Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Un missile Oreshnik s’abat sur la plus grande réserve européenne de gaz par jean Luc Picker

Pourquoi le black out complet des médias sur la réponse de Poutine et pourquoi les européens sont-ils allé stocker leur réserve de gaz (achetée à prix d’or aux Etats-Unis ) dans une zone de guerre ?


par Jean-luc Picker
janv. 10, 2026
Vitrenko: Naftogaz Strives to Create Gas Reserves of Over 19 bcm

Installations à Bilche-Volytsko-Uherske, dans le village de Stryi, environ 70 km au sud de Lviv

Traduction par IA d’une brève publiée par Slavyangard suivie d’une note de contexte.

L’installation de stockage souterrain de gaz Bilche-Volytsko-Uherske (ISSG), rendue inopérante lors de la frappe d’IRBM d’Oreshnik hier, était la plus grande d’Europe, avec une capacité de 17,05 milliards de mètres cubes. Elle utilise le réservoir de gaz épuisé Bilche-Volytsko-Uherske pour stocker du gaz jusqu’à 2 km sous terre. JSC Ukrtransgaz, filiale de la NJSC Naftogaz ukrainienne, possède et exploite Bilche-Volitsko-Uherske, ainsi que de nombreuses petites installations, pour une capacité totale de plus de 30 milliards de mètres cubes. En avril 2023, Ukrtransgaz a obtenu la certification européenne pour stocker du gaz européen à Bilche-Volitsko-Uherske, et depuis lors, il est devenu une pierre angulaire du stockage de gaz européen. Avec la destruction de Nordstream en septembre 2022, les puissances de l’UE ont rapidement approvisionné leurs propres sites de stockage, mais leur capacité totale était insuffisante pour éviter les pénuries d’énergie en hiver, lorsque la demande de gaz naturel atteint son pic. Il semble incroyable que l’UE stocke du gaz en Ukraine compte tenu de la guerre, cependant Bilche-Volitsko-Uherske, située à 50 km au sud de Lvov, était considérée comme relativement sûre face aux attaques par l’arsenal habituel d’actifs russes d’attaque. Tout missile de croisière, petit missile balistique ou frappe de drone ne pourrait causer que des dommages superficiels à l’installation de surface, des dommages qui n’affecteraient pas le gaz stocké loin sous terre et qui pourraient être rapidement réparés. Ainsi, à partir de la mi-2023 et jusqu’à hier encore, l’UE a progressivement augmenté ses réserves de gaz stockées à Bilche-Volitsko-Uherske jusqu’à ce que plusieurs milliards de mètres cubes de gaz européen y soient conservés – plus de 10 % des besoins annuels de l’Europe. Il y avait une réserve : aucune de ces réserves n’était assurée, car les compagnies d’assurance refusaient d’assurer le gaz stocké en Ukraine, pour des raisons évidentes. Ainsi, au lieu d’assurance, la Commission européenne a élaboré un enchevêtrement complexe de garanties financières via la BERD. Après la frappe d’Oreshnik, une grande partie de l’installation de surface Bilche-Volitsko-Uherske est en ruine, y compris les têtes de puits. Les puits sont gravement endommagés et, s’ils ne sont pas bouchés, ils expulsent d’énormes quantités de gaz qui sont bien sûr en feu. 10 % des réserves de gaz européennes pour l’année sont désormais inaccessibles, et le resteront pendant des mois, voire des années.

Commentaires de Jean Luc Picker

L’utilisation de missiles Oreshniks n’est pas monnaie courante dans la guerre par proxy en Ukraine. Celui qui a été tiré hier sur une gigantesque installation souterraine de stockage de gaz (ISSG) à Stryi, près de Lviv est seulement le deuxième tiré par la Fédération de Russie.

Cette ISSG, construite par l’URSS à son extrême ouest dans le but stratégique de distribuer son gaz aux pays européens, est de loin la plus grande d’Europe.

Ce qui est contre-intuitif, c’est que l’essentiel du gaz qui y est stocké est en fait du gaz ‘européen’. L’intérêt de l’utilisation de cette ISSG pour les Européens est qu’elle est bien connectée à ses réseaux gaziers. Une grande partie des réserves qu’ils y entreposent provient peut-être de GNL livré à prix d’or par le suzerain états-unien en remplacement du gaz russe dont il a obligé l’Europe à se sevrer, y compris à travers le sabotage du pipeline Nord Stream.

Le missile Oreshnik, IRBM supersonique (10 fois la vitesse du son) est considéré comme instoppable et difficile à détecter. L’exemplaire lancé hier contre l’ISSG aura probablement volé moins de 10 minutes au total s’il a bien été lancé de la base de Kapustin Yar comme l’avait prévenu le renseignement états-unien la veille.

Oreshnik transporte 6 ogives avec chacune 6 sous munitions conventionnelles (non nucléaires). La précédente utilisation de ce missile date de novembre 2014, en réponse à l’autorisation par Biden de l’utilisation des ATACMS pour frapper le territoire russe en profondeur. Il a occasionné des destructions colossales tant en surface qu’en pénétration à l’usine d’armement qui a été prise pour cible à Dnipro.

Il faut comprendre l’utilisation de ce missile hier comme une réponse proportionnée à l’attaque de drones lancée contre la résidence présidentielle russe de Valdaï le 29 décembre 2025 et attribuée au camp occidental, malgré ses dénégations. La destruction de l’ISSG intervient aussi moins de 48 heures après la saisie d’un pétrolier (à vide) de la flotte russe par les Etats-Unis, même si les deux événements ne sont pas liés par une relation de cause à effet.

Ce qui est notable, c’est le black-out total dans les médias occidentaux de ce qui s’est déroulé à Stryi. L’utilisation d’un missile Oreshnik n’est mentionnée que par CNN, mais il n’est pas fait mention dans le reportage de destructions à l’ISSG. On ne sait même pas où le missile a frappé : « Les autorités russes n’ont pas révélé la cible de l’Oreshnik [NdT : sic], mais les autorités ukrainiennes ont rapporté plusieurs explosions et une frappe de missile balistique sur Lviv, en Ukraine occidentale ». Les dirigeants européens seraient-ils gênés d’avouer qu’une partie stratégique de leurs réserves énergétiques est maintenant coincée sous deux kilomètres de sol ukrainien, voire même est en train de partir en fumée ? Auraient-ils le sentiment que cela pourrait contrecarrer leurs efforts pour convaincre leurs opinions publiques de la nécessité de se préparer à la guerre contre une Russie aux abois ?

Mais Kaja Kallas, elle, n’a pas manqué de déclarer que : « L’utilisation présumée d’un missile Oreshnik montre que la Russie cherche l’escalade contre l’Ukraine. C’est aussi un avertissement lancé à l’Europe et aux USA. Les pays européens doivent puiser plus profondément dans leurs réserves de défense et les livrer [NdT : à l’Ukraine] immédiatement ».

Finalement, l’attaque contre Valdaï a peut-être rempli sa fonction.

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