Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Youri Afonine : Le régime actuel à Riga est mortellement dangereux, même pour les Lettons

Au delà de la description de la situation en Lettonie dont nous ignorons tout dans le système de censure atlantiste qui est le nôtre, il y a aussi ce qui est déjà de l’ordre du futur que l’on nous prépare dans cette censure, à savoir un fascisme sous couvert de démocratie et de chauvinisme devenu le drapeau de nos démissions de toute autonomie et dignité patriotique, souveraine. La Lettonie ce minuscule confetti illustre assez bien par sa grotesque impuissance assortie de répressions et manifestations xénophobes ce qu’est la voie de l’UE, celle d’un Macron et de ses chevaliers de la « coalition » dont le seul projet est d’arriver à faire intervenir l’ogre US dont le moins que l’on puisse dire est qu’il n’est pas chaud pour combattre autre chose que des pays « en développement ». (note de Danielle Bleitrach traduction de Marianne Dunlop)

https://svpressa.ru/politic/article/492518

L’expulsion des Russes de Lettonie est devenue non seulement la politique officielle de l’État nazi, mais aussi une activité commerciale bien établie. Les personnes déportées sont dépouillées de presque tous leurs biens mobiliers, elles sont contraintes de vendre leurs appartements à bas prix et, avant de quitter le pays, elles sont également victimes de vols.

Comment protéger nos compatriotes là-bas, comment les aider ici, la Russie a-t-elle les moyens de punir le génocide ? Ces questions ont été posées par Svobodnaya Pressa au premier vice-président du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie, député à la Douma d’État, Youri Afonine.

SP : Que peut faire notre pays pour protéger les droits et assurer la sécurité des personnes que nous considérons comme les nôtres ?

— Le régime actuel en Lettonie est l’un des plus odieux de l’histoire. Je tiens à souligner : il s’agit bien du régime, et non du peuple letton, qui a donné au monde tant de personnes merveilleuses, de Janis Lacis à Vija Artmane et Raimonds Pauls.

Mais le régime actuel de Riga est une véritable honte. Il a fait de la nouvelle édition du nazisme son idéologie, déclarant « inférieurs » et privés de leurs droits une partie importante de la population de son propre pays.

Il glorifie les complices d’Hitler, responsables de crimes monstrueux, dont l’Holocauste. Et ce régime menace l’existence même du peuple letton.

Jugez par vous-même : depuis sa déclaration d’indépendance vis-à-vis de l’URSS en 1990, la Lettonie a déjà perdu plus de 30 % de sa population. En termes de déclin démographique au cours des 35 dernières années, ce pays n’a pas d’égal sur toute la planète.

À titre de comparaison, entre 1945 et 1990, c’est-à-dire sous le régime soviétique, la population de la Lettonie a augmenté de plus de 70 %. Constatez la différence. Depuis la fin de l’ère soviétique, les Lettons se meurent et se dispersent à travers le monde. S’installant dans d’autres pays, ils s’assimilent bien sûr progressivement. Dans un siècle, ce qui est peu dans l’histoire, le peuple letton pourrait tout simplement disparaître de la surface de la Terre.

C’est pourquoi la déportation des Russes, y compris des personnes âgées, par les autorités lettones ne surprend même plus. On peut s’attendre à tout de la part de ce régime.

Je vais dire une chose amère : la Russie a manqué le meilleur moment pour influencer la Lettonie. Dans les années 1990 et 2000, ce pays dépendait très fortement de nous sur le plan économique. Il vivait du transit des marchandises russes et recevait de notre part des énergies à des prix bien inférieurs à ceux pratiqués en Europe occidentale. Il nous suffisait alors d’exercer une pression sur ces leviers pour aider des forces politiques beaucoup plus saines à arriver au pouvoir à Riga. Vous voulez tirer profit de la coopération avec la Russie ?

Éliminez les russophobes du pouvoir ! Et la Lettonie aurait pu renoncer à adhérer à l’OTAN si la Russie avait lié en temps utile sa coopération économique avec cet État à son statut de non-membre du bloc. Mais à l’époque, les autorités russes ne se sont pas inquiétées de l’élargissement de l’OTAN vers l’est, alors que le Parti communiste russe avait toujours mis en garde contre le danger que cela représentait.

Aujourd’hui, nous n’avons plus beaucoup de moyens pour nuire aux nazis lettons. Mais, bien sûr, nous devons quand même les utiliser tous. Certains seront peut-être surpris, mais nous avons toujours des échanges commerciaux avec la Lettonie, qui représentent plus d’un milliard d’euros par an.

La Russie est le plus grand partenaire commercial de la Lettonie en dehors de l’Union européenne. Pourquoi donc ? Il n’y a pas de produits lettons dont nous ne pouvons nous passer. Les sprats sont également produits dans notre région de Kaliningrad. Une réponse adéquate aux actions actuelles des autorités de Riga serait des sanctions économiques globales.

SP : D’après ce que l’on peut juger des informations sur les migrants lettons en Russie, le sort de beaucoup d’entre eux est une place dans un foyer pour les plus jeunes et une maison de retraite pour les autres. Le programme d’aide au retour des compatriotes dans leur patrie historique n’est-il d’aucune aide dans ce cas ? Selon vous, quel devrait être le soutien de l’État aux migrants ? Est-il prévu dans le budget fédéral ?

— Bien sûr, les migrants de Lettonie peuvent bénéficier du programme d’aide au retour des compatriotes en Russie. Ce programme est en vigueur et financé, et plus de 30 000 personnes en ont bénéficié l’année dernière.

Mais à notre avis, l’aide que les migrants peuvent obtenir dans le cadre de ce programme est insuffisante. Nous nous efforçons de la faire élargir. Ce n’est pas facile.

Lors d’une récente discussion sur le projet de budget de l’État, le groupe parlementaire du Parti communiste russe a proposé plus de 200 amendements prévoyant une aide supplémentaire à divers groupes de population : les enfants orphelins, les jeunes familles, les militaires, etc. Mais tous nos amendements ont été bloqués par la majorité à la Douma.

Pour que la Russie devienne un foyer accueillant pour les migrants russes, elle doit elle-même changer radicalement. L’année prochaine auront lieu les élections à la Douma, auxquelles les communistes se présenteront avec leur « Programme de la victoire ». C’est l’occasion de changer le cap socio-économique, notamment en matière d’aide véritablement globale aux personnes chassées de chez elles par des régimes russophobes.

Mais, bien sûr, nous sommes prêts dès maintenant à travailler concrètement sur chaque cas de personne déportée de Lettonie, à nous adresser à toutes les autorités russes afin que ces personnes obtiennent bien plus qu’un lit dans un foyer ou une maison de retraite. Avant tout, un logement décent et un soutien financier suffisant pour s’installer dans un nouvel endroit.

SP : Les actions officielles de Riga contre les Russes constituent un génocide, article 357 du Code pénal de la Fédération de Russie, puni d’une peine pouvant aller jusqu’à la réclusion à perpétuité et la peine de mort. Le ministère des Affaires étrangères traduit l’attitude de notre État face à ces événements. Quelles autres possibilités existe-t-il pour demander des comptes aux autorités lettones ou au moins les menacer d’un nouveau tribunal de Nuremberg ?

Soyons réalistes. Le procès de Nuremberg a été rendu possible après que les troupes de la coalition anti-hitlérienne se sont rencontrées sur l’Elbe.

Or, le régime letton actuel est protégé par le bloc impérialiste occidental. L’Europe et l’Amérique, qui adorent crier au scandale lorsque les droits de l’homme sont bafoués en Birmanie ou au Soudan, ferment les yeux sur les actes manifestement criminels de l’État letton.

Pour eux, c’est « leur fils de pute », comme l’était en son temps le dictateur Somoza pour les États-Unis. Mais, bien sûr, la Russie se doit de soulever la question des violations monstrueuses des droits de l’homme par les autorités de Riga à l’ONU et, plus généralement, sur toutes les tribunes internationales.

SP : Comment évaluez-vous les formes de pression exercées sur la Lettonie, telles que le rappel des investissements réalisés dans la république pendant les années du pouvoir soviétique et la demande de remboursement des dettes, la présentation de revendications territoriales, la diffusion d’informations sur les atrocités commises par les nationalistes pendant la Grande Guerre patriotique ?

— Vous savez, je n’irais même pas jusqu’à appeler cela des « formes de pression ». Il s’agit simplement de la vérité historique, dont nous devons parler en réponse aux mensonges incessants sur l’histoire qui sont répandus en Lettonie et en Occident en général.

Oui, nous continuerons à rappeler à Riga les énormes investissements soviétiques dans ce pays, les soldats de l’Armée rouge qui sont morts pour libérer la Lettonie des fascistes allemands, les crimes horribles des « frères des bois ». Mais commençons par des sanctions économiques totales. Cela sera mieux compris que des mots.

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