C’est bien sûr une allégorie, j’avais effectivement 7 ans mais les deux Bleitrach inscrits dans les morts d’Auschwitz étaient seulement mes grands oncles, les frères de mon grand père, il y a d’autres morts en Lituanie, le jeune frère de mon père… d’autres encore des cousins aux quatre coins de l’Europe…

L’extraordinaire n’est pas que cette reconnaissance de la petite fille juive ait sa source dans ce droit à la vie que m’a offert l’Union soviétique mais de savoir à 88 ans à quel point ce sacrifice a toujours été concret pour moi. Ces vingt-six millions, que la patrie soviétique, -les patries – a pleuré, ses propres enfants, ils ont eu le visage de ceux que j’ai rencontrés en URSS. Mais ce n’est pas tout. Non! le plus fort et le plus ouvert vers l’avenir a été de repenser à eux tout au long de cette vie qui me fut donnée, de les avoir vus s’incarner dans des millions d’autres combattants de toutes couleurs, sur tous les continents. Au point aujourd’hui ce 27 janvier 2026, je mesure que tout ce qui a été essentiel mes amours, mes amitiés, mon enfant, les adoptés, ont été pris dans ce sens d’une vie..
Alors cet engagement a été une dette qui s’est enrichie de mes propres combats et découvertes, et qui ne peut pas être payée seulement transmise, car pour moi ces 26 millions sont là, souriant avec des êtres aimés, ils rient en moissonnant les blés, en parcourant des immensité en traineaux, ils chantent et dansent, parce que ma propre vie a été ainsi. Elle m’a donné les mille occasions de renouveler le pacte en France et sur toute la planète parce que nous étions la garantie de la justice. Parfois, tout à coup dans une rafale de mitrailleuse je les ai revus tomber parce qu’on garrottait en Espagne, parce que le Vietnam l’emportait et Cuba défiait les Etats-Unis… et ces jeunes soviétiques n’en finissaient pas de tomber et de choisir la nuit pour me donner l’aurore, en se redressant… Les communistes partout m’ont enseigné de ne jamais limiter le sens de cette vie ni à ma famille, ni à mes origines, mais comme ces jeunes soviétiques d’agir hier comme aujourd’hui en défense de l’humanité avec ceux de Gaza, du Soudan. Je proteste au nom de tous ceux qu’ils ont osé mettre à genoux ou comme dans les geôles de Pinochet torturer les enfants pour faire parler les mères.. Le temps n’est pas encore à l’oubli…
C’est au nom de cette vie qu’il m’est impossible de ne pas m’éloigner quand ceux qui portent ce nom ne sont pas à la hauteur de l’épopée, la désavouent et font chorus dans le négationnisme avec leurs pires ennemis, ceux qui veulent nous mettre à genoux, encore et toujours. Mais nous sommes quelques uns dans ce cas à ne pas vouloir détruire les quelques traces de ce que furent ces partis communistes en France et dans le monde, nous allons continuer à écrire même si personne ne lit au-delà de trois lignes… Nous développerons alors ce que nous estimons être la véritable filiation en espérant un « réveil ». Mais nous ne perdrons pas une minute avec la sottise et la lâcheté, chacun fera son choix même si le temps manque à tous et chacun tiendra le front où il s’estime le plus utile.
Dites-vous bien que quand je suis en colère, ce n’est pas à cause du tort imbécile que vous prétendez me faire, j’ai la chance de me moquer de ma notoriété, de n’aimer ni le pouvoir, ni l’argent, et d’en être assez pourvue pour le partager… Non! ce qui me met en colère c’est ce que vous faites de vous-mêmes. Il me semble que vous valiez mieux que ça et je ne peux combattre qu’aux côtés de ceux en qui j’ai confiance, la denrée est rare, le mot communiste n’y suffit plus.
Danielle Bleitrach
C’est cet Aragon là que j’entends, le doux Ferrat je l’estime, je l’aime, mais il n’est pas là où je suis…
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