Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Maduro et ses geôliers… il n’ont pas réussi à l’humilier

Dans le flot de ce qui s’écrit dans les réseaux sociaux en langue hispanique, partout il y a de l’admiration pour la dignité de Maduro, le soulagement de ne pas voir se renouveler les humiliantes prestations que l’empire impose à ses proies comme pour Noriega ou Saddam Hussein, le cadavre sale et torturé de Kadhafi, le dernier communiste torturé et pendu en Afghanistan, un des êtres les plus nobles et les plus exemplaires qui soit et qu’Elstine a livré à ses bourreaux talibans, les créatures des USA (1)… Le calme de Maduro et cette stature que même The Guardian le voyant entrer dans la salle de jugement a jugé impressionnante. Face à cette photo, il y a eu un commentaire qui s’exclamait : Il est trop grand pour eux ils l’ont obligé à s’asseoir mais ils n’ont pas pu l’empêcher de faire un signe au peuple vénézuélien : « nous tenons bon, moi de mon côté vous du vôtre »!

Parce que Maduro aurait pu s’enfuir et chercher refuge comme le dirigeant syrien en préparant sa fuite, mais il a choisi de rester auprès du peuple vénézuélien en proposant jusqu’au bout la paix et la lutte commune contre les narcotrafiquants.

D’ailleurs déjà le procureur chargé de le juger a été obligé de réviser ses chefs d’accusation il n’est plus le leader des cartels il en aurait bénéficié par « clientélisme » : les vénézuéliens manifestent de plus en plus nombreux pour dire qu’il est leur chef d’Etat, ce que répète le gouvernement. C’est l’attitude de Chavez dans son enfermement par les putschistes (2). Ce qu’a reconnu Trump c’est que si les Etats-Unis sont capables d’une opération d’enlèvement aussi spectaculaire, ils sont incapables de gouverner le Venezuela.

La bataille se poursuit et chacun à son poste la mènera selon les exigences de son terrain, Maduro et son épouse qui bénéficie d’un des meilleurs avocats, celui d’Assange tient le rôle qui est le sien et avec la dignité, le calme qui s’impose, il ont déjà obligé à une réduction des charges. Comme le souligne Mingus avec lequel je suis totalement d’accord: « lors de la 1ere audience du procès politique contre le président vénézuélien et sa femme, Nicolas Maduro a fixé l’assistance et a souhaité « une très bonne année » à tout le monde. Puis il a réaffirmé devant le juge qu’il est « le président constitutionnel du Venezuela, totalement innocent » des faits pour lesquels la justice des usa l’accuse. Il a ensuite rappelé qu’il est « un prisonnier de guerre », et qu’il doit être traité selon les conventions de Genève. Par ailleurs, le ministère de la Justice des USA a abandonné l’affirmation selon laquelle Nicolás Maduro dirigerait le « Cartel de los Soles ». Comme nous l’avons annoncé depuis des mois, ce « cartel » est une invention des USA. Une fake news médiatique monté en 2015 par le journal espagnol ABC puis oublié jusqu’à ce que Trump la ressorte pour justifier une guerre contre le Venezuela. En effet, en déclarant le « cartel de los soles » comme une organisation terroriste (avec à sa tête le président du Venezuela), cela permettait à la maison blanche de pouvoir bombarder le Venezuela sans passer par le Congrès. Or si le chef d’accusation disparaît, toute l’opération devient illégale non seulement en droit international mais aussi selon la législation des USA. Nul doute que la défense du président Maduro saura jouer sus ces incohérences lors du procès politique qui s’annonce.

Le fond des combats menés chacun là où ils doivent l’être est de se positionner dans le refus de la défaite à partir des possibles et des obstacles en bon léniniste. Oui Lénine qui a inspiré Staline et Mao, qui y a apporté son génie propre, celui de la guerre prolongée et qui rejoint l’art de Fidel partagé par le peuple cubain.

Un tel combat a besoin de nous, de ce que l’on appelait les masses avec des éléments conscients et rassembleurs. Nous ne sommes qu’une partie de la mobilisation internationale, mais elle est prioritaire pour cela il ne faut pas jouer les « stratèges » en chambre, mais être disciplinés, et clairs sur nos but, nos perspectives. C’est ce que savait spontanément un communiste. Jadis il savait lire y compris ce que disait l’attitude de Maduro et où se placer dans le combat… Ce savoir humble et grandiose peut-il être reconquis ? C’est tout le sens du petit livre que j’ai écrit peu de temps avant ces événements mais en sachant qu’ils étaient déjà là, que l’affrontement était incontournable et la forfaiture de nos dirigeants évidente… et en me plaignant du temps perdu dans des factions, l’esprit de chapelle, autour de petits chefs aux ambitions dérisoires, des rivalités imbéciles, et des censures de petits bureaucrates qui sont un frein au combat nécessaire parce qu’ici il n’y a personne d’autres que nous pour agir. Et si cela peut nous rassurer ou nous inquiéter plus encore, rares sont les nations, les dirigeants et les partis, les syndicats, les peuples qui sont à la hauteur des périls ou ne serait-ce qu’à celui des Cubains, des forces de résistance du Venezuela, chacun va devoir apprendre très vite… (3)

(note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Les Cubains sont les premiers à entendre ce genre de message et ils pleurent dans l’honneur leur 32 enfants qui ont donné leur vie pour leurs frères vénézuéliens, pour Maduro qui se conduit comme Chavez et voici ce que dit l’un d’entre eux en mettant en garde le peuple américain sur ce qu’ils n’imaginent même pas avoir déclenché :

👉Le feu des forêts que vous êtes habitués à voir en Californie, n’est pas le même feu que les missiles et les fusées nucléaires fournissent.

Maduro même dans les pires circonstances, reste un adversaire respectueux et loyal envers lui-même et envers son peuple.

Déjà les États-Unis ont leur trophée, ils l’ont emmené chez eux, un trophée qui en fait est un cheval de Troie qui porte dans son flanc un danger éminent pour la sécurité nationale aux États-Unis. Le président de la Corée du Nord a fait des déclarations fortes sur son ami Nicolas Maduro, il l’a appelé comme ça, et Kim ne joue pas. D’un autre côté, Poutine a exigé la libération de Maduro.

L’échiquier est en train d’assembler les pièces et les #USA n’ont aucune idée de ce qu’est une attaque à grande échelle dans leur propre terrier.

#DonalTrump avec la capture de Maduro, a jeté les États-Unis dans un danger sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Et beaucoup n’ont pas d’yeux pour voir que désormais le plus grand danger est sur leur sol.

Pourquoi ? pour multiplier les aspects terroristes de simple police d’un pouvoir mafieux qui confond le gangster qui pille, le juge qui condamne et le policier qui aide au racket en arrêtant celui qui proteste. Mais on l’a vu au Vietnam, et partout une telle armée ne tient pas un pays… Elle doit installer des autochtones, si ceux-ci cèdent au pillage, à l’exercice de la terreur, ils ne sont plus soutenus, alors que la résistance comme celle de la Chine, de Cuba et d’autres a des appuis qui ont besoin de la politisation des masses. Tandis que le régime instauré par Trump multiplie les fractures.

(1) Mohammad Najibullah Ahmadzai, ou simplement Mohammad Najibullah, parfois surnommé Dr. Najib, est un homme d’État afghan, né le 6 août 1947 à Gardêz et mort assassiné le 27 septembre 1996 à Kaboul. Il est le cinquième et dernier chef d’État de la république démocratique d’Afghanistan.

(2) il faut relire le livre d’Ignacio Ramonet biographie à deux voix publié chez Fayard en 2007, un témoignage d’autant plus précieux que la partie consacrée au coup d’Etat et à l’enlèvement de Chavez a été réécrite par Fidel lui-même.

(3) Voici d’ailleurs en avant première, la page de la préface par laquelle débute mon livre à paraître bientôt :

Le Zugzwang est une situation dans le jeu d’échecs dans laquelle le
joueur n’a aucun mouvement favorable possible – toute action qu’il
fera entraînera une détérioration imminente de sa position sur le
plateau de jeu.
Une censure militaire nous asservit. Sa finalité : taire la
responsabilité de nos dirigeants dans le suicide français, voire
celui du genre humain. Non, rassurez-vous, il ne s’agit pas d’écrire
un ultime chapitre de l’apocalypse mais d’insister sur le fait que
nous sommes la proie d’une classe/caste de goujats. Pourquoi
militaire ? C’est un rappel de l’indignation de Zola, dans l’affaire
Dreyfus comme d’ailleurs de l’exclamation de Jaurès dénonçant
lui aussi « l’effroi de l’abîme vers lequel cette caste nous roule ».
Quand ces gens-là parlent de patrie pour mieux la trahir.
La censure, celle de la sottise et celle de la haine se conjuguent.
Il y a exactement un an nous avons rendu à notre éditeur
un livre collectif sur la Chine. Nous proposions que la France
rompe avec l’alliance atlantique et se tourne vers le monde
multipolaire. Nous avons eu un petit succès d’estime dans une
guerre de basse intensité, une simple mise en bouche de ce
qui nous attend si la situation devient encore plus ingérable.

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1 Commentaire

  • Frédéric Normand
    Frédéric Normand

    Nicolas Maduro est de ces hommes que l’épreuve grandit, toutes choses égales par ailleurs. Donald Trump c’est l’inverse.

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