Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Ce qu’on peut lire dans la presse française : “le virus et le super timonier

LE VIRUS ET LE SUPER TIMONIER par Jean-François Bouthors (Editeur et écrivain) Ouest-France du 17/02/2020 . Ce Jean-François Bouthors n’est pas un simple pigiste, mais un éditorialiste du journal, qui collabore à la Croix et à la revue Esprit. Jusqu’ici il s’est intéressé à Poutine, visiblement il est fasciné par la figure du despote, mais le semblant de retenue qu’il éprouvait face à Poutine n’existe plus quand il s’agit de Xi Jinping dont on ne sait plus très bien s’il lui reproche d’être communiste ou de ne pas l’être. Ce qui est un trait assez répandu chez nos éditorialistes. Ses mots sont le copié-collé de ceux qu’à la Conférence internationale sur la Sécurité à Munich, les Etats-Unis ont tenté d’imposer à leurs alliés quand il était question de la Chine. Ceux décrivant une menace dont l’auteur de l’article a néanmoins beaucoup de mal à préciser les contours et pour lesquels il est donc obligé de recourir à la haine raciste.

L’ épidémie de coronavirus 2019 (COVID-19) en décembre 2019, qui a pris naissance dans la ville de Wuhan , Hubei, Chine, a entraîné une augmentation des préjugés , de la xénophobie et du racisme contre les ethnies chinoises et autres est-asiatiques. Ce constat est bien sur dû à la peur et à l’ignorance, mais celle-ci pour des raisons politiciennes a été sciemment entretenue, utilisée comme ici. Alors que le 30 janvier, le Comité d’urgence de l’ Organisation mondiale de la santé a publié une déclaration recommandant à tous les pays de respecter les «principes de l’article 3 du RSI», qui selon l’OMS est une mise en garde contre «les actions qui favorisent la stigmatisation ou la discrimination». lors de la conduite de mesures nationales de riposte à l’épidémie.”

Ouest-France notons-le est édité à plus de 650 000 exemplaires soit au minimum 1,5 million de lecteurs), voici ce qu’il déverse concernant l’épidémie en Chine. celui qui écrit ce texte accumule dans une sorte de délire tous les poncifs sur le sujet, tout y est: le ton haletant et l’espoir secret de voir à terre ce pays , sans jamais s’interroger sur les conséquences pour l’économie mondiale de l’effondrement de la Chine. Alors que comme nous le décrivons dans un autre article, la Chine a été jusqu’ici le pays qui tirait un monde bien malade par ailleurs. (note de Danielle Bleitrach)

Depuis qu’il est devenu secrétaire général du Parti communiste chinois en novembre 2012, Xi Jinping n’a cessé de concentrer les pouvoirs dans sa main. Il a non seulement éliminé ses rivaux, mais soumis le pays à une dictature qui ne tolère aucun écart. Il pourchasse toute velléité non seulement d’opposition, mais d’autonomie, de singularité. Le super Timonier règne par la peur. Les camps dans lesquels sont enfermés les Ouïgours pour des séjours de décervelage, l’oppression exercée sur les Tibétains, les disparitions inexpliquées des fortes têtes ou de dirigeants économiques qui ne sont plus en odeur de sainteté, les avocats qui risquent la prison s’ils sont trop gênants, la violence révoltante en usage dans les prisons dont témoignent de nombreuses victimes sont redoublés par un contrôle social généralisé grâce aux technologies de l’intelligence artificielle.

La Chine de Xi Jinping, c’est Big Brother plus le laogai (camp de travaux forcés) et une brutalité sans limites de la police et de l’armée. Sans oublier le retour du culte de la personnalité comme on ne l’avait plus connu depuis Mao Zedong. Le tout dans le contexte d’un capitalisme sans frein.

Le parti n’a plus de communiste que le nom. Instrument d’un pouvoir illimité, il est lui-même tétanisé par la peur : le couperet peut tomber à tout moment sur n’importe quel de ses membres qui prendrait une initiative ou risquerait d’être pris en défaut d’application des consignes officielles. On comprend que les autorités de Wuhan aient commencé par dissimuler l’apparition du coronavirus : elles avaient trop à craindre. Le coronavirus met le pouvoir chinois en danger

Ce genre de pouvoir ne promeut que des êtres veules et dociles, souvent médiocres. L’Union soviétique en a payé les conséquences avec Tchernobyl. Ce qui signifie qu’aucune confiance ne peut être accordée aux informations données par le régime sur l’évolution de l’épidémie. L’un des premiers réflexes de Xi Jinping a été d’affirmer qu’il fallait encore resserrer la centralisation du pays et Pékin a tout fait pour ralentir les prises de décision de l’Organisation mondiale de la Santé.

L’évolution du pouvoir chinois s’explique par la peur qui le hante de ne pouvoir tenir le pays. L’histoire de la Chine a été marquée par des conflits internes et des déchirements terriblement violents. La mémoire de l’époque des Seigneurs de la guerre, puis de la guerre civile, rappelle aux dirigeants que le pays reste menacé d’éclatement. La modernisation du pays n’a pas fait disparaître le danger, bien au contraire. Mao régnait par la terreur et l’idéologie.

Le communisme est mort en Chine, et il ne reste à Xi Jinping que la peur et le nationalisme comme ciment. Il en use autant que faire se peut. Les velléités impérialistes de la Chine d’aujourd’hui sont manifestes, mais elles ne suffisent pas à garantir l’unité du pays.

Avec le coronavirus, le régime chinois est plus en danger que jamais. L’épidémie risque de mettre l’économie du pays à genoux, et donc d’ouvrir une crise sociale majeure, potentiellement révolutionnaire. Mais ce n’est pas tout, la peur est en train de changer de nature. Le danger d’être emprisonné et maltraité pèse de moins en moins lourd devant celui de mourir de l’épidémie, ou de ses conséquences en raison des problèmes graves d’approvisionnement. On le constate déjà de multiples manières en Chine, et pas seulement sur les réseaux sociaux. Le jour où les Chinois penseront que le maintien du régime les condamne à mort, il sera impossible de les arrêter. Et l’onde de choc ébranlera le monde entier.

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Dommage que des propos aussi négatifs ne soient pas aussi destructifs pour leur auteur qu’il souhaite qu’ils le soient pour ses Ennemis. Un paranoïaque de référence !