Histoire et société3

Tant qu'il n'y aura pas d'œuvre commune, il y aura toujours de l'intolérance

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Histoire et société > Éditorial

Ouvrir un espace de reconquête politique, éditorial de danielle Bleitrach

Nous allons tenter de contribuer à la reconquête d’un nouvel espace pour la POLITIQUE, celle qui a pour perspective une transformation en profondeur de notre société. Le socialisme "à la française" ne saurait exister sans une lutte concrète contre l’impérialisme, les marchés financiers et les marchands de mort. Ce sont eux qui aujourd’hui en France structurent le champ politique" libéral". Ils en font tomber le masque. Ce qui s'est passé à l'OTAN, auquel nous consacrons un article d'actualité, témoigne de la manière dont cet ordre "libéral" se révèle cyniquement être un partage de prédateurs .Les marchandages d'armes à l’OTAN, la guerre en Iran qui reprend, dévoile ce qu'est l' "internationale libérale": une puissance sur le déclin, paranoïaque qui ne connait plus que la guerre; prête, avec ses guerriers par procuration, à utiliser toute l’ingéniosité et le savoir existant pour détruire l'environnement et les êtres humains. Sa seule finalité étant de maintenir en place une classe qui a fait son temps. Le développement des forces productives, dans un tel système, loin d'être émancipateur ne connait que la surexploitation et il met en danger la planète et l'espèce humaine . Dans un tel contexte, l'invitation au mépris de la politique est un leurre qui le sert. Il ne faut pas renoncer à la POLITIQUE mais construire celle qui favorisera l’intervention populaire, dont nous avons tous, en France et dans le monde le plus urgent besoin. Voici la proposition en ce sens de la nouvelle formule d' Histoireetsociete 3 , étant bien entendu que vous pouvez améliorer cet apport.

Publié par Danielle Bleitrach

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Article original pour le blog

illustration : mage extraite d'un film anticommuniste du gouvernement américain de 1961 montrant une danseuse projetant l'ombre d'une faucille et d'un marteau

Le caractère paranoïaque, prédateur et destructeur est à l'oeuvre dans les multiples foyers de guerre, dans les blocus génocidaires dans laquelle une superpuissance déployant son armada s'attaque aux proies les plus faibles. Ce système renonce à sa propre légalité élaborée sous forme de "droit international" depuis des siècles en multipliant les opérations terroristes, dans des guerres hybrides où se conjuguent bombardements, blocus, sanctions. Le fait que ce système est faible, divisé entre les prédateurs renforce sa dangerosité : c'est le recours au génocide, à la priorité dans l’anéantissement qui est donnée à l'attaque des plus vulnérables, des nations sans défense comme des femmes, enfants, vieillards pour que la population civile au summum des souffrances se retourne contre ses dirigeants contre lesquels est mené une propagande hystérique et mensongère.

Mais ce trait se retrouve au plan intérieur dans les nations prédatrices comme la France, l'exploitation là aussi est le trait dominant avec la destruction de la légalité démocratique. C'est la même attaque contre les couches les plus vulnérables et la surexploitation des classes les plus utiles en faveur de celles parasitaires. Le pacte qu'à décrit Lénine à propos de la phase de l'impérialisme correspondant à la première guerre mondiale a produit ses effets de division durable de la classe ouvrière : une aristocratie ouvrière a accepté cette prédation dont elle retirait des avantages, mais il est en train d'être rompu par ce que cette classe exige au titre du surarment en attaquant tout ce que cette classe ouvrière a pu conquérir durant des centaines d'années par ses propres luttes dans un contexte qui a été également marqué à partir de la création de l'URSS par la régulation qui était imposée par l'existence du camp socialiste.

La chute de l'URSS, un événement sur lequel nous n'avons pas fini de nous interroger a fait sauter toutes les formes de régulation et a de fait entraîné la phase actuelle de l'impérialisme dont la pseudo hégémonie libérale, la fin supposée de l'histoire s'est avérée extraordinairement courte.

1) Le monde unipolaire est entré dans une crise profonde au plan interne alors que son système de prédation se heurte au développement d'un monde multipolaire qui introduit une autre logique et il y a là un paradoxe dont nous devons éclairer la contradiction et ses possibles pour l'intervention populaire.

L'impérialisme et son système de censure, de propagande présente ce monde multipolaire et singulièrement ses pays leaders comme une terrible menace qu'elle ne craint pas d'identifier au nazisme. Il s'agirait d' une coalition contre les libertés, une coalition d'autocrates face auquel l'impérialisme lui même fascisant, belliciste et exploitant jusqu'à la destruction serait un rempart. Cette interprétation paradoxale dans laquelle la démocratie est le fascisme contre lequel elle prétend lutter entretient une "communication", un effet médiatique grotesque et puéril de xénophobie, qui de plus en plus identifie ce racisme au "péril communiste supposé" en inventant sa menace, tout en essayant de convaincre de sa faiblesse et de la facilité avec laquelle il pourra être vaincu puisqu'il l'aurait été à travers l'URSS devenue dans cet imaginaire l'équivalent du fascisme.

Ce qui fait la force de cette pantalonnade c'est l'absence de contre propagande, l'acceptation de fait d'un tel champ idéologique politique et l'on comprend alors l'importance tactique d'avoir un PCF, une CGT à l'intérieur desquels ce leurre n'est pas remis en question. C'est sur ce plan que nous avons agi, avec d'autres et nous continuerons.

D'abord en décrivant ce monde multipolaire qui se distingue de toutes les coalitions de pillards imposant leur ordre qu'a généré l'impérialisme, le capitalisme occidental : depuis le colonialisme jusqu'à l'OTAN en passant par l'axe nazi de la deuxième guerre mondiale. Les théoriciens de la propagande impérialistes sont bien en peine de définir cet axe "autoritaire" contre lequel ils appellent au surarmement et prétendent toujours plus faire pression sur les "citoyens" de leur "démocratie". Ils en sont à tenter de nous convaincre que le fait qu'il n'existe pas de coopération entre la Russie, la Chine, l’Iran et la Corée du Nord rendrait encore plus alarmant ce monde unipolaire et surtout le fait que ce soit la Chine socialiste dirigé par un parti communiste qui en soit le leader. un auteur américain Wright le caractérisait ainsi :

L'absence d'un bloc formel ne signifie pas pour autant que la coopération est faible. En réalité, le bilatéralisme est peut-être précisément ce qui la rend efficace. Ces quatre États ont coopéré en matière d'intégration militaire, de transferts technologiques et d'apprentissage mutuel d'une manière qui surpasse la plupart des partenariats autoritaires antérieurs. Les accords bilatéraux conclus aujourd'hui entre les adversaires de Washington peuvent être négociés plus rapidement, sont plus faciles à dissimuler ou à nier, et s'adaptent plus aisément aux besoins stratégiques immédiats de chaque paire de pays que les alliances autoritaires formelles traditionnelles. De fait, l'histoire montre que les alliances autoritaires se sont souvent révélées fragiles et peu fiables une fois formalisées, en particulier lorsqu'elles impliquent plus de deux pays. Ce qui se dessine entre ces quatre puissances pourrait être plus flexible, et à certains égards plus dangereux. Le défi pour Washington n'est donc pas de déterminer si un nouvel axe autoritaire a émergé. Ce n'est pas le cas. La question plus importante est de savoir si un réseau de coopération militaire, technologique et politique, plus souple mais toujours plus performant, peut générer des effets stratégiques comparables, voire supérieurs, à ceux d'une alliance formelle. De plus en plus, la réponse semble être affirmative.(1)

En fait, ce paradoxe d'un bloc sans coopération militaire qui serait plus dangereux est mis en avant parce qu'il répond idéologiquement et politiquement à une double nécessité :

La première tient compte de la réalité , puisqu'il est vrai le monde multipolaire n'a pas produit l'équivalent de ce qu'est l'ordre dit libéral en fait impérialiste. Même en le limitant à l'axe stratégique que serait la Russie, la Chine, l'Iran le renforcement des coopérations ne crée pas sauf entre la Russie et la Corée du nord, une alliance, une aide et une protection du type de l'OTAN ou des alliés japonais et Coréens du sud. Pourtant à partir de ce qui est alors une défense asymétrique, l'énorme armada accumulée par les Etats-Unis et leur alliés est impuissante à imposer sa loi autrement que par la destruction et le génocide.

Ce qui ne freine pas la montée en puissance au niveau du développement scientifique et technique de la Chine mais fait cruellement ressentir les insuffisances d'un système oligarchique qui impose ses intérêts à court terme et continue à se diviser au vu des faibles résultats externes et des pressions internes. Ces caractéristiques relevant de la lutte des classes dont il est difficile de faire abstraction.

2- Le Discours anti- monde multipolaire est d'abord à usage interne face au mécontentement de la politique de surarmement et de surexploitation de l'oligarchie qui nous gouverne d'où pour faire face le désaveu de la politique, les divisions face à la perte de démocratie interne : il s'agit d'empêcher la montée de la lutte des classe par l'écoeurement et la division. Il ne faut jamais faire ce que veut l'adversaire, la réponse est donc dans le contraire l'unité et la conquête d'une autre politique.

En fait si ces États du monde multipolaire qui s'inscrivent dans cette démarche d'échange et de "gagnant-gagnant" sont décrits comme un réseau menaçant c'est principalement pour permettre aux analystes occidentaux de conserver le même regroupement de pays coalisés et leur entretien dans la logique des marchés financiers et des marchands d'armes à des fins de surenchère , dans le même temps ce caractère artificiel de la menace fait se déliter l'unité de la coalition libérale que chacun tend à développer à sa manière :les relations entre les USA et l'UE sont exemplaires à cet égard.

De ce fait plus le système impérialiste occidental libéral se délite plus il exige de sa population nationale des efforts insupportables et plus son système démocratique intérieur comme les institutions internationales qu'il a mis en place subissent la pression de la lutte des classes : s'en suit un ébranlement de tout l'échafaudage politique. Ce que les peuples peuvent attendre des élections et des formes de représentation est alors frappé de désaveu. L'abstention voire le choix de l'extrême-droite fait partie de cet ébranlement. Il y a une crise de la politique qui peut-être extrêmement dangereuse parce qu'elle offre un terrain privilégié à l'extrême droite mais surtout parce que la fascisation de 'l'ordre unipolaire" est déjà une réalité qui menace toute tentative de prendre le pouvoir de manière démocratique et exige de ce fait la conquête d'un nouveau "champ politique".

3- Comme nous l'avons résumé L’urgence pour nous Française n’est pas d’être la prochaine cible mais de constituer une force de résistance et de ne pas détruire le peu qui existe dans notre pays.

C’est à ce titre que nous ne pouvons pas adhérer à la proposition de LFI et pas parce que nous lui faisons un procès d’intention qui risque de mettre en cause nos propres libertés. Non Mélenchon n’est pas un fasciste et LFI non plus, mais l’aventurisme de leur politique est dangereux par rapport à ce qu’est le fascisme parce que les tactiques politiciennes sont enfermées dans des clientélismes électoraux qui divisent, et qui, comme la plupart des forces politiques, reste de sommet et a de fait coupé avec les besoins et le désarroi de ceux qui ont intérêt au changement. Pas de forces organisées, implantées dans la production, dans les forces vives alors que le choc sera sans commune mesure même avec ce que fut l’élection du dit Mitterrand dans les années 1980. Ce qui fait abusivement définir LFI et le vieux renard électoraliste qu'est Mélenchon comme des fascistes c'est que l'on perçoit confusément à quel point cette tactique est celle que privilégie le RN.

Il ne s'agit pas du fascisme mais d'un aventurisme : comment peut-on imaginer, avec un minimum de lucidité sur les rapports de forces réels, qu’une telle élection pourrait concrétiser ce changement avec une gauche à 25% ? . Et surtout penser que si cette force l’emportait par extraordinaire elle représenterait un rempart devant ce qui déferlera de la part de cette puissance désespérée et prête à tout sur toute la planète. Et ce dans le coeur même de son système, ce qu’est la France ? Alors qu’a été détruit la capacité à oeuvrer ensemble pour résister, imposer le changement ? C'est actuellement un frein à la construction urgente d'une autre politique.

La seule issue est dans l’unité qui devrait aller bien au-delà de cette misérable gauche qui ne fait plus qu’un quart des voix et qui écoeure une majorité des Français, une unité qui donc reste à construire avec des gens qui sont à gagner , Une unité politique, consciente des enjeux réels et respectueuse des bases sur lesquelles chacun accepte d’agir ensemble sur des objectifs clairs et parfois limités. Cette conscience encore embryonnaire de ce qui doit être construit c’est encore au PCF qu’elle apparaît. Mais il reste tout un travail théorico-politique : l'action des militants éclairée par une compréhension de l'adversaire et la perspective.

4- Qu'est-ce que l'adversaire : Le fascisme est ce lien organique entre le capital, le crime organisé, ses voyous et la guerre.

Histoireet societe 3 ne se contentera pas du constat, à savoir celui de l’évidence comme jamais entre le crime organisé, la délinquance en col blanc et ceux qui au sommet des Etats nous conduisent vers le surarmement et la guerre. Il y a trop d’exemple que la propagande tend à limiter aux faits divers », cet assassinat en plein Monaco et d’autres en Europe, ou les ragots qui rabaissent les élections à un spectacle écoeurant : depuis le nombre de président et de candidats à la présidentielle inculpés jusqu’au niveau du débat, de la haine, de la foire d’empoigne.

Nous nous affirmons qu’il y a un lien entre ce personnel politicien inculpé, condamné jusqu’aux attentats terroristes sponsorisés par nos guerriers par procuration et le surarmement sur fond de divisions et marchandages de l’OTAN, ce lien est celui d’une politique dont se détourne le peuple français inquiet de écoeuré.*

Nous examinons tout d’abord la structure des dépenses de défense. Les « alliés » » de l’OTAN se sont réunis à Ankara pour annoncer des contrats d’armement d’une valeur de plusieurs dizaines de milliards de dollars, conçus presque exclusivement pour démontrer à l’administration Trump que l’Europe payait enfin sa part.Ce système a été soigneusement calibré pour satisfaire un président américain pragmatique qui a systématiquement subordonné l’alignement idéologique fondé sur des valeurs aux calculs de partage des responsabilités en matière de sécurité.

Il est clair qu’alors on tente de tenir les peuples sur un système de « valeurs » le réalisme des profits pour une poignée l’emporte sur tout autre considération et dans un tel système nous sommes dans une logique mafieuse dans laquelle juge, gangsters et gendarmes se confondent aisément. L’élection elle-même ne fait que traduire l’aspect cynique et théâtralisé d’un tel système pour entretenir un peuple grugé dans le système et celui qui feint d’être hors système tout en désarmant les peuples.

5- L’espoir d’échapper à cette logique mortifère est faible tant tout paraît fait dans ce qui se prétend une démocratie pour l’entretenir selon les voeux de l’oligarchie.

Comment ne pas être saisi par ces images hallucinantes d’un président avec ses lunettes miroirs, son footing matinal en short (comme Sarkozy) dans les rues d’Ankara, et le même discourant pour étaler son impuissance devant la colonisation des territoires occupés en Palestine, détruisant la solution à deux Etats, qu’est censée défendre la France, justifiant les bombardements US qui reprennent sur l’Iran et se portant en première ligne de l’escalade contre la Russie puissance nucléaire et partenaire stratégique de la Chine, du monde multipolaire, en défendant l’indéfendable la corruption mafieuse incarnée par Zelenski et en revendiquant donc l’entrée en guerre contre la Russie comme autonomie d’une UE dont il serait le leader. Tandis que le landernau politicien en France s’interroge gravement sur ce qu’un bracelet électronique apporte ou nuit au candidat à la présidentielle, chacun à tour de rôle venant disserter sur le sujet avec toujours un représentant du RN pour afficher son mépris en « valorisant » ostensiblement l’adversaire LFI, le seul avec qui on polémique, les autres on les rallie ou on les ignore comme le malheureux Guedje qui n’arrivait pas à obtenir un regard de celui qui était sur le même plateau que lui mais répondait à un hors champ qui était Manuel Bompard, même stratégie de Marion Maréchal qui fera le lien avec Meloni déjà d’accord avec l’UE et Macron. Qelle tambouille! On est soulagé de ne pas voir le candidat communiste mêlé à cela même si tout va être fait pour que le débat de la présidentielle ne soit que ça…Comment ne pas être stupéfait quand des groupuscules qui se prétendent marxistes léninistes se sont ralliés à cette comédie par haine de leur appartenance d’origine… La passion n’est pas condamnable mais pas quand elle interdit d’accomplir ses propres objectifs.

La France brule, pas d’argent pour les canadairs, pour la climatisation dans les hôpitaux pour opérer une reconversion de fait de tout notre dispositif. Qu’importe d’ailleurs on ne meurt pas de canicule, on meurt de misère, d’abandon dans la canicule et il en est ainsi de la plupart des problèmes que l’on prétend affronter dans l’urgence sans en reconsidérer la logique de classe, l’historique. Aucun communiste ne peut ignorer cette réalité là et doit en partir pour considérer son action, ne pas oublier l’adversaire réel le capital.

Est-ce que cela veut dire que le capital s’est rallié au fascisme? En tous les cas c’est la preuve que son absence de solutions relevant de l’intérêt général, ses divisions en factions irréconciliables ne repoussent plus une telle issue qui est la seule capable de recréer l’unité autour du renforcement de l’exploitation des êtres humains et des nations.

6- Notre relation avec le PCF : Histoire et societe appuiera ce qui s'est dessiné au dernier Congrès mais ne sera pas limité à ce qui n'est qu'un possible encore très embryonnaire et qui se heurte à un parti très marqué par des décennies de liquidation. Nous laissons aux adhérents de ce parti la mise en oeuvre. Notre propre apport sera différent.

Le dernier congrès du PCF avec le discours de clôture de Fabien Roussel nous laisse espérer un sursaut, le PCF a longtemps été le meilleur rempart contre le fascisme parce qu’il était organisé, discipliné, ses militants étaient désintéressés, formés idéologiquement et savaient rassembler large, mais depuis plus de trente ans il s’est social démocratisé, il est divisé en factions, il a déserté le monde du travail, a parfois humilié en son sein les militants ouvriers, les a chassé de ses instances de direction et demeure désorganisé… L’urgence est dans la reconquête de lui-même, de son unité et de la capacité de ses militants à reprendre pied dans la réalité. Roussel a été particulièrement convaincant sur bien des points, celui du travail, de la paix, mais aussi du rôle des combats féministes quand ils retrouvent la dimension de classe.

Ce n’est pas gagné, mais Histoireetsociete3 contribuera à ce choix de congrès, non pas en nous substituant à l’activité des militants et à leurs orientations mais en ouvrant des espaces de compréhension de la perspective qu’ils tracent et mettent en oeuvre. La porte est étroite et l’on a tout à craindre d’un parti désorganisé qui ne sait plus convaincre et qui lui aussi se laisse avoir par des polémiques stériles qui est la seule chose que ses malheureux militants ont pratiqué depuis des décennies en croyant que c’est la démocratie, comme la pétaudière de la vie politique française prétend passer pour la démocratie. Effectivement il n’y a pas de grandes différences entre le PCF d’aujourd’hui LFI et les autres partis social démocrates mais c’est un manque qui contribue à la désunion, à l’absence de crédibilité. Il faut partir de cet état réel non pas pour désespérer mais pour mesure l’ampleur de la tâche et se positionner dans son propre apport.

Histoire et societé n’a jamais caché son orientation communiste, mais si certains de nos intervenants sont membre du PCF, Il s'avère que moi danielle Bleitrach, qui me retrouve en position d’être le principal rédacteur de ce blog, je ne suis plus membre de ce parti et je ne souhaite pas qu’Histoireetsociete devienne la voix du parti. Il y a bien des raisons à ce refus d’être un site affilié à un parti quelconque et même au PCF dont nous espérons plus que d’autres, A l’inverse de ceux qui prétendent avoir une démarche fractionnelle et qui ne respecteront pas les décisions du congrès, je pense que l’unité du choix d’un congrès est essentiel pour avoir un parti communiste qui soit réellement en rupture avec cette crise politique, un parti qui favorise l’initiative de la classe ouvrière, des couches populaires dont nous avons tous majoritairement besoin quels que soient nos choix individuels en dehors d’une poignée d’oligarques et ceux qui se sont mis à leur service. Ce que publie et va publier histoireetsociete ne correspond pas nécessairement à ce qui a été décidé au Congrès et pourrait alors engendrer des divisions et des fractions étrangères à notre démarche.

Donc Histoireet societe n'est pas un site officiel du PCF et développera sa propre démarche sur les questions internationales mais aussi théoriques

En ce qui concerne le suivi du PCF, il est prévu une rubrique gérée par Franck Marsal et d’autres camarades comme Paul Barbazange (2)qui se sont proposés pour l’alimenter à partir de la mise en oeuvre du Congrès, cette rubrique portera un nom : la vie du PCF et elle sera je l’espère le lieu des échanges des expériences concrètes de cette « reconquête » proposée par Roussel et pas un déversoir des divisions de la gauche croupion.

Pour le reste histoireetsociete3, tout en s’inscrivant dans ce projet de reconquête de ceux qui s’abstiennent ou sont allés vers l’extrême-droite ,aura des rubriques qui seront justement celles de cette reconquête au-delà des rangs existants. Il faut reconquérir le monde ouvrier, les couches populaires, la jeunesse, les faire adhérer mais il faut aussi reconstruire un dialogue avec des antifascistes, contre la guerre, des humanistes. Avec ce front élargi, transformer la nature du débat politique. J’ai accepté de continuer à gérer ce blog à ce prix là.

Il faut avoir le courage intellectuel de tout repenser des convictions qui se sont accumulées dans la phase de liquidation: dans la rubrique culturelle nous initions par exemple une réflexion sur Staline qui ne se contente pas d'une réhabilitation hâtive mais qui tient compte de l'expérimentation telle qu'elle s'est développée dans les différentes phases de l'impérialisme et aujourd'hui dans cette multipolarité. Staline est discuté et critiqué parce qu'il aurait trop privilégié la logique occidentale, celle d'un capitalisme qui est celui du "libéralisme" et de l'unipolaire y compris dans sa définition de la rationalité et de la nation. Le débat très fructueux entre Mao et Staline peut être repris.

C'est un champ très vaste dans l'espace et dans le temps, dans les modalités de la lutte des classes qui est à investir y compris sous des formes comparatives. A ce titre on peut constater que la politique internationale, et même la mémoire du mouvement ouvrier, les contacts entre forces progressistes, églises, sont à peine en train de s'ébranler à travers le choix d'une perspective socialiste mais il y a encore trop d’étroitesse dans l’appel au dialogue, au travail ensemble sur des points précis et le meilleur service que l'on puisse rendre au PCF tel qu’il est (les autres partis et groupuscules c’est souvent pire) si l'on ne participe pas à ses instance c'est d'aider à sortir du carcan que représente aujourd’hui le monde politico-médiatique en France et plus généralement dans les pays ralliés à l’impérialisme et à l’escalade.

danielle Bleitrach

(1) Thomas Wright est chercheur principal au Strobe Talbott Center for Security, Strategy, and Technology de la Brookings Institution.

(2) l’Hérault département de Paul Barbazange fait partie de ces départements de vieille tradition de lutte où existe déjà depuis de nombreuses années cet esprit de reconquête y compris face au visage d’un fascisme new look et raisonnable incarné par Robert Menard qui s’est longtemps présenté avec reporters sans frontière comme un trotskisme luttant contre « le stalinisme » de Cuba, de la Chine… « la raison incarnée » stipendiée par la CIA, qui le pousse aujourd’hui à aller inspecter les lignes de front de Zelensky et vanter le courage militaire, physique tandis que la population ukrainienne fuit l’enrôlement obligatoire et que l’UE met en place des rapatriements forcés… Les expériences se multiplient dans tous les coins de France, les obstacles, les possibles, le passage du flambeau à une autre génération,

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