Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Les leçons de l’histoire, les sociétés mourantes qui ont peur de leurs fantômes

Jacques Le Goff explique dans France culture que le Moyen-âge est essentiel pour comprendre notre temps. C’est vrai et je ‘ai cessé de dire à quel point la lecture de Duby m’apaise parce qu’elle me décrit des temps de l’effondrement mais aussi de la transmission et de la création à partir de cette transmission. Je me vois moins en militante désormais qu’en copiste des temps barbares recopiant inlassablement les manuscrits des temps anciens pour les transmettre à ceux qui ne manqueront pas d’en avoir l’utilité.
Mais il ne s’agit pas seulement du Moyen-âge c’est l’histoire entière qui porte pareilles leçons dans ces temps de chute de l’empire américain.

Les temps que nous vivons sont effrayants parce qu’alors que le développement des forces productives atteint des niveaux qui sont au-delà de l’intelligence et de la perception humaine, une vague d’obscurantisme stupide se déchaîne et entraîne une adhésion à l’apocalypse des maîtres du monde qui ne veulent pas perdre leur pouvoir tout en étant incapable d’en faire autre chose que destruction.

Face à cette situation, la faiblesse des organisations et de leurs dirigeants paraît témoigner de l’incapacité à affronter ce cataclysme d’une classe sénile, perverse et malgré tout plus puissante que ne l’est le reste de l’humanité. Ce qui fait l’indéniable force des Chinois, des Cubains, des Vietnamiens c’est que sans sousestimer l’adversaire, ils ne cessent de nous inviter à ne pas confondre l’agitation médiatique autour de sa puissance et la réalité de son pouvoir.

En suivant de près le caractère rationnel de leurs demonstration face à l’empire, il me revient une autre période historique celle qui au contraire décrit le temps où Rome pleine de fougue et de jeunesse commençait son essor, rapporté par Tite-Live. Cela se passe en 426 depuis la fondation de Rome ,peu après la défaite de Volsques et des Eques au mont Algide,encore marqué par le mythe de la prise de Rome par les Gaulois. Il y a eu le traumatisme de ce fait, une blessure douloureuse mais aussi une force naissante.

Tite-Live raconte que dans une bataille contre les Falisques et les Tarquiniens,les soldats romains du consul Marcus Fabius Ambustius se sont heurtés à une manoeuvre ultime de leurs ennemis et les soldats ont été ébranlés” épouvantés à la vue des prêtres de l’ennemi qui s’avancent comme des Furies portant devant eux des torches allumées et des serpents” et certains soldats romains commencent à fuire. Mais le consul et ses officiers se mettent à rire et à faire honte aux fuyards, qui reviennent et dispersent rapidement cette barrière sans la moindre consistance. Ils dispersent les prêtres et leurs incantations magiques, leur enfumage, et occupent le camp ennemi affaibli.

Danielle Bleitrach

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