Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

MACRON L’AMERICAIN, par jack Dion

Excellent résumé de la situation et qui est d’autant plus préjudiciable qu’elle repose sur un consensus de fait de tous les partis politiques qui malgré l’apparence d’opposition ne se hasardent pas à aller plus loin que le consensus politico-médiatique qui tient le président dans l’instabilité généralisée de la politique politicienne, élections obligent. Le consensus autour de l’UE, de l’OTAN est dénoncé pour mémoire mais on se garde bien d’y toucher de crainte que les alliances électorales s’effondrent et on préfère encourager toutes les divisions secondaires possibles et imaginables pour justifier les camps. Macron l’Américain a un personnel politico-médiatique prêt à toutes les censures pour que cet échafaudage branlant tienne pour les prochaines élections jusqu’à ce que mort s’ensuive (note de Danielle Bleitrach histoireetsociete).

Emmanuel Macron a réussi une performance diplomatique de haut vol : ne jamais condamner l’agression des Etats-Unis et d’Israël contre l’Iran, qui constitue pourtant une violation manifeste du droit international. Les frappes ont commencé le 28 février dernier. Jamais le Président de la République n’a exprimé la moindre réserve vis-à-vis de cette initiative dévastatrice pour le peuple iranien, et pour toute la région, sans parler des retombées économiques mondiales. Or l’Elysée s’est muré dans un silence coupable. Sa seule réaction a consisté à dénoncer la riposte iranienne jugée « inacceptable », laissant ainsi entendre que l’opération israélo-américaine ne l’est pas, à moins de considérer qu’elle n’existe pas.

Cet alignement sur Trump et Netanyahou n’est certes pas une originalité française. A l’exception de Pedro Sanchez qui s’est insurgé contre cette mise au rebut du droit international, tous les membres de l’UE sont restés dans le rang atlantiste, sagement alignés sur la Maison Blanche. La seule audace des dirigeants de la France, de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne a consisté à refuser de participer à l’opération militaire, ce qui leur a valu d’être traités de « lâches » par Donald Trump. C’est tout. En revanche, le trio n’aura eu de cesse de répéter en boucle qu’Israël avait « le droit de se défendre », comme s’il était clair à leurs yeux que Téhéran avait ouvert les hostilités et qu’il fallait faire front derrière ce bastion avancé de la civilisation menacé par des sauvages.

Depuis, le piège s’est refermé sur ceux qui se sont lancés dans l’aventure sans trop savoir d’ailleurs quelle était son but avoué ou caché, si ce n’est la volonté israélienne d’en finir avec son ennemi déclaré, sans en avoir réellement les moyens. Le régime islamiste de Téhéran a beau être détestable et détesté, les rêves de révolte du peuple iranien ont été écrasés sous les bombes de leurs faux amis, ce qui a eu pour effet de ranimer un sentiment national qui est l’une des marques de ce pays. La perspective d’une guerre longue peut avoir des conséquences périlleuses pour un ordre mondial déjà défaillant. Il serait donc urgent de faire entendre une autre voix que celle de l’alignement sur les agresseurs, comme le fit la France en 2003, lors de l’invasion de l’Irak.

Mais rien ne bouge au sommet de l’Etat. Emmanuel Macron et ses lieutenants campent sur la condamnation de l’agressé et le blanchiment des agresseurs, affichant ainsi une conception singulière du rôle du pays des droits de l’homme. Comment peut-on faire la leçon à Poutine quand on se refuse à condamner ceux qui l’imitent au Proche-Orient ? André Malraux disait : « La France n’est elle-même que quand elle parle au nom du monde entier ». Quand elle porte la voix d’un camp occidental en déclin, elle n’est que l’ombre d’elle-même.

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