Comme nous l’expliquons, après avoir joué les matamores Trump se heurte à la réalité et cela l’oblige à rétropédaler parce que comme nous le verrons demain la riposte russe elle aussi a été sans ambiguïté… L’attitude du gouvernement vénézuélien et celle de la Chine comme du reste de l’Amérique latine à l’inverse des « Européens » marque les lignes rouges en mesurant la réalité du rapport des forces. Il reste le fait que la Chine a déjà avancé les fonds de l’extraction et qu’elle ne les acquittera pas deux fois… Même les pétroliers ont refusé l’aventure quant à l’idée de les assurer d’une sécurité totale dans l’extraction : ce n’est pas l’administration Trump qui détient ces clés-là. Pas plus qu’il n’est assuré que le contribuable des Etats-Unis soit prêt à payer pour des investissements dont bénéficieraient les pétroliers. Dans quel monde nous situons-nous, nous Français, ne serait-il pas temps de nous réveiller ? (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)
9 janvier 2026
Washington. Le président américain Donald Trump a déclaré que son gouvernement était ouvert à ce que d’autres pays, dont la Russie et la Chine, achètent du pétrole vénézuélien.
« La Chine peut nous acheter tout le pétrole qu’elle veut (…) La Russie peut obtenir de nous tout le pétrole dont elle a besoin », a déclaré le président vendredi lors d’une réunion avec des dirigeants de compagnies pétrolières et gazières.
Trump a rencontré à la Maison Blanche des dirigeants de 17 entreprises pour discuter des prochaines étapes à suivre suite aux mesures annoncées par les États-Unis concernant le pétrole brut vénézuélien.
Trump promet aux compagnies pétrolières une « sécurité totale » si elles investissent au Venezuela.
Vendredi, Trump a exhorté les dirigeants pétroliers à revenir rapidement au Venezuela, alors que la Maison Blanche cherche à obtenir 100 milliards de dollars d’investissements pour revitaliser la capacité du pays sud-américain à exploiter pleinement ses vastes réserves pétrolières. Il a ajouté que ces entreprises auraient l’opportunité de « reconstruire » l’infrastructure énergétique vénézuélienne.
Depuis l’incursion militaire de Washington samedi dernier pour capturer l’ancien président vénézuélien Nicolás Maduro, Trump s’est empressé de présenter ces actions comme une nouvelle opportunité économique pour les États-Unis, saisissant des pétroliers transportant du pétrole vénézuélien et affirmant que le gouvernement américain prendrait le contrôle des ventes de 30 à 50 millions de barils de pétrole vénézuélien précédemment sanctionné et qu’il contrôlerait les ventes mondiales indéfiniment.
Trump a profité de sa rencontre avec les dirigeants de l’industrie pétrolière pour les assurer publiquement qu’ils ne devaient pas hésiter à investir rapidement et, dans certains cas, à revenir dans ce pays d’Amérique du Sud, qui a un passé d’expropriations d’État ainsi que des sanctions américaines en cours.
« Vous bénéficiez d’une sécurité totale », a assuré Trump aux dirigeants. « Vous traitez directement avec nous et absolument pas avec le Venezuela. Nous ne voulons pas que vous ayez affaire au Venezuela », a-t-il déclaré.
Jusqu’à présent, les grandes compagnies pétrolières américaines se sont largement abstenues d’investir au Venezuela, car des contrats et des garanties sont nécessaires. Trump a laissé entendre que les États-Unis apporteraient leur soutien à tout investissement.
« Nos géants pétroliers dépenseront au moins 100 milliards de dollars de leurs propres deniers, et non de l’argent public. Ils n’ont pas besoin de l’argent de l’État. Mais ils ont besoin de la protection du gouvernement », a-t-il souligné.
Trump a reçu à la Maison Blanche des dirigeants pétroliers après la saisie, vendredi, de leur cinquième navire lié au pétrole vénézuélien au cours du dernier mois. Cette action témoigne de la détermination des États-Unis à contrôler pleinement l’exportation, le raffinage et la production de pétrole brut vénézuélien.
Les dirigeants des compagnies pétrolières expriment leur scepticisme quant à l’investissement dans ce pays d’Amérique du Sud.
La Maison Blanche a indiqué avoir invité des dirigeants de 17 compagnies pétrolières, dont Chevron (qui opère toujours au Venezuela), ainsi qu’ExxonMobil et ConocoPhillips, qui avaient des projets pétroliers dans ce pays perdus lors de la nationalisation des entreprises privées en 2007, sous le gouvernement du président Hugo Chávez, prédécesseur de Maduro.
Alors que certains hommes d’affaires et autres entreprises ont exprimé leur enthousiasme à l’idée de s’implanter au Venezuela, d’autres ont fait preuve d’une certaine prudence quant aux obstacles juridiques et politiques qui subsistent.
« Si l’on examine les structures et les cadres commerciaux actuels au Venezuela, il n’est pas viable d’y investir », a déclaré Darren Woods, PDG d’ExxonMobil. « Par conséquent, des changements importants doivent être apportés à ces cadres commerciaux et au système juridique ; des protections durables des investissements sont indispensables, et la législation du pays relative aux hydrocarbures doit être réformée. »
Parmi les autres entreprises invitées figuraient Halliburton, Valero, Marathon, Shell, Trafigura (basée à Singapour), Eni (basée en Italie) et Repsol (basée en Espagne), ainsi qu’un large éventail d’entreprises nationales et internationales dont les intérêts s’étendent de la construction aux marchés des matières premières.
La production pétrolière vénézuélienne est tombée sous la barre du million de barils par jour. Pour inverser cette tendance, Trump s’attache avant tout à convaincre les compagnies pétrolières que son administration entretient des relations stables avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, et qu’elle peut garantir la protection des entreprises souhaitant s’implanter sur le marché.
Trump se dit convaincu que les grandes compagnies pétrolières sont prêtes à se lancer, mais reconnaît que l’opération n’est pas sans risques. « Vous savez, ce ne sont pas des enfants », a déclaré Trump à propos des dirigeants de l’industrie pétrolière. « Ce sont des gens qui extraient du pétrole dans des endroits extrêmement difficiles. Je peux vous dire que certains de ces endroits font passer le Venezuela pour une promenade de santé. »
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