Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Qu’a dit le président Miguel Díaz-Canel Bermúdez au sujet du début des pourparlers avec les représentants du gouvernement américain ?

Nous avons divisé ce sujet en deux. 1) un résumé sur le point qui a plus précisément donné lieu à désinformation. 2) le long discours qui doit être lu à tête reposée et conservée pour comprendre quelle est la position non seulement des dirigeants cubains mais de ce peuple héroïque; qui est le véritable sujet de cet exploit qui place Cuba au premier rang de l’humanité, ce qui est décrit ici est le concret de ce qu’il faut d’effort pour ne pas se mettre en position de défaite, ce qui est malheureusement le cas quand il n’y a plus de communistes, de révolutionnaires véritables pour se garder des « illusions » autant que de l’idée que c’est impossible. Ce qui nous a frappé c’est d’abord ce dont est capable en matière d’utilisation des ressources et de leur répartition le socialisme cubain, la référence à l’aide, celle du Mexique mais aussi celle dans la pression des négociations et enfin le réalisme avec l’appel aux investissements privés des Cubains de la diaspora. Ce mélange de concret et d’idéal de justice et de souveraineté réelle mérite que nous mesurions ce qu’il nous manque dans nos proclamations non suivies d’effets (note de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

🗣| Il y a eu beaucoup de spéculations, et comme l’a toujours été la pratique du leadership de la Révolution, nous n’avons pas à répondre à des campagnes qui cherchent à manipuler ou à spéculer.

🗣| Ce sont des processus qui se font avec beaucoup de discrétion, ce sont des processus longs et il faut d’abord commencer par établir des contacts, qu’il y ait des possibilités de canaux de dialogue et qu’il y ait une volonté de dialogue et tout cela prend du temps. En établissant des agendas, en entamant des négociations, en entrant en pourparlers et en concluant des accords, des choses dont nous sommes encore éloignés parce que nous en sommes aux premières phases de ce processus.

🗣| Je vais confirmer que, conformément à la politique cohérente que la Révolution cubaine a toujours présentée, sous la direction du général d’armée en tant que chef de notre révolution, et la mienne, et collégiale avec les principales instances du Parti, du gouvernement et de l’État cubains, des responsables cubains ont tenu récemment des pourparlers avec des représentants du Gouvernement des États-Unis afin de rechercher par la voie du dialogue une solution possible aux différends bilatéraux qui existent entre nos deux nations.

🗣| Ces échanges ont été favorisés par des acteurs internationaux, et je veux m’arrêter ici. Chaque fois que nous avons été dans des situations tendues dans nos relations avec les États-Unis, des efforts apparaissent pour rechercher des canaux de dialogue, chercher des pourparlers.

🗣| Ce n’est pas la première fois que Cuba entre dans une conversation de ce type, je pense que l’exemple le plus récent a été la façon dont le général d’armée a mené les pourparlers avec le président Obama, à un stade très récent, et nous connaissons tous les résultats qu’ont donné ces conversations. Eh bien, maintenant un groupe d’acteurs internationaux a également favorisé le développement de ces échanges.

🗣| Quelles sont les objectifs que nous poursuivons avec ces pourparlers, les objectifs que nous nous sommes fixés ? Premièrement, déterminer quels sont les problèmes bilatéraux qui doivent être résolus; deuxièmement, quels seraient les moyens de résoudre ces problèmes; troisièmement, déterminer s’il y a une volonté de concrétiser, de part et d’autre, des actions au bénéfice de nos peuples.

🗣| Cela implique de trouver des domaines de coopération avec lesquels nous pouvons faire face aux menaces et assurer la sécurité et la paix des deux pays et, en outre, la sécurité et la paix dans notre région.

🗣| La Révolution n’a pas été et ne sera pas pour une pratique de répondre aux campagnes spéculatives. Il s’agit d’un processus très sensible, abordé avec une discrétion de instant, abordé avec sensibilité, responsabilité et beaucoup de sérieux, car il s’agit d’un problème qui affecte les liens bilatéraux et qui demande un effort fondamental ardu, tenace, pour pouvoir progresser vers des solutions, parce que nous devons aussi trouver la construction d’espaces de compréhension qui nous permettent d’avancer dans le processus et, en plus de cela, de nous éloigner de la confrontation.

Les Cubains résidant à l’étranger sans résidence effective dans le pays pourront, pour la première fois, *investir dans des entreprises privées à Cuba 🇨🇺 et s’associer avec des acteurs économiques privés cubains conformément à la loi sur l’investissement étranger*, dans le cadre d’un paquet de mesures, conformément aux directives de mise à jour du modèle économique et dans le cadre des transformations visant à renforcer l’économie.

🗣️ Dans les déclarations du vice-Premier ministre et titulaire du commerce extérieur et de l’investissement étranger, Oscar Pérez-Oliva Fraga, la portée de ces dispositions répond aux échanges permanents soutenus avec la communauté cubaine à l’étranger et à l’intérêt d’approfondir les liens avec ceux qui, depuis d’autres latitudes, souhaitent contribuer au développement de la nation.

🗣| Au cours de ces échanges, nous avons exprimé notre volonté de poursuivre le processus selon les principes de l’égalité et du respect des systèmes politiques des deux pays, de la souveraineté et de l’autodétermination ; en prenant également le critère de réciprocité et dans le respect du droit international. C’est le moment où nous sommes maintenant en rapport avec les pourparlers ou le dialogue avec les États-Unis.

https://youtu.be/cNVjVZwlXSo?si=CUdfAcjmnvYroJmJ  · 

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Les leçons à tirer dans ce pays en ces temps difficiles sont nombreuses

Comparution de Miguel Diaz‑Canel Bermudez, Premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba et président de la République de Cuba, devant la presse nationale, au sujet de la situation nationale et internationale, au Palais de la Révolution, le 13 mars 2026, « Année du centenaire du Commandant en chef Fidel Castro Ruz »

Auteur: Miguel Díaz Canel Bermudez | internet@granma.cu

16 mars 2026 15:03:38

Cuba
Nous avons un peuple qui fait preuve de résistance créative. Photo: Alejandro Azcuy

(Traduction de la version sténographique de la Présidence de la République)

Miguel M. Diaz-Canel. – Bonjour à tous. Je salue tout notre peuple, et tout particulièrement les représentants de la presse, alors que nous sommes à la veille de la Journée de la presse cubaine, un hommage à la fondation par José Marti du journal Patria.

Aujourd’hui, c’est la Journée de la Défense, nous devons participer à plusieurs activités dans le cadre du programme de préparation à la défense qui se déroule avec la participation populaire en ces moments très difficiles que nous traversons. Nous avons donc aujourd’hui un programme d’entraînements et d’exercices chargé, mais nous avions aussi pris l’engagement de continuer à informer la population sur la situation nationale actuelle.

Rappelez-vous que le mois dernier nous avons tenu une conférence de presse au cours de laquelle nous avons abordé les problèmes liés à la situation du pays, et nous nous étions engagés à ce que, de manière systématique et dans différents espaces, nous donnerions des informations à ce sujet.

Au terme de la conférence de presse que j’ai donnée à cette occasion, des compañeros de la direction du gouvernement – vice-premiers ministres et ministres – ont approfondi les informations présentées ce jour-là, et sur cette base s’est construit un ensemble de consensus, d’informations et de clarifications concernant les préoccupations de la population. Environ un mois s’est écoulé depuis ce moment où nous avions concentré notre attention, surtout, sur les mesures et les actions mises en œuvre pour faire face au blocus énergétique et à la pénurie de carburant.

Aujourd’hui, nous pouvons confirmer que depuis plus de trois mois aucun navire chargé de carburant n’est entré dans notre pays, et que nous travaillons dans des conditions très défavorables, qui ont un impact immense sur la vie de tout notre peuple.  C’est donc dans ces conditions, dans cette situation dans laquelle nous travaillons que nous souhaitons offrir des informations, ainsi que les ajustements que nous avons dû apporter aux mesures qui avaient été annoncées à ce moment-là. Ces ajustements sont liés à la prolongation de ce blocus économique, ainsi qu’à la prolongation de ses effets, du fait que nous sommes restés tout ce temps sans carburant. Tel est précisément l’objectif de cette rencontre.

Je tiens également à préciser que ce processus fera l’objet d’un suivi : nous n’allons pas nous limiter à répondre aujourd’hui aux questions que la presse pourra nous poser sur la situation nationale. Au contraire, chacun des aspects que nous aborderons aujourd’hui, au cours de cette intervention, tôt dans la matinée, fera l’objet d’un suivi à partir de lundi prochain dans différents espaces, auquel participeront des vice-premiers ministres, des ministres et d’autres responsables de notre gouvernement, qui apporteront des explications détaillées sur tous les sujets qui constituent une préoccupation, un doute ou une attente de notre population concernant l’actualité nationale. Nous organiserons également, au moment opportun, une nouvelle rencontre comme celle-ci, car comme je vous l’ai déjà dit, nous avons l’intention de les rendre régulières.

Je remercie infiniment la présence à cette rencontre des compañeras et compañeros des différents médias. Je pense que nous pouvons passer à la séance de questions.

Arleen Rodriguez. – Bonjour, Président, et bonjour à toutes les personnes présentes.

Je crois que nous pouvons commencer. Legañoa avait demandé la parole en premier.

C’est à vous président de Prensa Latina.

Jorge Legañoa. – Bonjour, Président. Merci encore pour cet échange avec la presse. Nous venons de voir, il y a quelques minutes, à la Télévision cubaine, une intervention de votre part qui amène la question que je souhaitais poser au sujet des conversations avec le gouvernement des États-Unis, dans laquelle vous venez d’annoncer qu’une première série d’échanges a commencé. 

Ma question serait la suivante : ces échanges ayant été annoncés, s’il est question d’un processus de dialogue suivi, quels en seraient les thèmes, l’agenda ou la feuille de route, ainsi que les principes sur lesquels s’appuie ce dialogue avec le gouvernement des États-Unis ?

Miguel M. Diaz-Canel. – C’est une question intéressante et d’actualité. Je crois que c’est l’information avec laquelle la population cubaine s’est réveillée aujourd’hui ; elle l’a reçue dans un premier temps, et nous continuerons à apporter des précisions à son propos. Mais c’est important, tout d’abord – et Jorge Legañoa a été l’un de ceux qui ont parlé de ce sujet de manière systématique – parce que nous donnons des informations sur le moment précis où nous en sommes dans ce processus. Il y a eu également beaucoup de spéculations et, comme cela a toujours été la pratique de la direction de la Révolution, nous n’avons pas à répondre aux campagnes qui cherchent à manipuler ou à spéculer ; nous informons toujours du moment précis où nous en sommes.

Ce sont des processus qui se déroulent avec beaucoup de discrétion, des processus longs qui doivent d’abord commencer par l’établissement de contacts, qu’il y ait des possibilités de créer des canaux de dialogue et l’existence d’une volonté de dialogue. Tout cela demande du temps. Et c’est à partir de là que se construisent des agendas, que commencent les négociations, les conversations et, que l’on arrive à des accords. Une étape dont nous sommes encore éloignés, car nous nous trouvons dans les phases initiales de ce processus.

Je pense que la réponse à Legañoa se trouve précisément dans ce que nous avons expliqué hier lors d’une réunion qui s’est tenue en présence du Bureau politique, du Secrétariat et du Comité exécutif du Conseil des ministres, au cours de laquelle nous avons évalué l’état actuel des relations entre Cuba et les États-Unis, et où, comme conclusion, j’ai informé de ce qui a été publié aujourd’hui dans la presse, et c’est là que se trouvent les réponses aux éléments soulevés par Legañoa.

Par conséquent, je vais réaffirmer que, conformément à la politique constante que la Révolution cubaine a toujours défendue, sous la direction du général d’armée Raul Castro en tant que leader de notre Révolution, ainsi que sous ma responsabilité, et de manière collégiale avec les principales instances du Parti, du gouvernement et de l’État cubains, des responsables cubains ont récemment tenu des conversations avec des représentants du gouvernement des États-Unis afin de rechercher, par la voie du dialogue, la solution possible aux différends bilatéraux existant entre nos deux nations.

Ces échanges ont été facilités par des acteurs internationaux – et je voudrais m’arrêter un instant sur ce point. Chaque fois que nous nous sommes trouvés dans des situations tendues dans les relations avec les États-Unis, des efforts sont apparus pour ouvrir des canaux de dialogue et de conversation. Ce n’est pas la première fois que Cuba engage ce type de discussions. Je pense que l’exemple le plus récent a été la manière dont le général d’armée Raul Castro a conduit les conversations avec le président Barack Obama, à une époque très récente, et nous en connaissons tous les résultats. Cette fois encore, un groupe d’acteurs internationaux a favorisé le développement de ces échanges.

Quels sont les objectifs que nous poursuivons avec ces conversations, les objectifs que nous nous sommes fixés ?

Premièrement, déterminer quels sont les problèmes bilatéraux qui exigent une solution ; deuxièmement, quelles seraient les voies permettant de résoudre ces problèmes et troisièmement, déterminer s’il existe, de part et d’autre, une volonté de concrétiser des actions au bénéfice de nos peuples. Cela implique de trouver des domaines de coopération grâce auxquels nous pourrons faire face aux menaces et garantir la sécurité et la paix des deux pays, et en outre, la sécurité et la paix dans notre région.

Comme je l’ai expliqué précédemment, cela n’a jamais été – et ne sera jamais – une pratique de la Révolution de répondre aux campagnes spéculatives. Il s’agit d’un processus très sensible, que nous abordons avec la discrétion nécessaire à chaque étape, avec responsabilité et un grand sérieux, car il s’agit d’un problème qui affecte les relations bilatérales et requiert un effort considérable, acharné et tenace, pour progresser vers des solutions. Pour cela, nous devons également construire des espaces de compréhension mutuelle qui nous permettront d’avancer dans ce processus et, en même temps, de nous éloigner de la confrontation.

Dans ces échanges, nous avons exprimé notre volonté de poursuivre le processus selon les principes d’égalité et de respect des systèmes politiques des deux pays, de la souveraineté et de l’autodétermination ; en appliquant également le principe de réciprocité et dans le respect du droit international. Voilà où nous en sommes actuellement concernant les conversations ou le dialogue avec les États-Unis.

Les parcs photovoltaïques produisent entre 49 % et 51 % de l’énergie pendant la journée. Photo: Ricardo López Hevia

Arleen Rodriguez. – Randy Alonso, de IDEAS Multimedios,

Mes salutations, Président.

Outre cette nouvelle qui, bien sûr, fait déjà les gros titres depuis que l’information a été publiée il y a quelques minutes, il y a aussi des questions nationales qui intéressent également notre peuple, et je crois que la plus urgente, la plus pressante, concerne la situation énergétique. Ces jours-ci, en effet, les durées de coupures d’électricité ont augmenté et nous avons dû faire face à de nombreuses situations d’urgence.

Quels effets pratiques cela a-t-il dans le pays ? Vous disiez que cela fait trois mois qu’aucun combustible n’est entré dans le pays. Quels effets concrets la décision des États-Unis de renforcer le blocus énergétique a-t-elle sur notre économie et sur notre société ? Comment y fait-on face ? Quelles sont les alternatives nationales dont nous disposons pour atténuer d’une certaine manière l’augmentation des coupures d’électricité et leurs effets pratiques sur toute la société cubaine en ce moment ?

Miguel Diaz-Canel. – Indéniablement, Randy, je dirais que c’est le sujet qui provoque aujourd’hui le plus d’inconfort et de mécontentement dans notre peuple en ce moment. Et cela est lié, j’insiste, au blocus énergétique et au durcissement de la situation énergétique provoqué par ce blocus. C’est une situation à laquelle nous nous préparions depuis un certain temps et, à ce sujet, nous avons déjà expliqué tout un ensemble de propositions, d’actions et de mesures que nous mettons en œuvre actuellement.

Mais parlons de ce qui a changé, par exemple, entre le moment où j’ai expliqué cette situation lors de la précédente conférence de presse et aujourd’hui, car, comme vous l’avez bien précisé, elle s’est aggravée, notamment au cours des deux dernières semaines.

Tout d’abord, depuis trois mois, aucun combustible n’est entré dans le pays. En  conséquence, nous produisons de l’électricité pendant la journée avec notre pétrole national, dans nos centrales thermoélectriques, ainsi qu’avec l’apport des sources d’énergie renouvelable, qui est considérable et qui, comme nous l’avons déjà indiqué, a représenté entre 49 % et 51 % de la production pendant la journée, selon l’ensoleillement, et selon également un autre élément que je dois expliquer : la manière dont nous pouvons, dans la situation actuelle d’instabilité du système électroénergétique national, gérer cette énergie produite par les parcs photovoltaïques afin de réguler les fréquences et éviter les coupures générales d’électricité – un élément nouveau apparu au cours des deux dernières semaines et que j’expliquerai plus tard. Nous avons également Energas, qui utilise le gaz associé à l’extraction de notre pétrole national. La nuit, en revanche, nous ne produisons de l’électricité qu’avec les centrales thermoélectriques et Energas.

À cela s’ajoute que jusqu’à la semaine dernière, nous disposions encore de certaines réserves de fioul et de diesel, que nous utilisions dans deux installations fondamentales pour le système électroénergétique national : les moteurs de production décentralisée qui se trouvent à Moa et un système de moteurs situé à Mariel. Après trois mois sans entrée de carburant, ces réserves de diesel et de fioul s’épuisent, si bien qu’un nombre considérable de mégawatts que nous utilisions pour produire de l’électricité – surtout pendant les heures de pointe et la nuit – sortent de ce système de production, ce qui le place dans une situation d’extrême instabilité.

Imaginez-vous qu’en janvier et février, nous avions réussi à maintenir des niveaux de coupures d’électricité qui ne dépassaient pas ceux de décembre. Nous avions contrôlé la situation de manière relativement efficace grâce aux stratégies que nous avions mises en place, ce qui ne signifie pas qu’il n’y avait pas de coupures. Certes, il y en avait, et parfois des coupures prolongées, mais pas dans les proportions que nous connaissons ces derniers jours. À l’arrêt de ces deux installations de production décentralisée – les seules que nous avions pu utiliser jusqu’alors – la situation s’est aggravée.

Rappelez-vous que nous avons récupéré et que nous disposons encore de plus de 1 400 mégawatts de production décentralisée, que nous n’avons pas pu utiliser pendant tout ce temps faute de carburant, conséquence de ce blocus énergétique. Si nous disposions de combustible, nous aurions 1 400 mégawatts supplémentaires de production durant la nuit, ce qui nous permettrait de réduire la période de pointe de consommation. Autrement dit, pendant cette période, il y aurait encore un déficit de 500, 600 ou 700 mégawatts, mais nous pourrions couvrir les nuits jusqu’au petit matin, et les conséquences seraient beaucoup moins importantes qu’elles ne le sont actuellement.

Avec l’arrêt de ces deux centrales de production décentralisée, le système est devenu très instable, et lorsque la centrale Antonio Guiteras s’est arrêtée brutalement, les oscillations provoquées par cet arrêt ont entraîné une coupure générale d’électricité. Pour pouvoir relancer le système après cette coupure, il faut du carburant dans les groupes des « îles » (électriques) afin d’envoyer certains signaux permettant de démarrer les centrales thermoélectriques, de les synchroniser, et même de synchroniser les parcs photovoltaïques. Cela se fait déjà grâce aux réserves minimales de combustible que nous avions dans ces installations, prévues précisément pour ce type de situation.

Nous avons surmonté l’effondrement du Système, la centrale Antonio Guiteras a été remise en service. Mais comme le système reste instable, notamment en raison des variations de fréquence, d’autres incidents peuvent se produire. Par exemple, ces jours-ci à La Havane, une sous-station s’est déclenchée et a provoqué l’arrêt simultané de plusieurs circuits. Quand cela arrive, les gens nous critiquent en disant : « Pourquoi n’êtes-vous pas capables de mieux répartir les coupures ? » Non, ce qui se passe, c’est que les coupures d’électricité augmentent à cause de situations qui n’étaient pas prévues et atteignent une ampleur telle qu’à ce moment-là, il devient très difficile d’intervenir, car chaque fois qu’il y a une commutation, il existe aussi le risque de provoquer des oscillations. Et c’est au milieu de toute cette accumulation d’adversités et de complexité que cette situation évolue et que se prennent des décisions concernant la situation électrique.

Les travailleurs du secteur électrique travaillent sans relâche face aux situations d’urgence. Photo: José Manuel Correa

Dans une situation d’instabilité comme celle-ci, nous ne pouvons pas profiter pendant la journée, y compris, de toute la puissance ou de toute l’énergie que produisent les parcs photovoltaïques, car il faut réguler la fréquence du système électroénergétique national en connectant plus ou moins les parcs photovoltaïques, afin d’éviter qu’une autre panne générale, ne se produise. Voilà pourquoi le déficit actuel est différent de celui que nous avions et que nous gérions à un autre moment.

L’impact est énorme. Il se manifeste de manière particulièrement brutale dans la question de l’énergie. Nous avons eu des circuits dans certaines municipalités, car ce n’est pas seulement le problème à La Havane, mais aussi dans les provinces, où des localités ont subi plus de 30 heures de coupure d’électricité. Cela provoque une grande irritabilité, un fort mécontentement et une énorme angoisse dans la population, parce qu’en plus cela affecte tout le reste. Cela a un impact direct sur l’approvisionnement en eau, sur le pompage de l’eau ; ce sont deux éléments essentiels dans un logement, dans une famille, dans la vie d’une famille, qui sont frappés en même temps.

Mais cela affecte aussi la vitalité de la production, ainsi que la capacité à fournir des services à la population ; cela affecte les communications, parce que les stations radio de télécommunication se retrouvent elles aussi sans énergie ; cela affecte les services médicaux, l’éducation et les transports. Ainsi, on peut voir comment cette situation a un impact transversal sur toutes les activités quotidiennes des Cubaines et des Cubains.

Je peux vous assurer qu’ici nous ne coupons pas l’électricité dans l’intention de contrarier qui que ce soit ; au contraire, nous faisons l’impossible. Personne ne peut imaginer,  je suis incapable de le décrire – je ne peux le dire que du point de vue  des sentiments et du respect – je n’ai pas de mots pour décrire les efforts que fournissent nos travailleurs de l’Union Électrique. Ce sont des titans. Ils font ces efforts en surmontant l’adversité, alors même qu’ils ont des problèmes chez eux, dans leurs familles. Et souvent, lorsqu’il y a 30 ou 40 heures de coupure dans leur communauté et que leurs familles sont elles-mêmes affectées, ils travaillent depuis plus de 40 heures sans repos dans une centrale thermique, dans un parc photovoltaïque ou à chercher des solutions à un problème.

C’est pourquoi, et je ne remets pas cela en cause en prétendant ne pas comprendre ce mécontentement, mais par contre, je regrette que certaines personnes, au milieu de ce mécontentement, – dont nous reconnaissons la légitimité – choisissent d’insulter la Révolution, d’insulter le gouvernement ou d’insulter le Système électrique, car la faute n’incombe ni au gouvernement, ni à la Révolution, ni à notre système électro-énergétique national. La Révolution, le gouvernement et les  travailleurs font des efforts pour surmonter l’impossible ! La responsabilité incombe au blocus énergétique qui nous a été imposé !

J’aimerais savoir quelles seraient les capacités d’autres pays, dans un contexte de blocus énergétique comme celui-ci, qui dure déjà depuis plus de trois mois, pour maintenir les niveaux de production électrique comme nous avons pu les maintenir. Cela n’a été possible que grâce à une utilisation très rationnelle, et je dirais même créative et innovante, du pétrole national, ce qui ouvre de nouvelles perspectives. Par ailleurs, grâce à tous les investissements que le pays a réalisés, au prix d’un effort extraordinaire, en pleine période de blocus renforcé, et qui entraînent une transformation visible de la matrice énergétique. Car, comme je l’ai expliqué la dernière fois, si nous n’avions pas disposé de ces 1 000 mégawatts d’énergie photovoltaïque en cette période, que se passerait-il au quotidien ? Nous passerions d’une panne d’électricité à l’autre, et les répercussions seraient bien plus graves. Telles sont les raisons qui expliquent la différence par rapport à ce qui s’est passé ces dernières semaines.

Au milieu de cette situation complexe, le gouvernement se préoccupe constamment des patients en dialyse. Photo: Anaisis Hidalgo Rodriguez

Nous parlons de cette réalité, nous parlons de cette complexité,  mais je veux aussi parler de ce que nous faisons et des perspectives qui s’éclaircissent, tout en sachant que tout n’a pas de solution immédiate, mais que des solutions existent. En réalité, des solutions existent déjà, mais l’ampleur du problème est telle que leur impact n’est pas toujours visible pleinement, et je vais vous apporter quelques informations.

Je veux m’arrêter sur un sujet pour vous montrer la perversité de ce blocus énergétique. À l’heure actuelle, dans le pays, des dizaines de milliers de personnes attendent une opération chirurgicale qui ne peut avoir lieu faute d’électricité. Il y a quelques jours, le ministre de la Santé publique a fourni des données très pertinentes. Parmi ces dizaines de milliers de patients, un nombre important d’enfants attend une intervention chirurgicale, en raison des effets que ce blocus énergétique exerce sur notre système de santé. Et pourtant, le pays continue de fonctionner, le pays est organisé.

Un État en faillite ? Un État en faillite qui ferait face à toutes ces situations et qui cherche à résoudre les problèmes, et en plus à avancer ? Je ne me souviens plus si c’était hier ou peut-être avant-hier qu’un article de la journaliste Susana Tesoro, publié dans Cubadebate, reconnaissait cette complexité et parlait aussi des choses belles qui se passent chaque jour dans ce pays : les enfants allant à l’école, la manière dont un patient atteint d’une maladie complexe est pris en charge dans un hôpital.

Nous assurons un suivi mensuel des provinces, et nous procédons maintenant à la deuxième évaluation, en analysant ce qui s’est passé dans les provinces et comment elles ont développé leurs stratégies jusqu’à fin février.

Compañeros, il s’agit des solutions trouvées, de la manière dont la vie s’organise : pour le pain, pour offrir des services de restauration à la population ; la manière dont, malgré toutes ces limitations, le travail agricole est organisé pour produire plus d’aliments ; la manière dont le transport du personnel de santé est mis en place ; la façon dont l’année scolaire se déroule, tant dans l’enseignement général que dans l’enseignement supérieur ; et comme le disait Susana : « en fin de semaine, je vais à un spectacle culturel du plus haut niveau dans mon pays ».

Telles sont nos réalités, ce sont aussi des expressions de la résistance créative de notre peuple, laquelle nous maintient unis. Et c’est dans cette unité que se trouve également un potentiel énorme pour faire face à cette situation.

Je vais donc parler des réalisations. Et regardez bien les réalisations dans ce que je vais expliquer et dans les données que je vais fournir – je ne veux pas vous ennuyer –, mais ce sont des données qui montrent surtout la continuité de ce que nous avions déjà expliqué, et qui sont pratiquement les résultats d’un seul mois. Autrement dit, si en un mois nous avons avancé autant, imaginez combien nous pourrons avancer dans les mois à venir. Permettez-moi maintenant de vous présenter quelques données.

L’exploitation de nouveaux puits visant à accroître la production nationale de pétrole et de gaz associé augmente. Au cours des deux premiers mois de l’année, les plans de production de pétrole et de gaz associé ont été dépassés. Grâce à cela, nous avons stoppé une tendance qui se manifestait dans le pays, car nous avions terminé l’année 2025 avec une production inférieure, sans avoir respecté les plans de production de pétrole et de gaz national. C’est très important : souvenez-vous que l’un des axes de notre politique énergétique est que nous devons savoir vivre de nos propres ressources, et l’une de ces ressources est ce pétrole national et ce gaz associé.

Avec l’augmentation du pétrole national, nous disposerons de davantage de pétrole pour alimenter nos centrales thermiques. C’est important, car dans le cadre de la récupération des capacités thermoélectriques, peut-être aujourd’hui ou en fin de semaine, une nouvelle centrale thermique sera mise en service : il s’agit de l’une des unités de la centrale Carlos Manuel de Céspedes, à Cienfuegos, qui ajoute plus d’une centaine de mégawatts. Mais il ne s’agit pas seulement de récupérer la centrale, il faut avoir du pétrole national pour qu’elle fonctionne.

Ainsi, toutes ces augmentations nous permettent, dans la mesure où nous récupérons des capacités, de disposer de combustible pour la production d’électricité. Avec le gaz associé – je donnerai un chiffre plus tard – souvenez-vous que nous nous étions engagés à desservir 20 000 consommateurs supplémentaires en gaz manufacturé dans la ville de La Havane. Cette mesure est désormais en application, et un ensemble  de nouveaux services a été mis en place en un mois.

Quatre réservoirs ont déjà été construits à la Base de réservoirs de grande capacité. Après l’incendie, cette base était dans un état de détérioration totale, et nous avons besoin de réservoirs pour stocker le combustible.

Depuis le début de l’année, 185 mégawatts de génération thermique ont été récupérés. Comme je l’ai déjà dit, les parcs photovoltaïques produisent entre 49 et 51 % de l’énergie pendant la journée.

En un seul mois, 529 nouveaux clients de gaz manufacturé ont été raccordés à La Havane, sur les 20 000 prévus. Il ne s’agit pas simplement d’ouvrir un robinet : il faut installer les conduites, creuser des tranchées et effectuer toutes les connexions pour fournir le gaz à un logement.

Nous avons également réussi à transformer presque toutes les boulangeries qui pouvaient changer leur type d’énergie pour la cuisson ; plus de 715 boulangeries cuisent maintenant au bois ou au charbon.

955 systèmes photovoltaïques ont été installés dans des logements isolés et des centres sociaux, donnant de la vitalité aux activités de services à la population dans les municipalités. Par exemple, lors de l’analyse faite hier avec certaines provinces, plusieurs de leurs polycliniques fonctionnent déjà avec des sources photovoltaïques, ainsi que des institutions sociales, des maternités ; mais c’est désormais une réalité : 955 installations, en plus de logements isolés bénéficiant également de ce service.

Cela concerne donc des polycliniques, des maternités, des maisons de retraite, des maisons isolées, des distributeurs automatiques, des stations d’Etecsa pour soutenir les communications, les funérariums et autres centres ; 120 enfants atteints de maladies nécessitant une climatisation constante à domicile disposent désormais de modules photovoltaïques garantissant ce service 24 heures sur 24. Actuellement, le ministère de la Santé publique réalise une nouvelle enquête pour étendre ce service à d’autres familles.

Souvenez-vous que nous avions parlé d’un groupe de travailleurs méritants, principalement dans les secteurs de la santé et de l’éducation, chez qui 10 000 modules devaient être installés. Eh bien, 10 034 modules sont déjà installés, et ces personnes bénéficient désormais de ce service.

Dans les prochaines semaines, de nouvelles capacités de parcs photovoltaïques seront intégrées. Nous avons terminé un niveau de parcs photovoltaïques en attente de l’assistance technique des fournisseurs, et dès que cette assistance technique aura validé leur fonctionnement, ils seront synchronisés avec le système électroénergétique national.

Dans ce contexte, je tiens à souligner ce qui suit : il existe un projet qui n’est pas un parc photovoltaïque, mais qui prévoit l’installation de stations de batteries afin d’atteindre une capacité de stockage de 50 mégawatts ; un stockage qui sert à réguler la fréquence. En d’autres termes, ces stations de batteries contribueront à ce que nous devons aujourd’hui réaliser au moyen des parcs photovoltaïques ; nous pourrons donc mieux les exploiter et le système électrique national sera plus stable.

Huit des seize conteneurs qui complètent ce projet sont déjà en cours de charge électrique. Ainsi, les premiers 25 mégawatts de stockage par batterie pour réguler la fréquence seront disponibles dans les prochains jours, et nous travaillons sur les huit autres en vue d’atteindre les 50 mégawatts, ce qui permettra de réguler la fréquence et d’éviter les coupures éventuelles du réseau électroénergétique national.

Bientôt, quatre nouveaux parcs photovoltaïques de 21 mégawatts chacun seront connectés, ce qui représente environ 85 mégawatts. Il y a également trois parcs photovoltaïques d’un total de quinze mégawatts, qui fourniront ensemble environ 85 mégawatts ;  les trois premiers parcs de ce projet seront terminés prochainement, ce qui ajoutera 15 mégawatts supplémentaires. Autrement dit, avant la fin du mois de mars, nous intégrerons plus de 100 mégawatts au système électroénergétique national grâce aux sources photovoltaïques.

Un ensemble de mesures différenciées a été mis en place afin de stimuler les investissements dans les énergies renouvelables, tant dans le secteur résidentiel que dans le domaine des projets d’entreprise. Ces actions ou mesures prises s’articulent autour de trois axes fondamentaux : le premier concerne les droits de douane, c’est-à-dire que toutes ces importations sont exemptées de droits ; le deuxième consiste à appliquer un tarif préférentiel pour le paiement au réseau électrique national, permettant ainsi, une fois ces capacités installées, en plus de ce qu’il consomme, il peut produire et injecter dans le réseau électrique national, ou à toute personne qui réalise un investissement pour produire de l’électricité destinée au réseau électrique national ; le troisième domaine concerne un ensemble de taxes et d’impôts qui prévoient un traitement différencié pour les personnes qui importent, installent ou fournissent des services liés à ces sources d’énergie renouvelables.

D’après un recensement partiel, qui évolue quotidiennement, 2 247 entreprises privées disposent déjà de systèmes photovoltaïques pour leurs activités commerciales ; plus de 900 entreprises étatiques disposent de systèmes photovoltaïques pour leurs activités ; 6 765 logements sont connectés au réseau grâce aux systèmes photovoltaïques ; 636 installations de pompage solaire desservent la population, principalement pour les conduites d’eau dans les communautés ; 462 pompages solaires sont utilisés pour l’irrigation agricole. Parallèlement, des investissements sont réalisés dans les secteurs de l’hydroélectricité et de l’énergie éolienne ; d’ici la fin de l’année, nous disposerons certainement d’un nouveau parc éolien à La Herradura, dans la province de Las Tunas ; nous allons également remettre en service des capacités éoliennes dans les parcs de Gibara et raccorder de nouvelles centrales hydroélectriques.

Dans le domaine des transports électriques, nous encourageons la mobilité électrique et la création de stations de recharge. Le pays compte déjà plus de 2 665 véhicules électriques ; il y a plus de 21 600 motos électriques, dont beaucoup, appartenant à des particuliers, ont été mises à la disposition de la population auprès des collectivités locales dans plusieurs provinces ; il existe déjà plus de 42 stations de recharge pour ce parc automobile, et nous proposons que chaque parc automobile fonctionnant à l’électricité ne soit pas connecté au réseau électrique national pour se recharger, mais qu’il ait la possibilité de se rendre dans une station de recharge fonctionnant à l’énergie solaire et ne représenterait donc pas une charge supplémentaire pour le réseau électrique.

Je veux souligner que plusieurs membres du Bureau politique, le Premier ministre Manuel Marrero, le membre du Bureau politique Roberto Morales Ojeda, nos ministres des Forces armées révolutionnaires et du ministère de l’Intérieur, notre ministre des Relations extérieures, ainsi qu’un groupe de compañeros, les vice-Premiers ministres et de membres du Comité exécutif du Conseil des ministres, participent à cette rencontre. Ceux sont eux qui donneront des explications et assureront le suivi de tous ces sujets la semaine prochaine, accompagnés d’un groupe de ministres.

Marrero m’a fait part hier d’une information, que je ne vais pas révéler dans son intégralité. Par exemple, nous avons réalisé un investissement pour 400 voitures électriques, dont les cent premières environ arriveront dans les prochains jours ; nous allons les affecter au transport des patients sous hémodialyse dans tout le pays, Ainsi, un service aussi sensible pour la population que l’hémodialyse serait indépendant des combustibles fossiles. Bien entendu, ces véhicules électriques qui seront utilisés pour ces services auront également du temps disponible pour aider d’autres services de santé.

Maintenant que j’aborde ces questions, qui concernent la sensibilité du gouvernement face aux problèmes de la population, je m’interroge : quelle étrange dictature que la nôtre, qui, au milieu de cette situation, se préoccupe de trouver une solution pour les patients sous hémodialyse, afin que les polycliniques, les services de base destinés à la population aient une solution ?

150 tricycles électriques et 15 minibus pour le transport de passagers seront mis en circulation, auxquels s’ajoutent 34 fourgons électriques pour le transport de marchandises.

Vous savez que ces derniers mois ce type de moyens de transport a été progressivement mis en service dans plusieurs provinces. Mais je tiens à souligner une chose : il s’agit d’équipements dont nous achetons les composants, mais que nous assemblons dans le pays ; c’est là notre contribution aux services destinés à la population, mais c’est aussi un développement de notre industrie, si bien qu’à mesure que nous progresserons, nous intégrerons davantage de composants de fabrication nationale et moins de composants importés, ce qui nous ouvre de nouvelles possibilités. Il existe en outre des designs cubains, auxquels l’industrie militaire contribue, de même que le ministère des Industries.

En résumé, sans vouloir vous submerger de données supplémentaires, je confirme que nous travaillons sur plusieurs fronts pour faire face à la situation énergétique et apporter une solution au contexte complexe que nous traversons. Tous ces fronts nécessitent des investissements financiers qu’il faut réaliser malgré la complexité de la situation ; il faut donc également évaluer ce qui peut entrer dans le pays, où l’installer et de quelle manière ; mais tout cela, comme je l’ai expliqué, si l’on considère ce qui a été accompli en un mois, montre que nous avons travaillé de manière accélérée et prioritaire et, bien que la situation soit complexe et ne puisse pas se résoudre d’un seul coup, elle s’améliorera progressivement.

Je tiens à rappeler que nous n’avons jamais renoncé à notre droit souverain de nous approvisionner en pétrole par voie d’importation pour répondre aux besoins de Cuba.  Malgré tout ce que nous sommes en train de mettre en place, nous avons besoin de pétrole pour insuffler davantage de dynamisme à tous les processus de la vie nationale.

Arleen Rodriguez. – Joel Garcia, directeur du journal Trabajadores.

Joel Garcia. – Bonjour, Président.

Miguel M. Díaz-Canel. –J’ai prévu une visite dans votre média.

Joel Garcia. –En effet, nous vous y attendonsMa question concerne surtout le profil spécifique de notre journal. Vous avez expliqué toute la situation énergétique et de carburant, mais de nombreux centres et entreprises ont été paralysés, certains ont même réduit leur personnel. Bien que la législation cubaine protège les travailleurs, ma question est : que pourraient faire de plus les directeurs et les entrepreneurs pour éviter des interruptions massives de travail à l’avenir, sachant que la situation pourrait rester tendue ?

Miguel M. Diaz-Canel. –Je vais compléter la réponse à votre question, car l’un de vos objectifs éditoriaux consiste également à déterminer quel rôle les syndicats doivent jouer actuellement pour soutenir tout ce que vous évoquez dans ta question.

Une fois de plus, je le répète, mais c’est notre réalité, nous revenons aux répercussions du blocus énergétique et de son impact sur la vie productive et sur l’offre de services pour notre peuple.

L’activité productive a diminué ; sans énergie, aucun pays ne peut produire à son niveau habituel ; les possibilités en matière de services sont également réduites, ce qui a nécessité des ajustements sur le plan de l’emploi. Il y a des changements d’emploi, des interruptions de travail à certains niveaux, des redéploiements de personnel, et tout cela a des répercussions sur l’emploi et les salaires d’une grande partie de nos travailleurs et de nos familles.

Un principe que nous devons tous partager, qu’il s’agisse de la gestion du gouvernement, de l’activité politique du Parti, de l’activité syndicale ou de l’activité administrative, c’est que nous cherchons avant tout à défendre la protection de l’emploi et la protection salariale de nos travailleurs. Et je continue d’insister, j’ai partagé cette idée avec les compañeros du mouvement ouvrier, ainsi qu’avec les camarades de la direction du Parti et du gouvernement et avec les provinces, pour que, plutôt que de recourir à l’interruption, nous essayions de nous adapter et recherchions une réaffectation ou un changement de poste, car il y a beaucoup à faire.

Par exemple, il y a beaucoup à faire au sein des communautés, où certains processus doivent être pris en charge et nécessitent des solutions plus poussées ; pour cela, il faut que cette main-d’œuvre passe moins de temps dans le cadre de travail habituel – c’est-à-dire leurs usines et leurs entreprises – et consacre davantage de temps aux communautés. Avec eux, nous pourrions organiser des projets communautaires ou faire avancer ceux qui existent déjà ; nous pouvons renforcer le système productif local, notamment la production alimentaire au niveau des communautés, la prise en charge des personnes vulnérables, la collecte des déchets solides ; des projets créatifs adaptés à la population, grâce au personnel qualifié qui dispose d’une formation, disons, pédagogique et méthodologique, et dont les connaissances permettent de soutenir les processus éducatifs qui sont aujourd’hui centrés sur la communauté, la municipalité et les centres municipaux d’enseignement supérieur : nous pouvons faire beaucoup.

Et il est préférable que tous, même si nous devons être réaffectés, même si nous devons changer de travail, nous continuions à apporter notre contribution, que nous ne nous démobilisions pas, que nous n’attendions pas que d’autres fassent ce que nous pouvons faire nous-mêmes, mais que nous participions et que nous apportions notre contribution.

Notre législation du travail prévoit un ensemble de mesures spéciales. Par exemple, pour les unités budgétisées, durant le premier mois, le travailleur qui n’a pas été réaffecté reçoit 100 % de son salaire, et à partir du deuxième mois, 60 %. Cette mesure est assumée, après approbation du Conseil des ministres sur demande et analyse du ministère du Travail et de la Sécurité sociale, mais ces démarches se réalisent rapidement. Le budget de l’État prend en charge cette protection, qui peut être appliquée par toutes les entités budgétisées.

Par contre, dans le secteur des entreprises, nous disposons de trois sources qui peuvent contribuer à cela, lesquelles, je crois, ne sont pas toujours utilisées, peut-être parce qu’elles ne sont pas parfaitement maîtrisées. Pourtant, ce sont des sources que nous avons utilisées pendant la COVID-19. L’une d’elles est constituée par les réserves pour contingences que créent les entreprises et qui peuvent être utilisées dans ce type de situation. Une autre source est celle des réserves non utilisées, c’est-à-dire des réserves constituées par les entreprises à partir de leurs bénéfices, des ressources qu’elles ont générées grâce à leurs propres profits et qui peuvent également être employées à cette fin. Enfin, la troisième source correspond aux fonds de compensation qui existent dans ces entreprises.

Je crois que si nous articulons ce que peut apporter le budget de l’État avec ces trois modalités que possèdent les entreprises, nous pourrons garantir un traitement équitable et approprié, tant sur le plan professionnel que sur le plan salarial, pour les travailleurs dans les conditions actuelles.

Je dirais donc, dans le même esprit, puisque nos travailleurs passent aujourd’hui davantage de temps dans d’autres espaces de travail qui ne sont plus les cadres traditionnels, que le syndicat doit mettre à jour sa fonction. Aujourd’hui, plus qu’à l’usine, le syndicat doit être présent dans ces espaces où les travailleurs ont été réaffectés. Il doit y être pour accompagner et défendre leurs conditions de travail et de rémunération, avec une véritable volonté de trouver des solutions là où les travailleurs seront désormais le plus présents.

J’insiste beaucoup sur l’espace communautaire. Si nous savons tirer parti de cette masse de travailleurs, qui de plus sont des voisins entre lesquels existent une empathie et la possibilité de résoudre les problèmes que nous avons au niveau local, dans la communauté et dans la municipalité, je crois que nous pouvons accomplir un saut important dans tout un ensemble d’activités, même dans la situation très complexe que nous traversons. Ainsi, personne ne serait à l’arrêt, sans travailler, personne qui n’apporterait pas sa contribution à notre société. Cette participation, cette capacité d’adaptation créent l’unité, et c’est dans l’unité que réside la raison de toutes nos victoires, de tout ce que nous pouvons accomplir dans tout ce que nous entreprenons. Mais cela exige une analyse approfondie, une analyse engagée et responsable des directeurs des entités budgétisées, de ceux qui dirigent les entreprises, et aussi du mouvement syndical.

Les étudiants, dans leurs communautés, accomplissent un travail important. Photo: Alejandro Rodríguez

Arleen Rodriguez. – Raciel Guanche, du journal Juventud Rebelde.

Raciel Guanche. – Salutations,  Président.

Les universités cubaines, dans ce contexte, ont elles aussi dû se transformer afin de mener à bien leur processus d’enseignement. Cependant, certains étudiants ont exprimé des préoccupations concernant l’achèvement du semestre universitaire.

Ma question concrète est la suivante : ce sujet a-t-il été évalué par la direction du pays et que pense-t-on faire à partir de maintenant ?

Miguel M. Díaz-Canel. – C’est un sujet qui a été très présent ces derniers jours sur les réseaux sociaux.

Je reviens une fois de plus aux causes des problèmes : l’impact du blocus énergétique sur notre système éducatif, tant dans l’enseignement général que dans l’enseignement supérieur.

Comment peut fonctionner un établissement scolaire, une université avec des coupures d’électricité, sans carburant pour le transport des professeurs et des étudiants, avec un déficit de nourriture, sans pouvoir déployer toutes les potentialités que l’usage des technologies de l’information nous offre dans les processus d’enseignement-apprentissage ?

Tout cela est affecté par ce blocus énergétique.

Maintenant, qu’allons-nous faire ? Abandonner, suspendre l’année scolaire, ne proposer aucune alternative, n’apporter aucune solution ? Eh bien, je pense que, de manière très créative, tant le ministère de l’Éducation que le ministère de l’Enseignement supérieur ont pris une série de mesures lorsque le Premier ministre Manuel Marrero a appelé le gouvernement à mettre en place un ensemble d’actions pour faire face, dès le premier mois, à toutes les contraintes que nous allions rencontrer en raison des pénuries de carburant, et qu’il a fallu réorienter la conception des programmes d’enseignement, tant dans l’enseignement général que dans l’enseignement supérieur.

Cela dépend beaucoup de la manière dont les étudiants s’intègrent dans la communauté, de la manière dont le cours se poursuit au sein de la communauté ; ce n’est pas seulement le rôle des étudiants, ni seulement leur sacrifice et leurs efforts ; cela dépend aussi beaucoup des enseignants, car les enseignants doivent alors se rendre davantage dans la communauté, s’occuper plus directement de l’étudiant, ce qui transforme la relation enseignant-étudiant qui existe en salle de classe en un cadre communautaire, celui des centres de production de la communauté, celui du CUM (Centre universitaire municipal), ou encore celui des salles de classe ou des installations que la communauté met à la disposition des étudiants, et c’est dans ce sens que nous avons travaillé.

Dans le cas de l’enseignement supérieur, nous avons également eu recours à des formules de semi-présentiel. Ce n’est pas nouveau, puisque nous avons déjà, par exemple, des formations comme les cours destinés aux travailleurs, qui, en temps normal, fonctionnent justement selon des modalités semi-présentielles. Je dirais que l’aspect créatif de l’utilisation de ce semi-présentiel réside dans le fait qu’il a été orienté vers un espace communautaire. Et je relie cela à la réponse donnée à propos des travailleurs : comment, dans ce cadre communautaire, pouvons-nous aussi travailler d’un point de vue éducatif.

Voilà un mois que nous sommes dans cette situation. Tout ne s’est pas déroulé parfaitement : il y a des endroits où cela a mieux fonctionné et d’autres où il y a eu des lacunes, où l’attention directe et efficace n’a pas été suffisante. Cela a suscité des préoccupations chez les professeurs, chez les étudiants et dans les familles cubaines, tant du côté des enseignants que des étudiants.

Qu’a-t-on fait ? Discuter, évaluer, dialoguer, prêter attention aux préoccupations, aux plaintes, aux insatisfactions, et écouter les propositions formulées par les professeurs, les étudiants, mais aussi par les familles. Nous avons insisté davantage sur la nécessité d’identifier les potentialités propres à chaque communauté – car toutes les communautés ne sont pas identiques – afin de pouvoir soutenir ces processus de réorganisation dans chaque municipalité. Dans ce cadre, tant au ministère de l’Éducation qu’au ministère de l’Enseignement supérieur, les mesures et les actions menées par le gouvernement dans le pays ont été mises à jour.

La semaine prochaine, afin d’en dire plus – sans entrer dans les détails organisationnels – la ministre de l’Éducation et le ministre de l’Enseignement supérieur vous donneront des informations lors de prochaines interventions sur les transformations et sur tout ce qu’il a été proposé de rectifier, à la suite des discussions et des débats qui ont eu lieu.

Aujourd’hui, je tiens à affirmer, d’autant plus en cette journée historique pour Cuba qu’est le 13 mars, et compte tenu de ce qu’elle représente pour le mouvement étudiant cubain, pour le mouvement universitaire, qui, à l’époque, en pleine dictature, a grandi en soutenant le Mouvement 26 Juillet et en se rangeant aux côtés des causes du peuple cubain, compte tenu également des actions héroïques accomplies par la Fédération étudiante universitaire et le Directoire étudiant, je crois que le fait de le réaffirmer, à un moment comme celui-ci, signifie que pour la Révolution cubaine et dans notre processus de construction socialiste, l’éducation et l’enseignement supérieur sont des priorités que nous continuerons à considérer comme telles.

Ce sont des moments temporaires que nous impose le blocus énergétique, mais dès que les conditions seront réunies pour surmonter cette situation, nous reviendrons à l’enseignement présentiel, nous retournerons dans les salles de classe, nous reprendrons les cours en nous appuyant sur toute l’expérience éducative de notre système éducatif et de notre système d’enseignement supérieur, qui est d’ailleurs une référence pour l’Amérique latine, les Caraïbes et le monde.

Arleen Rodriguez. – Valia Marquinez, Cubavisión Internacional.

Valia Marquinez.–  Bonjour, Président.

Miguel M. Diaz-Canel. –  Bonjour.

Valia Marquinez. – Dans ce dialogue que vous entretenez aujourd’hui avec la presse, nous aimerions nous concentrer sur un sujet : le rôle des compatriotes à l’étranger. Je crois que, dans ce contexte complexe, ils ont également joué un rôle important.

Ma question concrète est la suivante : quel rôle le gouvernement cubain reconnaît-il à cette communauté, tant en matière de soutien économique à leurs familles qu’en matière de défense d’une vision plus objective de Cuba, face aux campagnes médiatiques et politiques qui cherchent à isoler le pays ? Je vous remercie.

Miguel M. Diaz-Canel. – Question intéressante.

Je vous rappelle que lors de la précédente conférence, lorsque nous avons parlé des transformations que nous devons impulser maintenant dans notre modèle économique et social, nous avons évoqué cette question – celle des relations avec les Cubains résidant à l’étranger – comme l’une des plus importantes et des plus décisives à mettre en œuvre.

Il faut expliquer cela à partir des éléments actuels. Indéniablement, le nombre de Cubains résidant à l’étranger, ou y prolongeant leur séjour, a augmenté et est désormais important. C’est donc à nous, en tant que gouvernement, qu’il incombe de les accueillir, de les écouter, de les prendre en charge et de leur offrir un espace de participation dans le développement économique et social de notre pays, en fonction de leur volonté de le faire, de leur volonté de participer et de leurs possibilités de participation.

Qu’est-ce qui caractérise la majeure partie de cette communauté de Cubains qui résident à l’étranger ou qui y séjournent temporairement ? Eh bien, beaucoup d’entre eux sont des professionnels ou des techniciens ; ils constituent un élément fondamental de la main-d’œuvre qualifiée que la Révolution a formée grâce à notre système éducatif.

Ce sont des personnes qui restent attachées à leurs racines culturelles, à leur identité culturelle et à la nation cubaine ; ce sont des personnes qui entretiennent un lien avec leur patrie. Dans les moments difficiles comme ceux que nous traversons actuellement, et dans d’autres, ils nous ont fait part de leur solidarité, de leur soutien ; ils ont dénoncé les pressions et les politiques qui tentent de condamner notre peuple.

Et le lien avec ces Cubains résidant à l’étranger n’est pas nouveau. Rappelez-vous qu’en 1978, le commandant en chef Fidel a initié un processus de dialogue avec la communauté cubaine résidant à l’étranger. Je l’ai dit à d’autres occasions, et je l’ai rappelé lors de la dernière rencontre à laquelle nous avons participé avec la communauté cubaine à l’étranger, il y a environ deux ans ici à La Havane. Je conserve en mémoire un souvenir de ma jeunesse  : il s’agit de cette rencontre de Fidel avec Los Maceítos, avec la brigade Antonio Maceo, lorsqu’ils sont venus à Cuba, comme le montre un magnifique documentaire, où l’on voit plusieurs moments durant lesquels des dirigeants de la Révolution se sont réunis avec eux. Et il y a ce dernier échange avec Fidel, au moment où ils s’apprêtaient à embarquer, et que Fidel leur a dit : « Avec vous, la Patrie a grandi. » C’est à cela que remonte cette volonté de lien, de dialogue et de participation avec cette communauté résidant à l’étranger.

Au fil des ans, cette initiative a connu des moments marquants, notamment avec les quatre éditions de la conférence « La Nation et l’émigration », dont on a même envisagé de changer le nom, car les participants ne se considèrent pas comme des émigrés, mais comme faisant partie intégrante de la nation.

Il faut dire que les principaux dirigeants de la Révolution, lors des visites de travail effectuées récemment dans différents pays, consacrent toujours un moment à une rencontre avec les Cubains résidant dans ces pays, pour les écouter, partager avec eux ce qu’ils vivent, y compris pour qu’ils puissent formuler leurs propositions et leurs préoccupations.

Au cours de l’année écoulée, l’activité a été intense : sous l’égide du ministère des Relations extérieures et du ministère du Commerce extérieur, qui s’occupent des Cubains résidant à l’étranger, de nombreux liens se sont tissés, et plusieurs rencontres ont eu lieu dans différents pays, par zone et par région du monde, au cours desquelles ils ont fait part de leurs préoccupations, de leurs contraintes et de leurs aspirations ; ils ont formulé des propositions et ont mis en avant ce qu’ils considèrent comme des obstacles qui les empêchent de contribuer davantage à leur pays. Nous avons consigné tout cela et constitué un dossier regroupant l’ensemble de leurs propositions.

Il convient également de souligner que des rencontres sectorielles ont été organisées. Par exemple, lors d’un événement consacré à la pédagogie dans le pays, des Cubains résidant à l’étranger, et appartenant à cette branche y participent en tant que délégués, et une rencontre spécifique est organisée avec eux. De la même manière, à l’occasion d’une rencontre industrielle ou d’une foire commerciale, des réunions sont tenues avec les Cubains appartenant à ces secteurs. Ces échanges nous ont permis de recueillir de nombreuses informations.

Récemment, après le traitement des résultats de toutes ces rencontres, nous avons procédé à une analyse au sein du Bureau politique et du gouvernement du pays, et je crois qu’avec les nouvelles mesures et les actions qui vont être annoncées, la quasi-totalité des propositions formulées par les Cubains résidant à l’étranger sera prise en compte, ce qui facilite la présence et la participation de certains d’entre eux dans le Programme de développement économique et social du pays.

Ces mesures, ces actions et ces réflexions, ainsi que tout ce que nous allons mettre en œuvre, le vice-Premier ministre Oscar [Pérez-Oliva Fraga] qui est également ministre du Commerce extérieur, donnera des explications détaillées lundi lors d’une intervention, tout ce qui a été avancé en matière de prise en charge, en lien avec votre question sur les Cubains résidant à l’étranger. Je crois que nous avons construit une plateforme permettant une participation plus active, moins encombrée par la bureaucratie et les formalités, plus flexible, incluant même des innovations que je ne vais pas dévoiler et qu’Oscar présentera lundi lors de sa comparution.

Oscar, organisez-vous pour lundi, car vous ne pouvez pas me mettre dans l’embarras ; si vous aviez prévu une autre date, fixez la conférence pour lundi.

Arleen Rodriguez. – Norland Rosendo, directeur de l’Agence cubaine de presse.

Norland Rosendo. –Bonjour, Président, et bonjour à tous ceux qui nous accompagnent dans cette conférence de presse.

Malgré le contexte très compliqué visant à isoler notre pays, nous avons récemment reçu une aide solidaire et nous continuons à en recevoir. Nous aimerions savoir quelle est la stratégie du gouvernement cubain pour distribuer ces ressources et quels mécanismes de contrôle sont mis en place pour garantir qu’elles arrivent aux destinataires prévus.

Miguel M. Díaz-Canel. – Nous allons parler de l’actualité, mais aussi des antécédents et de l’histoire.

L’actualité, c’est que nous recevons des dons, et surtout il y a un pays ami, frère, qui s’est montré à la hauteur de manière remarquable, c’est le Mexique, dirigé par sa présidente Claudia Sheinbaum, qui a fait preuve d’une fermeté extraordinaire dans la défense de Cuba, et que nous remercions, respectons et admirons de plus en plus, ainsi que d’autres pays.

Par ailleurs, un autre élément d’actualité est que des forces de droite se sont irritées de cette situation, et une campagne de désinformation médiatique a été lancée autour de l’utilisation et de la destination des dons. Cela se manifeste surtout dans les médias de droite, qui tentent d’articuler l’idée d’une prétendue mauvaise gestion de la part de Cuba afin d’attaquer également les gouvernements et les pays qui nous apportent leur aide de cette manière.

Par ailleurs, un autre élément d’actualité est que cette solidarité dérange les forces de droite, qui lancent alors une campagne de désinformation médiatique sur l’utilisation et la destination de ces dons. Ce sont surtout les médias de droite qui tentent d’articuler l’idée  d’une prétendue mauvaise gestion de la part de Cuba afin d’attaquer également les gouvernements et les pays qui nous apportent leur aide de cette manière.

L’éthique de la Révolution est telle, et l’expérience montre une éthique indestructible dans la manière dont les dons sont pris en charge et distribués, qu’elle réduit à néant toute campagne de désinformation médiatique. Il n’existe pas de campagne de désinformation capable de résister à cette éthique : elles viennent s’y briser. Qui en est le plus convaincu ? Le peuple lui-même, qui est le destinataire des dons que nous font parvenir les pays amis et les organisations solidaires.

Nous allons parler d’histoire. Il y a une longue histoire, une longue expérience de la manière dont les organismes internationaux, les projets de coopération, les institutions, les organisations de solidarité avec Cuba, les gouvernements, les amis de la solidarité, font des dons au pays sous une multitude de formes, alors que le pays a également mis en place un système de planification, de distribution, de contrôle et possède une immense expérience dans la gestion de ces dons.

Nous recevons des dons de toutes sortes et dans des circonstances différentes. Nous recevons des dons d’urgence ou d’aide dans des situations aussi complexes que celles que nous vivons actuellement ; nous recevons des dons lors de situations d’urgence telles que des cyclones ou certaines catastrophes naturelles ; nous recevons des dons de la part d’amis solidaires qui souhaitent apporter leur aide à un moment donné, en raison de l’engagement qu’ils prennent lorsqu’ils viennent visiter Cuba et constatent qu’il manque certaines choses dans un secteur, un centre de santé ou une école et qu’ils souhaitent faire un don ; ils s’inscrivent dans le cadre de projets de coopération que nous menons avec certains organismes ; ils s’inscrivent dans le cadre du travail mené par des agences importantes telles que le Programme alimentaire mondial et le Fonds des Nations unies pour le développement (PNUD).

Quels sont les critères pris en compte lorsque nous recevons ces dons ? La première chose que nous respectons, c’est l’intention du donateur. Si les donateurs disent : « Je veux que ces cahiers parviennent à telle école », ces cahiers vont à cette école. Si le donateur a fait don d’un système de pompage solaire pour une communauté, celui-ci va à cette communauté.

Il existe d’autres donateurs qui ne fixent pas d’objectif précis, mais plutôt un objectif plus général. Par exemple : « Je fais don de ces kits de systèmes photovoltaïques pour des polycliniques du pays. » Que fait alors le pays ? Il analyse où se trouvent les besoins les plus importants et propose au donateur : « Nous vous proposons de prioriser, avec ce don, telles ou telles polycliniques du pays. » Ainsi, l’objectif du don est respecté et atteint. C’est de cette manière que nous interagissons.

Il y a aussi des dons plus généraux : certains les envoient sans destination précise, ce qui nous permet, selon les priorités définies par le pays, de les destiner aux personnes les plus vulnérables, vers des institutions qui fournissent des services sociaux, comme les foyers maternels, les maisons de retraite, les centres pour enfants sans soutien familial, ou encore vers des institutions de santé, d’éducation ou d’autres secteurs. En règle générale, nous les distribuons de cette façon.

Ce qui est destiné à la population – par exemple les denrées alimentaires – n’a jamais été vendu : tout est distribué gratuitement. Souvent, ces produits ont fait partie de ce qui est remis dans le cadre du panier de produits de base  à certains moments, mais sans être vendus puisqu’il s’agit d’un don. Le pays n’en tire aucun bénéfice économique ; le bénéfice est social, car ces dons nous apportent une aide, mais ils ne donnent lieu à aucune activité lucrative.

La destination des dons est communiquée en toute transparence. S’il s’agit de denrées alimentaires, celles-ci sont consignées dans le carnet d’approvisionnement ; chaque famille dispose ainsi d’une attestation indiquant la quantité reçue dans le cadre d’un don. Tout est consigné dans le Registre des consommateurs du Mincin ; les travailleurs sociaux participent activement à la distribution des dons dans les communautés, et il existe tout un système de contrôles, mené par le Parquet, le Contrôle général de la République et les propres systèmes de contrôle interne des institutions impliquées dans la réception du don, afin de garantir une transparence totale, une intégrité absolue et de ne laisser planer aucun doute sur la destination de ces dons. Dites-moi de quel cas de détournement de dons peut-on parler à Cuba. Cherchez dans l’histoire de toute cette période de quoi nous pouvons parler. Qui peut signaler un détournement ? Qui peut signaler une attitude corrompue face à un don au niveau de l’État, au niveau du gouvernement ?

Mais je dirai davantage : nombre de ces institutions qui collaborent avec nous, comme la Croix-Rouge, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et le Programme alimentaire mondial (PAM), disposent de représentants à Cuba. Des représentants, qui sont en outre très actifs et comprennent bien la situation du peuple cubain, visitent régulièrement les lieux vers lesquels ces aides sont dirigées et vérifient sur le terrain la destination de ces dons. Ils ont toujours exprimé une grande satisfaction quant au sérieux avec lequel ce travail est mené. De même, les représentations d’autres pays, par l’intermédiaire de leurs ambassades, lorsque des dons arrivent dans le cadre de certains projets gouvernementaux ou institutionnels, se rendent également sur les sites concernés. Les ambassades visitent ces lieux, observent in situ, et toute l’information relative à ces donations leur est fournie.

De plus, chaque fois qu’une personne d’un pays concerné par l’un de ces dons vient en visite, on lui propose, dans le cadre du programme de la visite, de se rendre sur le lieu destiné à recevoir le don auquel elle a pu contribuer, afin qu’elle puisse en retirer des informations ; en d’autres termes, la transparence est totale.

Dans ce cas précis, plus récemment, et largement relayé par la télévision et les médias, des informations détaillées ont même été données, jusqu’au niveau des bodegas (épiceries d’État) sur les produits qui ont été donnés  aux familles cubaines grâce à l’aide généreuse du Mexique. L’Ambassade du Mexique à Cuba a également effectué des visites sur les lieux et a participé à l’ensemble du processus de vérification concernant la destination et la distribution de ces dons.

Ils ont pris la photo d’un produit mexicain… Nous entretenons également des relations commerciales avec le Mexique qui ne se limitent pas aux dons, et certaines de nos entités ont importé certains produits du Mexique et vendent d’autres types d’articles qui n’ont absolument rien à voir avec le don. Mais cela devient immédiatement de la désinformation, car cela repose sur le mensonge, la calomnie et, comme on dit, ils « cherchent la petite bête » pour discréditer, pour importuner, pour diviser, pour semer la confusion.

Mais je vous le dis, l’éthique avec laquelle la Révolution cubaine, avec laquelle notre gouvernement gère ces dons, est très stricte et met fin à toute tentative de désinformation médiatique.

Photo: Alejandro Azcuy

Arleen Rodriguez. –  Leidy María Labrador, de Granma.

Leidys M. Labrador. – Oui, merci.

Bonjour. Mes salutations à vous, Président, ainsi qu’à toutes les personnes qui nous accompagnent.

Il y a quelques jours, un événement a été rendu public dans le pays qui a vraiment attiré l’attention, non seulement à l’intérieur, mais aussi au-delà de nos frontières : il s’agit de la tentative d’infiltration terroriste qui s’est produite ici, sur notre territoire. Un sujet qui, comme vous l’avez mentionné, a également fait l’objet de toute une campagne de désinformation et autres, alors que tous les éléments ont été rendus publics en temps opportun. Nous aimerions que vous nous disiez où en sont aujourd’hui les enquêtes sur cet événement, et, enfin, il serait intéressant de savoir également s’il existe une coopération entre Cuba et les États-Unis pour faire la lumière sur ce type d’événements.

Miguel M. Diaz-Canel.–Je vais vous répondre et vous donner un point de vue personnel qui a aussi à voir avec les sentiments et les valeurs de nos combattants.

Les faits, en eux-mêmes, sont tels qu’ils ont été présentés : il s’agit d’une infiltration armée à des fins terroristes, organisée et financée depuis le territoire des États-Unis. Comme cela a été exposé dans la dénonciation diffusée à la télévision, ils étaient lourdement armés ; cela démontre donc leurs véritables intentions et met à mal la fable avancée par certains porte-parole de la droite contre-révolutionnaire cubaine aux États-Unis, qui ont prétendu qu’ils venaient simplement chercher des familles.

Premièrement, au vu de la quantité d’armes et d’équipement qu’ils transportaient, il n’y avait pas de place pour une seule famille sur l’embarcation ; deuxièmement, faut-il venir chercher des familles à Cuba en étant armés d’explosifs, de fusils d’assaut et de tout l’équipement militaire qu’ils avaient emporté ? Pensent-ils que nous sommes idiots, que nous sommes naïfs, qu’il est possible de tromper tout un peuple avec tant de mensonges et tant de ruses ? Leurs intentions étaient d’attaquer des unités militaires et des centres sociaux pour semer la confusion, pour créer le malaise, pour semer la peur. Il s’agit  d’une tentative d’agression.

Une procédure pénale a été engagée avec toutes les garanties du respect du droit à une procédure régulière. Dans le cas des personnes arrêtées, leurs familles ont été immédiatement informées et ont pu maintenir tous les contacts avec elles. Quant aux blessés, ils ont reçu tous les soins médicaux nécessaires ; ils ont d’ailleurs exprimé leur reconnaissance pour l’attention médicale reçue et, en outre, leurs familles ont pu également être en contact avec eux.

Quant aux défunts, leurs proches ont également été informés en temps utile ; ceux-ci ont identifié les corps et ont été impliqués dans toutes les démarches relatives à la prise en charge des dépouilles. Il n’y a qu’une seule démarche qui, en raison d’un problème familial, n’a pas été effectuée, celle de la disposition des restes selon les souhaits de la famille.

Mais, point très important : lors des enquêtes, tous ont reconnu leur participation, tous ont reconnu avoir tiré, avoir été les premiers à tirer sur notre bateau des garde-côtes, du Service des gardes-frontières. Ils ont fourni des détails très intéressants qui seront rendus publics au fur et à mesure de l’avancement de l’enquête : qui les a recrutés, qui les a préparés, qui les a organisés, où ils ont suivi leur formation, qui les a financés, et ils ont donné les noms des personnes, des lieux, des intentions, de ce qui leur a été proposé, de ce qui était prévu. Deux des détenus figurent sur la liste nationale des personnes et entités désignées comme terroristes que notre pays tient à jour et qui a également été transmise aux institutions internationales.

Bien entendu, nos homologues aux États-Unis ont été informés en temps opportun. Ils ont remercié pour les informations qui leur ont été fournies ; par la voie diplomatique et consulaire, ils ont fait part de leur volonté de participer conjointement à l’élucidation des faits, et nous attendons une éventuelle visite, déjà annoncée, d’experts du FBI afin de participer à l’élucidation et aux enquêtes avec nos forces du ministère de l’Intérieur. Il y a donc bien un échange d’informations et une coopération avec nos homologues étasuniens, et nous attendons la visite d’un groupe d’experts du FBI pour continuer d’avancer dans cette enquête.

Deux jours après l’infiltration, en compagnie du ministre de l’Intérieur, le compañero Lazaro Alberto Alvarez Casas, nous nous sommes rendus à l’hôpital où le commandant du navire cubain est soigné. Un homme jeune, formé par notre Révolution au sein des organes du ministère de l’Intérieur, avec une longue carrière dans les troupes frontalières ; je le connaissais déjà car il est originaire de Villa Clara, de Corralillo. Nous n’avons pas voulu nous y rendre dès le début et nous n’avons pas rendu cette rencontre publique, car nous lui rendions visite par solidarité, par fraternité, pour soutenir un combattant blessé ; nous ne voulions pas déranger ni en faire un événement médiatique. Nous allions rendre visite à une personne blessée par les tirs d’un envahisseur venu avec l’intention de tuer

Compañeros, cet homme – sa famille, sa mère, son épouse, appartiennent à une famille très humble ; sa mère est médecin, docteure, et son épouse est institutrice – se montrait débordant d’émotion en nous expliquant non pas sa blessure ni sa souffrance, mais l’accomplissement du devoir. Nous essayions de lui demander : comment te sens-tu ?, as-tu mal ? Mais lui revenait toujours à cela : l’accomplissement du devoir ! Il nous a raconté comment il avait été blessé, comment il était resté à la barre, au commandement de l’embarcation, et comment, lorsque ses forces ont commencé à lui manquer, il a demandé à l’un de ses compagnon de prendre le commandement de l’opération. Il a dû s’allonger : il saignait, totalement affaibli, mais il entendait tout le déroulement des événements. Et il éprouvait une immense fierté d’avoir déjoué cette infiltration, d’avoir évité au peuple cubain une grande souffrance si ces individus avaient réussi à débarquer et à accomplir leurs objectifs.

Et je dis cela parce qu’il y a de nombreuses leçons à tirer dans ce pays en ces temps difficiles : celle de nos 32 compagnons tombés au combat au Venezuela ; celle de ces cinq combattants du ministère de l’Intérieur, des troupes frontalières, qui ont repoussé une infiltration dont les effectifs étaient deux fois supérieurs aux leurs, sans parler de la supériorité de leur armement ; et de la fierté de cet officier cubain pour l’accomplissement de son devoir et son engagement envers le peuple, son courage, son honnêteté et son comportement cubain, tellement cubain !, qui surpasse tout autre comportement.

Voilà aussi le genre de choses qui renforcent les convictions et qui nous élèvent dans des moments aussi difficiles.

J’en profite pour partager cela, car c’est un sentiment que Lazaro et moi-même avons ressenti, que nous avons vécu là-bas. Nous ne l’avions pas encore raconté, mais il est bon que l’on sache comment sont nos gens. Car nos gens ont des visages, des noms, des familles, des histoires. Et peut-être qu’un jour, lorsqu’il sera davantage rétabli et que le moment sera venu, la presse pourra faire un reportage sur lui, mais surtout un récit de vie consacré à un compagnon tel que celui-ci. Il est aussi l’expression et l’exemple de ce qui se multiplie chez des milliers de combattants de nos Forces armées révolutionnaires et du ministère de l’Intérieur de Cuba.

Puisque nous parlons d’infiltrations et de plans ennemis, dix citoyens panaméens ont également été arrêtés, comme cela a été annoncé ; ils font l’objet d’un procès dans le respect de toutes les garanties, ils ont pu contacter leurs proches et ont bénéficié d’une assistance consulaire ainsi que d’une visite de l’ambassadeur du Panama à Cuba. Une enquête est en cours, au cours de laquelle ils ont reconnu leur culpabilité et ont fourni des informations sur la personne qui les a recrutés, dans quelles circonstances, à quelles fins, dans quels lieux, ils ont donné les noms des personnes, et tout cela fait l’objet d’une enquête et fait partie de la plainte qui est déposée à ce sujet.

Arleen Rodriguez.– Eh bien, vous parliez du 13 mars, Radio Reloj est également présente ici, et c’est un jour historique pour elle. Yoanny Duardo, représentant la station Radio Reloj.

Yoanny Duardo.– Bonjour, Président.

Miguel M. Diaz-Canel.– Bonjour.

Yoanny Duardo.– Le gouvernement équatorien a récemment déclaré « persona non grata » le personnel de notre ambassade dans ce pays. Il y a eu un sommet qui vise clairement à relancer la politique des États-Unis et de l’OEA pour parvenir à l’isolement de Cuba.  Ma question est la suivante : quelle est la position du gouvernement révolutionnaire face à cette nouvelle agression du gouvernement étasunien ?

Miguel M. Diaz-Canel. – Merci.

Examinons le contexte. Qu’est-ce qui distingue Cuba aux yeux du monde ? Qu’est-ce qui caractérise Cuba dans ses relations avec le monde ? Qu’est-ce que Cuba offre au monde ? Un lien étendu, actif, amical, fondé sur la coopération et la solidarité. C’est cela qui caractérise les relations de Cuba avec le reste du monde. Nous sommes un pays qui entretient des relations diplomatiques avec la plupart des pays du monde. Mais c’est aussi un lien étendu entre les peuples, de peuple à peuple, avec des amis partout dans le monde.

Cuba a apporté sa coopération au développement de nombreux pays à travers des programmes gouvernementaux. Partout où des Cubains et des Cubaines ont mené des missions, leur rôle a été hautement reconnu. Cela se reflète dans les récits de nos missions médicales et éducatives, ainsi que dans celles de constructeurs et de travailleurs. De même, dans les pays où nous avons été appelés à intervenir militairement à la demande de gouvernements, en particulier en Afrique, dans les pays africains, la manière dont nos combattants et officiers ont agi a également été saluée et reconnue.

Je dirais donc que ce qui distingue Cuba, ce sont précisément ces vertus, ces valeurs qui suscitent l’admiration envers Cuba, et non le rejet. C’est le sentiment qui prédomine dans la plupart de ces relations et chez ceux qui y participent.

Bien entendu, en Amérique latine et dans les Caraïbes, dans notre Grande Patrie, notre Amérique, ces liens sont plus forts, plus intimes et plus proches. Ils sont liés à toute l’histoire de chacun de nos pays et à l’ensemble de nos relations.

Revenons à l’histoire, je me souviens de notre présence au Mexique, lors d’un acte pour le Cri de Dolores. Tant Lopez Obrador, alors président, que moi-même, lorsque nous avons pris la parole, nous avons rappelé de nombreux événements qui relient nos deux pays, le Mexique et Cuba. Mais cela vaut également pour l’Angola, pour les missions internationalistes, et pour bien d’autres endroits dans le monde. Les Honduriens en parlent avec douleur aujourd’hui, car ils se retrouvent désormais sans suivi médical après le retrait par leur gouvernement de la brigade médicale cubaine ; de même, certains pays des Caraïbes risquent désormais de se retrouver sans les soins apportés par les médecins cubains. Ces populations reconnaissent combien la présence du personnel cubain de santé est vitale pour leurs systèmes de santé.

Aujourd’hui encore, il faut reconnaître que les gouvernements des États-Unis, depuis le triomphe de la Révolution cubaine – tous les gouvernements, sans exception – ont beaucoup insisté pour tenter d’isoler notre pays. Rappelons, dans les premières années de la Révolution, l’ampleur de cette campagne ; souvenons-nous des événements liés à l’Organisation des États Américains (OEA), et rappelons comment le Mexique a maintenu avec dignité ses relations avec notre pays. Il semble que l’histoire se répète : une nouvelle campagne d’isolement de Cuba se tisse, mais certains ne se laissent pas abattre. Le Mexique, solidaire et frère, se retrouve de nouveau aux côtés de Cuba.

Et un autre élément à souligner : les relations entre gouvernements ne sont pas les mêmes que les relations entre peuples. Il peut exister un gouvernement – comme celui mentionné dans la question – qui cède aux pressions d’un autre gouvernement et, par un geste que l’on pourrait qualifier de « servilité » – j’ignore  si le mot est exact – décide d’expulser une mission diplomatique, sans aucune justification, sans aucun argument, violant tout le Droit international, les Conventions de Vienne et tout le reste. Mais l’amitié entre le peuple cubain et le peuple équatorien est historique et indestructible, tout comme l’est la relation entre le peuple cubain et les peuples d’Amérique latine et des Caraïbes. Cette amitié ne peut être détruite par la décision d’aucun gouvernement, et les peuples savent de quel côté se trouve la raison.

Par conséquent, une relation chaleureuse continuera d’exister entre les Équatoriens et les Cubains. Et tôt ou tard, ces relations se rétabliront.

N’oubliez pas que nous devons participer à la Journée de la Défense.

Photo: Alejandro Azcuy

Arleen Rodriguez.– Bienn, si vous nous accordez une question de plus, il reste Radio Rebelde. Antonio Matos.

Miguel M. Diaz-Canel.– D’accord.

Antonio Matos.–Bonjour,  Président.

Hier, le ministère des Relations extérieures a publié un communiqué indiquant : « Dans un esprit de bonne volonté et de relations étroites et fluides entre l’État cubain et le Vatican, le gouvernement cubain a décidé de libérer dans les prochains jours 51 personnes condamnées à une peine privative de liberté ». Que pouvez-vous nous dire à ce sujet ? Nous savons qu’il s’agit d’une pratique courante dans notre système de justice pénale.

Miguel M. Diaz-Canel. –  Ce serait à Bruno de répondre.

Il s’agit d’une pratique souveraine, personne ne nous l’impose, nous en décidons souverainement ; ce n’est pas une exception, nous l’avons déjà fait à d’autres moments, d’ailleurs, le communiqué donne des exemples de moments où nous avons eu recours à cette pratique. C’est une décision souveraine, nous la prenons en ce moment pour les raisons exposées dans la note, et elle répond simplement à notre vocation humaniste et à la manière dont la Révolution traite ces cas avec justice. Notez qu’il est reconnu que ce sont des personnes qui ont fait preuve d’une bonne conduite, et nous reconnaissons dans nos normes juridiques les avantages accordés aux personnes qui purgent une peine pour un comportement donné.

Comme toujours, préparez-vous : la manipulation médiatique va commencer, on cherchera à établir des liens avec d’autres faits, à dénaturer la réalité. Mais restez calmes : nous avons pris une décision souveraine, et elle est désormais effective.

Je vous propose de conclure. Nous devons nous rendre aux activités de la défense, nos chefs militaires sont ici et tout un programme nous attend.

Je remercie les représentants de la presse, surtout sachant que vous êtes engagés dans une série d’activités à l’occasion de la Journée de la Presse cubaine. Je vous souhaite, dès maintenant, une Journée de la Presse cubaine fructueuse, et nous continuerons à maintenir ce type de rencontres.

Comme nous l’avions annoncé ici, les vice-premiers ministres, les ministres, Marrero et d’autres membres de la direction fourniront des informations complémentaires sur tous ces sujets. Il existe un agenda ; nous avons passé en revue l’agenda public, et il y a plus de quinze thèmes que nous pouvons aborder : les gens s’interrogent sur l’avancement des transformations, En fait, certaines d’entre elles ont déjà été évoquées aujourd’hui ; les thèmes liés à la situation actuelle ; les inégalités ; la vulnérabilité, entre autres.

Nous nous voyons prochainement et merci beaucoup à tous.

Un grand merci à l’émission Buenos Dias de nous avoir donné cette opportunité (Applaudissements).

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