Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Un réveil tant espéré : le verre à trois quart vide mais avec un quart qui s’emplit, par Danielle Bleitrach

Si on se contente de la presse « occidentale », européenne, française, on ne peut qu’être accablé ou prêt à n’importe quoi pour en finir avec cette comédie tragique et grotesque, ce sentiment d’effroi que tout provoque et le côté sordide de leurs joies face aux massacres. Mais il y a un tout petit quart qui est le fruit de la colère des « masses », cette poussée qui n’est pas totalement impuissante. Il nous semble que chacun doit mesurer son apport, nous tentons ici d’apporter une vision plus « concrète » à la fois de l’Histoire et des rapports de forces. En ce qui me concerne je me bornerai désormais à resituer l’événement dans une autre mise en perspective historique et géopolitique puisque l’âge et les aléas d’une vie me permettent au moins de témoigner… S’inscrire a contrario de ce consensus et pour cela apporter une information qui restitue la profondeur historique et la nature réelle des rapports de force géopolitiques puisque c’est impossible au sein des médias et des forces politiques nous nous en passerons. Nous les laisserons à leurs jeux illusoires sans pour autant jouer le pire… Nous ne distribuerons pas notre mépris, il y a trop de nécessiteux, nous serons « ailleurs »…

Alors que la quasi totalité des médias occidentaux, européens adopte, selon leur habitude, la version des Etats-Unis et d’Israël et fait campagne pour le prince héritier Reza Pahlavi, alors que les mêmes n’arrivent pas à masquer leur joie devant le kidnapping de Maduro, et comme ici à l’idée de voir se trainer les fiers Cubains devant leur maitre supposé, la réalité celle de hier et d’aujourd’hui est tout autre. Le négationnisme tout azimut est tel que quand ils n’en sont pas là, ils se contentent de constater « l’échec économique » avec à peine une allusion au blocus, et en bout de ligne il y a d’une manière grotesque, les « vertueux », ceux qui osent établir un signe d’égalité entre les mollahs et Trump après avoir plus ou moins appuyé l’idée de la dictature de Maduro. Qui sont ces gens-là, il y a des « vendus » mais il y a surtout une inculture politique stupéfiante y compris de la part de gens dont l’information est le métier outre la soumission à l’appareil de propagande qu’est devenu le « champ politico-médiatique ».

caricature du Soir belge …

Comment ne pas être accablé quand l’ensemble de la presse se démarque à peine d’un plateau de LCI et quand certains en sont à l’ignominie pure et simple de cet article de The Economist sur Cuba :

Après la capture de Nicolás Maduro, le régime qui contrôle l’île est particulièrement vulnérable, dit ce torchon qui se réjouit de voir bientôt tomber l’île tandis que certains médias en France font leur Une sur l’équivalence supposée entre le président américain et le « régime » iranien, sans même mesurer combien de Cuba, de génocide est capable de perpétrer le pitre pour lequel ils témoignent tant d’indulgence. Ils se réjouissent d’avance d’un Gaza-Cuba …

Le président cubain Miguel Diaz-Canel prend la parole lors d'un événement organisé à la Tribune anti-impérialiste en soutien au Venezuela à La Havane, à Cuba.
Photo : Shutterstock

14 janvier 2026|Caracas, Mexico et Miami|5 min de lecture

Donald Trump ne semble pas se contenter d’avoir destitué un seul dirigeant latino-américain. Depuis l’enlèvement du dictateur vénézuélien Nicolás Maduro le 3 janvier, M. Trump et Marco Rubio, son secrétaire d’État cubano-américain, ont répété à maintes reprises que Cuba serait la prochaine cible. Le 11 janvier, M. Trump a déclaré que le régime cubain devait conclure un accord « avant qu’il ne soit trop tard », ajoutant que son administration était « en pourparlers avec Cuba ». Pour couronner le tout, il a publié une photo de lui fumant un cigare à La Havane, la capitale.

Les Cubains avec leur dignité habituelle ont nié tout pourparler et je les crois plus que le menteur grotesque qui s’amuse à jouer avec les peuples comme un enfant vicieux qui arrache ou prétend torturer un animal sans défense. Ceux qui aujourd’hui placent un signe d’égalité entre les mollahs iraniens quelles que soient leurs exactions vraies, celles supposées et l’horreur de l’impérialisme, devraient au moins se rendre compte de ce qu’est un blocus et cette « addiction belliqueuse » qui ne se dément pas de l’empire dont l’apocalypse est la seule finalité comme disent les Chinois, sont dans l’erreur. Il y a une logique dans cette « erreur » celle de leur estimation du rôle de la Chine et de la perspective du socialisme réel, alors que commence à se poser la question de l’OTAN. Tant que nous penserons dans l’espace de l’impérialisme, dans « l’atlantisme », il se trouvera donc toujours des journaleux, des politiciens assez « atlantistes » pour refuser de voir ce qu’est l’impérialisme dont ils espèrent TOUT… Au point d’inventer quand ils osent envoyer quelques soldats sur la banquise que Trump et Poutine c’est le même combat et qu’Obama, Macron et les autres jocrisses sont le salut de l’humanité… Tant qu’il y aura des gens qui nourrirons ces « confusions » il n’y aura pas d’issue et inutile de prétendre à un dialogue quand la censure interdit autre chose que le droit exclusif à avoir une gôche gouvernée par ces gens là… c’est du temps perdu…

S’inscrire a contrario de ce consensus et pour cela apporter une information qui restitue la profondeur historique et la nature réelle des rapports de force géopolitiques puisque c’est impossible au sein des médias et des forces politiques nous nous en passerons. Nous les laisserons à leurs jeux illusoires sans pour autant jouer le pire… Nous ne distribuerons pas notre mépris, il y a trop de nécessiteux, nous serons « ailleurs »…

Nous nous inscrivons a contrario de ce consensus et si le cas de Cuba ou même du Venezuela peut bénéficier d’une poignée de gens qui se sont plus ou moins tenus informés, nous avons en Iran moins de soutien encore et c’est compréhensible. Pourtant, comme dans toutes les ingérences des Etats-Unis, nous avons la même remontée de crises issues au minimum des années quatre-vingt. Si aujourd’hui tous les foyers d’embrasement qui s’allument paraissent relever d’une histoire nationale originale ils ont des traits communs sur lesquels nous insistons aujourd’hui, parce qu’ils sont issus de la même matrice.

Alors qu’à la fin des années soixante la planète paraissait la proie d’une volonté d’émancipation qui mêlait les aspirations individuelles à la force de l’offensive ouvrière et à celle des mouvements de libération nationale, l’impérialisme a mené une contrerévolution qui a réussi à reporter sa propre crise sur les pays du Sud en utilisant à plein la collaboration de l’aristocratie ouvrière, en substituant les avantages de la consommation obtenus grâce à cette recomposition de ses forces à ceux de la production dont une part essentielle était déplacée à la recherche non seulement de conditions d’exploitation, des ressources mais aussi d’un marché mondialisé et financiarisé.

Quand il y avait des résistances telles que l’on ne pouvait conserver à la tête des pays les marionnettes, l’empire se résignait à l’installation de forces conservatrices d’abord anticommunistes.

La pièce centrale de ce dispositif qui fut décrit comme la fin de l’histoire fut la chute de l’URSS. Et il a fallu beaucoup de vision anticipatrice que seule « la théorie » apporte pour considérer que cette contrerévolution finirait par s’effondrer et tenir bon. Oui il s’agit de théorie mais cette théorie est concrète, matérialiste et elle se nourrit des luttes. Même les échecs apprennent.

C’est le sujet du livre que je viens d’écrire intitulé le Zugzwang, la fin du monde libéral libertaire et après ? Il part justement de cette contrerévolution et des résistances qui ont surgi, désormais nous sommes passés dans un nouveau champ dont on ne comprend les convulsions que si on procède à une reconstitution de ce qui a été imposé, ce qui a été combattu ou accepté, sur le fait qu’il y a de la part des Etats-Unis et de leurs alliés, totalement désorientés par le monde multipolaire qui est déjà là, la tentation de rejouer la même histoire qu’ils ont cru être celle de leur victoire, mais le dispositif a complètement changé et la contrerévolution de desperados menée par Trump se heurte à la disposition de son propre échiquier. C’est vrai face à la Chine, face au BRICS, mais ça l’est y compris dans les maillons faibles que sont ces pays dans lesquels existent ces forces conservatrices.

Si Histoire et societe a une raison d’exister c’est celle de tenter de restituer la profondeur historique et l’ampleur du champ géopolitique à ceux qui cherchent à résister à l’addiction belliqueuse de l’impérialisme qui n’arrive plus à juguler sa crise comme aux divisions qu’il tente d’entretenir faute de solutions.

C’est pourquoi aujourd’hui nous accompagnons toutes les présentations « évènementielles » d’une brève remise en perspective historique, on parle beaucoup du « concret » encore faut-il s’entendre sur ce qu’est ce concret ?

Celui des marchandages faussement réalistes de Trump, ses bluffs menaçants, les opérations terroristes qui se substituent à de véritables affrontements, les arguments technocratiques ? Tout ce réel qui a été sciemment construit depuis des décennies de contre révolution et qui s’est accompagné d’une culpabilisation défaitiste ? de la censure et de l’autocensure ? L’accommodement entre ce « réalisme » qui demeure l’opportunisme pur et simple face à ce pouvoir erratique en continuant à interdire les mêmes en offrant la victoire de fait à la droite de la gauche partout, aux différentes formes de division y compris sous l’emphase de pseudos indignations impuissantes ? Le signe d’égalité mis entre hitlérisme et stalinisme pour mieux réprimer seulement ces derniers ou ceux qui sont supposés tels ?

Est-ce que l’on imagine avec un tel compromis pouvoir aller vers le vrai « concret » celui du socialisme, des conquis et de l’endiguement de la guerre et des opérations de terrorisme contre les travailleurs, les peuples qui se révoltent ? En entretenant les illusions sur la nature du monde tel qu’il est, en cédant du terrain à ceux qui continuent à nous enfermer dans l’espace de la fin d’un monde en poursuivant des discours qui se veulent « humanistes » mais qui ne sont que démission.

Il y a en ce moment en Europe et chez les vassaux de l’empire que nous sommes un petit mouvement d’opposition, une caricature à la mesure de cette force qui va s’installer sur la banquise pour empêcher la main mise de l’empire en suppliant : mais pourquoi ne vous contentez-vous pas d’une base de plus? Il faut presque s’en réjouir non à cause des pitres qui agissent ainsi mais parce que même ce refus dérisoire est le produit de la pression des peuples qui ne peuvent accepter la solution impérialiste. C’est le contraire du choix cubain.

ALORS QUE L’ON ASSISTE MÊME EN EUROPE A UN DÉBUT DE PRISE DE CONSCIENCE QUE DÉCRIT NON SANS OPTIMISME le texte ci-dessous, il devient plus urgent que jamais de simplement tenter d’exposer la véritable histoire du monde dans lequel nous vivons.

L’Europe commence à parler à voix haute parce que la réalité ne peut plus être maquillée. Pendant des décennies, une grande partie du continent a accepté un alignement automatique avec Washington sous la promesse de protection, de stabilité et de valeurs partagées. Ce pacte tacite a été rompu. Pas par idéologie, mais par fatigue. Ce qui est remis en question aujourd’hui n’est pas une administration concrète, mais un modèle de conduite que de nombreux gouvernements décrivent déjà sans euphémisme : pillage, coercition et mépris pour la souveraineté d’autrui.

Les paroles du président allemand ne sont pas issues du vide. L’Allemagne, pilier historique de l’axe atlantique, constate que l’« ordre international fondé sur des règles » a été utilisé comme arme sélective. Règles pour les autres, impunité pour ceux qui dominent. Lorsque Berlin laisse tomber que le monde se dirige vers une loi de la jungle propulsée depuis Washington, il brise un tabou diplomatique d’après-guerre. Il ne s’agit plus de désaccords tactiques, mais d’une rupture morale.

L’Espagne, pour sa part, a marqué une ligne rouge avec l’enlèvement de Nicolas Maduro. Elle a défendu les principes. Le message était clair : si une puissance capture par la force des chefs d’État, aucun pays n’est à l’abri. Aujourd’hui c’est le Venezuela, demain ça peut être n’importe qui. Madrid a compris que se taire équivalait à légitimer le précédent.

En France, le débat est encore plus profond. Le Parlement ne discute pas de l’OTAN par caprice ou par nostalgie gaulliste. Il le fait parce que l’alliance a cessé d’être défensive pour devenir un instrument d’intérêts extérieurs à l’Europe. Lorsqu’il y a une issue ou une révision radicale, on dit que la sécurité européenne ne peut rester subordonnée à des décisions prises de l’autre côté de l’Atlantique, souvent contre les Européens eux-mêmes.

Mais le réveil n’est pas seulement européen. En Amérique latine, le Mexique a durci son discours contre les sanctions et les opérations secrètes. La Colombie, bastion traditionnelle de l’obéissance, commence à parler de souveraineté réelle. Le Brésil ne dissimule plus son rejet des interventions « humanitaires » qui ne laissent que des ruines. En Afrique, les pays du Sahel ont expulsé la présence militaire occidentale l’accusant de perpétuer le chaos au lieu de le résoudre. Même en Asie, des alliés historiques commencent à diversifier les alliances, fatigués d’être des pièces jetables dans une guerre de blocs.

Ce qui s’effondre n’est pas une hégémonie économique – elle était déjà en crise – mais l’autorité morale. La servilité pro-américaine était soutenue par l’idée que malgré leurs excès, les États-Unis représentaient un moindre mal. Aujourd’hui, pour de nombreux gouvernements, ce n’est plus ni mineur ni tolérable. C’est un acteur imprévisible, vorace et prêt à entraîner les autres dans des conflits qui ne leur appartiennent pas.

La cessation de l’injustice ne vient pas comme un acte héroïque, mais comme une accumulation de limites franchies. Quand trop de pays comprennent qu’obéir ne les protège pas, ils commencent à désobéir. Pas par courage romantique, mais par survie politique. Le monde entre dans une phase dangereuse, oui, mais aussi plus honnête : celle de la fin des masques.

L’Europe ne tourne pas le dos à un allié. Elle se libère d’un majoral. Elle tourne le dos à la piraterie déguisée en chef. Et quand cela arrive, il n’y a plus de retour à l’ancienne servilité.

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