’existence par saccades, sauts, même en la systématisant un petit peu tant que cela ne dure pas plus de trois jours et on l’apprécie ainsi, sans qu’il y ait forcement conflit avec la maison Gallimard qui, elle, adore les romans.



La plupart du temps, une moue du bas du visage en dit bien plus sur une situation donnée que n’importe quel discourt ; cela dit,  la carrière de Keira Knightley  doit bien plus au fait qu’elle échappa à l’un des pires fléaux que le star-système engendra : le dentiste hollywoodien.


Tranquillement, la prise de conscience par l’opinion publique du phénomène des classes bondées fait son chemin ; y croire ou ne pas y croire n’en constituera pas le nœud. Par contre, un simple affect que l’on pourra traduire par une tension suffira à pointer la fragilité des conclusions établies par nos institutions en regard des lois induites par l’analyse des rapports entre ce qui est supérieur et ce qui est inférieur.


Le toucher et l’odorat sont les deux mamelles de l’inconscient freudien. Dit autrement, si au fondement de la vie consciente c’est-à-dire dans l’inconscient, on postule que sont déjà inscrites les prémisses de l’érection humaine et que là, tout semble s’orienter autour de nos sens faisant alors office de membre comme le sont nos deux jambes et nos deux bras, il est fort à parier que l’odorat et le toucher jouent le rôle de membre inférieur soit, pour un humain, des jambes, tandis que l’ouï et la vue celui de membre supérieur soit, toujours pour un humain, des bras. L’inférieur pour de se déplacer, le supérieur libre de servir à se faire du bien tout en surfant sur le site adéquat.


Le sens du goût requiert à tous prix d’être inclus dans le champ du tactile. Cela fait, saisissons l’opportunité qui nous est donnée de revivifier la joyeuse tension établie dans le rapport que nous entretenons avec ce que nous appellerons la quintessence de l’existence humaine.


J’ai vu l’autre jour un homme assis sur un trottoir gelé, il fumait une cigarette tout en prenant le soleil.  


Que penser du fait qu’il n’y ait pas un jour qui passe sans qu’il me soit rappelé l’impact de la précarité sur l’existence d’un certain nombre d’hommes et de femmes vivant à Paris ? Habiter trente ans,  juste au dessus d’un centre d’accueil de jour Emmaüs, ça vous vous pose un regard sur nos savoir-faire dans le domaine de la gestion du vivre-ensemble au sein de nos mégalopole.  Maintenant, entre nous, dans une perspective à long terme et par ces temps où s’exprime foison d’opinions endémiques, comprenez, si moi aussi, je commence à avoir une petite idée là-dessus.


Je paye les FAI pour un service qui consiste à mettre à ma disposition une clef d’accès à un monde connecté au sein duquel une génération d’hommes et de femmes ne communique plus que par bribes ; ces dernières : considère-les comme autant de dérivés idiosyncrasiques d’une fonction dont les formes ne présentent que peu d’intérêt au regard  de la multitude de posts qu’elles ont générée et de l’approche concrète et emplie de fraicheur qu’on en a.



En dépit de toutes les réserves qui ne manquent jamais de nous venir à l’esprit à propos  de la capacité des années 2020 à produire autre chose qu’un conflit, une phénoménologie sans objet n’est pas forcement relative à quelque fin du réel que ce soit ; j’en veux pour preuve qu’elle préserve le début du jour, peut-être aussi l’atmosphère qui baigne une pièce entière, voir certains résidus du repas de la veille et même une vieille cuillère en inox qui, elle aussi, malgré tout, manifeste encore son génie à briller sur une table.




Est-ce que ça se passe la nuit de la Saint Valentin ? Chez les structuralistes ? Pratiquent-ils le djembé avec dextérité ? Maintenant, ce dont je suis certain, c’est qu’ils sont passés maîtres en l’art de la pulsation : une façon de penser pour distinguer les unes des autres toutes sortes de stries encloses en leur propre niveaux d’organisation, une autre qui assume la responsabilité de son actualité et en même temps exprime une réelle capacité à composer de tout.



Le secret de toutes sciences est une pensée étrange, un parfum unique, une présence commune à tous les niveaux d’organisation et tout à fait identifiable.



J’adore la façon dont, tout au long de l’histoire, les experts ont abordé la question d’un principe au langage.  Ça commence par de fastidieuses analyses et ça finit toujours en pirouettes, j’entends par là en concepts limites, des bulles qui sourdent de ces profondeurs que personne n’a jamais pu situer, qui montent et éclatent à la surface, des nuées de petites sphères bouillonnantes ; en déduire que ça chauffe est un euphémisme ; c’est comme si on y était, un voyage gratuit à Yellowstone gagné sur France Loisir avec, en bonus à l’événement, la chance d’y associer une véritable odeur de soufre.



Conclure, alors que l’on n’a pas finit d’exposer son thème, simplement parce qu’il faut bien conclure.  



Walter Benjamin nous donne à boire, en guise de digestif, l’idée d’un pur langage, comestible à n’en pas douter, on peut même dire : sucré, mais à ne pas confondre avec la camomille.



Il se trouve qu’il lui restait un peu de chair sur les os, suffisamment pour redresser la tête et profiter de la neige.  



Pendant deux cent ans, Londres fut une ville ouvrière. Aujourd’hui, les stars font passer un coup de blanc sur la couche assombrie d’une citée qui pénétrait bien au-delà de la surface des parois domestiques ; les maisons gagnent en volume ; Amy Winehouse en possédait une à Camden. Comptez-moi parmi ses fans les plus fervents.



Tout ce que j’affirme, je l’ai  testé sur moi. Maintenant, de là à ce que ça serve de preuve et conduise à une inflation de mon esprit telle que ce dernier rende obsolète l’ensemble des paradigmes élaborés par l’humanité depuis la nuit des temps et ce afin de comprendre la vie…




Elle me dit : « la raison dans ce monde insensé a toujours tendance à se trouver au sommet de la pyramide. Alpinistes. Nous  justifions l’équilibre en devenant équilibristes. »



Il s’agit bien là d’un mode de production sémantique et, pris comme tel, il est matière à toutes sortes de travaux de modélisation ; propriété intéressante quand on sait que cela le rend potentiellement transmissible à quiconque y est sensible.




Les murs ont des oreilles. Et bien que la pénurie de sable commence à se faire sentir, profitons qu’il reste encore des modèles prospères pour imaginer les temples virtuels où tout un chacun aura le loisir, à la maison, de bénéficier d’un siège aux premiers rangs du spectacle holographique de Brian Wilson interprétant avec talent « Don’t Worry Baby », tiré de l’album « Shut Down Volume 2 » et qui aura très certainement honoré nos foyers selon des processus de cognition ultra complexes pendant près de 57 ans.



Comment une cuisine, à la fois saine, humble et délicate, saura-t-elle s’adapter aux conditions âpres, inhérentes à un système qui, au détriment d’un nombre toujours croissant de foyers et à propos desquels on ne cesse de clamer haut et fort  que leur façon de vivre est incompatible avec le monde moderne, entérine la baisse, elle aussi continue, du pouvoir d’achat, depuis plus de quarante ans ?



Votre frigo tombe en panne. Il n’y a plus de chauffage à la maison. Tu sais qu’elle aime les glaces. Elle ne se confie pas.


Qu’il est bon d’avoir la certitude, à chaque fois que je jette à la poubelle un filtre  rempli de marc de café, qu’il aurait pu servir d’engrais aux plantes que ma compagne et moi entretenons depuis plus de trente ans dans notre studio du centre de Paris.


Des printemps qui s’enchainent, à cette fonction mathématique que j’eus à affronter trois fois, jusqu’aux matins, à l’aube, quand je sortais de chez moi pour aller travailler, autant de suites harmonieuses, de séquences, de cycles qui m’affectent, me font du bien, avec, chevillé au corps, le sentiment qu’il n’en sera jamais autrement.



Je vous parle de quelque chose qui se passe à l’intérieur, dit à un structuraliste et envisagé d’emblé par ce dernier comme un objet d’étude spécifique, en l’occurrence la biologie. Cet homme chanceux pourra raconter à ses enfants qu’il a été le témoin privilégié de la naissance d’une petite entité et a contribué à enrichir ou à  diversifier, c’est selon, ce qui se définit souvent autours du terme archive dans la longue liste des traits propres à l’espèce du bios.    



D’avoir lu certains passages des livres de Daniel léonard Everett à propos du langage, est née en moi la formule qui posa l’envie de déplacer le mot : « schizoïdie » de là où il était évident qu’il s’encroutait, c’est-à-dire d’un lexique spécifique  au champ de la clinique,  en envisageant, par exemple, la possibilité d’une existence schizoïde ; ne me demandez pas pourquoi – je n’en sais rien – et encore moins de vous en démontrer la pertinence, surtout quand  n’importe quelle situation de transit comme passer par l’encadrement de la porte d’entrée de n’importe quel immeuble, le matin, tôt, lorsque l’on part au travail, suffit à l’expliquer.




Sans le savoir, je payais pour un produit et profitais d’un autre, plus informel celui-là, en tous cas à l’époque.


Des râteaux, j’en ai eu mon compte, toujours achetés en solde, là où tout le monde allait. Ils sortaient tous du lot.



Je vous rends la monnaie, parce que c’est convenu comme ça et qu’on a tous quelque chose ou quelqu’un à aimer qui nous attend à la maison.



Le pire est toujours à venir ; à l’âge cinquante cinq ans, il prend de l’ampleur ; quand j’en avais quinze, il me souriait encore.


Que doit-on faire ? Attendre. Un an plus tard, à mon grand étonnement, je découvre qu’il ne faut présumer de rien. Pour preuve, sur les réseaux sociaux où il est devenu évident que même l’état français peut passer maître en l’art de produire un discourt incohérent.


Fin janvier 2021, les épiciers de France et de Navarre  applaudissent de concert. Il en résulte une clameur telle qu’elle laisse pantois, jusqu’à la dernière, la moindre cellule de mon corps.


Parler de déficience alors qu’il paraitrait que cela fait plutôt du bien.  


A chaque situation donnée,  ce sont tous les éléments dont elle est composée qu’il s’agit de recoller ensemble. Aucun ne peut faire exception. Tout est question de liant. Vue l’ampleur, la complexité de la tâche et si je m’en tiens au goût que j’ai de faire des parallèles, plutôt que de se rendre chez Leroy Merlin, mieux vaut aller voir Lafarge ; c’est à eux, c’est à la source, directement, qu’il faut s’adresser, gardant à l’esprit qu’à plusieurs, il y a moyen de faire pression sur leurs commerciaux pour que le coût de l’aventure ne prenne pas le pas sur la joie qu’on en tire. D’ailleurs, j’aime autant vous dire que ce coût peut être très élevé, surtout si on laisse, de façon systématique, ce genre d’entreprise œuvrer dans l’ombre.





A priori en lien avec la formule consacrée tiré du titre du film : « elle voit des nains partout », et à postériori avec la bande son qui inaugure : « Scoop », réalisé  par Woody Allen en 2006, je ne peux m’empêcher de rêver à une communauté d’artistes très inspirés par la cabale, qui, afin d’entretenir la flamme dans nos cœurs, nous proposerait un renversant Lac Des Cygnes où des ouvriers du bâtiment constitués pour la circonstance, sautilleraient à Garnier, alternant un temps sur la pointe de l’annulaire de la main gauche avec un autre sur la pointe de l’annulaire de la main droite.


Si le fait que le docteur Wilhelm Fliess ait lamentablement oublié un demi-mètre de gaze dans la cavité nasale de Freud après l’avoir opéré n’est pas un acte manqué, alors je veux bien vous offrir à tous un bon d’achat de vingt euro dans n’importe quel Séphora de votre choix.



Les dix fresques, affichées sur le mur d’enceinte de l’hôpital Saint Louis, juste en bas de chez moi, profitaient jusqu’à présent du réchauffement climatique. Pourtant leur support papier collé à même le crépis n’était pas, en terme de longévité, fait pour mettre toutes les chances de leur coté. Elles ont tenu trois hivers, c’est dire l’ampleur du phénomène. Le quatrième, inscrit sous le régime d’un flux d’est que l’on n’avait pas connu depuis des années a eu raison de leur intégrité plastique. J’en viens donc à me demander si une certaine normalité de la météo attendue sous nos latitudes ne finit pas, toujours, par se battre contre nos œuvres bien plus que le temps qui passe. De là à faire un raccourci et en déduire que tout ceci est voulu… La question serait alors : « par quoi ? »




Les voilà ! Le samedi, ils emménagent ; le dimanche, à en faire trembler les murs de l’immeuble, ils se crient dessus. Qui donc, n’a jamais conçu un soupir visant à marquer sans le stigmatiser, un hiatus patent entre deux situations existentielles ? Elles sont irréductibles l’une à l’autre. Ne reste plus qu’à attendre la troisième de telle sorte que tout ceci finisse  par ne pas s’engluer en d’ennuyeuses alternances de rires et de pleurs et ne pas ressembler aux marches estivales d’un 14  juillet sur les Champs-Élysées.


Décidément, les quatre volumes du Littré pèsent leur poids d’arbres passés par la matrice de l’industrie du papier. Je vous entends : une petite musique reprend le thème rebattu des mélodies holistes. Ce soir, il est dix heures, cet air me trotte dans la tête, sans interruption, depuis sept heures du matin. Je baille à m’en déboiter la mâchoire.  Laissez-moi caresser vos fronts.



Sur le plat en métal qui servait à présenter de façon agréable, à ma compagne, à mes invités ou à moi, un panel riche en couleurs de toasts apéritifs et qui passait au four, se trouvent aujourd’hui, dans un contexte de gaspillages rendus non viables par la situation économique  de nombre de foyers en France, les masques FFP2 que je suis obligé de réutiliser plusieurs fois d’affilé et en qui je place ce qui me reste d’espoir.


Elle a cru pouvoir pallier seule au désir de ses parents malades de la voir à leur coté. C’est sans compter la puissance de l’obscurité et les répercussions que la nuit peut avoir sur le jour suivant. Prenons ses yeux rougis, gonflés par un sommeil agité et regardons-les s’éclaircir peu à peu, au fur et mesure que la voix de son père, fraîche et posée, au téléphone, lui annonce que la situation a changé et qu’elle semble bien meilleure aujourd’hui que ce qu’elle laissait paraitre la vieille.



Ce monde m’étonnera toujours. Et c’est bien que ma compagne, piquée au jeu, suite à la lecture, sur un site internet, du dernier rebondissement dans l’affaire du covid-19, me sorte une tirade un peu décalée sur l’assaisonnement trois huiles – très intéressante – d’un nombre incroyable de salades composées.  Du tac au tac, j’enchaine en déclarant que je sorts braver les intempéries et la pandémie planétaire pour aller acheter chez le moribond Naturalia du sel marin non-raffiné parce qu’il me semble, sans vouloir offenser personne, qu’il a meilleurs goût.


Paragraphe quatre, formulaire deux, à la question : « es-tu sensible  à l’hypnose ? » Petits conseils : ne te soucies pas des gouttes qui perlent du robinet aux joints rouges et usés de ta baignoire préférée, concentre-toi plutôt sur le fait que ta tête se met à tourner légèrement, assume que tu n’y comprennes rien et vois : la qualité du regard que tu poses sur les objets qui t’entourent a changé.


Tandis que la voix de mon voisin du dessus, au téléphone, filtre doucement à travers les fines cloisons qui séparent nos appartements, nait en moi, du haut de mes intestins, une vague ; elle se propage en direction de ma gorge où elle déferle jusque dans mon crâne. S’il savait, il aurait raccroché.


J’étais enfant et avec mes copains, je suppose que nous passions, réellement, aux yeux de certains, pour de petits animaux. Nous courrions à perdre haleine, de terrains vagues en terrains vagues, de bosquets en bosquets, de trous en trous, pourvus qu’ils fussent vierges de toute présence humaine.



Maintenant que c’est là, faisons avec.



On m’a laissé le droit de me servir de ma main gauche. En première analyse, l’histoire date et aurait du se cantonner au rang des anecdotes heureuses, seulement, sans l’acharnement de certains, quelles que furent leurs motivations, à rendre populaire l’usage de la bureautique, jamais je n’aurais pu écrire, en tous cas pas de la sorte. Rien de tout cela n’eut été possible. Et je vous assure que les milliards de stylos Bic qui inondèrent l’Europe à partir du milieu des années soixante dix, malgré leur nombre, ne pouvaient rien contre ce qui fut sans doute une véritable erreur d’appréciation.



Aux vues du nombre d’accidents inopinés qui l’obligeaient à se rendre, un peu trop à son goût, aux urgences de l’hôpital Saint Louis où un interne fatigué lui remettait l’épaule en place, elle sut prendre son courage à deux mains et consulter une jeune femme, chirurgien de l’hôpital des Diaconesses à Paris, laquelle, sans même jeter un coup d’œil aux radios qu’elle avait apportées, lui proposa, parce qu’elle avait cinquante ans et uniquement pour cela, ni plus ni moins de lui en greffer une nouvelle. Vite et malgré l’étonnante qualité de l’épure dans la prise de décision quant au choix d’une solution thérapeutique pouvant,  telle quelle, être perçue comme l’expression de la plus belle ascèse d’une mystique contemporaine, elle trancha et opta pour une solution plus souple. La nuit, elle porte une attelle en tissu ; de temps en temps, afin de se décontracter, elle verse de l’eau très chaude dans une vieille bouteille d’huile d’olive en verre qui ferme avec un bouchon en métal et se l’applique sur le dos ; vraiment, elle ne se plaint pas.  



Révolutionnaire dans l’âme ? Je n’ai jamais pris autant de plaisir au fait de manger et à tout ce qui lui est relatif, que lors du premier confinement en mars 2020. Le geste de rébellion que fut l’immense paranoïa qui émergea alors, du tréfonds de mon être, m’empêcha de me déplacer hors de mon appartement pendant près de trois mois, m’obligeant ainsi à faire avec ce que j’avais et à reconsidérer, du tout au tout, les rapports que j’entretenais avec les aliments, en me poussant, par exemple, à sortir régulièrement les quelques carottes et autres légumes que j’avais emmagasinés au froid pour les essuyer afin de les préserver de toutes nécroses, ou, pour résumer, à prendre soin d’un trésor et à réaliser que j’y tenais comme à la prunelle de mes yeux. Un très étrange comportement   – je dois dire – que celui-ci, perçu comme une juste remise en question, tel qu’observé généralement la nuit, durant le sommeil dit : paradoxal,  un drôle d’état d’esprit qui – soyons lucides – constitue le ciment de nos songes ; pour l’illustrer, en prenant garde de ne pas chercher de quoi mais comment il est fait, quitte à rendre la chose agréable, un rêve érotique devrait faire l’affaire : simplicité dans le dénuement, ni trop ni pas assez, rien qui n’aille grossir ou amoindrir le tableau, chacun des éléments à sa place,  tout excès, voir aberration fondus à l’intérieur du sentiment inaliénable que tout cela est bien réel, chaque manque faisant partie intégrante de la symphonie des sens qui se joue là, maintenant, sous nos yeux ; que de belles images, alors qu’aujourd’hui, je me fais à l’idée, de façon beaucoup moins élégante, qu’un reconfinement est possible, que je dois m’y préparer, qu’il  me faut en mesurer les conséquences, accumuler une quantité de nourriture avec en point de mire de ne pas avoir à me soucier de manquer, tout ça pendant que je redoute de verser toutes les larmes de mon corps de découvrir que la moitié de l’imposant stock de carottes que je devais acheter est, par ma négligence, en train de pourrir dans le fond de mon frigo. C’est triste mais il faut bien en passer par là pour avoir une petite idée de comment cela se passe lorsque que l’on a l’impression très confuse, encore informelle, que de vivre une situation de l’ordre du geste révolutionnaire n’est, en définitive, qu’une question de chance. En l’occurrence ce fut la chance du débutant.


Déterminer, à force de tests, que les lentilles corail n’étaient pas la source des maux de ventre qui m’assaillaient – ces dernier étaient devenus chroniques et s’avéraient être au bout du compte symptomatiques d’une sigmoïdite –, fut  une vraie gageure, le combat d’une année ; en même temps, la vie en est rendue si belle.




Je me casse un bras,  je me fais soigner par un médecin, puis je réapprends à m’en servir ; on me casse une jambe et là, voilà que l’amour s’en mêle et que de me remettre debout, alors, ne coule pas de source ; c’est très étrange.  



Les vampires aiment le sang. La fleuriste me dit que les roses sont rouges. Il ne manque plus qu’un drapeau pour donner le ton à la wave automne-hivers sur les réseaux.



Croire au destin, faire semblant de s’attirer les grâces du ciel, en deux mots : allumer Dieu.


Le galbe d’une jambe entre-aperçu en contre jour, une courbe sublime qui préside au destin de la vie, cette bonne humeur, cette fraicheur dont l’atmosphère était imprégnée, il existait un milliard de possibilités que cela ne se produise pas ; afin de trouver ce qui donne un sens à tout ça : se référer au lexique, tout simplement, sans faire de simagrées, ni dénier l’existence à quoi que ce soit ; ensuite : dites-moi de quoi il s’agit.  



Elle pense à son compagnon, elle veut lui faire plaisir, elle lui prépare un gâteau et moi, je n’ai, pour signifier ma joie et peser dans la balance, qu’à casser quelques noix et aller préchauffer le four.



Tu sais que chanter en faisant la vaisselle ça met du baume au cœur. C’est le signe, aussi, qu’il est possible, à tout instant, que l’air de rien, je ne pèse plus sur les épaules de qui ou de quoi que ce soit.



Comme d’habitude, ton plat fut une merveille. Je suis content car il aura suffit que tu te jettes à l’eau une ou deux fois en mettant de coté ce qui allait bien pouvoir t’arriver, pour rompre le véritable cercle vicieux au sein duquel  tu t’étais enfermée suite à certaines remarques désobligeantes.




Je lui dis : « ce n’est pas une leçon. » Elle me répond : « c’est une invitation. »



Sans vouloir vexer personne, même pas ceux qui se disent holistes et qui – pour être plus précis – ont une approche du monde qui vire au holisme, la chance a ça de merveilleux qu’elle n’est conditionnée à rien.


Je ne lis pas de livre, au mieux je prends le temps de faire part d’un long travail à une personne que j’estime vraiment, parfois je regarde un film ce qui sous-tend, peu s’en faut, qu’une myriade de souvenirs remonte à la surface ; décidément, je suis accompagné.



Pourquoi Alexandre Grothendieck et pas un autre ? Je vais vous le dire: dès qu’il s’est agit, dans les années 80, de mettre en pratique – on sait comment – des pans entiers de la recherche mathématique, voilà ce qui en a résulté : l’amitié perdue, la fraternité dissipée auxquelles il fut le seul à préférer, en un lieu tenu secret et exposé à tous les vents, le lait de brebis des prairies ariégeoises.






Je me souvenais du jour où j’eus l’intuition que l’esprit de Pacôme Thiellement en conférence le 27 avril 2012 au forum des images, presque devenu rouge, balbutiait en lui-même quelque chose comme une tentative d’approche réflexive à propos d’un raisonnement qu’un jeune garçon lui adressa. C’était gentil, touchant, en contraste avec un autre silence, d’un autre jour, d’un autre lieu, vide de toute considération, collé, comme un cil entre un timbre et une enveloppe, à quatre intervenants de l’ENS, rue d’Ulm à Paris, lors d’un colloque, après qu’un homme, venu d’Espagne exprès, leurs ait fait part de son sentiment au sujet d’un problème pointu qui fut la trame de tout leur exposé. Je n’en demandais pas plus.



Par une nuit forte embrumée de vapeurs éthyliques, en l’occurrence du Jack Daniels acheté en promo à Franprix,  je rêvais de l’endroit précis où furent posées les premières pierres de l’antique citée ; de la plaine qui fut le berceau du prototype millénaire de l’habitat collectif propre à l’organisation de la répartition des tâches en vue d’harmoniser un leitmotiv jugé digne, juste et honorable et qui signifiait à tout un chacun sa place dans la symphonie humaine ; du premier lieu où l’utilité de garder sous la main le plus d’agents possible rendait compte d’un nombre incalculable de besoins, l’un d’eux, largement partagé en ces temps reculés, consistant en la génération d’une clameur, laquelle était destinée à faire peser le poids d’une indéfectible puissance là où l’œil humain ne pouvait encore se poser et d’où provenait les produits indispensables à la pérennité de cet impressionnant modèle d’agglomérat.


Il nous reste encore un peu de pain pour terminer ce que j’étais en train de faire. Ça nous donnera des forces. Dit autrement, il faut bien contrer la fatigue occasionnée par le fait qu’on se tienne toute la journée devant un écran.


On dirait bien que la  formule : « La folle histoire du monde », peut faire office de titre.  Ma réflexion, elle, se donne en cinq actes, elle s’articule comme les cinq phases de la vie d’un homme ; j’y suis attentif, aidé en cela qu’elle est symbolisée par le menu type d’un repas dominical à la française : apéritif ; entrée ; plat ; fromage ; dessert.



De loin, le mur de Paul Ergand sur twitter ne me parait pas relever de l’inflation d’un esprit fatigué mais plutôt d’un savoir faire lié à une capacité de déplacement vif, alerte, assumé et ce en des contrées sémantiques qui nous sont totalement étrangères ; cela vu, on se dit, qu’à priori, il se fait là comme au tout début de la naissance du blues ; moyennant quoi, il est bien plus facile de répondre à la question incontournable, à savoir : qui s’aliène qui ?


Projette-toi comme tu veux dans l’histoire  que raconte cette phrase. Succincte, la phrase… à dessein.



Toutes ces heures, passées à regarder, sur le net, les peuples s’embraser, valent bien, ce matin, que je me pose la question : réagir à ce monde en faisant la révolution ? Un « faire » qui, à force d’avoir été envisagé, finit, à mon sens, par prendre une connotation limite-réactionnaire. Normal, alors, en ce qui me concerne, que j’opte pour une solution qui consiste à ne rien faire, tout en gardant à l’esprit – c’est à noter –, de façon très étrange, les prémisses de ce petit pas de coté. C’est ça, pour moi : donner sa chance à un ressort inconscient, à un élan spontané, à une réponse concrète dont on dira, par habitude, qu’elle est forcement de nature psychotique. Oui ! S’il y a un risque à prendre, je choisis celui-là.



Les gilets jaunes mangent, boivent des coups, discutent sur des ronds-points au long  desquels il ne leur était demandé qu’une chose : de rouler en voiture. C’est une démarche réellement subversive que la leur, elle vise le temps ; un artisanat de haute voltige qui consiste à l’utiliser autrement que ce qu’ils étaient supposés en faire ; une jolie façon de le dilater, de s’amuser avec, quitte à se donner en spectacle, dans ce genre de théâtre – en voilà une vraie scène populaire – aux murs faits de récupérations. C’est tout le contraire des barricades.



On peut toujours rêver de Corinne Masiero, le premier jour de l’été 2021, rouge et nue sur un rond-point :
— Refais-la nous ma grande,  rien que pour le plaisir, pour la beauté du geste et on se fout du message… déjà approprié.



Sourire n’est pas encore. Rire y parvient.





Ni symbiote, ni parasite, je ne peux pas non plus dire que j’ai été marqué au fer rouge, cela n’a pas trait aux symboles, disons simplement : quelque chose de vivant qui serait venu m’habiter.



J’ai été en Afrique. Là-bas m’a été dit qu’il était encore possible d’en passer par le corps, avec en horizon : l’histoire.  Je leur dois ce rapport.


Sans doute nous reste-t-il encore beaucoup à faire avec la notion de collectif.


Parmi les dix blogs que je consulte régulièrement depuis que je suis connecté à internet, avec des hauts et de bas, il y a celui de Danielle Bleitrach à la lecture duquel, il n’y eu – et c’est très appréciable – jamais de bas, en tous cas vécus ainsi : tel que peut l’être un sentiment d’abandon, souvent lié à une perte de sens : celui de la camaraderie, celui de la responsabilité, celui de la solidarité, le sens commun ; les bas : c’est elle qui les vit et elle s’en confie, comme une personne douce qui endosse un rôle qui, quoi qu’il arrive, devait l’être et qui, sans elle, l’aurait été par moi ; elle m’épargne ainsi d’avoir à le faire à sa place ; elle me garde de compenser un manque, une impression d’inconfort, voir de désapprobation qui n’oublie jamais de se faire sentir et de devoir le traduire par un besoin irrépressible de décider moi-même ce qui, dans ses écrits, en est l’objet ; ça laisse le temps pour autre chose.




A la lecture de l’article : « partager l’histoire comme une expérience sensible, ultime confidence sur l’avenir de ce blog », paru le 14 mars 2021 dans histoire et société, disparu du site depuis – mais l’important c’est de l’avoir lu –, je redécouvrais, d’une part et à ma grande joie, qu’après avoir confondu ma vie avec une longue errance sur un immense champ de mines, poser le primat de l’individu sur le collectif était, en fait, une aberration, l’inverse : une autre, et d’autre part, que, me trouvant accompagné par une chose étrange qui racontait en même temps deux histoires différentes : le roman de l’individu et celle du collectif ; par une réflexion qui  disait : « je » tout en disant : « nous » et : « nous » tout en disant : « je » ; par une ratiocination, une pensée en rapport, quelque chose que nous aurions en commun avec une amibe – aussi palpable que peuvent l’être les touches du clavier sur lesquelles je m’active –, la vie était devenue plus facile.      







Que dire des épicéas sinon qu’ils ont la vertu de pouvoir coucher un segment au sol sans que cela ne choque jamais personne. Ils sont nos vrais conciliateurs. Mort aux vaches !



Une feuille, à l’automne, s’envola.
Par la grille, dit-elle ?
La voilà,
Telle,
Qui dut être mon guide,
Fille et mère d’un carré de terre humide,
Parente d’un toit couvert d’humus.
La stricte observance des règles me conduisit
A prendre parti
Pour un tapis de mousse.
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