Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Sans commentaire … mais pas sans conclusion…

Il y a des cas d’école dans l’art de dire n’importe quoi de gens dont on ne sait plus au profit de qui ils écrivent peut-être d’abord d’eux mêmes, toujours à l’affût d’un complot . Dans un article récent de Richard Labévière, publié par le comité Valmy , cet étrange commentateur met en garde ses amis “pro-chinois” et s’appuie entre autres sur un livre la Guerre hors limites1, rédigé par Qio Liang, et Wang Xiangsui,. il poursuit avec un récent interview de Qio Liang . Cette interprétation est en total contresens avec le contenu réel du livre, Tout ça pour aboutir à une mise en garde raciste et inculte, assorti d’un fatras de citations, l’almanach Vermot de la philosophie, à la manière de BHL et de Onfray “…

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article11838

Il n’est pas dans mes projets de commenter l’ensemble des propos du dit Richard Labévière mais comme souvent chez cet étrange personnage, nous avons un mélange de questions et de faits qui ne sont pas inintéressants, mais qu’il a l’art de monter de telle manière que la barque soit chargée certains disent au profit des monarchies arabes, le qatar ou la Syrie, là c’est visiblement pour mettre en garde le reste du monde contre l’impérialisme chinois … d’un point de vue qui feint l’ anti-impérialisme.

Donc cet étrange personnage, met en garde les pro-chinois, au nom de ce qu’ils auraient avalé concernant l’uRSS au nom des deux camps de la guerre froide. Il me semble que ce que l’on découvre aujourd’hui c’est qu’on en a pas mal avalé de la part des walesa et autres pour accabler l’UNion soviétique. mais comme visiblement cet homme retarde d’ue guerre froide il entre fougueusement dans celle-ci avec une sorte de fraîcheur qui fait plaisir à voir.

Donc Richard Lebrevière brasse beaucoup d’air et des références qu’il maîtrise mal et il les emprunte au camp progressiste pour les retourner au profit de l’occident et des alliés du Golfe. tout y passe les chars en Hongrie et Jean paul sartre, associé pourquoi s’en priverait-on à une référence à Spinoza qui incite à remonter aux causes et à Descartes qui nous invite à nous méfier du dualisme, en cinq lignes ils sont tous cités.. Foucault est aussi là avec son “surveiller et punir”… Mais ces penseurs sont traitées de manière aussi allusives que Confucius devenu l’allié de Xi Jinping dans son projet impérialiste et surtout que les deux auteurs de la guerre hors limite.

On se dit qu’il y a un art de se vendre comme une pensée à paradoxe à coup de citations qui est en fait une manière de vous fourguer pas mal de préjugés.

Son interprétation du livre la guerre hors limite est non seulement de l’ordre du contresens mais du racisme pur et simple. Il attribue à la ruse asiatique bien connue l’idée de sortir des limites du champ de bataille pour attaquer l’ennemi sur d’autres terrains, ce qui serait la stratégie actuelle de Xi jinping “à la sauce confucéenne”. Les deux auteurs au contraire attribuent à Hitler cette manière de sortir du champ de bataille pour attaquer en priorité les civils. Et ils montrent comment les Etats-Unis ont poursuivi. Ils expliquent donc que l’on va assister à cette guerre hors limite encore plus étendue et qu’il faut s’y préparer. Je signale par parenthèse à ceux qui auraient tendance à l’oublier que si les Chinois n’ont pratiquement aucune expérience de la guerre hors limite de leur territoire national malgré quelques millénaires, les Etats-Unis dans un temps infiniment plus court ont accumulé les expériences et que ça c’est encore amplifié depuis la deuxième guerre mondiale… Il n’empêche sur la seule mauvaise mine supposée du perfide asiate… notre expert sait qui est la menace.

Ainsi alors que dans leur livre, les colonels Qio Liang et Wang Xiangsui passent leur temps à montrer comment Hitler puis les Etats-Unis ont inventé et perfectionné “la guerre hors limite” et comment au contraire la Chine et les autres pays doivent apprendre à y faire face, cela devient:

En conclusion de leur manuel, les colonels Qio Liang et Wang Xiangsui ont l’avantage d’annoncer la couleur : « Pour la guerre hors limites, la distinction entre champ de bataille et non-champ de bataille n’existe pas. Les espaces naturels que sont la terre, la mer, l’air et l’espace sont des champs de bataille ; les espaces sociaux que sont les domaines militaire, politique, économique, culturel et psychologique sont des champs de bataille ; et l’espace technique qui relie ces deux grands espaces est plus encore le champ de bataille, où l’affrontement entre les forces antagoniques est le plus acharné. La guerre peut être militaire, paramilitaire ou non militaire ; elle peut recourir à la violence et peut être aussi non-violente ; elle peut être un affrontement entre militaires professionnels ainsi qu’un affrontement entre les forces émergentes principalement constituées de civils ou de spécialistes. Ces caractéristiques marquent la ligne de partage entre la guerre hors limites et la guerre traditionnelle, et elles tracent la ligne de départ des nouvelles formes de guerre ».

Ils ajoutent : « En outre, il est urgent que nous élargissions notre champ de vision concernant les forces mobilisables, en particulier les forces non militaires. A part diriger l’attention comme par le passé sur les forces conventionnelles, nous devrions porter une attention spéciale à l’emploi des ‘ressources stratégiques’ intangibles comme les facteurs géographiques, le rôle historique, les traditions culturelles, le sentiment d’identité ethnique ainsi que le contrôle et l’utilisation de l’influence des organisations internationales ».

Donc après avoir attribué à ces deux malheureux chinois dont le livre a d’autant plus de succès qu’il sort après que l’ambassade de Chine ait été bombardée à Belgrad, ce qu’il est tout de même difficile d’attribuer à la duplicité bien chinoise et à l’influence de Sun Tse. Il en rajoute une couche en retrouvant un des deux auteurs qui est à Hong kong et donne une interview.

“Aujourd’hui, Qiao Liang est un général de l’armée de l’air à la retraite. Professeur dans différentes universités, il est directeur du Conseil pour les Recherches sur la Sécurité Nationale et membre de l’Association des Écrivains Chinois. Sa dernière interview est parue dans une revue de Hong Kong2. Il nous livre son analyse sur le monde d’après, d’après l’actuelle pandémie :

« Je pense que l’Occident passera au moins une douzaine de mois à deux ans après l’épidémie pour réparer sa propre économie et réparer son propre traumatisme. Dans ce processus, les soi-disant responsabilités et revendications envers la Chine sont toutes fantaisistes, et finiront par disparaître face à une situation post-épidémique plus grave. La Chine devrait avoir suffisamment confiance en elle pour savoir que tant qu’elle pourra rester suffisamment forte et maintenir avec ténacité ses capacités de production, personne ne pourra lui porter atteinte.

Quand les États-Unis sont forts, qui peut les accuser de la propagation du sida ? Les gens n’ont pas accusé les États-Unis parce que les forces expéditionnaires américaines ont apporté en Europe la grippe qui a éclaté aux États-Unis à la fin de la Première Guerre mondiale et qui a finalement été appelée grippe espagnole. Pourquoi personne n’a mis en cause les États-Unis ? C’était à cause de la force des États-Unis à cette époque. Tant que la Chine restera forte et se renforcera, personne ne pourra la faire tomber avec des prétendues revendications de responsabilité. La Chine devrait avoir confiance en elle ».

Sans commentaire…

dit d’un air entendu le dit Richard Labévière mais non sans conclusion puisque dans le fond toute sa démonstration revient au danger que Washington pousse Moscou dans les bras de la Chine.

Non seulement cet individu retrouve les accent d’un Glucksman et de la nouvelle (sic) philosophie pour nous mettre en garde contre “le totalitarisme” chinois, en utilisant au passage de fausses références et forces citations le tout ne déparant pas une gondole de supermarché, mais il vient en appui en Afrique de la stratégie de Macron, ce qui relève de la même logique culturelle d’ailleurs.

Je pense qu’effectivement, nous allons être sommés de choisir notre camps si les Etats-Unis continuent à provoquer la Chine qui pour le moment a adopté effectivement une politique “attendons et voyons venir” ou pour être plus précis “Inutile de faire partir le faucon tant qu’on ne voit pas le lapin”.

Proche&Moyen-Orient.ch
Observatoire Géostratégique

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C’est le voleur qui crie au voleur. Les USA provoquent régulièrement la Chine en envoyant leurs navires dans le détroit de Taïwan : champ de bataille naval et aérien. Ils viennent de lancer des attaques contre des sites informatiques : bataille numérique. Ils s’acharnent à la diffamer : bataille idéologique. Ils encouragent et financent le séparatisme à Hong Kong : bataille subversive… Mais aussi bataille économique, technologique, scientifique, médicale. La liste est longue des champs de bataille où les USA se sont engagés. Que doit faire la Chine ? Elle recherche la paix mais doit se préparer à toute les… Lire la suite »

Pour suggérer une explication : Labéviaire avait déjà pris le 27 mai dernier la défense indignée du ‘Vendémiaire’, qui avait croisé dans le détroit de Taïwan. A cette occasion il avait dit tout le mal qu’il pensait de la « guerre hors limite » pratiquée par la Chine tandis que la France passait là tout-à-fait par hasard et sans aucune arrière-pensée naturellement. [Vendemiaire : Liberté de naviguer, « guerres ouvertes et « guerres couvertes »… Par Richard Labévière- https://espritsurcouf.fr/le-billet-vendemiaire-chine-richard-labeviaire/%5D Labéviaire dénonce volontiers l’impérialisme quand il est américain, c’est une attitude ancienne dans les milieux gaullistes auxquels il appartient, comme le… Lire la suite »

le nombre de sottises publiées tous les jours sur la Chine ou la Russie me donne la nausée. Ce nouvel assaut de guerre froide me rappelle sans cesse du déjà u, déjà entendu toujours aussi minable et détestable. Des philosophes ces gens là ? Non ! misère de la philosophie: Des politicolohues ? non de simples radoteurs manipulateurs dont hlas le pouvoir de nuisance est porté aux nues grâce aux médias mainstream.