Histoire et société > Éditorial
Editorial : Y a-t-il la moindre possibilité de dialogue,pourtant ce blog s'appelle Histoireetsociete par danielle Bleitrach
POUVEZ-VOUS ME DIRE POURQOI PERSONNE NE ME REPONDS JAMAIS ? EST-CE QUE JE DIS N'A STRICTEMENT AUCUN INTERET ? EST -CE QUELQU'UN TROUVE COMME MOI INVRAISEMBLABLE QUE NOUS SOYONS DANS UN MONDE QUI N'OSE PLUS UN VRAI BILAN DU SOCIALISME . ET SURTOUT QUE LES VICTIMES DU CAPITALISME SOIENT CONVAINCUES PAR LE MACCARTYSME AMBIANT ? .COMMENT L'EXPERIENCE INFLIGEE ABOUTIT-ELLE A UN TEL CONSERVATISME ? NON SEULEMENT PARCE QUE LE PEUPLE EST CONVAINU DU "PERIL ROUGE" MAIS PARCE QUE TOUS LES CHANGEMENTS QUI SONT INTERVENUS ONT VU LA VIE SE DEGRADER... COMMENT PEUT-ON SORTIR d'UNE TELLE IMPASSE HISTORIQUE ?
Publié par Danielle Bleitrach
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Article original pour le blog
Peut-être que ce que je dis n'a aucun intérêt mais si tel est le cas que l'on me le dise et ce sera plus productif que cette manie de ne jamais répondre aux questions que je pose, d'ignorer aussi totalement le problème autour duquel depuis plus de vingt ans j"ai animé histoire et societe.
Je résume: les cadres sociaux de la mémoire ont été en France, en Europe durablement endommagés. au point que plus personne ne s'étonne, il y a eu un travail très profond avec des complaisances qui se poursuivent.
IL y a la censure et je crois qu'il y a peu de gens qui ont été aussi censurés que moi et sans que jamais ne soient définis les raisons d'un tel interdit. Bon je ne suis pas la seule à avoir subi la double peine disons que c'est l'époque mais quand la dite époque en est à tout subordonner aux élections présidentielles dont raisonnablement il n'y a pas grand chose à espérer si ce n'est de limiter les dégâts en matière de rapports des forces, alors que nous avons un tel échantillonnage de prétendants, et l'expérience de chaque présidence depuis des décennies, déjà cela s'interroge. Mais si vous trouvez normal que l'on en soit à considérer comme une victoire que dans un congrès du PCF une courte majorité ait pu imposer de parler du socialisme comme perspective c'est un problème. OU encore les éléctions législatives pour un groupe qui n'est plus un groupe tant ils sont divisés qui ne porte plus le nom de communiste et dont le chef de fils ouvertement vote contre le candidat du parti. Et que dans un tel contexte ou 'il y soit impossible de poser le rôle du monde multipolaire et de la Chine socialiste dans ce congrès ou dans la presse d'obédience communiste. Et que ce parti soit en progrès en tous les cas celui qui tranche sur le reste. En sachant que ces interdits qui brident un congrès et ceux de la presse communiste sont ceux de la nation de l'UE . Il signifient l'avancée qui a été obtenue en France dans la manière de bloquer toute action en faveur d'autres partis pris comme ceux de la paix, de la réindustrialisation, etc.
Tout cela exige une stratégie et il n'y a pas de stratégie nationale sans mémoire historique. Que nous nous rendions compte que depuis pas mal de temps il n'y a pas de stratégie vers le socialisme et que depuis des décennies nous sommes divisés par l'inefficacité de nos tactiques défensives. C'était imposé par la contre révolution, l'effondrement du camp socialiste, sa division, c'est en train de changer et il faudrait ne pas en parler. Répêter la messe que nous avons célébré depuis plus de vingt ans ? C'est la première chose qui réclame un dialogue.
Il faut considérer tout cela comme une folie et en sortir en restaurant une profondeur historique. C'est pour cela que j'ai créé histoire et societe et que j'en assure 90% de l'animation. Sans parler des frais financiers.
l'Histoire, il n'y a pas que Marx pour l'avoir privilégiée, et elle a diverses méthodes, celles qui accumule tout ce que l'on sait d'une époque et qui l'expose comme un savoir constitué à la manière de ce que ressort une intelligence artificielle quand vous lui posez une question. Il y a une autre conception de l'Histoire et il n'y a pas que Marx pour l'avoir pratiquée, un historien comme Marc Bloch à partir du choc de la première guerre mondiale, l'illustre à sa manière et, ce n'est pas pour rien que j'ai tenu à appeler ce blog histoire et societe, nous en sommes au troisième version et je n'ai, pas avancé d'un iota :
Pour Marc Bloch l'histoire est problème ou problématique: le contraire de ce prêt à penser qui m'est infligé quand je pose un problème, ce refus d'interroger la réalité, quand devant un évènement, un Fait, on vous répond par un prêt à penser type ce que peut faire l'intelligence artificielle, c'est vrai en politique mais ça l'est tout autant sur le plan académique. Dans cette conception de l'histoire, on sait avant d'avoir réfléchi, observé alors même que nous sommes dans un ébranlement sans précédent, alors que la quasi totalité des empoignades politiciennes ou d'école repose sur cette manière de se battre autour de gourous - sans tenter de voir ce qui différencie ou ce qui peut être fait ensemble. C 'est pour cela que je me suis prononcée pour une base commune, non seulement parce que les autres n'apportaient pas grand chose mais parce qu'il me semblait indispensable d'enfin réfléchir ensemble dans une confrontation d'idées et un dialogue.
Peut-être cela est-il dû à l'expérience des années que nous venons de vivre dans lesquelles tout changement s'est présenté comme défavorable ou pire encore, et cela a engendré un conservatisme multiforme... celui qui va vers l'extrême droite comme toutes les peurs... mais aussi le paradoxe qui fait que parler du socialisme, du monde multipolaire soit devenu un enjeu dans le Congrès du PCF. Avouez que ce n'est pas banal comme situation? Moi j'ai l'impression d'un mauvais rêve, comme d'avoir vu ce succéder à la tête du parti des gens qui n'avaient peut-être pas démérité dans d'autres activités, mais qui n'avaient strictement rien à voir avec le communisme et il en reste quelques uns en particulier dans l'international. Comme d'ailleurs le fait que la référence à Marx, Lénine, Mao tous ceux qui se sont confrontés au problème du changement de societe sur un plan théorico- pratique soit devenue si caricatural. alors que leur interprétation finisse chez certains groupuscules par un retour au dogme parfois insupportable tant cela va a contraio de Marx et de tous ceux qui l'ont suivi dans la nécessité de transformer l'ordre des choses existant. à partir des questions que la réalité vous pose. OUi pour eux aussi l'histoire part des problèmes que l'on se pose.
En ce qui me concerne le problème que je tente d'élucider depuis que je me suis engagée entre deuxième guerre mondiale et guerre d'Algérie, a toujours été : comment y a -t-il pu avoir un phénomène contrerévolutionnaire victorieux? Comment l'impérialisme qui a accompli tant de crimes a-t-il pu convaincre les victimes de ces crimes que le pire était le socialisme? Comment avons-nous été anesthésié à des horreurs comme Hiroshima et les pratiques génocidaires actuelles au point de céder à des lynchages menés par les auteurs de ces crimes contre ceux qui tentent de résister ? Et pourquoi les communistes ont-ils contribué à cela en acceptant l'interprétation de l'impérialisme et comment l'ont-ils confondus avec la démocratie ? C'est ce qui dernièrement m'a fait m'intéresser à l'insurrection de Budapest de 1956 en retrouvant les FAITS et en les replaçant dans un contexte global qui met en évidence des structures d'action: la décolonisation par exemple. C'est ce qui me fait considérer les conflits actuels comme ceux d'Ukraine, d'Iran, du Moyen Orient à partir des FAITS incontournables comme Ormuz mais dans un contexte global dans lesquels les individus relèvent d'un théâtre révélateur de l'état des structures.
Que l'histoire soit problème exige encore plus de rigueur en particulier sur ce qui détermine votre propre pensée dans votre societe telle qu'elle est. Commençons donc par dénoncer le fait que cette manière de refuser le dialogue pour exposer ce que l'on a déjà répété mille fois correspond à la censure de la classe dominante qui limite l'horizon de l'observation. Et comme toute idéologie elle vous transforme en sujet au point que l'on finit par croire que ce refus de prendre en compte ce qui vous est dit est une pensée originale prouvant l'indépendance d'esprit, alors qu'en général cela marque la peur de sortir du consensus qui distribue les places. C'est au meilleur des cas une conception étriquée de la pédagogie qui renonce à toute maïeutique.
Il y a dans la recherche un problème préalable qui ne se contente pas des sources préétablies mais les constitue: on pose un problème général ( en fait plusieurs problèmes articulés les uns aux autres) et de ce problème découle les sources mobilisées et la séquence temporelle et spatiale qui subit l'investigation.
Pour Bloch qui s'intéresse à la féodalité mais qui reste un "citoyen" et à ce titre n'a jamais oublié cette guerre dans les tranchées, son absurdité et la manière dont des êtres humains créent une autre rationalité des compagnons de combat, les ordres et leur application . Comme par hasard, la société féodale pose la question du servage et la transition féodale avec l'esclavage antique, le mots sont les mêmes (servus servi). IL considère les sources par rapport à d'autres questionnements essentiels 1) la relation entre statut juridique et statut économique 2) une comparaison entre discours et pratiques sociales 3) une réflexion sur l'évolution des sources face aux changements sociaux , les relations entre les mots et les choses décrites dans cette évolution.
Aussi étrangre que cela vous paraisse c'est à cette gymnastique que je n'ai cessé de me soumettre en créant et alimentant histoireetsociete. Elle porte en elle-même sa récompense mais de temps en temps j'aimerais bien que cela aille plus loin et savoir que quelqu'un partage l'élan vital qui m'anime et qui comme chez tout être humain donne la force d'agir.
A l'origine de mon investissement intellectuel, il y a la révolte face à l'injustice du traitement subi par les communistes : ils n'ont pas mérité à aucun moment de leur histoire d'être ainsi comparé au nazisme, de nier leur apport y compris à la libération des êtres humains. Mais il y a aussi la volonté de comprendre pour faire face à l'injustice qui perdure.
En ce qui concerne les sources, sont privilégiées par moi dans histoire et société, soit celles de la classe dominante qui mène son combat sur tous les plans ou ceux qui résistent à cette contrerévolution, d'où le choix des traductions. Et en général je publie le même jour diverses approches autour d'une hypothèse explicative.
Il y a les discours et il y a l'observation du décalage grandissant entre le narratif officiel et les pratiques sociales des couches populaires, l'histoire des mentalités ou plutôt ce qui fait lien social quand l'Etat du capital se fissure comme aujourd'hui. Quand le contexte social et culturel des sociétés est confronté à une évolution technique et de ce point de vue le célèbre article de Marc Bloch sur la diffusion du moulin dans l'Europe médiévale ou la manière dont Duby confronte la découverte du soc en métal de la charrue qui favorise l'essartage à l'imaginaire politique dans lequel à l'ombre de chaque centre religieux, de ruines antiques, se déploient des groupes de chevaliers couverts de verroterie qui se croient les descendants des César romains, cette étrangeté d'un décalage aussi manifeste entre la structure scientifique et technique, l'économie et les institutions juridiques, les représentations est bien sur fascinant mais pas seulement.
Ce passé est paradoxalement une manière d'élargir l'horizon d'aujourd'hui.
Mais pour observer tout cela il faut aussi tenter un bilan du changement social qu'a représenté et continue de représenter le socialisme pour en suivre les chemins réels et pas ceux du dogme. J'affirme et c'est sur cela que je demande réponse, que le socialisme, la Révolution d'octobre a été un ébranlement qui loin d'être achevé poursuit sous de formes inusitées ses effets irréversibles. A ce titre je propose l'idée importante pour la France que cette Révolution bolchevique a été à la fois l'aboutissement de la Révolution française et dans le même temps une rupture fondamentale. Il peut y avoir contrerévolution, il n'y aura pas de retour en arrière.
Est-ce que le message, l'idéal qui l'anime a été accompli, cela mérite examen mais il est clair que ce qui a été posé en matière de paix, de souveraineté parce que plus personne n'a intérêt à la guerre demeure fort.
Mieux j'ose reprendre l'idée de Lukacs sur le fait que par deux fois la révolution bolchevique, y compris stalinienne a sauvé l'humanité, contre le nazisme et en ayant la bombe atomique face à un adversaire capable de l'extermination d'Auschwitz et d'Hiroshima, l'impérialisme, les uSA. Et je pose le FAIT que la Chine et le monde multipolaire sont la troisième fois où l'humanité se sauvera par le socialisme.
Ces affirmations je ne les assène pas comme le dogme de la république, de la démocratie mais avec des FAITS, ceux énoncés et ceux présentés chaque jour dans ce blog.
Alors je veux bien accueillir vos propres convictions et analyse mais quelqu'un pourrait-il s'intéresser à ce que je dis avec ma méthode à moi ou alors que l'on m'explique que seuls ont de l'intérêt ce qui jusqu'ici n'a produit que des échecs tactiques , des groupuscules, des divisions dans lesquelles il ne s'agit pas de se rassembler pour agir mais de se diviser autour de gourous en espérant se débarrasser de ce qu'on a soi -même mis en place.
si le "problème" qui met en relation ce que l'on appelle infrastructure et superstructures dans leur ébranlement part d'un fait social comme le servage ou l'évolution des partis, de la vie politique, l'affaiblissement des organisations de la classe ouvrière, suppose de suivre des "problèmes" articulés entre eux que découvre la recherche, il convient dans le même temps de ne pas oublier le phénomène social total, la societé dans son ensemble ce qui oblige à toujours en revenir au mouvement du capital.
Peut-être tout s'est-il noué pour moi dans ces années de la guerre d'Algérie où je prenais très au sérieux le combat contre l'OAS et celui qui allait devenir mon compagnon un héros de la résistance m'avait postée sur la route de Puyloubier qui menait à la légion. On soupçonnait que le chef de l'OAS local, un dentiste aixois du nom de Vidal se cachait là et je notais tous les numéros des voitures qui passaient sur cette route. C'est dans ma petite 4cv, un tas de ferraille, qu'entre deux notations je lisais la societe féodale de Marc Bloch et je découvrais le volume premier du Capital.
Ce que je découvrais alors c'est dans le fond la seule chose qui n'a cessé de m'intéresser depuis c'est l'interpénétration de toutes les structures dans le fil des événements et la nécessité d'en mener la compréhension à différentes échelles et comme de modalités d'action. C'est cela qui a rendu ma vie passionnante et qui encore aujourd'hui à 88 ans m'emplit de curiosité et du désir de comprendre. Avec cette particularité qui créé bien des malentendus à savoir que j'éprouve à interviewer les gens, à écouter leurs récits un intérêt qui est toujours pour moi une manière d'alimenter le global. Ils représentent toujours un accès privilégié à un temps, une classe sociale, un milieu, ils relèvent de l'étude de cas et sont à eux seuls une monographie. Cela n'exclut pas la tendresse, l'amitié, l'amour, ou la colère, mais cela relativise incontestablement le pouvoir que l'on a les uns sur les autres.
Danielle Bleitrach
