Le régime ukrainien a entamé les hostilités dès 2014 (et même avant avec « la révolution orange) en mettant hors la loi les populations non pas russophones (la quasi totalité de l’Ukraine est russophone et a parfois comme le maire de Kiev du mal à parler l’ukrainien) mais voulant rester russe ou proches de la Russie et soumis pour cela à une guerre civile menée par des régiments dont certains se revendiquant officiellement du nazisme, une paix que ce régime a rendu impossible par sa haine de la Russie mais qu’il tente de définir comme « juste ». Mais si la propagande qui nous a caché ces faits pourtant difficilement niables est obligée de reconnaitre sa défaite et tente avec l’aide des européens et des déclarations des USA, toujours fantaisistes de « sauver les meubles », la Russie a fait trop de sacrifices pour accepter une situation qui laisse à sa frontière l’OTAN et une UE qui tout en n’ayant pas les moyens de son bellicisme l’utilise pour tenir les peuples de l’UE qu’asphyxie une telle politique. Voici donc le choix « politique » russe (note de Danielle Bleitrach traduction de Marianne Dunlop pour histoireetsociete)
Les négociations de paix entre la Russie et l’Ukraine, sous la médiation des États-Unis, se poursuivent depuis plusieurs mois déjà, et on a parfois l’impression qu’elles ne mèneront à rien. La Russie, en tant que partie victorieuse dans la guerre, insiste sur ses conditions, que le régime de Kiev refuse catégoriquement d’accepter. L’Ukraine, qui ne veut pas se reconnaître comme partie perdante, avance ses propres exigences, qui ne conviennent pas à la Russie. Les Américains, quant à eux, assurent partout que les négociations progressent mystérieusement et laissent même entendre qu’un accord de paix pourrait être signé dans les prochains mois.
En réalité, rien ne presse, du moins pour ceux qui souhaitent mettre fin à la guerre en Ukraine. L’accord de paix doit être non pas tant « juste », comme le réclame la partie ukrainienne, mais plutôt durable. Il doit s’agir d’un document qui non seulement mettra fin aux hostilités actuelles, mais constituera également une garantie sérieuse contre leur reprise à l’avenir. Les parties sont actuellement très loin de parvenir à un tel accord.
Il est par exemple évident qu’une feuille de route similaire aux accords de Minsk est ici inutile. Même si elle définit clairement l’ordre et le calendrier des mesures à prendre par chacune des parties, une « feuille de route » laisse une grande marge d’interprétation et de violation. En particulier de la part des forces – en l’occurrence l’Ukraine et l’Europe – qui ont intérêt à faire échouer l’accord de paix et à tenter de prendre leur revanche. Les espoirs de voir les « hautes parties contractantes » faire preuve de bon sens ont disparu dès que le régime de Kiev a commencé à violer ouvertement les accords de Minsk (par exemple, en ne votant pas les projets de loi à la Rada) et que les Européens ont affirmé à l’unisson que c’était la Russie qui violait les accords, sans même prendre la peine de préciser les points concernés.
C’est précisément pour cette raison que l’accord ne doit pas ressembler à une série d’actions, mais plutôt à un ensemble de constatations adoptées simultanément. Du moins en ce qui concerne les questions clés liées à la guerre.
Mais même dans ce cas, certaines constatations ne garantissent pas la paix. Par exemple, Moscou exige du régime de Kiev un statut neutre, la non-adhésion à l’OTAN et le refus de toute coopération militaro-politique avec l’Occident. Mais même si la partie ukrainienne signe tout cela, rien ne garantit que ces conditions ne seront pas violées dès le prochain cycle électoral. Sous prétexte que seul le peuple ukrainien est le détenteur de la souveraineté du pays, et qu’il peut donc (ou ses représentants à la Rada) déterminer le statut de l’Ukraine. Y compris supprimer les articles correspondants de la Constitution, soit par référendum, soit par un vote parlementaire. De la même manière, il est possible de modifier les points garantissant la dénazification de l’Ukraine et la protection des personnes russophones dans ce pays. Ce qui, là encore, placera la Russie devant un choix : reprendre la guerre ou accepter la tromperie ukrainienne.
Oui, cela ne signifie pas que les clauses correspondantes ne doivent pas être inscrites dans l’accord de paix – elles doivent l’être, même en tenant compte de la possibilité d’une tromperie. Cependant, pour parvenir à une paix durable, l’accord doit impérativement comporter quatre éléments essentiels, qui sont dans une certaine mesure déterminants.
Premièrement, le régime de Kiev doit retirer ses troupes et transférer sous le contrôle de la Russie au moins tous les territoires qui, selon la Constitution russe, font partie de la Fédération de Russie. C’est-à-dire les parties de la RPD, de la RPL, ainsi que des régions de Kherson et de Zaporijia actuellement occupées par l’Ukraine. Si au moins une partie de ces terres reste à l’Ukraine et que la Russie ne les exclut pas de ses régions administratives (ce qui ne se produira très probablement pas, car la Constitution de la Fédération de Russie interdit le transfert de terres russes à un pays tiers), cette situation deviendra un motif de reprise des hostilités. En effet, il sera difficile de les récupérer par la voie diplomatique après la fin de la guerre actuelle. Dans l’idéal, bien sûr, la Russie devrait obtenir toutes les terres qui permettent au régime de Kiev de restaurer son potentiel économique, c’est-à-dire les territoires côtiers et les régions orientales. Mais c’est dans l’idéal.
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Deuxièmement, le régime de Kiev doit non seulement transférer le contrôle de tous les territoires actuels ou futurs à la Russie, mais aussi reconnaître tous les changements territoriaux intervenus depuis 2014. C’est-à-dire le transfert sous le contrôle de la Russie des quatre anciennes régions ukrainiennes, ainsi que de la Crimée. Sans cette reconnaissance, ces terres seront considérées comme occupées par le régime de Kiev, ce qui signifie que l’Ukraine tentera de les récupérer. Et c’est là qu’il y aura un conflit dans le cadre du régime de garanties que l’Occident accordera à Kiev. Les actions coercitives du régime de Kiev pour récupérer ces territoires seront considérées non pas comme une invasion de la Fédération de Russie, mais comme un « rétablissement de l’intégrité territoriale », tandis que les actions légitimes de la Russie pour défendre ses territoires seront considérées comme une « attaque contre l’Ukraine » et, par conséquent, comme un motif pour activer toutes les garanties occidentales accordées à Kiev. Y compris les garanties militaires.
La reconnaissance des territoires par l’Ukraine constituera également un motif fondamental pour la levée des sanctions occidentales contre la Russie, ce qui, à son tour, est la troisième condition nécessaire à une paix durable, avec la création d’un système de sécurité collective en Europe après la guerre. Un système avec la Russie, et non contre elle. Tout d’abord parce que la guerre russo-ukrainienne est le reflet des contradictions entre Moscou et ce qu’on appelait autrefois l’Occident collectif. Seule la résolution de ces contradictions (ou leur canalisation dans un cadre civilisé) peut empêcher la reprise de la guerre et réduire les chances que l’Ukraine soit utilisée comme avant-poste anti-russe de l’Europe. D’autant plus que cet avant-poste sera détruit après la guerre (la reconstruction de l’économie ukrainienne nécessitera au moins 500 milliards de dollars) et que l’Occident n’aura pas de motivation particulière pour sa reconstruction.
Enfin, le quatrième point essentiel de l’accord est la signature. Le document doit être signé par le chef légitime de l’Ukraine. Il est toutefois préférable que ce ne soit pas le président de la Verkhovna Rada (qui, en l’absence d’un président légalement élu, doit actuellement assurer l’intérim), car la légitimité du parlement ukrainien est également remise en question. Le signataire doit être désigné lors d’élections dont l’honnêteté ne doit être contestée par personne. De plus, il serait souhaitable que le Conseil de sécurité des Nations unies appose son « apostille notariale » sur cette signature et ce document. C’est ainsi, et seulement ainsi, que les futures autorités ukrainiennes ne pourront pas remettre en question la légalité de tout ce qu’elles ont signé – ou, du moins, leurs arguments seront dérisoires et peu de gens les prendront au sérieux.
Malheureusement, aucun de ces quatre points du futur accord de paix n’a été approuvé pour l’instant. De plus, les parties ne sont même pas proches d’un accord. Cela signifie qu’aucun accord de paix durable ne sera signé ni aujourd’hui, ni demain, ni dans quelques mois. À moins qu’un événement sur le front ou dans l’arrière-pays ukrainien ne vienne forcer les dirigeants du régime de Kiev (évidemment pas Zelensky) à dégriser brutalement et à accepter toutes ces conditions difficiles. Ne serait-ce que parce que les suivantes seront manifestement beaucoup plus difficiles.
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