Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Dans le contexte de la crise et de l’épidémie, déjà 75% des Russes ont conclu que l’ère soviétique était la meilleure de l’histoire du pays

Le Centre Levada a publié une étude intitulée «Structure et reproduction de la mémoire de l’Union soviétique dans l’opinion publique russe», qui a montré: 75% des personnes interrogées pensent que l’ère soviétique a été le meilleur moment de l’histoire du pays. Les données des sociologues sont ici commentées par le vice-président du Comité central du Parti communiste YouriAfonine.

Service de presse du Comité central du Parti communiste

26-03-2020

https://kprf.ru/party-live/cknews/192778.html

Lorsque des gens qui ont vécu à l’époque parlent positivement de l’URSS, cela n’est pas surprenant. Les gens se souviennent du logement gratuit, des soins de santé soviétiques de haute qualité, de la meilleure éducation au monde et de la justice dont ils sont privés aujourd’hui. Mais ce qui est encore plus remarquable, c’est le fait, encore une fois confirmé par l’étude du Centre Levada, que cette nostalgie pour l’Union soviétique est également caractéristique de ceux qui ne l’ont presque ou complètement pas connue à cause de leur âge. Le fait que l’ère soviétique ait été la meilleure a été reconnu par 53% des sondés âgés de 18 à 24 ans. Et dans la tranche d’âge des 25-39 ans, 71% des sondés adhèrent à cette opinion. 82% des plus jeunes participants à l’étude et 86% de ceux un peu plus âgés regrettent la destruction de l’URSS. Soit dit en passant, la part de ceux qui sont convaincus que l’effondrement de notre grand pays pouvait être évité, même dans ces groupes d’âge, varie de 46 à 54%. La même tendance de la conscience publique se manifeste par une augmentation constante de la popularité de V.I. Lénine et I.V. Staline, qui est observée par les services sociologiques pour tous les groupes d’âge.

Les jeunes ne peuvent pas juger de la vie en Union soviétique à partir de leur expérience personnelle. En même temps, ils sont soumis à une intense propagande antisoviétique du régime bourgeois actuel. Mais les informations sur la vie soviétique qu’ils reçoivent de leurs parents, de leurs grands-parents sont plus fortes que l’influence de la propagande.

Eh bien, la meilleure vaccination contre le virus antisoviétique est la réalité post-soviétique elle-même. Aujourd’hui, près d’un chômeur russe sur quatre a moins de 25 ans. Les «ascenseurs sociaux» brisés donnent lieu à un sentiment de désespoir et les disparités criantes de revenus – un sentiment de protestation. Les problèmes de logement obligent les jeunes à reporter la création d’une famille, la naissance des enfants. Et l’apparition d’un enfant plonge immédiatement la jeune famille dans la pauvreté.

Aujourd’hui, le potentiel de protestation parmi les jeunes est nettement plus élevé que dans la société dans son ensemble. Cela a été démontré par une enquête récente du même Centre Levada. 22% des répondants âgés de 18 à 39 ans se sont déclarés prêts à des manifestations de masse pour des revendications politiques. Dans la catégorie des 40-55 ans, ils étaient 21%, et chez les plus de 55 ans – 14%. Si dans les années 90 et 2000, il était de coutume de supposer que la génération plus âgée avait le potentiel de protestation le plus élevé, maintenant c’est l’inverse.

Bien sûr, dans ces conditions, pour nous communistes, il est important de ne pas laisser les libéraux tromper les jeunes contestataires. Il est clair pour tout le monde que dans l’histoire de notre pays, les communistes ont à leur crédit l’industrialisation rapide, la victoire, le vol de Gagarine, la création d’un énorme potentiel économique, sur lequel d’ailleurs la Russie vit toujours jusqu’ici dans l’ensemble. Et du côté des libéraux – l’effondrement, la dégradation et la débâcle des années 90.

Pourquoi l’attitude positive des Russes envers l’ère soviétique atteint-elle aujourd’hui des niveaux record? Les résultats de l’étude du Levada Center ont été publiés hier et l’enquête elle-même a été réalisée fin février. L’espace d’information était déjà rempli de nouvelles sur la pandémie de coronavirus et la nouvelle crise de l’économie capitaliste mondiale. Je pense que cela a permis à de nombreux Russes de se rendre compte de la fragilité même de la modeste richesse qu’ils ont réussi à atteindre sous le capitalisme. Comme il est facile dans une situation de nouvelle crise de perdre son emploi et de ne pas en trouver un nouveau, car la crise est partout. Comme il est facile de perdre son épargne, car les banques centrales de tous les pays capitalistes tentent de «noyer» le feu de la crise avec de nouveaux flux monétaires, gonflant ainsi l’inflation. Combien il est difficile de croire que l’État bourgeois vous protégera contre l’épidémie, lui qui a “optimisé” la médecine et réduit de moitié le nombre d’hôpitaux dans le pays au cours des 20 dernières années. Dans ce contexte, la confiance inébranlable dans l’avenir, caractéristique de la vie soviétique, fait de plus en plus d’émules. Et comme la nouvelle crise du capitalisme ne fait que s’amplifier, on peut être sûr qu’une bonne opinion envers l’URSS établira de nouveaux records.

Traduit par Marianne Dunlop pour Histoire et Société

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