Il s’est instauré un petit débat ici, à propos de l’Humanité et de son rôle historique en France depuis le congrès de Tours jusqu’à Roland Leroy , Patrick le hyaric et Fabien Gay et la trahison de l’Eurocommunisme. Ce débat porte sur la dépossession de leur journal par les communistes à qui il est demandé pourtant de verser à la souscription, de continuer à le vendre ce qui est selon moi une escroquerie manifeste fondée sur l’affaiblissement dramatique de ce parti, non seulement en nombre puisqu’il est passé de 700.000 à moins de 45.000 adhérents mais surtout en formation et organisation. J’ai pris une décision au vu des conditions de préparation du prochain congrès c’est de ne pas nuire à ce parti qui demeure ce qui se fait de moins pire, mais de considérer que je ne participe plus à son devenir. Sinon en apportant par ailleurs une information qui peut être utile.
1-L’effacement du PCF est un drame qui va bien au-delà de ses militants
Parce que le véritable problème est là, la disparition du PCF ne considère pas que ce parti mais la capacité pour une alliance entre classe ouvrière, producteurs et avant garde dans la culture, scientifique, artistique, littéraire. Cette affaiblissement voire sa disparition de fait, a ouvert les vannes à la situation très grave qui est la notre: un peuple divisé et dont les divisions assurent la permanence d’alternance qui n’en sont pas avec un gouvernement et des élites politico-médiatiques nous conduisent au pire. Il en d’ailleurs de même des partis de l’eurocommunisme y compris le glorieux parti communiste italien. Ce qui est véritablement stupéfiant est le souvenir, le manque que cet effacement a laissé dans la mémoire collective. Ce vestige, son patrimoine est utilisé par une bande d’escrocs qui pratiquent quelque chose d’équivalent à l’abus de faiblesse pour continuer à proliférer pour vendre leur camelote de la CIA et utiliser jusqu’au bout ce qu’il reste pour s’assurer une vie de petits privilégiés.
Je comprends parfaitement ceux qui veulent croire et je suis à ma manière complice et victime du même abus de faiblesse au nom du respect que j’ai éprouvé pour ce parti et ses anciens dirigeants. C’est notre ultime grandeur que d’assumer cette conception désintéressée et le reste est tellement pire que nous n’osons détruire le peu qui demeure. Je dirais que j’ai subi et supporté l’innommable au nom de ce que ce parti fut et qui m’a tellement apporté plus que je n’aurais osé espérer dans une carrière d’intellectuelle classique aujourd’hui en voie de domestication. Et c’est au nom de tout cet apport que je n’ose aller jusqu’au bout de ce que je pense des escrocs dont je suis convaincue qu’ils vont désormais finir par l’emporter parce que personne n’est en situation de les virer.
Il est difficile d’expliquer jusqu’où peut aller la sottise et l’arrogance de ces gens là qui se sont appropriés le Parti ou ce qu’il en reste et la tolérance que leurs pratiques engendrent y compris chez des camarades qui sont de plus en plus en désaccord avec leur inconduite. Parce qu’il demeure à la base et quelquefois jusqu’à « l’executif » nouveau nom du Bureau Politique des communistes totalement lucides mais qui sont frappés d’inertie. Par parenthèse je ne vois pas en quoi ce terme d’exécutif qui sent son bourreau à mille lieu est de meilleur aloi que l’ancien Bureau politique dont le fonctionnement mériterait d’être mieux connu dans sa collégialité. IL demeure celui de bien des partis y compris le Parti Communiste Chinois, Cubain, Russe et tant d’autres qui ont conservé quelques poids dans la vie nationale. Ne parlons même pas du Conseil National par rapport au Comité central, non seulement c’est la cour du roi Pétaud, chacun dit ce qui lui passe par la tête, mais je donne l’exemple de ce que cela donne dans les « fédérations », le niveau intellectuel est parfois voisin de la nullité absolue et personne n’a conservé la moindre idée des tâches qui incombent aux membres du Comitié central si ce n’est le droit de pratiquer l’exclusion et la censure au gré de ses humeurs et de la faction dont il se sent l’émanation avec les petits privilèges accrochés à une telle « copinerie ».
j’ai expliqué comment j’ai décidé d’écrire mon dernier livre, le Zugzwang, la fin du libéralisme libertaire. Et après ? les cahiers du pourquoi? (1) Ce fut un bilan de ce que nous avons tenté avec notre livre collectif (2). Ce livre est en effet, en partie grâce à ce qu’il reste de cette force militante, a connu un relatif succès et il continue puisqu’il n’a pas encore un an d’existence. Aujourd’hui face à la réalité on ne peut plus ignorer la multipolarité. Mais il nous a aussi permis de mesurer comment au sein même de ce parti communiste et a fortiori d’autres considérés comme de gauche s’était institué un bastion de censure. Ces gens là vivent d’une diabolisation de l’adversaire supposé, mais dans les faits visant à tirer ce parti vers le consensus atlantiste.
Il me parait nécessaire de désigner des FAITS mais aussi des Noms en tant que responsables dans des postes politiques, mais ce n’est pas l’essentiel : l’important est l’analyse des mécanismes par lesquels partout s’est instaurée une vulnérabilité à de telles pratiques et encore aujourd’hui d’une manière qui frise l’absurde. Je suis sociologue et je sais comment un système transforme ceux qui se croient agents, en « agis ». mais il y a un moment où l’ignorance ne devrait plus être une opinion mais un délit au vu des conséquences et c’est cette ignorance qui a été entretenue et continue à l’être, la censure en fait partie. Nous en sommes victimes par des factions celle qui règne à l’humanité mais aussi au secteur international du PCF et les petits groupes qui bénéficient des moyens financiers qui passent par ces canaux là..
Aujourd’hui l’affaire Epstein nous donne un aperçu des systèmes complexes dans lesquels s’est produite cette contrerévolution, qui partout à créé une unité mondaine entre droite et gauche et a produit des leurres libertaires pour mieux donner à l’exploitation des êtres humains une dimension stupéfiante. Le viol et la torture des mineurs avait son équivalent dans l’exploitation renforcée, le pillage néocolonial tout cela au nom de la démocratie jusqu’à ce que celle-ci déconsidérée cède la place au fascisme, la tolérance à la répression et stigmatisation. La manière dont on jette en pâture des noms le prince Andrew et jack lang surtout en France poursuit selon moi le leurre donc il n’est pas question de procéder de la même manière en ce qui constitue la fin des partis communistes et de la presse dans l’occident européen et même dans d’autres continents. J’ai donc écrit ce livre comme un début de réflexion sur ce qui s’était passé dans les années mille neuf cent quatre-vingt en reprenant un texte que j’avais écrit à cette époque là , le music hall des âmes nobles (3).
Les témoins de cette époque sont en train de disparaître, j’espère que mon petit livre (180 pages) aidera à compléter ma propre perception. par d’autres analyses en particulier ce qui s’est passé dans les entreprises. Ce livre je ne l’ai pas conçu comme donnant lieu à une diffusion massive mais je le vois plutôt comme un outil de travail collectif entre de vrais lecteurs qui auront conscience d’agir pour laisser les traces d’une histoire qui est aujourd’hui volontairement occulté. j’ai proposé à Delga, qui a déjà beaucoup oeuvre en ce sens, que ce soit un objet particulier, un petit opuscule avec ses illustrations et sa mise en page élégante. Celle-ci a été assurée par un ami avec qui j’ai depuis pas mal d’années la même relations qu’avec ceux que je considère dans mon camp bien qu’étant en désaccord avec eux sur bien des points, Samuel Autexier , un marxisto-anarchiste. Parce que le paradoxe est là, tout en passant pour une stalinienne de choc à cause de ma fidélité au PCF, j’ai le don d’entreprendre avec des gens de toute obédience des activités, des mouvements très larges : histoire et societe est un des rares lieux où on trouve des publications dans lequel tout le spectre de la gauche du Pcf aux satellites groupusculaires, trotskistes compris et même quelques textes du capital sont publiés. Ce qui n’est pas toléré ce sont les insultes, les procès d’intention, etc… Pour faire simple disons que je suis pour une discipline sans faille celle du centralisme démocratique à l’intérieur du parti révolutionnaire, mais en revanche sur l’ouverture la plus grande à partir de ce qui nous est commun dans les mouvements comme celui en faveur de la paix ou même de soutien à Cuba tout en respectant les différences. Or c’est exactement le contraire, qui se passe aujourd’hui sous l’influence des liquidateurs tels que je les définis : il y a un foutoir sciemment organisé au sein du parti mais en revanche on pratique censure et procès pire que stalinien dans les « mouvements », pire que les staliniens parce que dans ceux-ci on savait ce qui vous était reproché, là on l’ignore cela relève de la « rumeur ».
2-Comment j’ai décidé de prendre mes distances avec le « politicien » et en quoi mon dernier livre se situe à l’inverse du précédent dans cette « rupture » sans hostilité:
le bilan que j’ai fait devant la « censure » et son acceptation de fait a été que les militants communistes avaient fait leur choix : ils ont préféré confirmer malgré le sursaut de 38 e congrès les pires opportunistes comme dans ma fédération des Bouches du Rhône, et sans doute pire encore avec les Kamenka et Boulet, ceux qui ne cachent même plus leur adhésion à cette ligne atlantiste sous couvert de « démocratie », d’antistalinisme et qui en sont désormais à pratiquer la censure contre un livre sur la Chine et le monde multipolaire dont deux auteurs sont membres du PCF avec préface de Fabien Roussel et qui reconduisent de fait pour le 40 e congrès les mêmes aux manettes de l’international sur la paix et la guerre en feignant d’être pour Cuba qu’ils trahissent par pareille ligne.. Ce n’est plus mon choix, j’ai pris un peu plus mes distances, c’est ce que ce parti voulait, m’éliminer : bravo ils sont débarrassés de moi et le fait que ce soit passé dans un parti théoriquement renouvelé au 38 e congrès m’oblige à la lucidité d’un constat … et je n’ai plus rien à voir avec aucun parti, aucune force politique, simplement j’aiderai au peu qui se fera et je ne jouerai pas la politique du pire. Histoireet societe sera toujours cet espace de débat où coexistent « staliniens » trotskistes, sans parti simplement avec la conviction du péril qui nous menace tous.
J’ai décidé de rompre sur une anecdote invraisemblable, une camarade de l’étang de Berre voulait me faire venir pour parler de notre livre sur la Chine: la responsable du comité national (pas une militante quelconque non la responsable du Conseil National qui suit la section de Marignanne Vitrolles) s’est opposée à ma venue avec les mêmes arguments que Gindin de la Pensée dans la section du XIII à Paris: ce sont des « ennemis du parti », Danielle Bleitrach en particulier faites venir Dominique Barri (à Perpignan bizarrement c’est un ancien camarade passé à LFI qui a manifesté contre Franck Marsal la même opposition et a également proposé Dominique Barri à la place) . Quand les camarades de Vitrolles Marignaqne ont signalé la préface de Roussel, la camarade du CN a répondu ce chef d’oeuvre qui m’a convaincu que je n’avais plus ma place même de loin dans un tel foutoir déjà constaté à l’universxité d’été du PCF : il a été obligé, elle l’a forcé … pauvre Fabien Roussel s’il en est à obéir à l’ignoble danielle Bleitrach pourtant à mon âge avancé, je n’ai pas la moindre espérance de faire croire à des pressions à la mode dans ce monde putride type l’affaire Epstein… mais il y a des limites à l’imbécilité des membres du comité national dans l’organisation en faction avec d’autres organisations visiblement… je me contente donc désormais quand je cite le livre de supprimer la mention de la préface de Fabien Roussel vu ce que représente désormais une telle préface aux yeux des dirigeants de ce parti et des militants qui acceptent de tels « arguments »…
Comme disait Lénine Que faire? Quand l’ancien flamboyant PCF de maurice thorez, Aragon, Joliot Curie, Eluard, Picasso à désormais un tel « Boulet » comme maître censeur… avec l’assentiment du dit Fabien Roussel, qui non seulement les tolère mais adore les opportunistes puisque dans un tel système le dernier qui a parlé a raison… Et qu’on a désormais un groupe qui n’est même plus communiste qui est passé derrière LFI… Est-ce qu’il est raisonnable de vous laisser convaincre encore et toujours que tout serait bien sur la faute de danielle Bleitrach? Que dire devant votre inertie? Si ça vous met du baume sur l’âme je n’aurais pas la méchanceté de vous priver de cet emplâtre… Je ne vous veux aucun mal… je suis triste de voir ce que vous êtes devenus.. s’il y a des gens plus diplomates que moi pour vous sauver je ne veux surtout pas les contrarier parce que les autres forces politiques et groupuscules sont souvent pires… Si je suis toujours convaincu qu’il vaut mieux un maire communiste que quiconque d’autre. J’ajouterai que pour le moment la preuve est faite qu’aucun groupuscule ni en France, ni dans aucun pays dits de l’eurocommunisme on a pu reconstruire un parti du néant dans lequel il s’était lui même plongé et que le plus logique était de partir du peu qui se recrée. Mais je n’ai plus l’âge d’y perdre mes dernières forces… c’est usant d’être confronté à la bêtise opaque, massive et à l’ignorance…
3-Je souhaite avoir tort mais je ne crois pas que dans l’immédiat il puisse y avoir une issue mais cela viendra et il faut s’y préparer.
Il faut bien mesurer que tout est dans la débâcle, la désorganisation, l’ignorance dans laquelle on a plongé à travers le PCF le peuple français… C’est plus grave que tel ou tel fait, tel ou tel personnage, c’est un système… et aucun individu ne peut renverser ce système si les militants en tant que collectif de fait l’approuvent et acceptent de se réserver une niche baptisée socialisme pendant que ceux qui ont le pouvoir réel contrôlent tout et font passer rumeurs et inertie jusqu’à ce que mort s’en suive même si les camarades à la base sont les seuls à faire quelque chose…
J’ai donc dit à Edmond jansen de Delga qui lui aussi est militant du PCF et qui subit la même censure avec une noble constance, que je ne voulais pas offrir un exemplaire gratuit de ce livre à un quelconque service de presse les seuls qui en bénéficieraient seront les camarades du patriote de Nice et en particulier Paul Euzière. Ce livre a été tiré à 400 exemplaires et je n’en souhaite pas plus. Vu la manière dont il part, le contrat sera aisément rempli. Ce contrat là je le répète il sera de gens qui liront réellement le livre et contribuerons à expliquer cette étrange défaite qui est celle de la France et pas seulement du PCF.
4- S’y préparer ne signifie pas continuer à tolérer inutilement l’intolérable
Hier, et c’est ce qui m’incite à écrire ce texte j’ai reçu de la part d’une amie et pas seulement une camarade mais une combattante infatigable, une fidèle qui représente à mes yeux ce que ce parti a de plus honorable et qui encore aujourd’hui me fait le défendre et considérer qu’il vaut mieux qu’à la tête des municipalités il y ait un communiste que quiconque d’autre.
Voici le texte : chère danielle, l’université d’été devrait se tenir à Toulouse. je te cherche un hebergement, je ne peux pas te garantir que tu puisses y intervenir mais un débat off, oui. J’ai commandé ton livre à la librairie la Renaissance… nicolas offenstadt est venu dédicacer son livre paru chez delga sur la RDA à ombres blanches (une autre librairie de Toulouse quà à l’inverse de la librairie renaissance dans les locaux du PCF ,n’organise pas le boycott de nos livres, des miens pour tout dire.. pas de planning possible avec la renaissance, il y a son livre mais pas le tien, il y a une camarade moins obstinée que Roselyne qui a accepté l’exemplaire sur la RDA, mais pas ton livre, je vais donc leur laisser le mien quelques temps en espérant qu’ils ne le cacheront pas et que des camarades pourront y jeter un oeil.
par ailleurs cette camarade qui connait mon goût pour l’art médiéval commente avec enthousiasme ce que nous pourrons faire lors de mon séjour toulousain, et j’ai d’ailleurs un souvenir formidable de ce que nous avions vécu ensemble depuis la cinémathèque qui a le fond de films soviétiques aussi riche que celui de Moscou jusqu’à notre déambulation dans les rues de Toulouse. Cette expérience qui est celle d’une « clandestine » dit tout ce que je dois affronter sans la moindre raison politique à l’intérieur de ce parti. C’est justement ce que je ne veux plus, je regretterai la chaleur et l’amitié des camarades mais je pense que rien ne justifie ce que l’on a l’habitude de tolérer me concernant. J’avais déjà refusé de me rendre à la dernière université d’été à Montpellier et c’est Franck Marsal qui avait fini par être invité. Moi j’ai désormais passé l’âge d’être ainsi maltraitée et que chacun s’en accommode aussi aisément en me proposant le lot de consolation d’une amitié qui me va droit au coeur mais dont j’estime qu’il y aurait du déshonneur à continuer à en bénéficier. Cela ne me concerne plus, libres à Franck et à Marianne qui sont membres de ce parti d’assumer de telles moeurs, moi je n’ai jamais attendu ni gloire, ni profit, donc je ferai le peu que je peux faire avec ceux qui accepteront un véritable débat fut-il contradictoire et se conduiront correctement avec quelqu’un comme moi qui n’ai jamais trahi et qui considère désormais que ce serait se trahir elle-même que d’accepter des pratiques qui conduisent à la fin définitive de ce parti qui a tant représenté.
Je ne peux plus rien pour lui, si ce n’est continuer à produire des informations et des analyses sur cette étrange défaite qui nous mène au fascisme.
Il y aura quelques rencontres mais dans un cadre de débats contradictoires dans lesquels je ne serai pas une « clandestine » à qui on fait l’honneur de ne pas la considérer comme une pestiférée dans les moeurs actuelles du PCF.
je vous annonce donc un débat le 10 mars à la librairie tropique à Paris à 18 heures, et le fait que j’irai seulement à quelques rencontres au plaisir ultime de mes découvertes. Ce matin un camarade italien de Livourne qui me dit suivre avec passion histoire et societe a commandé mon livre et affirme être le premier italien de livourne à le faire, je lui ai répondu que Livourne n’était pas loin de Marseille… J’agirai ainsi parce qu’à la fin d’une vie il me reste ce bien des communistes, la liberté d’être ce que je suis, une communiste.
Danielle Bleitrach
Danielle Bleitrach le Zugzwang, La fin du libéralisme libertaire Et après ? Le cahier du pourquoi . Delga février 2026
Danielle Bleitrach, Marianne Dunlop, Jean Jullien et franck Marsal quand la France s’éveillera à la Chine, la longue marche vers un monde multipolaire. Delga avril 2025
Danielle Bleitrach le music hall des âmes nobles. editions sociales 1985
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