Quand on lit les textes de ceux qui, comme moi, ont vécu toute cette réalité là et qui étouffent d’indignation devant la propagande de nos élites politico-médiatiques et y compris celle de cette gôche ignare qui balance entre gauchisme petit bourgeois et vertueux « démocrates » avec fond commun l’ignorance et la capacité à relayer les campagnes de l’empire on a envie de hurler, voire de démissionner tant remonter un tel courant parait impossible avec des gens qui sont incapables de lire au-delà de trois lignes et commentent des textes sans les avoir lus en répétant leur « messe » habituelle. Puis on découvre qu’au moins jadis il existait un parti communiste qui avait des dossiers, une mémoire historique et à chaque événement il intervenait pour donner le minimum de connaissance indispensable pour contrer les campagnes de l’impérialisme… Là même avec toute la bonne volonté du monde, les dirigeants communistes, les meilleurs sont totalement démunis pour imposer une autre logique. Ils paraissent ignorer comme les autres les FAITS et se débattent avec courage mais totalement démunis intellectuellement face à un journaleux imbécile qui veut leur faire dire que la victime de l’empire est un dictateur… (note de Danielle Bleitrach traduction de Jean-Luc Picker pour histoireetsociete)
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx
Vénézuéla Vérité
La couverture du Vénézuéla par la presse aux ordres cache les faits les plus importants sous un tissu d’absurdités.
Traduction d’un article de Craig Murray paru dans Consortium News le 5 janvier 2025


Manifestation de célébration du jour de l’indépendance au Venezuela, le 5 juin 2021 (A.Davey, Flickr, CC BY-NC-ND 2.0)
Un de ces faits ‘oubliés’ est l’assassinat sous la torture, par le gouvernement Perez mis en place par la CIA, en 1976, du père de la vice-présidente Delcy Rodriguez, dont Trump a reconnu qu’elle était maintenant à la tête du pays.
Un assassinat dont on fête cette année le 50ème anniversaire et dont la presse n’a pas pipé mot[1], malgré ses live 24/24 pendant tout le week-end et ses présentations non-stop de la nouvelle personne en charge, selon les mots de Trump. Bien sûr, parler de ce détail ruinerait le narratif des bons démocrates contre les méchants communistes qu’on nous pousse au fond du gosier.

Jorge Antonio Rodriguez, militant socialiste et père de la vice-présidente Delcy Rodriguez en 1968 (Jesús E. Guédez’ Documentary, 1968, Public Domain via Wikipedia)
Mais il y a d’autres faits tout autant passés à la trappe. Par exemple la réduction, par le gouvernement d’Hugo Chavez, de la pauvreté extrême (réduite de 70%), de la pauvreté (50%), du chômage (50%) ; le quadruplement du nombre de personnes recevant une retraite de l’état ; la disparition de l’illétrisme . Chavez est arrivé dans un Vénézuéla qui était le pays le plus inégalitaire du continent sud-américain et l’a rendu le plus égalitaire.
Les médias aux ordres ne nous ont pas non plus appris que Maria Corina Machado vient d’une des familles les plus riches du Vénézuéla. Une famille qui dominait les secteurs de l’électricité et de l’acier avant les nationalisations. Derrière elle se rassemblent les familles qui ont soutenu tous les gouvernements meurtriers sous contrôle de la CIA.
On ne nous parle pas non plus des sanctions imposées par l’Occident. Ni des 2 milliards de dollars appartenant au Vénézuéla, confisqués par le Royaume Uni. Des sanctions et des vols manifestes qui ont empêché le gouvernement Maduro d’aller au-delà des réalisations des années Chavez, luttant pour maintenir les acquis.
Mais on vient nous raconter que le Vénézuéla est un centre majeur de fabrication ou de trafic des narcotiques dont les Etats-Unis sont si friands ! Une contre-vérité flagrante. Maduro a ses défauts. Mais ce n’est pas un baron de la drogue. Billevesées !

Meeting électoral de Nicolas Maduro le 21 juin 2024 – plus d’un million de participants. (https://x.com/AlanRMacLeod/status/1816886499964547228)
Les médias aux ordres ne nous montreront pas ces images. Elles ne collent pas avec le narratif du Dictateur Maduro.
Au cours du week-end, pratiquement tous les gouvernements occidentaux se sont fendus d’un communiqué parvenant à justifier les bombardements trumpiens et l’enlèvement du président vénézuélien[2]. Ils ont réussi à affirmer leur soutien dans le même temps au droit international et à ces actions complètement illégales. Rappelons au passage que ces mêmes gouvernements soutiennent l’état génocidaire d’Israël qui s’est ouvertement félicité de l’attaque contre le Vénézuéla.
Le droit international est mort
Le génocide à Gaza avait déjà mis fin à l’espoir que nous avons tous nourri (d’une importance capitale pour ma propre compréhension du monde) de voir la puissance du droit international l’emporter sur l’usage brutal de la force dans les relations internationales. Le kidnapping de Maduro, l’empressement des capitales occidentales pour l’adouber et l’incapacité du reste du monde à l’empêcher signalent que le droit international a tout simplement fini d’exister.
Dans la longue liste des prix Nobel décernés en dépit de la raison, aucun ne bat celui décerné à la traitresse Maria Corina Machado, dans le seul but de dégager la route pour l’attaque impérialiste menée par les Etats-Unis contre le Vénézuéla.
Il fallait pourtant de l’imagination pour faire mieux que le prix Nobel décerné à Henry Kissinger moins de deux mois après l’arrêt des campagnes de bombardements sur le Cambodge[3] et le Laos. Ce fut un prix calamiteux, mais il pouvait avoir l’excuse de vouloir favoriser la mise en place des accords de Paris en forçant les Etats-Unis à y adhérer pleinement. Rappelons que le prix avait été décerné conjointement à Le Duc Tho, le négociateur vietnamien qui l’a judicieusement refusé.
Dans la série, mentionnons le prix décerné à Obama dans l’espoir insensé qu’il mettrait fin à l’invasion de l’Irak et que ce prix l’y encouragerait.
Mais celui décerné à Machado dépasse toutes ces incongruités. Ce prix n’était rien d’autre que la promotion et la facilitation délibérée d’une guerre d’agression. On joue dans une autre cour.
L’hypocrisie sans bornes de Jørgen Watne Frydnes, secrétaire d’un comité sans boussole ni principes, expliquant que le prix a été décerné pour récompenser l’action non-violente de la prétendante, alors que Trump est en train de concentrer au près des côtes vénézuéliennes une armada d’invasion la plus formidable depuis l’invasion de l’Irak, me donne des envies à l’égard de ce monsieur Frydnes qui ne me qualifieront certainement pas pour un prix de la paix ! J’ai à peu près les mêmes sentiments envers le Secrétaire Général de l’ONU Antonio Guterres et tous ceux qui ont abandonné leur supposé rôle international pour mieux lécher les bottes de Trump.
Et que va-t-il advenir du Vénézuéla maintenant ?
L’hypothèse la plus optimiste, c’est que l’action de Trump n’était que du théâtre. Après avoir amassé une telle concentration navale devant le Vénézuéla, il était obligé de faire quelque chose s’il ne voulait pas se ridiculiser comme le Grand Old Duke of York[4]. Il lui fallait produire du spectacle. Un spectacle qui en réalité ne change pas grand-chose.
Dans cette version des choses, les Etats-Unis commettent la même erreur qu’en Iran, s’imaginant qu’une stratégie de bombardement et de décapitation de l’appareil au pouvoir provoqueront un soulèvement populaire et une révolution. En Iran ils ont au contraire consolidé la base du gouvernement.
En réalité, le gouvernement bolivarien de Caracas n’avait toujours pas une vision bien claire de la situation jusqu’au samedi après-midi. Ils n’étaient pas en mesure de juger de la fiabilité de l’armée. Les généraux avaient-ils consenti à l’enlèvement de Maduro ? Le gouvernement gardait-il le contrôle des casernes ?
Le signal en clair envoyé par Trump affirmant que Rodriguez était maintenant en charge et la façon cavalière dont il a écarté Machado -le seul confetti de ciel bleu dans cette journée affreuse- a peut-être fait réfléchir tous ceux qui au Vénézuéla s’attendaient à ce que les USA organisent un coup d’état.
Je renvoie ici tous ceux qui clament que Maduro est un tyran à la scène d’opéra comique avec Guaidó en premier rôle organisant un coup d’état le 30 avril 2019. Les pays occidentaux avaient décrété qu’il était le président légitime, alors qu’il n’avait même pas participé aux élections. Son coup d’état a consisté en une errance dans les rues de Caracas avec une bande de sbires lourdement armés, se proclamant président devant une population, l’armée et la police morts de rire.
Dans n’importe quel pays, Guaidó aurait écopé d’une sentence de prison à vie pour avoir tenté d’opérer un coup d’état armé, et je pense que dans une majorité de pays, il aurait en fait été exécuté. Maduro s’est contenté de lui donner une tape condescendante sur l’épaule et de le mettre dans un avion pour qu’il retourne d’où il venait.
Voilà pour le diabolique dictateur.
Par pure coïncidence, le vendredi, j’avais envoyé un texto à Delcy Rodriguez au sujet de l’organisation et de mon accréditation pour un voyage au Vénézuéla. J’avais dans l’idée de faire quelques reportages là-bas et de vous rapporter un témoignage plus proche de la réalité que ce que vous cachent les médias. Dans mon message, je lui indiquais clairement que je n’étais pas à la recherche d’un financement.
La situation du pays est maintenant éminemment instable, mais je suis toujours fermement décidé à aller voir ce qui s’y passe.
Craig Murray est un auteur de livres et un militant des droits humains. Il a été ambassadeur du Royaume Uni en Ouzbékistan et recteur de l’université de Dundee.
Views: 330




Léon Trégor
Encore un article mettant les pendules à l’heure. Mais y aura-t-il un seul membre du PCF qui le lira ? A part nos amis de Liberté-Actu ?
Dans l’état où est ce parti avec des adhérents qui sont imbibés de l’idéologie dominante, j’en doute, mais qui sait ….