« Résilient » il y a des mots comme ça qui tout à coup s’imposent et dont il est bon de définir le sens pour mesurer l’évolution des « attitudes » , des « dispositions à agir » telle que la situation les impose. Résilient est donc ce qui permet de résister au choc et c’est évidemment la question; qu’est-ce qui permet de faire face à la chute de l’impérialisme et de son hégémon erratique les Etats-Unis. L’Espagne non seulement a dit non à l’aventure mais même au discours qui les justifie. mais elle a choisi un déplacement stratégique vers l’Amérique latine « résiliente » et pas celle qui s’effondre devant la domination coloniale US, mais aussi vers le monde multipolaire et la Chine. C’est cette évolution qui s’impose et que le landernau français refuse de poser en nous entraînant vers des divisions et des querelles dérisoires à l’image des querelles puériles de Trump menaçant de tout casser si on ne lui obéit pas, détruisant tout espace de négociation mais qui est bien obligé de s’incliner devant la réalité. (note et traduction de danielle Bleitrach pour histoire et societe)
Par Global TimesPublié le 10 avril 2026 à 00h29
Photo Chine Espagne : VCG
Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, effectuera une visite officielle en Chine du 11 au 15 avril. Il s’agit de sa quatrième visite en Chine en quatre ans. Intervenant peu après les visites du roi d’Espagne et du Premier ministre l’année dernière, elle constitue un nouvel échange significatif de haut niveau entre la Chine et l’Espagne dans un laps de temps relativement court, soulignant la continuité et la stabilité de la politique espagnole à l’égard de la Chine.
À l’heure où le contexte mondial est en pleine mutation et où les relations sino-européennes sont confrontées à des défis complexes, la Chine et l’Espagne, guidées par une détermination politique et une vision stratégique, illustrent parfaitement le sens d’un « partenariat résilient ».
Le Premier ministre Sánchez a déclaré qu’une visite en Chine devrait devenir annuelle. Cette position témoigne de l’engagement profond du gouvernement espagnol envers les relations sino-espagnoles et de la confiance politique mutuelle qui règne entre les deux pays. Ces derniers entretiennent un dialogue stratégique permanent de haut niveau, leur permettant de mener des échanges approfondis et directs sur les grandes questions internationales et bilatérales.
Des rencontres fréquentes entre leurs chefs d’État et de gouvernement à la signature du Plan d’action pour le renforcement du partenariat stratégique global entre la République populaire de Chine et le Royaume d’Espagne (2025-2028), le partenariat stratégique global sino-espagnol poursuit sa progression constante. Unecoopération active et pragmatique constitue le socle des relations sino-espagnoles. En 2025, le volume des échanges bilatéraux de marchandises entre la Chine et l’Espagne a dépassé 55 milliards de dollars, soit une hausse de 9,8 % par rapport à l’année précédente, confortant ainsi la position de la Chine comme premier partenaire commercial de l’Espagne hors de l’Union européenne. Cette coopération s’étend désormais au-delà de la complémentarité traditionnelle des produits agricoles, pour englober des domaines porteurs de nouvelles forces productives, tels que les énergies vertes, les véhicules électriques et l’économie numérique. Des projets emblématiques, tels que l’usine de batteries construite conjointement par CATL et Stellantis en Aragon et la ligne de production de véhicules à énergies nouvelles de Chery à Barcelone, illustrent parfaitement la mondialisation des technologies chinoises et témoignent du choix stratégique de l’Espagne pour une transition industrielle verte.
Lors de sa visite en Chine aux côtés du Roi, le ministre espagnol de l’Économie, du Commerce et des Entreprises, Carlos Cuerpo, a affirmé sans équivoque que la Chine était une priorité incontestable pour l’Espagne. Cette politique pragmatique est, par essence, une approche responsable du développement des industries nationales et du bien-être de la population. L’expérience a démontré que la coopération avec la Chine ne représente aucun risque, mais bien une opportunité de stimuler la croissance économique et de préserver l’emploi.Alors que certains pays hésitent encore entre « désensibilisation » et coopération dans leur politique envers la Chine, l’Espagne fait preuve d’une clairvoyance qui dépasse les fluctuations à court terme.
Cette stabilité repose sur le respect mutuel de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des deux pays, ainsi que sur leur engagement commun envers le multilatéralisme et le droit international. La vision internationale de l’Espagne, qui s’oppose aux intimidations et recherche la coopération, est en parfaite adéquation avec celle de la Chine. À une époque marquée par de fréquents conflits régionaux et une exacerbation des tensions géopolitiques, l’Espagne, de concert avec la Chine, a défendu les objectifs de la Charte des Nations Unies, insufflant une énergie positive indispensable à un monde turbulent.
La stabilité et l’approfondissement des relations sino-espagnoles ont depuis longtemps dépassé le cadre bilatéral, servant de plus en plus de modèle aux relations Chine-UE. L’Espagne tend à percevoir le développement de la Chine comme une opportunité plutôt que comme un défi. Sur des questions sensibles telles que l’enquête de l’UE sur les subventions aux véhicules électriques chinois, l’Espagne a constamment joué un rôle de médiateur entre Bruxelles et Pékin, apaisant les tensions et favorisant le consensus. Dans un contexte de divergences d’opinions au sein de l’UE concernant la politique à adopter envers la Chine et de montée du protectionnisme, l’attitude et l’action de l’Espagne en faveur d’une coopération rationnelle avec la Chine sont particulièrement précieuses.Un récent article du quotidien espagnol El País soulignait un point essentiel : si le Premier ministre espagnol, François Sánchez, est le premier à se rendre aussi fréquemment en Chine, ce qui n’est pas exceptionnel en Europe, la pratique est loin d’être inhabituelle.
Ces derniers mois, notamment, les dirigeants occidentaux ont multiplié les visites en Chine, faisant de la coopération avec ce pays une priorité diplomatique commune dans un contexte de turbulences internationales. El País rappelait que l’ancienne chancelière allemande, Angela Merkel, s’était rendue en Chine à douze reprises ; le président français, Emmanuel Macron, avait effectué sa quatrième visite officielle en décembre dernier ; et qu’en janvier de cette année, le Premier ministre britannique, Keir Starmer, était devenu le premier dirigeant britannique à se rendre en Chine depuis huit ans.
Dans cette perspective, les quatre visites de M. Sánchez en quatre ans sont loin d’être exceptionnelles. Sa prochaine visite témoigne d’une tendance observée chez les pays occidentaux à renforcer leur engagement envers la Chine et à rechercher une coopération mutuellement avantageuse.Un soutien public toujours plus important constitue le moteur profond du développement stable et durable des relations sino-espagnoles. Les données d’un institut de sondage espagnol de référence montrent que plus de 74 % des Espagnols interrogés ont une opinion positive des relations bilatérales. La question de savoir comment s’aligner sur le développement de haute qualité de la Chine durant son 15e plan quinquennal (2026-2030) afin de soutenir la modernisation des industries clés espagnoles est devenue un sujet récurrent dans les médias espagnols.
En 2025, le nombre de touristes chinois visitant l’Espagne a frôlé les 800 000, tandis que les voyages d’affaires entre l’Espagne et la Chine ont également connu une forte croissance. Ces échanges humains croissants convergent vers un puissant courant de soutien public contre le « découplage » et la fragmentation des chaînes d’approvisionnement.
Plus de vingt ans de partenariat stratégique global entre la Chine et l’Espagne ont démontré que des pays aux histoires, cultures et systèmes sociaux différents peuvent coexister pacifiquement et poursuivre un développement commun fondé sur le respect mutuel et l’égalité. Nous espérons et apprécions que l’Espagne continue de jouer un rôle rationnel au sein de l’UE, en utilisant son autonomie stratégique et sa coopération pragmatique comme un « souffle bienfaisant » pour dissiper les ombres de la rivalité géopolitique et pour traduire la stabilité des relations sino-espagnoles en une plus grande certitude pour les relations sino-UE.
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