Histoire et société > Éditorial
Editorial : avoir la passion de l'Histoire ou s'engager, les deux en temps de guerre comme marc Bloch
cette obsession de la vérité sous la propagande est ce qui fonde la passion de l'histoire : ce travail de Marc Bloch qu'il reprend dans l'Apologie de l'Histoire dans la seconde guerre mondiale le conduira à la mort. Je n'ai jamais pu exactement savoir ce qui me dominait dans ma propre passion de l'histoire, moi qui lisait la société féodale de Marc Bloch en surveillant la route de la légion à Puyloubier pour guetter les mouvements de l'OAS (en notant les numéros des plaques des voitures pour savoir où se planquaient ceux qui pendant la guerre d'Algérie attaquaient les sièges du PCF) . je crois de par ma propre histoire que l'engagement est déterminant mais néanmoins, il arrive un moment où je ne peux accepter le narratif quand je le sais faux archifaux et nous conduisant à la guerre. Donc je vous présente ce texte suivi d'une mise au point concernant mon refus d'accorder la moindre confiance à ceux qui sont visiblement chargés une fois de plus du secteur international et de l'imprimatur au sein du PCF. Là est la limite de mon soutien au PCF et au renouveau amorcé. Ce n'est pas un condamnation, je maintiens qu'il n'y a pas de force politique, aucun parti, aucun groupuscule qui soit plus crédible que ce PCF qui tente d'émerger en retrouvant la réalité, celle des exigences des couches populaires, celle de la souveraineté française, mais n'étant pas adhérente, je peux avoir le luxe de ne pas me plier à des logiques d'appareil qui maintiennent en place des gens qui sont nuisibles et ne changeront pas, face à de tels choix d'appareil, on ne peut pas baisser la garde et accepter ce que ce parti propose dans la confiance de jadis, la critique est plus que jamais nécessaire. Il faut apprendre à examiner ce qui est dit, ce qui est fait et par qui ... Pour certains la guerre est une chose abstraite pour d'autres, en général ce sont les petits, elle est terriblement concrète et personnellement elle m'oblige à dire ce que j'ai à dire. Danielle Bleitrach
Publié par Danielle Bleitrach
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Source : clio-texte.clionautes.org
Marc Bloch : la formation des rumeurs sur le front pendant la guerre 14-18
Texte de Marc Bloch
Gilles Legroux | Juin 8, 2026 | France au XXème siècle, Marc Bloch | 0
Jeune professeur d’histoire, Marc Bloch est mobilisé dès le mois d’août 1914 comme sergent d’infanterie et termine la guerre avec le grade de capitaine, dans les services de renseignement ; cité quatre fois à l’ordre de l’armée, il est décoré de la Légion d’honneur pour faits militaires. Profondément patriote, l’expérience de la guerre l’a fortement marqué, mais c’est aussi en historien qu’il la vit et l’analyse.
L’extrait présenté a pour objet la formation des rumeurs et des légendes dans la zone du front, « un peu en arrière des traits enlacés qui dessinaient les premières positions ». Il est issu d’Apologie pour l’Histoire, rédigé pendant la Seconde Guerre mondiale, mais cette question des rumeurs avait déjà fait l’objet d’un petit essai publié en 1921, Réflexions d’un historien sur les fausses nouvelles de la guerre.
Cette question des rumeurs doit aussi être rattachée à cette quête de vérité, cette obsession à distinguer le vrai du faux dans les sources documentaires, dont on trouve déjà des traces alors qu’il n’est qu’un jeune professeur de lycée, et qui constitue chez Marc Bloch une éthique exigeante du métier d’historien.
Et c’est évidemment en historien médiéviste qu’il analyse la formation des rumeurs pendant la Première Guerre mondiale, dont les conditions particulières de combat permettaient « un renouveau prodigieux de la tradition orale, mère antique des légendes et des mythes ».
[…]
Le rôle de la propagande et de la censure [pendant la guerre 14-18] fut à sa facon considérable. Mais exactement inverse de ce que les créateurs de ces institutions attendaient d’elles. Comme l’a fort bien dit un humoriste : « L’opinion prévalait aux tranchées que tout pouvait être vrai à l’exception de ce qu’on laissait imprimer. » On en croyait pas aux journaux; aux lettres guère plus; car, outre qu’elles arrivaient irrégulièrement, elles passaient pour très surveillées. D’où un renouveau prodigieux de la tradition orale, mère antique des légendes et des mythes. Par un coup hardi, que n’eût jamais osé rêver le plus audacieux des expérimentateurs, les gouvernements, abolissant les siècles écoulés, ramenaient le soldat du front aux moyens d’information et à l’état d’esprit des vieux âges, avant le journal, avant la feuille de nouvelles, avant le livre.
Ce n’était pas ordinairement sur la ligne de feu que que les rumeurs prenaient naissance. Pour cela, les petits groupes y étaient beaucoup trop isolés les uns des autres. Le soldat n’avait point le droit de se déplacer sans ordre; il ne l’eût fait, d’ailleurs, le plus souvent qu’au péril de sa vie. Par moments circulaient des voyageurs intermittents : agents de liaison, téléphonistes réparant leurs lignes, observateurs d’artillerie. Ces personnages considérables frayaient peu avec le simple troupier. Mais il y avait des communications périodiques, beaucoup plus importantes. Elles étaient imposées par le souci de la nourriture. L’agora de ce petit monde des abris et des postes de guet, ce furent les cuisines. Là, une ou deux fois par jour, les ravitailleurs, venus des divers points du secteur, se retrouvaient et bavardaient entre eux ou avec les cuisiniers. Ceux-ci savaient beaucoup, car placés au carrefour de toutes les unités, ils avaient en outre le rare privilège de pouvoir quotidiennement échanger quelques mots avec les conducteurs du train régimentaire, hommes fortunés qui cantonnaient au voisinage des états-majors ». Ainsi, pour un instant, autour des feux en plein vent ou des foyers des roulantes, se nouaient, entre des milieux singulièrement dissemblables, des liens précaires. Puis les corvées s’ébranlaient par les pistes et les boyaux et ramenaient jusqu’au plus avant du front, avec leurs marmites, les renseignements, vrais ou faux, presque toujours déformés en tout cas et prêts là-bas pour une nouvelle élaboration. Sur les plans directeurs, un peu en arrière des traits enlacés qui dessinaient les premières positions, on aurait pu ombrer de hachures une bande continue : c’eut été la zone de formation des légendes.
Or l’histoire a connu plus d’une société régie, en gros, par des conditions analogues ; à cette différence près qu’au lieu d’être l’effet passager d’une crise tout exceptionnelle, elles y représentaient la trame normale de la vie. Là aussi, la transmission orale était presque la seule efficace. Là aussi, entre des éléments très fragmentés, les liaisons s’opéraient presque exclusivement par des intermédiaires spécialisés ou en des points de jonction définis. Colporteurs, jongleurs, pèlerins, mendiants tenaient la place du petit peuple errante des boyaux. Les rencontres régulières se produisaient dans les marchés ou à l’occasion des fêtes religieuses. Ainsi, par exemple, durant le haut Moyen Âge. Faites à coup d’interrogatoires, avec les passants pour informateurs, les chroniques monastiques ressemblent beaucoup aux mémentos qu’auraient pu tenir, s’ils en avaient eu le goût, nos caporaux d’ordinaire. Ces sociétés-là ont toujours été, pour les fausses nouvelles, un excellent bouillon de culture. […]
Marc Bloch, Apologie pour l’histoire, réédition Dunod poche, extrait p. 165-167
LA PASSION DE L'HISTOIRE ET LE DEBAT ENTRE ENGAGEMENT ET VERITE DANS CE SITE QUI S'APPELLE HISTOIREET SOCIETE 3 Par danielle Bleitrach ou les limites d'un compagnonnage.
Ce détour par les "rumeurs" en temps de guerre, alors que nous ne sommes pas officiellement en guerre mais que nous sommes bien dans des tranchées parcourues de rumeurs à cause de la propagande qui nous est infligée et dont nous savons qu'elle nous conduit à la guerre.
Aujourd'hui nous insistons en particulier sur le cas de l'Ukraine et de son piètre héros que l'on a réussi à faire de ce cocaïnomane pourri jusqu'à la moelle le héros dont on s'affublait de la cocarde, le drapeau sur le fronton des mairies et le vote de l'indigne résolution 390 assorti du cri slava Ukrania des bandéristes.
Il ne s'agit pas d'une erreur mais d'une incapacité à faire autre chose au plan international à coller autre chose qu'à la propagande, celle dont les tranchées disaient que tout était vrai sauf ce qui était imprimé, la parole officielle, celle au nom de laquelle on censure.
Aujourd'hui les foyers où la guerre n'est pas une abstraction mais est terriblement concrète se multiplient, les tranchées sont partout, comme le dit un article venu de Macédoine aujourd'hui : l''Ukraine, vaste pays à la population nombreuse et aux riches ressources naturelles, est un théâtre d'opérations militaires où les espoirs d'une résolution rapide s'amenuisent. La stratégie du « combat jusqu'au dernier Ukrainien », désormais ouvertement prônée par l'OTAN , entre dans une nouvelle phase d'escalade. Le danger d'une confrontation nucléaire est bien réel, même si les médias traditionnels et leurs experts ont commencé à le minimiser en normalisant l'idée que des armes « tactiques » pourraient mettre fin à la guerre. Les faucons sont présents de tous côtés. C'est comme si le personnage légendaire du Docteur Folamour s'était multiplié au lieu de disparaître. Parfois, on ne peut s'empêcher de se demander : ont-ils tous perdu la raison ?
Pour moi la guerre est toujours concrète, parce que je suis née comme gibier traqué durant la deuxième guerre mondiale, que des gens s'emploient à tronquer à nous faire oubvlier, utilisant partout leur pouvoir de censure pour qu'il en soit ainsi.
Alors je dois dire et mon opinion n'est pas celle de Franck Marsal qui continuera à exposer son analyse et les avancées bien réelles à la base du PCF. Non c'est de moi, l'individu, celle qui ne peut pas ré-adhérer au PCF parce qu'elle n'a plus la confiance éprouvée jadis tout en considérant que c'est peut-être là qu'il y a le seul espoir pour mon malheureux pays.
Il m'est impossible et c'est de l'ordre du rejet physique d'accepter le compromis avec des gens comme Vincent Boulet et toute son "équipe" parce que non seulement ils mentent, ils tordent systématiquement la vérité et ils le font pour complaire à l'atlantisme, ils censurent les gens comme moi et tous ceux qui les gênent et ils avancent à reculons, font semblant d'être pro-palestiniens, pro-cubains et s'imposent dans les ambassades, mais toujours ce sera pour mentir pour donner forces aux rumeurs des "fondations" européennes.
Leur seul problème est de poursuivre la trahison et ce mensonge à répétition que je devrais avaler m'est intolérable, je sais qu'alors je n'ai plus d'amis, d'alliés, de camarades, un peu comme devant ce qu'Israël fait à Gaza... Il ne s'agit pas d'un simple désaccord politique, cela vient de très loin, c'est la naïve position de l'enfant que j'ai été qui croyait qu'il existait le savoir, la raison, et que l'on pouvait espérer en l'humanité. Ce refus de la déformation de l'histoire ne se limite pas aux enjeux contemporains, j'ai éprouvé la même colère contre ce qu'on avait fait aux Goths, dans la chute de l'empire romain et comment ces pauvres gens avaient été transformés en mercenaires et le terrible massacre d'Andrinople. C 'est en fait assez proche de ce que décrit Walter Benjjamin à propos de l'ange de l'histoire qui avance à reculons les yeux écarquillés, hébété devant le monceau de ruine, tous les espoirs et toutes les souffrances des petites gens sacrifiés mais dont l'espérance continue à déterminer le destin du genre humain. Je suis et je serai toujours du côté de ces méprisés, ceux que l'on exploite, massacre, et dupe.
Il n'est pas question d'accorder à ce refus plus de publicité qu'il n'en mérite et c'est d'ailleurs pour cela que je le noie dans ce texte méditation sur l'histoire mais si j'ai choisi de ne plus jamais être adhérente au PCF ni à quoi que ce soit d'ailleurs c'est bien pour pouvoir reconquérir ma liberté quand celle-ci est menacé par le choix d'un appareil. L'appareil du PCF pour des raisons qui lui sont propres a choisi de reconduire des gens aussi étranger à son renouveau que l'éternel dirigeant de la commission internationale, le maitre censeur qui a imposé une ligne catastrophique avec ses complices dans la presse ex-communiste et les liquidateurs du groupe GDR, c'est un choix d'appareil et si j'étais membre de ce parti je m'y résignerais mais tel n'est pas le cas et fort heureusement je suis appelée par bien des tâches qui apportent à ce blog. Simplement je ne suis pas totalement masochiste et je ne peux donc désormais participer à aucune activité réunion où je côtoierais de tels "responsables". J'ai je le répète trop d'activités dans lesquelles je peux défendre la mémoire historique que ces gens là bradent.
Aujourd'hui j'ai accepté d'écrire une préface sur un rapport des autorités hongroises sur ce qui s'était passé en 1956, parce j'aime Bela Kun et ces conseils ouvriers de Hongrie, les plus engagés avec ceux de Russie et je vais passer mon été à travailler là-dessus. Il faut que je parle parce qu'ils en sont à réhabiliter l'amiral Horty.
Parfois je pense que la cause des "prolétaires" impose mon silence d'autre fois je le considère comme inutile et dangereux et surtout j'ai renoncé à toute affiliation pour pouvoir dire ce qui doit être dit de ma part moi qui ai renoncé à tout et qui m'en trouve bien.
J'ai dit et je le pense qu'actuellement il y a un renouveau possible du PCF et c'est la seule chance mais il m'est impossible de cautionner l'intronisation de gens comme Vincent Boulet, Fabien Gay, Roubaud Qashie et tous ceux qui font profession de censure et de mondanités pour trafiquer la vérité historique. Je suis satisfaite de ne pas être au PCF, de pouvoir dire les limites de ce que j'approuve et je désapprouve. Alors que nous sommes comme dans les tranchées avec un peuple français qui légitimement doute de tout, le PCF en acceptant le compromis avec des gens qui sont systématiquement du côté du mensonge et de la censure, est en train de perdre une occasion de reconquérir la confiance du peuple, en tous les cas la mienne. Voilà c'est fait, je repousse de toute mes forces l'équipe que le compromis du PCF est en train de porter vers "l'imprimé" du parti alors que l'escalade de la guerre est une manière d'attaquer le modèle social français celui qui porte le nom d'Ambroise Croizat, marcel Paul et tant d'autres communistes d'assumer des gens pour lesquels je n'ai ni sympathie ni la moindre confiance.
Histoire et societe ou du moins ce que je publierai n'acceptera aucun compromis avec ces gens là.
(note de danielle Bleitrach)
