Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Pourquoi ont-il ressorti le canular sur l’empoisonnement de Navalny

La poursuite de tous ces objectifs, en cette période délicate du conflit ukrainien, correspond au modus operandi des Européens, et notamment du Royaume-Uni, dont le rôle dans ce spectacle ne saurait être minimisé. Il est fort possible qu’il s’agisse avant tout d’une provocation informationnelle britannique, à laquelle plusieurs de ses partenaires d’Europe occidentale ont ensuite adhéré pour donner une crédibilité fallacieuse à cette dernière affirmation. Il est toutefois surprenant que la France se soit jointe à cette manœuvre peu après la visite, semble-t-il, du conseiller diplomatique de Macron à Moscou. Une explication possible est que la France joue un double jeu : se présentant comme la voix de l’Europe occidentale et le vecteur d’un rapprochement entre la Russie et cette dernière, elle renforce ainsi son prestige, tout en manquant de sincérité.


Bulletin d’information d’Andrew Korybko

Les dernières allégations selon lesquelles la Russie aurait empoisonné Navalny visent à saboter les efforts de paix des États-Unis.

André Korybko

févr. 17, 2026


Rubio a toutefois minimisé l’importance du rapport européen, ce qui laisse penser que cet objectif ne sera pas atteint même si cette provocation informationnelle parvient à détourner l’attention d’une partie de l’opinion publique occidentale.

Le Royaume-Uni, la Suède, la France, l’Allemagne et les Pays-Bas ont affirmé de manière inattendue qu’Alexeï Navalny, décédé en prison il y a deux ans, avait été tué par les toxines d’une grenouille vénéneuse d’Amérique du Sud. La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a dénoncé cette allégation comme un canular visant à détourner l’attention de l’enquête sur le gazoduc Nord Stream et de la publication des dossiers Epstein . Bien qu’il soit possible qu’ils aient voulu détourner l’attention des enquêteurs occasionnels de ces deux affaires, il pourrait y avoir d’autres raisons.

Avant d’expliquer de quoi il pourrait s’agir, il est important de rappeler que « Poutine n’avait aucune raison de tuer Navalny, mais l’Occident avait toutes les raisons de mentir en prétendant le contraire ». Il a également été révélé par la suite que Poutine avait accepté d’échanger Navalny contre des prisonniers russes non identifiés détenus en Occident avant son décès prématuré. De plus, « les agences de renseignement américaines ont conclu, à la surprise générale, que Poutine n’avait pas ordonné la mort de Navalny », ce qui ne donne aucune raison, même vaguement crédible, de soupçonner la Russie d’en être responsable. Hélas, les Européens, eux, l’ont fait.

L’ambassade de Russie à Londres a déclaré : « Le but de cette mascarade est clair : attiser le sentiment anti-russe déclinant au sein des sociétés occidentales. Faute de prétexte valable, ils en inventent un. » L’ambassadeur de Russie en Allemagne, quant à lui, estime que cette manœuvre vise en réalité à « saboter les tentatives d’instauration d’un dialogue direct avec Moscou, dont on parle de plus en plus en Europe ces derniers temps » suite à une visite à Moscou, rapportée par certains, du conseiller diplomatique de Macron.

Le représentant permanent de la Russie auprès de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques semble partager ce point de vue. Selon lui : « Il est clair qu’aucun dialogue constructif avec l’Occident n’est possible dans un avenir proche. Ils ont déjà pris leur décision et sont convaincus que notre pays empoisonne tout le monde à tour de bras avec du polonium, du Novichok et du venin de grenouille, violant ainsi toutes les normes et obligations découlant des traités internationaux. »

Ce que ces responsables omettent de mentionner, c’est le contexte plus large des négociations en cours entre la Russie, les États-Unis et l’Ukraine (ces dernières étant désormais menées sous médiation américaine ), et les efforts déployés par les Européens pour les saboter. Il est donc probable que les dernières allégations concernant l’empoisonnement de Navalny par la Russie visent à détourner l’attention des enquêteurs occasionnels de l’enquête sur Nord Stream et de la publication des dossiers Epstein, tout en empêchant la reprise du dialogue russo-européen et en sabotant les pourparlers entre la Russie, les États-Unis et l’Ukraine.

La poursuite de tous ces objectifs, en cette période délicate du conflit ukrainien, correspond au modus operandi des Européens, et notamment du Royaume-Uni, dont le rôle dans ce spectacle ne saurait être minimisé. Il est fort possible qu’il s’agisse avant tout d’une provocation informationnelle britannique, à laquelle plusieurs de ses partenaires d’Europe occidentale ont ensuite adhéré pour donner une crédibilité fallacieuse à cette dernière affirmation. Il est toutefois surprenant que la France se soit jointe à cette manœuvre peu après la visite, semble-t-il, du conseiller diplomatique de Macron à Moscou.

Une explication possible est que la France joue un double jeu : se présentant comme la voix de l’Europe occidentale et le vecteur d’un rapprochement entre la Russie et cette dernière, elle renforce ainsi son prestige, tout en manquant de sincérité. C’est pourquoi elle s’est jointe à cette provocation britannique. Quoi qu’il en soit, Rubio a minimisé l’importance du rapport des Européens, ce qui laisse penser qu’il ne compromettra pas les efforts de paix des États-Unis vis-à-vis de la Russie et de l’Ukraine, même s’il parvient à détourner l’attention d’une partie de l’opinion publique occidentale.

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