Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

NI VU, NI CONNU !

Dire que Macron a agi en toute discrétion en Afrique c’est simplement noter à quel point il jouit d’une classe politico-médiatique prête à tout avaler. Si les médias depuis le rapt tonitruant de Trump n’ont pas déçu et ont confirmé leur capacité à tout cautionner, il y a eu incontestablement un sursaut d’une partie de la classe politique qui s’est retrouvée sur de très anciennes base gaullistes et communistes… pour être stupéfait par la vassalité assumée de Macron. Mais pas au point de dénoncer effectivement le rôle de Macron en Afrique et partout là où les Français ont des positions historiques, au Moyen Orient comme en Roumanie, en Géorgie, qui est pourtant dans sa logique de vassalité stupéfiante à l’impérialisme, il n’y a guère que Zelenski pour être pire. La question de savoir les bases d’une telle allégeance se pose tant on a l’impression que la politique étrangère de la France n’a plus de diplomatie seulement des services secrets avec des coups tordus et des intérêts inavouables. (note de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Autant Donald Trump s’est hier propulsé lui-même sur tous les écrans du monde comme le plus grand bandit vivant en réalisant au Venezuela un braquage spectaculaire avec prise d’otage, autant Emmanuel Macron a été d’une discrétion exemplaire dans son opération très « françafricaine à l’ancienne » qu’il a orchestrée au Bénin, au point qu’on peut se demander si le Chef de l’Etat n’est plus que le chef des services de renseignement voire des forces spéciales. Cette observation confirmerait le peu d’intérêt voire le dédain qu’il manifeste pour la condition présente et future du peuple de France dont il considère les enfants comme de la simple chair à canon.

C’est ce qui ressort de la lecture attentive du Compte-rendu qui suit du Conseil des ministres du gouvernement du Bénin tenu le lundi 8 Décembre c’est à dire le lendemain du coup. S’il est bien fait état d’un soutien du Nigeria et de l’arrivée de Côte d’Ivoire d’une force spéciale, rien ne permet de penser que la France ait pu avoir un rôle quelconque dans cette affaire. Si l’action de la CEDAO s‘est réduite à la participation de ses deux membres mentionnés plus haut c’est qu’elle n’a joué aucun rôle. Son Président en exercice a été « informé » !

Il est fait allusion au sacrifice de soldats sans plus de précision (les rebelles étaient aussi des soldats) mais il n’a pas été question de cérémonies officielles pour honorer leur mémoire. Leurs familles seront « assistées ».

Mais toute référence à la France, à son Président ou à son armée est absente.

Le public a été convié à un spectacle – qui a fait quelques (?) morts – où le gendarme Talon a bastonné le vilain Guignol Tigri et personne n’a demandé qui était le marionnettiste venu assurer sa brève prestation avant de retourner aussitôt à ses grandes affaires planétaires jupitériennes vaniteuses.

Nous n’avons rien vu à Cotonou !

***

Compte rendu du conseil extraordinaire des Ministres de ce Lundi 08 Décembre 2025 en présence du Chef de l’Etat Patrice Talon

𝗙𝗶𝗹 𝗱𝗲𝘀 𝗘́𝘃𝗲́𝗻𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁𝘀 (𝗗𝗶𝗺𝗮𝗻𝗰𝗵𝗲 𝟳 𝗲𝘁 𝗟𝘂𝗻𝗱𝗶 𝟴 𝗗𝗲́𝗰𝗲𝗺𝗯𝗿𝗲 𝟮𝟬𝟮𝟱)

  • Le Conseil des Ministres s’est tenu en séance extraordinaire le lundi 8 décembre 2025, sous la présidence de Monsieur Patrice TALON, pour aborder exclusivement les événements du dimanche 7 décembre 2025.
  • Un groupuscule de soldats a organisé une mutinerie dont l’objectif était de démettre le Président de la République, de soumettre les Institutions, et de remettre en cause l’ordre constitutionnel.
  • Les mutins ont d’abord cherché à neutraliser ou kidnapper certains officiers généraux et supérieurs.
  • Vers 2h du matin, ils se sont rendus au domicile du général Bertin BADA (Directeur du cabinet militaire). Le général BADA a réussi à leur échapper, mais son épouse a été mortellement blessée.
  • Le commandant de la base militaire de Togbin, le colonel Faïzou GOMINA, a été requis de se rendre au domicile du général BADA en raison du manque de diligence de sa base, où il a été violenté et fait otage.
  • La mutinerie a pris corps à la base militaire de Togbin.
  • Simultanément, les mutins se sont dirigés vers le domicile du général Abou ISSA (Chef d’état-major de l’Armée de Terre), qui a opposé une forte résistance avant d’être kidnappé par une équipe supposée être en renfort.
  • Les mutins sont partis de la base de Togbin avec des armes et des engins blindés.
  • Autour de 5h du matin, ils se sont portés vers la résidence du Chef de l’État, où la Garde républicaine les attendait.
  • Un rude combat s’en est suivi avec des victimes des deux côtés, le Président de la République vivant les affrontements aux côtés des éléments de la Garde Républicaine.
  • Les assaillants, débordés, ont battu en retraite, puis se sont dirigés vers la Télévision nationale qu’ils ont contrôlée un temps pour y faire une déclaration.
  • L’Armée loyale a délogé les mutins de la Télévision nationale, et certains éléments pris de panique ont été abandonnés sur place et arrêtés.

Les mutins ont tenté d’ouvrir d’autres fronts, notamment à la base militaire de Togbin où ils disposaient encore de blindés.

  • L’Armée républicaine a encerclé la base, prête à donner l’assaut final.
  • Afin d’éviter de nombreuses victimes collatérales dans cette zone d’habitation, le Chef suprême des Armées a décidé des frappes aériennes ciblées.
  • Le Nigeria est venu en assistance dans le cadre de la coopération sous-régionale (CEDEAO) et a mené des frappes en fin de journée par son aviation militaire, immobilisant certains engins blindés, sans pertes en vies humaines.
  • Les derniers assaillants ont fui, et le contrôle de la base a été repris.
  • Une force en attente de la CEDEAO, composée de soldats nigérians, est désormais logée à la base de Togbin pour soutenir l’Armée républicaine.
  • Une force spéciale venue de Côte d’Ivoire s’est positionnée à Cotonou en cette même fin de journée du dimanche, dans le cadre de la coopération sous-régionale.
  • Le général Abou ISSA et le colonel Faïzou GOMINA ont été libérés au petit matin du lundi 8 décembre à Tchaourou, où ils avaient été conduits par les mutins en fuite.

💡 𝗘𝗻𝘀𝗲𝗶𝗴𝗻𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁𝘀 𝗲𝘁 𝗗𝗲́𝗰𝗶𝘀𝗶𝗼𝗻𝘀

Le Gouvernement a observé une minute de silence en mémoire des défunts et exprimé son soutien aux blessés.

Il a été ordonné que des enquêtes permettent d’identifier tous les auteurs et commanditaires, de situer les responsabilités et d’évaluer les dégâts matériels (y compris ceux collatéraux subis par des civils) en vue d’une réparation par l’État.

Le Président de la République a remercié le Peuple béninois pour son soutien et son attachement à la bonne marche du pays.

Il a félicité l’Armée et ses responsables pour leur loyauté et leur sens du devoir républicain.

Il a été instruit que les familles des soldats s’étant sacrifiés pour la patrie soient assistées convenablement.

Le Président s’est félicité de la solidarité des pays de la CEDEAO, en particulier le Nigeria et la Côte d’Ivoire.

Le Gouvernement et le Peuple sont invités à voir dans cette épreuve un motif de continuer à bâtir un Bénin fort et résilient, où chacun devra aussi répondre de ses actes attentatoires aux intérêts du pays.

Le Président a exprimé sa conviction que le pays va poursuivre sa marche vers le progrès et que tous les enseignements doivent être tirés de ces événements pour qu’ils ne se reproduisent plus jamais.

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