Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Ziouganov : « Nous avons le devoir de riposter aux provocations qui divisent le pays ! »

Ziouganov est décidément un grand « politique », celui qui a permis de dépasser non sans difficulté chez les communistes russes l’hostilité engendrée par la querelle sino-soviétique dont Fidel Castro voyait la raison principale de la victoire temporaire de la contrerévolution. Parce que face à la manière dont l’impérialisme occidental avait surmonté sa crise en ayant un nouveau champ d’accumulation y compris dans les pays du pacte de Varsovie et dans l’ex-URSS, qui légitimait l’assaut contre les pays du sud baptisé néo-libéralisme (y compris avec ses leurres libertaires masquant la violence des appétits oligarchiques à l’œuvre), il a perçu la dimension patriotique de la résistance à ce pillage « démocratique » et aujourd’hui il a parfaitement perçu ce que je décris dans mon livre : le Zugzwang la fin du libéralisme libertaire et après? (1) A savoir la nécessité de l’unité à la base populaire et la méfiance dans des accords de sommet qui ne traduisent que la lutte des places et un accord temporaire entre prédateurs ou au meilleur des cas opportunistes sans foi, ni loi. Si le peuple russe grâce à la fois à l’existence d’un parti communiste principale force d’opposition et la lucidité « gaullienne » de Poutine, n’est pas dans le même état de confusion que la plupart des pays ex-socialistes ou des partis de l’eurocommunisme, il n’en est pas moins travaillé par une cinquième colonne qui provoque et cherche la division. En France, la situation est telle que la censure devenue totale grâce à la reddition de l’Humanité et de la presse dite communiste, l’existence même du KPRF et d’un communiste de la taille de Ziouganov est interdite, grâce aux traductions de Marianne histoireetsociete dont l’audience il est vrai est au moins aussi importante que ladite presse, et d’autres sites comme le notre le blocus et la censure sont ébréchés (note de Danielle Bleitrach traduction de Marianne Dunlop)

(1) Danielle Bleitrach : le Zugzwang, la fin du libéralisme libertaire et Après? Cahier du Pourquoi. Delga. 10 février 2026; 17 euros.

Je signale par ailleurs aux parisiens que mardi 10 mars, je serai présente à la librairie Tropiques pour un débat autour de ce livre à Paris. Mais je reviendrai sur ce rendez-vous dans la région parisienne.

kprf.ru

– Chers députés ! Chers camarades et amis !

C’est précisément ce jour-là, il y a 19 ans, que le président V.V. Poutine a pris la parole lors de la conférence sur la sécurité à Munich. Il a exposé le point de vue de notre État sur les problèmes mondiaux. Il a répondu aux questions principales et, en substance, a fait une prévision précise de ce qui allait se passer à l’avenir.

Le président a déclaré qu’un monde unipolaire était non seulement nuisible, mais aussi impossible. Et cela s’est confirmé pleinement. Il a mis en garde : la politique de l’OTAN et son offensive vers l’Est conduiraient inévitablement à une détérioration de la situation, y compris pour l’Europe. Et aujourd’hui, celle-ci se tord de douleur. Nous voyons toute la nullité des dirigeants allemands, français et anglais.

À Munich, Poutine a également souligné que le monde russe existe depuis mille ans. Il a son propre programme, ses propres valeurs, qu’il défend avec conviction, s’appuyant sur la grande époque russe et soviétique. Et l’idée la plus importante exprimée dans le discours de Munich était que le plus important pour nous est la souveraineté absolue. C’est ce à quoi nous travaillons actuellement.

La semaine dernière, j’ai regardé avec plaisir la vidéoconférence de notre président et du président Xi Jinping, organisée à l’occasion du Nouvel An selon le calendrier chinois. Ils se sont chaleureusement salués et ont dressé le bilan de l’année 2025. Auparavant, le ministre de la Défense A.R. Belousov et son homologue chinois Dong Jun avaient discuté de questions de sécurité internationale. Je suis fier des relations étroites que notre parti entretient avec le Parti communiste chinois, avec lequel nous avons signé un accord de coopération.

Notre grande équipe a rencontré le Premier ministre M.V. Mishustin et ses adjoints. Nous sommes satisfaits du contenu de la conversation. On sent que le gouvernement se prépare de manière responsable à son rapport, qui aura lieu fin février. Les rapports de la Banque centrale et de la Chambre des comptes sont également attendus. Et nous avons la possibilité d’ajuster notre politique de manière à ce qu’elle aide au maximum à contrer les plans criminels des Anglo-Saxons, qui mènent une guerre ouverte contre nous depuis déjà quatre ans.

Vous connaissez notre position. Notre programme de victoire et notre budget de développement sont sur votre table. Vous disposez de l’expérience unique des entreprises populaires, qu’il faut étendre à l’ensemble du pays pour réaliser une percée économique. Je souhaite que vous y répondiez.

Le président a déclaré 2026 année de l’unité des peuples. Mais l’unité ne peut être atteinte que lorsque le peuple est entendu. Lorsque les citoyens sont convaincus que les prix ne vont pas flamber. Qu’ils ne seront pas persécutés pour avoir élu des députés communistes. Que ceux qui sapent la cohésion de la société et attisent la discorde, en insultant la mémoire de la guerre et toute notre histoire, ne seront pas autorisés à faire preuve d’arrogance. C’est pourquoi nous avons spécialement préparé une déclaration intitulée « Nous exigeons une lutte politique honnête et un large dialogue au nom de la Victoire et de la construction ». Nous proposons à tous les députés de notre pays de s’y joindre. Nous l’avons déjà présentée aux journalistes.

Notre équipe vous fera part de ce document. Quel en est l’essentiel ? La formule de la Victoire présentée par le président consiste à unir la société, à maîtriser les technologies les plus récentes et à atteindre les taux de croissance mondiaux. Mais cette formule est souvent ignorée sur le terrain. Aujourd’hui, cela se manifeste par une brutalité à la fois lâche et inquiétante. 31 dirigeants du Parti communiste russe dans les régions ont récemment fait l’objet de poursuites pénales. Or, aucune des affaires engagées ne repose sur des preuves.

Le travail des organisations du parti est paralysé. Voici un exemple flagrant : lors des élections qui se sont déroulées à l’automne, à l’initiative du gouverneur de Lipetsk, Artamonov, une perquisition a été organisée dans notre section régionale. Ils ont confisqué nos biens, bloqué l’accès à nos e-mails, tout fait pour saisir le tirage du journal publié par les communistes de Lipetsk. Quelques mois plus tard, à l’issue de l’enquête, tout a été restitué. Mais notre campagne électorale a été sabotée.

Il me semblait que la justice allait enfin triompher après qu’il ait été prouvé que toutes les accusations portées contre Sergueï Lezhnev, assistant du gouverneur de la région d’Orel A.E. Klychkov, étaient sans fondement. Et pourtant, il en est à sa deuxième année de prison. Ceux qui ont ouvert le dossier pénal ne cessent de lancer de nouvelles accusations. Mais aucune n’a été confirmée. Il s’agit là d’une violence directe à l’encontre d’un homme qui demande depuis longtemps à être transféré de la prison au front. Et même cette demande n’est pas satisfaite.

Deux cents stratèges politiques malveillants ont tenté de déstabiliser la situation en Khakassie en répandant des calomnies contre notre gouverneur V.O. Konovalov. Mais cette entreprise a complètement échoué.

Et ce qui se passe en Altaï ? Dans cette salle se trouve notre députée M.N. Prousakova, une femme intelligente et charmante qui dirige l’organisation du parti dans cette région et travaille avec conscience et efficacité. Elle est accompagnée de 17 élus à l’assemblée législative, qui ont tous leurs propres assistants. Au lieu d’engager un dialogue constructif avec eux dans une région où les communistes bénéficient d’un soutien massif des électeurs, ils ont décidé de s’en prendre à la faction au sein de l’assemblée législative locale.

Ils ont d’abord arrêté deux femmes, mères de famille nombreuses : la députée Lioudmila Klouchnikova et son assistante Svetlana Kerber, dont les fils combattaient au front. Mais après examen du dossier, elles ont été libérées trois semaines plus tard, après que j’ai adressé une requête au chef du Comité d’enquête A.I. Bastrykin. Et aujourd’hui, l’arbitraire se répète.

Une nouvelle attaque a été lancée contre nos camarades de l’Altaï. Huit personnes ont été arrêtées en une nuit. Parmi elles, le vice-président du parlement régional, Yuri Kropotin, et le député Andreï Tchernobai. Kropotin souffre d’un cancer et suit une chimiothérapie. Cinq hommes armés sont venus le chercher, l’ont sorti de son lit, lui ont passé les menottes et l’ont envoyé en prison. Plusieurs assistants de députés, des représentants du service de presse et de la rédaction du journal local du parti ont également été arrêtés. Ils ont été interrogés pendant huit heures. La question principale était : pourquoi les assistants des députés travaillent-ils pour le parti ?

Je rappelle à tous que la réponse à cette question a été donnée lors de la formation du nouveau système politique. Lorsque l’on a commencé à s’opposer sérieusement aux tentatives de l’oligarchie de mettre sous son contrôle la structure politique de l’État. Le président vous le confirmera. Je lui ai raconté en détail l’histoire de la création de notre parti, comment il a répondu aux défis les plus sérieux.

Une solution raisonnable a été trouvée : l’État paie tous les partis participant aux élections pour chaque voix obtenue. L’objectif est ici que les partis respectent leurs programmes et leurs engagements envers les électeurs, et n’agissent pas sous la dictée des gros bonnets en échange d’un financement. La pratique actuelle est donc tout à fait justifiée. Et tout assistant d’un député a non seulement le droit de travailler pour le parti, mais aussi l’obligation de le faire.

Nous avons pris cette décision lors d’une réunion plénière et d’un congrès, en présence du représentant du président, le premier adjoint du chef de son administration, S.V. Kirienko. Il a lu le message de bienvenue du chef de l’État à notre intention. Des représentants du ministère de la Justice et de la Commission électorale centrale étaient également présents. Ils savent tous très bien que, compte tenu du fait que la Douma et les assemblées législatives régionales sont constituées selon le principe des partis, les assistants doivent travailler pour le parti et exécuter les instructions de ses électeurs. Sinon, notre présence ici n’a plus de sens.

Il est absolument inacceptable de retenir des personnes et de les interroger sur leurs activités légales ! Avec le même succès, les mêmes méthodes peuvent paralyser complètement n’importe quelle autre force politique. Et ceux qui aujourd’hui exercent leur pouvoir arbitraire contre nous sont des provocateurs à 100 %, qui détruisent la stabilité du pays.

J’ai déjà vécu cela dans les années 90, période tumultueuse. J’ai vu comment la bande d’Eltsine interdisait tout le monde afin de ne pas empêcher le pillage des biens du peuple et le partage des richesses colossales entre eux. J’ai vu comment ils détruisaient l’Ukraine, pays bien aimé. Je m’y rendais chaque année et j’ai participé à la création du Parti communiste. Avec son leader, P.N. Simonenko, nous avons organisé des congrès. J’ai aidé à mettre en place en Ukraine le Komsomol, le mouvement des pionniers, le mouvement des femmes, des vétérans et des officiers. Si nous avions soutenu Koutchma à temps, nous n’aurions pas laissé les nazis et les bandéristes entrer à Kiev. Ils n’auraient pas déclenché cette guerre horrible, pour laquelle nous devons payer un lourd tribut en sang.

Nous avons déjà enterré 189 de nos commissaires et commandants. Chaque jour, nous envoyons l’aide nécessaire au Donbass. Nous venons d’y envoyer le 150e convoi. Merci à notre équipe pour cela.

Mais comment cette débauche nazie a-t-elle commencé en Ukraine ? Par l’arrivée des Américains qui ont chassé les communistes. Ils ont incendié la dacha de Simonenko et s’apprêtaient à s’en prendre à lui-même. Mais ici, chez nous, beaucoup ont continué à garder le silence. Et il y avait aussi ceux qui se réjouissaient que les communistes soient détruits là-bas, que les monuments à Lénine soient démolis. Même si nous avions prévenu : ensuite, ils s’attaqueront aux monuments dédiés aux souverains russes, aux plus grands écrivains, aux lauréats du prix Nobel. Et ce sera le début d’une barbarie totale, d’un sabbat fasciste.

Aujourd’hui, notre « cinquième colonne » interne nous propose la même chose que ce qui a déclenché cette folie en Ukraine. Et dans notre appel, dont j’ai parlé, il y a un appel direct aux chefs des forces de l’ordre pour qu’ils mettent fin à ces provocations. Nous agissons strictement dans le cadre de la loi. Et les personnes en uniforme ont le devoir de protéger ceux qui respectent et défendent la loi ! Ce n’est qu’alors qu’ils pourront dire : « J’ai l’honneur ! »

À l’époque où j’étais interrogé, jugé et menacé de poursuites pénales, presque tous ceux qui étaient contraints de faire ce sale boulot s’excusaient encore. Ils baissaient les yeux et disaient : « Nous comprenons tout, mais nous avons reçu des ordres. » P.V. Krasheninnikov est assis ici. Il peut vous raconter comment Eltsine l’a convoqué et lui a ordonné d’arrêter Ziouganov et d’interdire son parti. Mais lui, qui ne partageait pas mes opinions, a refusé d’exécuter ces ordres illégaux. Il s’est entretenu avec moi et m’a assuré : « Je ne le ferai pas ». Même si cela lui a coûté son poste de ministre de la Justice.

Nous devons aujourd’hui encore faire preuve de fermeté. Nous devons dire : l’arbitraire et l’anarchie sont inacceptables ! Notre appel a déjà été signé par les députés de la Douma d’État, et six mille personnes de toutes les régions le signeront. Les 56 organisations qui composent notre union patriotique le signeront également.

Nous vous appelons tous à soutenir notre revendication et à mettre fin à ces provocations. Elles n’ont d’autre but que de faire exploser le pays. Nous n’avons pas le droit de laisser cela se produire ! Nous sommes un pays en guerre. Et nous devons gagner ! Seule une société soudée, solidaire et courageuse peut gagner.

Views: 27

Suite de l'article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

La modération des commentaires est activée. Votre commentaire peut prendre un certain temps avant d’apparaître.