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ONU : Les Etats-Unis, Israël et l’Argentine rejettent la déclaration de l’esclavage comme crime le plus grave

Monde

L’ONU a qualifié la traite transatlantique des esclaves et l’esclavage racialisé des Africains de « crime le plus grave contre l’humanité ». Les administrations Trump, Netanyahu et Milei ont voté contre cette déclaration et les pays occidentaux se sont abstenus dont la France… Chacun comprendra qu’un tel vote alors que Trump prétend mobiliser autour de lui les États caribéens et ceux d’Amérique latine, des pays africains n’intervient pas pour rien. (note et traduction de Danielle Bleitrach histoireetsociete)

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L’initiative, présentée par une coalition de 60 pays d’Afrique, des Caraïbes et d’Amérique latine, affirme que ce système d’exploitation constitue une violation du droit international imprescriptible et que ses conséquences continuent d’affecter des millions de personnes dans le monde. Photo : EFE.

ONU : Les États-Unis, Israël et l’Argentine rejettent la déclaration de l’esclavage comme crime le plus grave


25 mars 2026


Les États-Unis, Israël et l’Argentine ont rejeté mercredi à l’ Assemblée générale de l’ONU une résolution adoptée en séance plénière, représentant la communauté internationale, qui désigne l’esclavage des Africains comme le crime le plus grave contre l’humanité, obtenant le soutien de 123 pays membres.

L’initiative, présentée par une coalition de 60 pays d’Afrique, des Caraïbes et d’Amérique latine, reconnaît que  ce système d’exploitation, qui a perduré pendant plus de quatre siècles, constitue une violation du droit international qui ne s’éteint pas et dont les conséquences continuent d’affecter des millions de personnes dans le monde entier.

La résolution a été adoptée par 123 voix pour et 52 abstentions, dont la quasi-totalité des pays du bloc occidental, parmi lesquels l’Espagne, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, anciennes puissances coloniales. Les gouvernements de Trump, Netanyahu et Milei ont été les seuls à voter contre.

Le texte proclame que la traite négrière africaine et l’esclavage racialisé sont les crimes les plus graves contre l’humanité et souligne leurs conséquences durables dans l’histoire mondiale, ainsi que leur durée, leur nature systémique et leur brutalité.

Dan Negrea, représentant des États-Unis auprès du Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC), a justifié le vote négatif de Washington en considérant le texte de la résolution comme « extrêmement problématique à de nombreux égards » et a ajouté que les États-Unis « ne reconnaissent pas de droit légal à réparation pour des griefs historiques qui n’étaient pas illégaux au regard du droit international au moment où ils se sont produits ».

Un autre argument avancé par le représentant de l’administration Trump était que le texte approuvé par la majorité des membres de l’ONU encourageait la création de nouveaux groupes de travail et de rapports « coûteux », objectifs pour lesquels, selon lui, l’organisation mondiale « n’a pas été créée ».

À l’inverse, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a décrit la traite transatlantique des esclaves comme une « profonde trahison de la dignité humaine » et une « machine d’exploitation de masse et de déshumanisation délibérée ».

Guterres a souligné qu’il est « temps de faire face aux conséquences durables des inégalités et du racisme » et que « nous ne devons jamais oublier le système pervers qui les a perpétuées pendant si longtemps ».

La présidente de l’Assemblée générale, Annalenna Baerbock, a décrit la traite des esclaves comme l’une des « violations des droits de l’homme les plus graves de l’histoire de l’humanité ».

Parmi les autres mesures prévues dans le texte adopté, l’Assemblée générale prie le Secrétaire général de renforcer la coordination en matière de commémoration, d’éducation et de recherche sur l’esclavage et ses conséquences. Parallèlement, elle exhorte les États Membres à promouvoir des programmes éducatifs complets, des initiatives de préservation de la mémoire historique et la recherche universitaire, ainsi qu’à soutenir les initiatives de réparations promues par l’Union africaine et la Communauté caribéenne.

L’adoption de cette résolution intervient dans le contexte de la deuxième Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine (2025-2034) et quelques mois avant le centenaire de la Convention pour la suppression de la traite des esclaves et de l’esclavage (1926).

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