Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Nicolas Maduro a refusé d’être un esclave de l’empire

9 janvier 2026

La légende de Maduro est en train de se développer pour l’Amérique latine, pour les minorités opprimées et chacun s’en répète les aspects exemplaires, hors du commun, de celui qui va défier le monstre dans son antre… Ce qui aurait décidé de déclencher l’opération a été la danse et le flegme de Maduro qui proposait au président des USA de lutter ensemble contre le narcotrafic. Maduro a refusé de fuir et accepté d’aller affronter un procès à New York, la photo prise à l’intérieur de l’avion et validée par Trump lui même laisse penser qu’il a été placé dans un piège sensoriel, le silence et l’isolement absolu de la vision et de l’audition (voir photo en fin d’article), fait pour accroître son niveau d’angoisse et qu’il se présente dans un état de total désarroi à la sortie. Ce qui n’est pas arrivé. On peut donc penser que sur le modèle de Chavez, Maduro s’était préparé à un tel enlèvement et la direction du gouvernement vénézuélien également. Il est impossible de faire face en l’état aux opérations terroristes secrètes qui sont la grande spécialité des Etats-Unis avec des moyens considérables mais la riposte s’organise à un tout autre niveau et là nous avons tous notre rôle à jouer pour revendiquer la libération du dirigeant et son épouse, un contrôle sur ce qu’il subit. (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Nick Estes

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Capture d’écran YouTube.

Nicolás Maduro a refusé d’être un esclave de l’empire

Le New York Times  a rapporté que les membres de l’administration Trump se sentaient ridiculisés par le président vénézuélien. Ce qui les avait provoqués, ce n’était ni un discours ni une politique, mais la nonchalance de Nicolás Maduro, son attitude désinvolte face à l’escalade des menaces américaines.

Alors que l’administration Trump bombardait des bateaux de pêche dans les Caraïbes, tuant au moins 115 personnes au moment où ces lignes étaient écrites, sous couvert d’une guerre contre les « narco-terroristes », Maduro dansait.

Pendant que Trump déployait onze navires de guerre, des escadrons d’avions de chasse et quinze mille soldats pour menacer et bloquer le Venezuela, Maduro dansait.

Pendant que Pete Hegseth s’en prenait aux « généraux obèses », déplorait le déclin de la masculinité blanche américaine et appelait à la renaissance d’une « éthique guerrière » macho dans l’armée américaine, Maduro dansait.

Alors que le niveau de vie baissait et que l’espérance de vie diminuait aux États-Unis, Maduro dansait.

Pendant que Trump accusait les immigrants du déclin d’un empire rongé par la toxicomanie, l’aliénation et les inégalités extrêmes, Maduro dansait.

Et tandis que Trump réclamait ouvertement le pétrole et les ressources du Venezuela — laissant échapper que cela n’avait jamais été une question de drogue —, Maduro dansait en scandant en anglais : « Pas de guerre folle », comme s’il s’adressait directement à Trump.

Les moqueries étaient intolérables. Les États-Unis ont donc mis leurs menaces à exécution. Samedi dernier, Trump a envoyé des forces spéciales enlever Maduro et son épouse, la Première dame et « Première combattante » Cilia Flores, au palais de Miraflores à Caracas, en bombardant et en tuant tous ceux qui se dressaient sur leur chemin.

Ce n’était pas une question de chorégraphie. Le véritable crime de Maduro fut de refuser la soumission, de refuser d’être l’esclave d’un empire suprémaciste blanc. Et quoi que fassent ou ne fassent pas les États-Unis, le même scénario se répète. Le Venezuela exécute les mêmes mouvements que son président désormais kidnappé, avec une méfiance accrue envers un voyeur indésirable.

Même enchaîné et derrière les barreaux, les pas de danse de Maduro continuent de perturber Trump.

« Je suis le président du Venezuela, je me considère comme un prisonnier de guerre. J’ai été arrêté à mon domicile à Caracas », a déclaré Maduro à un juge dans un tribunal de New York, où il était accusé de trafic de drogue, des accusations dont même ses accusateurs semblent désormais se désister.

(Il n’y a jamais eu de Cartel du Soleil, admettent-ils.)

Le juge blanc de 92 ans interrompit Maduro, craignant peut-être que lui et sa femme ne se mettent à danser, violant ainsi le caractère sacré du tribunal et du pays qui les avait arrachés à leur liberté.

Cet article a initialement paru sur Red Scare.

Nick Estes est membre de la tribu Sioux de Lower Brule. Journaliste, historien et co-animateur du podcast Red Nation, il est l’auteur de * Our History Is the Future : Standing Rock Versus the Dakota Access Pipeline, and the Long Tradition of Indigenous Resistance*  (Verso, 2019).

(1) Il a circulé diverses photos qui étaient des faux mais celle-ci a été authentifiée par Trump lui-même, ce qui vous me direz n’est pas une garantie mais se placer soi-même en situation de mensonge dans ce cas n’aurait pas d’intérêt. La photo a attiré les remarques suivantes :

L’utilisation de bandeaux et de cache-oreilles pour transporter Maduro est injustifiable au nom de la sécurité nationale. Craignaient-ils que Maduro n’appelle ses généraux sur son téléphone portable pour leur communiquer ses coordonnées GPS et leur permettre de tenter un sauvetage en mer ? Pensaient-ils qu’il serait un jour en mesure de révéler les atouts et les faiblesses du navire d’assaut amphibie de classe Wasp, éprouvé au combat, à Iwo Jima ? Le recours à des dispositifs de privation sensorielle visait à intimider, désorienter et induire chez Maduro un sentiment d’impuissance et de détresse. Il s’agit d’une forme de « torture sans contact », proscrite par la Convention des Nations Unies contre la torture ( articles 1 et 16 ), telle qu’interprétée par le Comité des Nations Unies contre la torture dans son Protocole d’Istanbul.

Les États-Unis utilisent depuis longtemps le port de cagoules, de bandeaux, de cache-oreilles et d’autres formes de privation sensorielle comme moyen de torture et d’intimidation. Les prisonniers d’Abou Ghraib, en Irak, étaient cagoulés, et ceux envoyés à Guantanamo, à Cuba, étaient soumis à des cagoules, des bandeaux et des cache-oreilles. Les interrogateurs considèrent ce traitement comme un moyen d’induire un sentiment d’impuissance acquise et de rendre les prisonniers plus dociles lors des interrogatoires. Même la bouteille d’eau que Maduro tient à la main sur la photo sert un objectif américain : à la fois persuader le prisonnier de sa dépendance envers les Américains et montrer à l’opinion publique internationale qu’il est traité humainement.

ON SEEING MADURO ON U.S.S. IWO JIMA
STEPHEN F. EISENMAN
Authenticating a photo.

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