Pour des objectifs géostratégiques similaires à ceux qui motivent leur politique envers l’Iran ou le Venezuela : les approches peuvent varier selon les contextes, mais l’objectif fondamental reste le même; maintenir une influence dominante sur des régions riches en ressources, stratégiquement situées et susceptibles de remettre en question l’ordre mondial dirigé par Washington. Actuellement si l’on considère la carte ci dessous on voit à quel point la Chine est le premier partenaire de la plupart des pays dans le monde. Au début des années 2000, la part de la Chine dans le commerce international ne dépassait pas 25 % ; elle représenterait aujourd’hui les trois quarts. Par ailleurs, le Centre britannique de recherche économique et commerciale (CEBR) estime que la Chine dépassera l’économie américaine au cours de cette décennie , aux alentours de 2028. Il y a le cas de l’UE et de l’Europe de l’Ouest, avec les stratégies erratiques de la Grande Bretagne, Allemagne et France, mais aussi celui des territoires sur lesquels, la France et la Grande Bretagne exercent un droit colonial ou prétendent l’exercer.

Les États-Unis chercheraient à renforcer leur influence au Nigeria pour plusieurs raisons stratégiques avec des conséquences hegemoniques :
1. Limiter la présence chinoise en Afrique
Le Nigeria joue un rôle central dans l’initiative chinoise dite des Nouvelles Routes de la Soie. La présence économique de la Chine dans le pays est croissante, avec des investissements significatifs dans des secteurs comme les minerais, l’énergie et les infrastructures. Cette dynamique inquiète Washington, qui voit dans l’influence chinoise un défi direct à sa propre domination géopolitique et économique.
Les investissements chinois en Afrique ciblent des secteurs structurants à forte croissance pour les économies africaines alors que la stratégie occidentale reste fondamentalement extractive.
2. Contrôler le commerce et les exportations africaines sur la façade atlantique
Le Golfe de Guinée est une zone maritime stratégique qui concentre une grande partie du trafic commercial africain vers l’Europe, l’Asie et les Amériques. C’est aussi une région clé pour l’exportation de pétrole, de gaz et d’autres ressources naturelles. Cette position géographique en fait un enjeu important pour les États-Unis, qui veulent garantir le contrôle de leurs routes commerciales et de leurs flux d’énergie.
3. Freiner la dynamique de dédollarisation
Sur les marchés des matières premières, plusieurs pays, dont le Nigeria, explorent des alternatives au dollar américain pour les échanges internationaux, notamment avec la Chine, la russie et l’Iran. Cette diversification menace à terme la prédominance du dollar. Les États-Unis, qui peinent désormais à maintenir des relations économiques et politiques solides avec les principaux pays producteurs de ressources usent de la force et de l’intimidation pour préserver l’usage du dollar dans le commerce mondial.
L’intérêt des États africains ne réside pas dans une allégeance aux États-Unis, mais dans la diversification de leurs partenaires économiques, en privilégiant ceux qui proposent des investissements et des services à forte valeur industrielle et technologique. C’est pour cela que nous devons voir cetre intrusion américaine comme un danger stratégique majeur.
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(1) Le géant asiatique entretient désormais des relations commerciales étroites avec de nombreux pays africains , notamment ceux producteurs de matières premières, en particulier de métaux . Par ailleurs, la Chine a accru ses investissements dans les infrastructures et les projets de développement de la région. Rien qu’en 2020, elle a investi environ 2,96 milliards de dollars américains.
Depuis 2009, la Chine est le premier partenaire commercial de l’Afrique, dépassant ainsi les États-Unis. Elle est également devenue le premier importateur mondial de pétrole, s’approvisionnant en grande partie auprès de pays africains comme le Soudan et l’Angola. Si la Chine importe aussi d’autres ressources du continent, telles que le fer, le cuivre et le zinc , ces importations sont essentielles au maintien de la forte performance de son secteur manufacturier. On estime qu’un tiers des investissements chinois en Afrique est consacré au secteur minier.
L’un des principaux objectifs de la Chine dans la région est de délocaliser une partie de sa production industrielle vers des pays disposant d’une main-d’œuvre bon marché et peu qualifiée . Cette stratégie, conjuguée à ses investissements en Afrique, contribue à la diversification des économies du continent , en ayant pas seulement comme les occidentaux une influence sur le secteur minier, mais aussi l’industrie , la construction et les services . De plus, elle accroît les possibilités d’emploi et de formation pour les travailleurs de la région et la Chine, le plus souvent en collaboration avec la Russie a un politique multilatérale de développement du sud.
Actuellement, l’Afrique compte 10 000 entreprises chinoises et 200 000 travailleurs chinois., le premier Forum Chine-Afrique sur la sécurité et la défense a été créé en 2018 , consolidant ainsi la coopération, notamment par la formation de militaires africains dans des académies chinoises.
Au cours des deux dernières décennies, les entreprises chinoises ont utilisé divers fonds pour construire et moderniser plus de 10 000 kilomètres de voies ferrées, près de 100 000 kilomètres de routes et une centaine de ports . La Chine a investi dans la quasi-totalité des ports africains, ce qui lui confère un avantage considérable dans le commerce international, mais libère aussi les flux de marchandises qui peuvent entrer dans des rapports sud-sud au lieu d’être liés au seul transit vers les métropoles coloniales.
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