Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Fidel au Xème sommet Ibero-Américain: “La mondialisation néolibérale mène le monde au désastre”

Prenez la peine de lire et d’écouter ce discours de Fidel, cette capacité qu’il avait au coeur des ténèbres de vous faire penser qu’un autre monde était possible, pas dans l’abstrait, non ici le sort des enfants et à travers eux, l’intelligence humaine sans limite. Penser aux autres pour se sauver soi-même la grande leçon cubaine. Parfois quand j’ai la tentation d’être trop pessimiste face à ce que mes camarades français sont devenus, je pense que j’ai eu la chance de vivre la fin des années quatre-vingt dix et le début de l’an 2000 à Cuba. Dans cette île de la liberté comme on l’appelle encore en Russie, j’ai été aidée à percevoir ce monde tel qu’il naissait de l’effondrement de l’URSS sous l’éclairage d’un des plus grand visionnaire politique qui soit. Je me souviens de ce 18 novembre 2000 à la Havane, nous recevions des nouvelles émouvantes du Panama, Fidel une fois de plus avait échappé à un attentat et il mettait en accusation l’empire étatsunien, avec autour de lui dans l’Université une immense foule de panaméens. Un discours magnifique et un panache incroyable. Fidel c’était ce diable d’homme, un grand seigneur, narquois mais courtois, et un révolutionnaire, tout Cuba frémissait. (note et traduction danielle Bleitrach)

Par :Fidel Castro Ruz Dans cet article :Amérique 18 novembre 2020 

Fidel prononçant son discours à l’ouverture du X Sommet ibéro-américain, qui s’est tenu au Centre des congrès Atlapa à Panama City. Photo: Revolution Studios

Le X Sommet ibéro-américain, qui s’est tenu au Panama les 17 et 18 novembre 2000, est entré dans l’histoire à cause de la puissante dénonciation du président cubain, Fidel Castro, concernant les nouveaux plans pour l’assassiner préparés par des mafias anti-cubaines opérant aux États-Unis en toute impunité.

Les révélations du dirigeant cubain, qui a été au centre de l’attention de la presse accréditée lors de l’événement, une constante qui l’accompagne tout au long de sa vie, a abouti à réussir à mettre derrière les barreaux l’un des terroristes les plus dangereux de l’histoire: Luis Posada Carriles.

Le succès impressionnant des équipes de sécurité cubaines a réussi à empêcher l’un des massacres les plus tragiques de l’histoire américaine et à permettre aux autorités panaméennes d’arrêter trois autres criminels anti-cubains, qui se félicitaient mutuellement pour le meurtre d’innocents.

Le dirigeant cubain est arrivé à Panama City porté par l’admiration et l’affection du peuple de l’isthme, qui ne l’avait pas eu sur leurs terres depuis 52 ans.

La journée mémorable du 18 novembre 2000 s’est terminée par un acte émouvant de solidarité de milliers de Panaméens avec Fidel et la Révolution cubaine. La réunion a eu lieu dans la nuit de ce jour-là, au Paraninfo de l’Université de Panama, où Posada Carriles et ses complices avaient prévu de placer de puissantes charges de l’explosif connu sous le nom de C-4.

La dénonciation opportune du dirigeant cubain a protégé le peuple panaméen de l’un des massacres les plus horribles de l’histoire américaine. A la suite de quoi il y a eu son intervention à la réunion de travail du X Sommet ibéro-américain le 18 novembre.

N’oublions pas

Fidel prononçant son discours à l’ouverture du X Sommet ibéro-américain, qui s’est tenu au Centre des congrès Atlapa à Panama City. Photo: Revolution Studios

Tuve ayer el privilegio de hablar sobre la infancia. No pensaba por eso intervenir con el tema, pero el importante debate que ha tenido lugar esta mañana me obliga a pronunciar breves palabras. Señalo esto de breve para que nadie se asuste.

Hier, J’ai eu le privilège de parler de l’enfance. C’est pourquoi je n’ai pas pensé à intervenir sur ce thème, mais l’important débat qui a eu lieu ce matin m’oblige à prononcer quelques brèves parole. J’insiste, je serai bref pour que personne n’ait peur.

La mondialisation néolibérale conduit le monde au désastre. Un point c’est tout.

Je ne partage aucune philosophie et dogme. Un point c’est tout.

Quand nous parlons ici, nous faisons abstraction de beaucoup de choses. Nous oublions qu’il y a des nations européennes et des nations latino-américaines. Nous oublions que, très exceptionnellement, seuls quelques pays d’Amérique latine – et nous nous en réjouissons – atteignent certains niveaux de développement économique, industriel et social bien au-dessus du reste des pays d’Amérique latine.

Le Chili a dit que, par exemple, le nombre de pauvres avait été réduit de cinq millions à trois millions. Et il mérite notre reconnaissance et nos félicitations pour ce succès.

Les études plus sérieuses montrent, cependant qu’en Amérique latine dans son ensemble, le nombre de pauvres augmente chaque jour et chaque année, et qu’environ 50 % sont pauvres et démunis. Je me réfère aux enfants.

Nous oublions que, par exemple, la dette publique de l’Amérique latine et des Caraïbes, qui était en 1992 de 478 milliards de dollars, est maintenant de 750 milliards de dollars.

Nous oublions qu’après avoir payé au cours de cette période 913 milliards, il y a eu encore cette augmentation colossale.

Nous oublions que le Fonds monétaire international, bien connu de tous, et pour ses diktats, existe.

Nous oublions que l’investissement étranger privé, qui s’élevait à la fin de la dernière décennie à 115 milliards, augmente aujourd’hui, ou a augmenté en 1999, à 865 milliards. Et que, sur cette somme, 71 % ont été investis dans les pays riches eux-mêmes et seulement 29 % ont été investis dans les pays dits en développement. Sur ces 29 % , 45 % ont été investis en Chine, 40 % en Amérique latine et 15 % en Afrique et en Asie. Sur ce total investi, environ 85 % n’ont pas été investis dans la création de nouvelles installations et services industriels, et donc des sources d’emploi et la création de nouvelles richesses, mais dans l’acquisition d’entreprises et de services existants. Un phénomène nouveau.

Fidel prononçant son discours à l’ouverture du X Sommet ibéro-américain, qui s’est tenu au Centre des congrès Atlapa à Panama City. Photo: Revolution Studios

Il n’y a pas de véritable réponse aux besoins de la grande majorité de nos nations.

Même dans des pays comme Cuba, qui a minimisé les inégalités de distribution, il y a des différences qui se font sentir. Quand elles sont abyssales et que la pauvreté produit de la marginalité, la tragédie surgit.

La marginalité, résultat d’énormes revenus différents, a des conséquences désastreuses dans l’éducation; il n’y a pratiquement pas d’égalité dans les perspectives qui sont celles d’un enfant pauvre et d’un enfant ayant le revenu essentiel minimum et cela touche pratiquement la moitié des enfants en Amérique latine et dans les Caraïbes. Cette véritable tragédie nécessite une réponse.

Je ne peux nier que, même dans ces conditions, il y a une marge de ce qui peut être fait pour les enfants en Amérique latine. Cela doit être fait, et il a été démontré ici que certains pays font un effort particulier dans ce sens. À Cuba, dont j’ai parlé des progrès hier, malgré le blocus et la pauvreté, nous ne sommes pas satisfaits, parce que nous avons compris qu’il y a encore un monde à accomplir. Nous le pouvons et nous le ferons, appuyés par les fabuleux médias audiovisuels et techniques sur qui on peut compter aujourd’hui.

Soit dit en passant, j’ajouterais que dans notre pays, nous avons développé une méthode pour enseigner la lecture et l’écriture à la radio, une telle méthode est testée en République d’Haïti, elle a été mise en oeuvre au départ sur un échantillon de 300 personnes et les résultats ont été spectaculaires. Il s’est maintenant étendu à 3 000 personnes, et ils planifient comment le faire partout dans le pays. Nous développons cette méthode dans le Créole, qui est la langue des Haïtiens. Les résultats nous rendent vraiment optimistes. Si c’est le cas, la possibilité de réduire le nombre de personnes analphabètes est importante, avec un minimum de ressources. Une station centrale fournit simplement cette connaissance.

Je ne parle pas de télévision, c’est si facile. Nous étendons progressivement l’enseignement par télévision graduellement à des extrêmes tels que pratiquement tout le pays devienne une université. Je parle de choses impossibles, mais qui sont déjà faites, avec des résultats spectaculaires et à partir de l’immense soif de connaissance que l’homme a.

Nous faisons, entre autres, des recherches approfondies entre pauvreté, marginalisation, éducation. Nous cherchons vraiment où sont les sources de la criminalité, les carrières criminelles. Et voici quelques mots très intéressants liés à la situation même familière des jeunes. Sur ce plan, nous avons recueilli et recueillons d’innombrables données.

Un monde s’ouvre sous nos yeux, non seulement dans ce domaine, mais dans beaucoup d’autres. Sans être riche, la disposition d’un capital humain abondant, fruit de l’éducation réalisée, nous permet aujourd’hui de concevoir des rêves qui, il y a des années, auraient semblé d’inconcevables utopies,et nous faire honte du peu que nous avons accompli à ce jour.

Commençons par les réalités d’aujourd’hui, ne marchons pas sur des nuages d’illusions et de tromperies; cherchons dans l’ordre politique et économique injuste imposé au monde la grande cause réelle et fondamentale qui fait que nous manquons des ressources tant attendues avec lesquelles nous voudrions rendre le sort de tous nos enfants plus humain.

Je vous remercie tous, avec vos présentations et critères divers mais intéressants et remarquables, pour le besoin profond que j’ai éprouvé d’écrire ces réflexions.

En vidéo, Fidel sur la mondialisation

https://youtube.com/watch?v=mRN3Sg88OZ8%3Ffeature%3Doembed

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