Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Que vivent les dirigeants étrangers lorsqu’ils empruntent le train à grande vitesse chinois ? (Éditorial du Global Times)

Sur les traces de Marx, j’ai toujours éprouvé un intérêt puissant pour la manière dont le train avait transformé le capitalisme, plus généralement ce que le capital qui a priori se préoccupait du temps (celui en particulier de la plus value obtenue de la force de travail) y répondait par une organisation spatiale… la productivité, l’accumulation, qui intégrait divers espaces agricoles, urbains… Marx disait: « Au fur et à mesure que l’industrie, le commerce, la navigation, les chemins de fer se développaient, la bourgeoisie grandissait, décuplant ses capitaux et refoulant à l’arrière-plan les autres classes. La bourgeoisie ne peut plus régner, parce qu’elle est incapable d’assurer l’existence de son esclave. » et il lie l’émancipation du peuple chinois, le déplacement du centre de gravité pacifique, au chemin de fer vers le pacifique proche du canal de Panama… mais l’esclave chinois, celui des pays du sud doit lui même assurer son existence. C’est que dit ce voyage de chefs d’Etat dans le socialisme à la chinoise dit bien ce que le développement des moyens de transport des routes, des échanges de marchandises mais aussi de civilisation est une proposition d’avenir… il ne s’agit plus seulement du train il s’agit de la proximité nouvelle, du voisinage, des relations de coopération qui s’imposent à nous. C’est ce qui m’intéresse le plus.. et ce qu’il faut lire entre les lignes de cet éditorial. Le succès du réseau ferroviaire à grande vitesse chinois témoigne de la convergence de forces institutionnelles, de capacités industrielles et d’une planification stratégique. (note et traduction de danielle Bleitrach pour histoireetsociete).

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 ÉDITORIAL

Par Global TimesPublié le 18 avril 2026 à 00h44Le secrétaire général du Comité central du Parti communiste vietnamien (PCV) et président du Vietnam, To Lam, quitte Pékin en train à grande vitesse pour la région autonome Zhuang du Guangxi, dans le sud-ouest de la Chine, le 16 avril 2026. Photo : Xinhua

Le secrétaire général du Comité central du Parti communiste vietnamien (PCV) et président du Vietnam, To Lam, quitte Pékin en train à grande vitesse pour la région autonome Zhuang du Guangxi, dans le sud-ouest de la Chine, le 16 avril 2026. Photo : Xinhua


Lors de sa visite en Chine, le secrétaire général du Comité central du Parti communiste vietnamien et président du Vietnam, To Lam, a emprunté à deux reprises le train à grande vitesse chinois « Fuxing », passant au total près de 12 heures à bord. Ce voyage a suscité un vif intérêt international. En effet, voyager en train à grande vitesse n’est plus une nouveauté pour les dirigeants étrangers en visite. Des personnalités internationales telles que le président russe Vladimir Poutine, le secrétaire général de l’ONU António Guterres et le président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev ont toutes choisi cette option lors de leurs déplacements. En ce sens, le train à grande vitesse est devenu un fleuron de l’industrie manufacturière chinoise à l’ère moderne, offrant à la communauté internationale un moyen direct d’en faire l’expérience.

Pourquoi tant de dirigeants étrangers choisissent-ils de voyager en train à grande vitesse en Chine ? La réponse va bien au-delà de la simple sensation de vitesse. Plus profondément, ils perçoivent la construction ferroviaire moderne comme un moyen d’appréhender les clés du développement de haute qualité de la Chine. En Chine, le réseau ferroviaire à grande vitesse fonctionne comme un puissant axe routier, reliant étroitement des régions autrefois éloignées les unes des autres. Il facilite la circulation efficace et l’allocation optimale des facteurs de production tels que les talents, les capitaux et les technologies à l’échelle nationale, apportant un soutien solide aux grandes stratégies régionales, notamment la région Pékin-Tianjin-Hebei, le delta du Yangtsé, la région de la Grande Baie Guangdong-Hong Kong-Macao et la zone économique Chengdu-Chongqing. Le succès du réseau ferroviaire à grande vitesse chinois témoigne de la convergence de forces institutionnelles, de capacités industrielles et d’une planification stratégique.

Il y a une vingtaine d’années, le train à grande vitesse était encore un « luxe » coûteux et rare, principalement concentré en Europe occidentale et au Japon. Aucun pays n’avait construit de réseau ferroviaire à grande vitesse de plus de 3 000 kilomètres. Ses coûts élevés de construction et d’exploitation le rendaient encore plus inaccessible à de nombreux pays en développement. L’Europe exploitait autrefois sa célèbre ligne à grande vitesse reliant Londres (Royaume-Uni) à Avignon (France), sur environ 1 150 kilomètres. Au Japon, le Shinkansen le plus long était la ligne Hayabusa reliant Tokyo à Shin-Hakodate, à Hokkaido, avec environ 823 kilomètres. Aujourd’hui, le réseau ferroviaire à grande vitesse mondial s’étend sur plus de 65 000 kilomètres, dont plus de 70 % en Chine. À titre de comparaison, le voyage en train à grande vitesse effectué par le secrétaire général To Lam – de Pékin à Nanning – dépasse les 2 400 kilomètres en un seul trajet, une différence frappante en soi.

Par son expérience, la Chine a profondément redéfini la notion de train à grande vitesse à l’échelle mondiale, offrant un modèle de modernisation aux pays du Sud. S’appuyant sur une demande massive du marché, une intégration technologique systématique, un système industriel complet, une forte capacité de production et une gestion de l’ingénierie et de la construction extrêmement efficace, la Chine a considérablement réduit le coût unitaire du train à grande vitesse, le transformant d’une vitrine technologique en un réseau national accessible. La Chine n’a pas seulement construit le plus grand réseau ferroviaire à grande vitesse au monde, mais a également ouvert la voie à un modèle de développement adapté à son contexte national – efficace et intensif – constituant un système complet de normes techniques, de modèles de gestion de la construction et de chaînes d’approvisionnement industrielles. Cette expérience, reproductible et adaptable à grande échelle, représente une référence précieuse pour les pays du Sud en quête de modernisation de leurs infrastructures et d’industrialisation.

La construction ferroviaire, et notamment de lignes à grande vitesse, joue un rôle essentiel dans le renforcement des liens entre les peuples. Comparé à l’aviation, le transport ferroviaire est plus rentable, offre une couverture plus étendue et une capacité de transport supérieure ; comparé à la route, il est plus stable, plus sûr et permet de réaliser des économies d’échelle plus importantes. Grâce aux nouvelles liaisons ferroviaires, étudiants, touristes, chercheurs, professionnels des médias, habitants des zones frontalières et petits commerçants peuvent désormais se rendre plus fréquemment dans les pays voisins. Lorsque ces déplacements deviendront une habitude, la compréhension mutuelle entre les nations voisines et leurs populations se fondera de plus en plus sur des interactions concrètes et des expériences tangibles, permettant aux deux sociétés de passer d’une simple connaissance à un véritable rapprochement et réduisant ainsi la distance psychologique entre leurs peuples.

La Chine a toujours adhéré aux principes de consultation approfondie et de contribution conjointe pour un bénéfice partagé dans la coopération ferroviaire, ce qui témoigne de son ouverture d’esprit et de son sens des responsabilités en tant que grande puissance. La ligne à grande vitesse Jakarta-Bandung a fait entrer l’Indonésie dans l’ère du TGV ; la ligne Chine-Laos est devenue une voie royale reliant la Chine à l’Asie du Sud-Est, et ses systèmes et équipements clés ont été mis en œuvre avec succès dans des pays européens comme la Hongrie et la Serbie. Dans leur déclaration conjointe, la Chine et le Vietnam se sont engagés à faire de la coopération ferroviaire un pilier de leur partenariat stratégique, ce qui a suscité un vif intérêt. De plus en plus d’exemples montrent clairement que le développement de haute qualité de la Chine profite non seulement à sa propre population, mais contribue également au développement des infrastructures mondiales et améliore le bien-être des communautés locales.

Cette année marque le début du 15e plan quinquennal chinois. D’ici 2030, le réseau ferroviaire chinois devrait atteindre environ 180 000 kilomètres, dont près de 60 000 kilomètres de lignes à grande vitesse, et un réseau moderne de classe mondiale sera alors en place. Le développement continu du transport ferroviaire stimulera la modernisation industrielle dans tous les secteurs, en amont comme en aval, depuis la fabrication de nouveaux matériaux et d’équipements de pointe jusqu’aux technologies de l’information et à la logistique moderne, créant ainsi de nouveaux moteurs de croissance économique. Pour le monde, cela se traduira par une coopération technologique accrue, des échanges de talents et des opportunités de marché élargies. Un média français s’est émerveillé de voir la Chine, autrefois simple terrain d’expérimentation pour la technologie ferroviaire à grande vitesse, devenir un acteur clé de l’intégration régionale.

L’histoire du train à grande vitesse chinois n’est qu’un exemple parmi d’autres. Elle illustre la réussite d’une grande nation qui, grâce à l’autonomie et à un travail acharné, a maîtrisé des technologies essentielles, réalisé un développement fulgurant et apporté des bénéfices à sa population. Le train à grande vitesse « Fuxing » porte en lui la fierté et la confiance du peuple chinois, ainsi que la volonté sincère de la Chine de partager les opportunités de développement avec le monde. Les trains à grande vitesse de la compagnie ferroviaire chinoise, vrombissants, sont à l’avant-garde de notre époque et filent vers un avenir encore plus prometteur.

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1 Commentaire

  • Xuan
    Xuan

    Ce sont les premiers trains, les gares, les ponts métalliques que les impressionnistes ont peint à la fin du 19e siècle, et pas seulement des champs de coquelicots.
    Et le célèbre « impression soleil levant » représente les grues et les cheminées d’usine du port du Havre, c’est une originalité rarement signalée.
    Les trains ont désenclavé les hameaux et transformé nos ancêtres paysans en employés, ouvriers, commerçants, voyageurs de commerce, artisans…
    Et les familles de 12 enfants, dont deux ou trois mouraient en bas âge, ont disparu.

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