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Tant qu'il n'y a pas d'œuvre commune, il y aura toujours de l'intolérance

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Histoire et société > Vie du PCF

Riche débat sur la dictature du prolétariat à l'Université d'été du PCF

La direction de l'Université d'été du PCF avait convié Gérard Streiff pour aborder l'histoire de la notion marxiste de "dictature du prolétariat" et débattre de son abandon par le PCF en 1976. Sans savoir quelles étaient les intentions exactes de la direction de l'Université d'été, on ne peut évidemment pas séparer ce débat, qui fut animé (et fraternel), de la décision du 40ème congrès de rétablir la perspective d'une société socialiste comme axe stratégique de notre parti. C'est d'ailleurs sur cette décision, qui clôt finalement un cycle historique, que s'est conclu la discussion.

Publié par Franck Marsal

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Article original pour le blog

Ce débat a suscité un large intérêt. La salle était pleine, et, parmi le public, une très forte présence de la jeunesse. Les jeunes camarades ont d'ailleurs apporté une très large majorité des interventions et toutes allaient dans le sens de la pertinence et de l'actualité de la notion de dictature du prolétariat dans la société capitaliste actuelle, de son importance dans la théorie marxiste comme perspective nécessaire de nos combats.

Difficile de reprendre la totalité des nombreuses interventions, toutes complémentaires les unes des autres, toute travaillées avec soin, apportant des angles de vues et des arguments différents. Quelques exemples néanmoins : une intervention a rappelé que la dictature du prolétariat signifie que les prolétaires, notre classe, détient le pouvoir. Ce qui implique que le patron ne peut plus impunément exploiter, mépriser et maltraiter le salarié. Un argument très pragmatique, qui résonne avec les ateliers qui ont évoqué la traite des êtres humains ou les jeunes, morts au travail.

Une autre intervention a rappelé que, l'abandon de la notion de dictature du prolétariat résultait d'une volonté de lisser l'image du PCF, notamment auprès des autres forces de gauche et de leur électorat, mais que l'effet n'avait pas été obtenu. Une camarade a rappelé que l'ouverture des archives avait battu en brêche beaucoup de mensonges sur les expériences socialistes en URSS et à l'est de l'Europe. La prise de recul sur l'évolution de l'europe montre que beaucoup de réalisation du socialisme y ont été très favorables, notamment pour les femmes, dont la situation était grandement améliorée par de nombreuses avancées sociales très concrètes. Et que le démantèlement de ces états socialistes a mené à des reculs catastrophiques des conditions de vie.

Un dernier argument, en toute fin de débat est venu ouvrir la réflexion. Une camarade a fait remarqué que cet abandon vient à un moment où se prépare les grandes vagues de désindustrialisation, dans cette période où le prolétariat perd aussi une grande partie de la reconnaissance sociale. Gérard Streiff a rebondi sur cet argument, en ajoutant que c'est précisément à cette période aussi que l'ouvrier cesse, dans la littérature ou le cinéma d'être une figure positive et devient peu à peu un sujet de moquerie, alors que le patron sera progressivement réhabilité en entrepreneur. Au delà de la décision du PCF, l'évolution est ainsi resituée dans un contexte tendu d'offensive non seulement anti-communiste, mais également anti-ouvrière.

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