Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Un documentaire sur France 2 et qui le verra dans la réalité des images : le sanatorium

Sur les rives d’Odessa (dans le sud de l’Ukraine), se trouve l’imposant sanatorium de Kuyalnik, situé entre l’estuaire et la Mer Noire (on y pratique l’un des plus anciens bains de boue d’Ukraine). Ce sanatorium est facilement reconnaissable avec son enchevêtrement de bâtiments délabrés, d’improbables machines datant de l’ère soviétique et surtout, son spa pyramidal. L’interprétation du film par le spectateur et même par l’auteur du documentaire peut aller à contresens de la réalité qui est rendue par les images. Il est vrai que l’auteur du documentaire est un Irlandais Gar O’ Rourke(1) et ceux-ci on le sait ont tendance dans l’UE à aller à contrario de la bonne conscience ignare du spectateur éclairé cinéphile de surcroît qui fait du cinéma une marchandise pour festivaliers et leur redistribution. Peut-être que le « marché » sait ce qu’il diffuse d’ailleurs, les « censeurs  » sont souvent très perspicaces et le film passe à 1h23 réservé aux insomniaques et même dans ce cas là rares seront ceux qui s’interrogeront sur les raison qui ont pu pousser ces Russes, imprégnés d’URSS a se retrouver en tant que guerriers par procuration de l’OTAN, voués au massacre.

Le temps d’un été, le réalisateur Gar O’Rourke a filmé le quotidien (du personnel et des patients) au sein du sanatorium, avec la guerre pour toile de fond. On pourrait croire que la fréquentation du spa a chuté drastiquement, seulement depuis « l’invasion de la Russie » passant de plusieurs milliers par jour à… une centaine de pensionnaires. Les dortoirs sont désespérément vides et l’amphithéâtre se meurt à petit feu par manque d’entretien (l’argent est le nerf de la guerre, mais sans client, difficile de pouvoir financer sa réhabilitation). Mais en fait, tous les dialogues vont dans le même sens c’est la chute du socialisme qui a entraîné cette absence de fréquentation, jadis alimentée par les comités d’entreprise de toute l’URSS. Et c’est là que ce film que l’on pourrait croire une ode comme la fête finale à l’indépendance ukrainienne est une révélation de l’appartenance de la région d’Odessa et des Ukrainiens eux mêmes sinon à la Russie à tout le moins à L’URSS. La population qui fréquente ce sanatorium, les employés sont profondément russes, ils en ont la bonne volonté, la lenteur, le désir de paix et de compréhension. Ils ne veulent pas de cette guerre, ce profond traumatisme. Ils sont demeurés soviétiques.

Parce que rien,, le coût désormais de ce séjour proclamé injuste, les alertes à la bombe, n’empêche pas le sanatorium de fonctionner parfaitement et d’apporter tous les services et soins nécessaires pour répondre aux attentes de leurs patients. Rhumatologie, dermatologie ou encore fertilité, les médecins sont présents et à disposition des curistes et ce, malgré la présence d’une guerre que l’on ne voit pas mais que l’on devine à chaque instant (et notamment lorsque retentissent les sirènes des raids aériens).

L’Ukraine correspond bien à celle que nous avions vue alors que les troupes fascistes russophobe du régime oligarchique né de la fin de l’URSS et encore aggravé par le coup d’Etat fomenté par les USA et ses complices français, allemands et Polonais faisaient régner la terreur dans le Donbass, à Odessa, le peuple ukrainien de ces zones traditionnellement russe paraissait « sonné » et ce film de Gar O’Rourke nous donne à voir un lieu hors du temps, comme une parenthèse dans ce pays en guerre, où l’on fait connaissance avec une poignée de curistes, de tous âges et avec des personnages haut en couleur, comme cette mère qui pousse (harcèle) son fils de 40 ans pour qu’il se case et fonde une famille. Le jeune homme dit clairement qu’il souffre, qu’il en plein le dos et ne se sent pas de fonder une famille dans un monde aussi incertain.

Paradoxalement les commentateurs français d’un tel film gorgé jusqu’à plus soif de la propagande imbécile ordinaire, incapables de voir un film et de lire autre chose que ce qu’ils croient savoir en déduirons que les Ukrainiens témoignent là de leur courage à affronter la Russie malgré un quotidien anxiogène (lequel mais voyons celui qui est dû à la Russie) sans jamais mesurer à quel point au contraire la tragédie russophobe, l’anticommunisme a été imposée à de petites gens au nom d’une poignée de profiteurs qui s’en mettent plein les poches (on les voit passer et ils ne restent pas dans ce sanatorium parce que celui-ci manque du luxe, il est simplement propre, honnête, et jadis érigé en faveur des peuples de l’Union soviétique… et de leurs amis qui venaient comme des Français aujourd’hui devenus les pires antisoviétiques et qui ont bénéficié en tant que membre du bureau politique, du comité central de vacances familiales gratuites dans des sanatoriums de ce type. Les Chinois ont bien raison de ne pas entretenir de pareils parasites encore qu’ils n’échappent pas comme tous les « régimes socialistes » y compris Cuba aux « parasites », les soutiens touristes qui sont incapables en fait de faire autre chose que d’être sur la photo.

En voyant ce documentaire pour qui n’a jamais oublié les sacrifices que l’URSS n’a cessé d’accomplir tout en créant les conditions de la paix et du droit des travailleurs d’être ému devant l’incroyable gentillesse et bonne volonté de ceux que l’on a jamais cessé de spolier et qui à l’inverse de nos peuples enragés n’en choisissent par pour autant le fascisme, mais à leur manière tentent la dignité et le bonheur des petites gens.

danielle Bleitrach

(1) Gar O’Rourke est un réalisateur irlandais. Son premier long-métrage, Sanatorium, mêle humour et tragédie à travers les histoires du personnel et des curistes d’un sanatorium soviétique situé dans le sud de l’Ukraine en guerre. Le film a été présenté en première mondiale en compétition à CPH:DOX et a été choisi pour représenter l’Irlande aux Oscars. Il est diffusé sur France Télévisions et sur BBC Storyville au Royaume-UniSon premier court métrage, Kachalka, également tourné en Ukraine, a remporté plusieurs prix et été présenté dans différents festivals internationaux, notamment Hot Docs, Clermont-Ferrand, Palm Springs International et Aspen. Il prépare actuellement son deuxième long-métrage documentaire, The Siege of Paradise, qui se dérouler sur la Riviera italienne. 

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