Des interlocuteurs tout à fait de bonne foi me renvoient à des dialogues de Mélenchon avec d’autres héros de la « rupture » avec le capitalisme. Je voudrais que l’on comprenne ce qui fonde ma conviction, elle est ferme. Mais elle ne s’acharne pas contre un individu(ni lui, ni d’autres qui ont été de vrais salauds) que je ne considère pas comme un ennemi. J’ analyse un système dans lequel il prend place comme « tête d’affiche ». A savoir les quelques décennies dans lesquelles le « libéralisme », avec son primat des « élections » et d’une stabilité basée sur la pseudo victoire de la « démocratie », correspondait à la victoire supposée du monde unipolaire. C’est ce moment là, cette « conjoncture », que je tente d’analyser à partir du choix mitterrandien de 1982. Cette date a correspondu en France avec l’illusion de l’horizon indépassable du capital. A la pseudo rupture avec le capitalisme s’est substitué le choix présenté comme réaliste de la rigueur et l’austérité. Au plan international il y a euun baroud d’honneur, celui de Mitterrand allant en Cancun y lire un discours concocté par régis Debray, l’imprécateur opportuniste c’est le choix de la conquête des marchés extérieurs par nos entreprises dénationalisées pour 1 franc symbolique. Mitterrand va être accompagné dans ce retournement par toute la gauche mondaine, « le music hall des âmes nobles qui crie avec Montand « Vive la crise » et chante le nouveau héros antifasciste que serait Tapie. Tout cela parfaitement orchestré pour transformer la politique en spectacle dans lequel la gauche et la droite se délitent avec le chef d’orchestre paillette et strass de Jack Lang, le plus vulnérable mais pas le pire Pour savoir ce qui s’est réellement passé. Je vous conseille de lire à ce sujet ce que dit Eric Li c’est très parlant
Mélenchon est le pur produit de de retournement et du Music hall des âmes nobles, il n’a jamais nié ce qu’il doit à la stratégie mitterrandienne: quand il fait une OPA sur le PCF, il ne songe jamais à adhérer, il achève le travail d’affaiblissement du Parti que Mitterrand avait noué avec les Etats-Unis sans même se cacher. Mais son côté disciple va plus loin, il suit la même tactique électorale que l’on peut résumer ainsi : il y a une première époque où l’on rassemble son camp dans la « radicalité’, du type « mon ennemi c’est la finance, chez Melenchon son truc c’est le chavisme, le bolivarisme, (appliqué contre le PCF en priorité c’est une constante) mais aussi en matière de « mouvement » . A travers ce premier moment, il détruit en priorité ceux qu’il accuse de faiblesse, voire injustement de racisme, ce qui est en ce qui concerne Roussel complètement injuste et immonde. Lui et les siens en use même du mépris de classe, ils se moquent de celui qui passe ses vacances en camping. On retrouve la manière dont il en a été usé contre Marchais par Jospin et les siens, le diplômé contre l’ouvrier devenu permanent du parti. C’est sur ce socle pour le moins suspect qu’il se crée une bande de fanatiques prêts à mourir pour le chef qui est le seul vrai révolutionnaire, celui qui détruira le système, là c’est plutôt flou et parfois même de l’ordre du caprice mais il est tonitruant et a potassé ses classiques des orateurs de la III e république pour pourfendre les tièdes…
Cette table rase ayant été obtenue en particulier chez les partenaires, on aborde la deuxième période, celle où l’on rassemble autour du chef devenu « républicain » et consensuel ce qu’il reste d’encore valide. Face à mon analyse de l’opportunisme de leur grand leader bien aimé les disciples sincères me sortent des vidéos de la première période alors que nous sommes dans la seconde, à un an de la présidentielle, celle où celui qui ne pense qu’à la magistrature suprême colle au consensus fait appel à des publicistes qui le peignent en force tranquille. Il a laissé ses lieutenants entretenir la troupe de fanatiques qui sont persuadés d’être derrière celui qui renversera le système quoiqu’on leur dise de leur héros.
ce n’est pas une stratégie électorale propre à Mitterrand ou à Mélenchon, mais c’est celle de Sarkozy également voire de Trump. Se constituer un noyau de fanatiques qui ne veut rien voir, ni rien entendre qui croit à son gourou. C’est l’enfance de l’art même si après un tel exploit la société est laissée en état de guerre civile ce qui ne gêne pas les forces capitalistes.
Le seul ennui c’est qu’en ce moment pour des raisons sur lesquelles nous reviendrons, la situation est telle que Mélenchon a tout au plus un socle de 10% . Il a sacrifié beaucoup de ses troupes dans les batailles municipales et de toute manière a conçu celles-ci en évitant qu’un rival sorte du lot à cette occasion. Si ce que je vois est exact il risque d’y avoir dans très peu de temps une concurrence avec le maire de Saint Denis. Les résultats sont là, la bataille des municipales a donné de piètre résultat tout en proclamant que l’ennemi c’est le RN, en fait il n’a réussi qu’à jouer le coucou sur les municipalités communistes et socialiste, pire encore le terrain après son passage est fragilisé et la campagne des législatives s’annonce mal, il s’en moque, il continue à abattre les « prétendants » à la primaire pour 2027. Résultat il n’y a pas grand monde derrière.
Et là on voit la limite de l’entrisme trotskiste sur la vieille pratique social démocrate : la pratique des radicaux puis des socialistes était de se constituer une assise locale, le clientélisme s’appuyait sur des activités réelles, des conquêtes sociales comme le pratiquent également les communistes. Le guesdisme avait ses mérites comme le syndicalisme révolutionnaire. A tout cela l’entrisme des lambertiste substitue des pratiques de conspirateurs, des petits groupes d’initiés autour du gourou qui ne s’intéressent pas à la vie locale. C’était déjà le cas du CERES autour de Mitterrand, incapables de créer des structures locales. Après ce mouvement dirigé par un centre occulte et qui finit par imposer sa logique à ceux qui croyaient à cette spontanéité libératrice, de fait ils ont réussi on l’a vu dans ces élections municipales comme d’ailleurs les partis conservateurs de plus en plus « idéologisés » à force de courir les uns et les autres derrière la question de l’immigration, les uns avec un cierge et les autres un bâton, mais personne ne cherchant à rassembler les couches populaires subissant la désindustrialisation à ne plus être un rempart devant le RN en particulier dans les villes moyennes.
De ce point de vue le PCF qui a miraculeusement survécu à des secrétaires nationaux qui ne cachaient pas leur volonté d’en finir avec la PCF, a infiniment plus de billes, mais ce « savoir » est vieillissant et là aussi les liquidateurs ont dévasté la vieille pratique dans l’entreprise comme au niveau local. il suffit qu’un individu meure pour qu’un pan entier de compétences s’effondre.
C’est mon diagnostic : il est sans acrimonie et je ne fais ni de Melenchon, ni de la social démocratie, ni des trotskistes, les ennemis. le phénomène comme l’analyse Eric Li a eu une dimension planétaire que ni Melnchon ni aucun politicien français n’a.
Nous avons une première crise de ce système « électoraliste » avec le renouvellement des générations. Ceux qui savaient faire disparaissent ou doivent céder la place et la jeune génération à qui rien n’a été transmis ne sait rien du fascisme, rien de ce qu’est un combat collectif souvent elle le confond avec une quête individuelle d’accomplissement ou d’intérêts ambitieux, et les seules techniques que connaisse cette « génération Z » sont celles du management qu’il lui arrive de confondre avec la lutte des classes. Ce moment de « dogmatisme », d’illusion ne serait pas grave s’il n’y avait pas eu la destruction de la génération Mitterrand qui a été incapable de transmettre. Cette destruction des « appareils » que la classe ouvrière avait mis des siècles pour se constituer avait payé chaque acquis de son poids de sacrifice humain au Moloch capitaliste est balayé dans une atmosphère de fête où les beaux parleurs l’emportent. Ceux-ci sont souvent futiles et sans importance mais ils bénéficient du raz de marée de l’idéologie dominante qui les porte et transforme chacun en sujet de son propre asservissement. *
Mais l’Histoire continue à creuser son sillon, il serait l’éternel candidat et s’il perd c’est qu’il reste encore trop du vieux PCF, si la situation géopolitique ne bousculait pas ses prévisions: le consensus que tente de créer le « politicien » type Melenchon est d’abord médiatique, il tente de créer en se rapprochant de l’opinion qu’il croit dominante s’est elle même fissurée sous le poids des réalités, Ormuz en est le symbole et là il patine , il se prend les pieds dans le consensus médiatico-politique qui est devenu incompréhensible:
Le président Donald Trump a avancé une douzaine d’arguments différents pour justifier l’attaque de l’Iran, pour le Venezuela et Cuba ce n’est même plus lapeine c’est la faute à l’incurie communiste. Aucun ne résiste à un examen rigoureux. L’Iran ne possède pas d’armes nucléaires et rien ne prouve qu’il en développe. Il ne dispose pas non plus de missiles balistiques intercontinentaux capables de menacer directement les États-Unis. Et, contrairement à l’image véhiculée depuis des décennies par la propagande occidentale, la République islamique n’a déclenché aucune guerre d’agression en quarante-sept ans d’existence. Alors pourquoi est-elle attaquée ? Parce que c’est la Chine qui visé et le monde multipolaire, les peuples du sud qui doivent avoir une toute autre stratégie que celle dont Melenchon tente de se faire le hérault.
Si le monde découvre avec stupéfaction ce que chacun aurait dû savoir ce que représente le détroit d’Ormuz, la question qui est posé sans recevoir de réponse demeure mais qu’est ce que les Etats-Unis allaient faire dans cette galère (question subsidiaire que personne en France ne pose: que va faire le Charles De gaulle dans la dite galère?) La réponse est évidente : ce monde sur le déclin est incapable de jouer d’autre coup pour restaurer son hégémonie que ceux qui le conduisent à une position pire que celle qu’ils avaient initialement, soit le Zugzwang. L’autre question comment a-t-on pu fabriquer une « élite » politico-médiatique capable à ce point à s’auto-illusionner sur ses propres mérites et avoir un peuple en état de division et d’inertie tel que de tels dirigeants puissent subsister malgré leur impopularité ?
Ce que je décris là c’est la tambouille électorale la plus classique celle que l’on confond avec la démocratie quand on en est à ce stade d’électoralisme se substituant à toutes les formes politiques. Et comme tous les articles qui sont actuellement publiés dans Histoireetsociete traitement de ce grand basculement historique il me parait inutile d’épiloguer plus longtemps sur le cas Mélenchon qui ne représente pas pour moi la moindre issue mais qui n’est pas pour autant mon ennemi, vu ses origines pied noir, lambertiste puis socialiste tendance Mitterrand, je trouve qu’il est moins pire que ce qu’il aurait pu être et quelquefois l’attaquer évite de se poser la question de ses propres fautes et erreurs stratégiques, de les poursuivre même.
Si vous voulez mon avis tous ces gens là n’ont pas la moindre idée de ce qu’il faut pour être un communiste, un révolutionnaire. Ce n’est pas un hasard si ce sont souvent les mêmes qui croient que Melenchon tel qu’il est, représente réellement une issue face au mur d’argent et à la bête sauvage qu’est l’impérialisme en lutte pour conserver son hégémonie, un Mélenchon sans force réelle derrière lui, sans un parti léniniste, une armée formée aguerrie, celle capable de mener une « guerre prolongée », tenace, obstinée sur des décennies voire plus, cela ne s’improvise pas et c’est même ce qui caractérise le socialisme, le vrai: ne rien ignorer du pragmatisme de la résistance au choc, des blocus, des sanctions, ce parti là doit imposer parfois son autorité et ne se nourrit pas de clientélisme. Ce parti là ne pense pas qu’il est possible d’instaurer le communisme dans un tel bourbier, il ne se berce pas d’illusion sur ce que doit être combattu et gagnerait-il les élections qu’il saurait que ce n’est que le début… En revanche, il a en lui un idéal si puissant, si élevé qu’il ne dit peut être pas tout mais ne trompe jamais le peuple parce qu’il sait que c’est son seul atout que de le servir et pas se servir… et là je vous renvoie aux textes publiés aujourd’hui également sur la situation à Cuba…
https://histoireetsociete.com/des-evenements-importants-se-deroulent-a-cuba/
est-ce que je peux en vouloir à Mélenchon de ne pas être à la hauteur des Cubains ? Qui est à leur hauteur, en revanche je peux lui en vouloir par pure ambition personnelle de politicien de leurrer des gens épris d’idéal sur ce qui est exigé d' »eux et les envoyer dans une aventure tragique… dans laquelle leur génération se perdra comme tant d’autres… D’accepter qu’ils soient privés de mémoire au point de laisser s’accomplir justement ce que les Etats-Unis tentent à Cuba mais là il n’est pas le seul à être coupable d’un tel crime… simplement son anticommunisme primaire s’en nourrit … Quel politicien français serait capable d’accueillir calmement celui qui représente le mensonge et le sadisme incarné Rubio de ceux qui s’acharnent depuis plus de soixante ans sur son peuple et par cette dignité calme lui donner devant le monde entier une leçon de dignité en considérant que la meilleure réponse est d’aller se préoccuper des souffrances de chaque cubain, de voir comment les soulager ?
Il y a un mot par lequel les Cubains désignent les politiciens occidentaux quand ils se gonflent de vent et ne font rien pour aider au contraire, ils disent que ce sont des :
OPPORTUNISTE.
Et il leur arrive de dire qu’il vaut mieux un fasciste qu’un opportuniste parce qu’au moins un fasciste tu sais ce que tu as et tu ne te fais pas d’illusion mais un OPPORTUNISTE te conduit à la mort en te faisant croire qu’il est ton ami. Mélenchon n’est pas le seul c’est le plus talentueux d’une espèce assez courante..
danielle Bleitrach
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Léon Trégor
J’ai lu la feuille de route des « Insoumis », un objectif quasi obsessionnel « la campagne 2027 ».
Et quand je vois ses fans, les « mélanchonniens » sont pire que les « staliniens », c’est pas du culte de la personnalité, c’est au-delà.
Un exemple vu sur leur pages FB :
Comme d’habitude Monsieur Melenchon, vous écouter parler du programme des insoumis avec une telle fierté, conviction, enthousiasme… Vous entendre évoquer l’histoire… Voir votre intelligence hors pair en action dans votre discours cohérent, foisonnant d’idées, si riche et structuré… C’est un bonheur. Vous nous donnez confiance et espoir. C’est un trésor par ces temps chaotiques. Votre boussole intérieure est un vrai pilier. 🐢
Merci à vous et à la magnifique équipe que travaille avec vous.
Rendez vous au 7 juin !!
Allons ensemble pour une très belle campagne, inoubliable et porteuse de beaux fruits.
Vignaud
Je ne comprends pas bien où vous voulez en venir avec Mélenchon. Qu’il ne soit pas coco, c’est une évidence, qu’on ne peut pas lui faire confiance aussi.
Mais il y a des gens bien dans LFI, même si en général ils manquent de cultures politique et historique, ce qui n’est pas le cas de Mélenchon, même s’il fait croire qu’il va changer le monde….
Par contre, il semble que vous avez du mal à admettre que Roussel n’a rien d’un communiste et que le PCF n’est plus communiste, juste social-démocrate mollasson. Qu’il remplace le PS qui lui est carrément passé au, on va dire, centre-droit…
Effectivement à gauche, malheureusement pas radicale comme on essaie de le faire croire, il ne reste plus que LFI, qui imagine qu’on peut être antifasciste et anticapitaliste, tout en restant dans le système….
Ils oublient à la FI que jamais les Ricains ni les oligarques ne laisseront la gauche, à ne pas confondre avec la « gôôche » socialiste, arriver au pouvoir en France ! Les cocos sont restés un an en 36, à peine plus en 45 et 81 et à chaque fois les « soc » ont obéi aux Ricains pour les virer et/ou les acheter ! Pourquoi personne ne le rappelle ?
admin5319
Pour faire simple : je ne suis pas très attachée aux têtes d’affiche actuelle seulement en tant qu’ils représentent des forces potentielles:
1) je ne crois pas mais alors pas du tout à la forme mouvement qui est celle derrière Melenchon ni sur le plan de ce qu’elle apporte à ceux qui le suivent et qui se retrouvent avec un chef et un quarteron de chefaillons qui se disputent et imposent une ligne qui n’ a été décidée par personne.
2) je suis pour un parti communiste qui est pour moi la forme la plus démocratique non seulement parce que je contribue à la décision mais parce que celle-ci m’aide à FAIRE, à rendre mes objectifs concrets.
Il est évident que le PCF ne correspond pas au parti que j’ai connu à Cuba mais aussi en France et dans le monde entier, celui qui faisait qu’on avait confiance quand on rencontrait un camarade, une camaraderie de combat sans copineries ni clans comme en produisent les factions. Et je suis bien placée pour dire à quel point ce parti a été liquidé avec tous ceux qui prétendaient refuser cette liquidation.
Il n’empêche le PCF tel qu’il est est le seul lieu à ma connaissance où demeure encore cette aspiration donc comme je ne pratique pas la politique du pire je refuse les attaques souvent gratuites quand elles ne sont pas totalement injustes contre ce parti et contre Roussel son actuel secrétaire.
Maintenant je dois dire que comme on m’a laissé la gestion totale d’histoireetsociete, je me déchaîne et je dis ce que je pense et ça me fait le ^plus grand bien, je ne sais pas si ça sert à quelque chose mais ça me soulage. C’est ce que disait Marx lui-même affirmant dans un invraisemblable congrès à Gotha : j’ai dit et me voilà soulagé.
danielle Bleitrach
PS je voudrais dire enfin quelque chose qui me ^parait irréfutable: il y a quelque chose d’assez insupportable dans la volonté hégémonique de Melenchon, surtout au vu des résultats concrets. En effet en gros il est persuadé d’être le seul à représenter 20% à gauche, ça se discute mais mettons. Quand le PCF était à 20% mes conséquences étaient nettement plus favorables pour la classe ouvrière pour la nation et le capital se sentait nettement moins à l’aise.