Une politique véritablement pro-israélienne insisterait sur l’autonomie israélienne dit l’article, et non sur la dissimulation de décisions dont les conséquences retombent entièrement sur les Israéliens. C’est tout le problème des pays et de dirigeants qui croient imposer leur vision criminelle, la plupart du temps relevant moins d’idéologie que d’intérêts personnels, à un impérialisme qui court vers de défaites en défaites, qu’il fait payer à ceux dont il paraît avoir adopté les politiques de chauvinisme et de course en avant d’élites corrompues. L’impérialisme en question, les USA continuent à entretenir leur tentative de restaurer une hégémonie disparue sur des bases colonialistes et de pillards sur le déclin et la ruine de leurs alliés. Comme l’Ukraine de Zelenski risque de disparaître pour avoir été les guerriers par procuration, voire ceux qui paraissent imposer à une UE déboussolée leurs diktats, l’Israël de Netanyahou est en train de perdre toute chance à l’existence sur l’avenir en jouant la mauvaise partie derrière l’empire déclinant, comme l’UE. Un grand nombre d’ Israéliens et pas seulement les communistes qui se sont prononcé contre la guerre à l’iran, sont en train de percevoir l’ampleur des dégâts et la rupture avec la Chine et la Russie à travers le rêve d’un corrompu belliciste qui a réussi à entraîner tout le monde vers la guerre et qui risque d’en faire les frais, mais comme dans tout l’occident ils ne sont pas en état de lutter contre cette fascisation. Oui Trump qui a l’obsession de la Chine et de la fin de l’adversaire à sa toute puissance, parait être intervenu sous la volonté de Netanyahou mais comme le décrit l’article c’était rendre le plus mauvais service qui soit à Israël. (note et traduction de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)
par Léon Hadar24 février 2026

La classe politique de Washington a tendance à mesurer son engagement envers Israël à l’aune de ses applaudissements : avec quelle véhémence elle acclame Jérusalem, avec quelle rapidité elle transfère une ambassade, avec quelle promptitude elle dénonce un accord sur les armes avec Téhéran.
Selon ce critère, Donald Trump est le président le plus « pro-israélien » de l’histoire américaine. Mais les critères fondés sur l’approbation populaire résistent rarement à l’épreuve des réalités stratégiques.00:0103:36
La vérité dérangeante que peu de gens, à Jérusalem comme au sein du lobby pro-israélien de Washington, veulent affronter est la suivante : l’approche maximaliste de Trump au Moyen-Orient, malgré toute sa rhétorique chaleureuse envers l’État juif, risque de générer pour Israël des problèmes qui perdureront bien au-delà de toute administration.
Considérons le contexte régional. La politique étrangère transactionnelle de Trump a, à certains égards, permis à Israël de remporter de véritables succès. Les accords d’Abraham ont constitué une véritable réussite diplomatique, normalisant les relations avec les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc et le Soudan – un objectif que les diplomates israéliens poursuivaient discrètement depuis des décennies.
L’assassinat de Qassem Soleimani a affaibli les capacités opérationnelles iraniennes, au moins temporairement. Le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, quelle que soit l’interprétation que l’on puisse en faire, reflétait une réalité sur le terrain que les administrations précédentes avaient sciemment dissimulée.
Mais une perspective réaliste se doit d’aller au-delà des cérémonies d’inauguration. L’instinct de Trump de présenter chaque relation comme une transaction bilatérale et de considérer les cadres multilatéraux comme des obstacles plutôt que comme des outils a nui à la crédibilité des États-Unis en tant que médiateur régional.
Lorsque Washington dénonce unilatéralement des accords – qu’il s’agisse de l’accord sur le nucléaire iranien ou de divers accords de sécurité avec ses alliés kurdes – il signale à toute la région que les engagements américains sont tributaires des résultats électoraux. Ce n’est pas sur cette base qu’Israël peut bâtir des accords de sécurité durables.
Plus inquiétant encore est le dossier de Gaza. L’approche de Trump durant son second mandat – un soutien quasi inconditionnel aux opérations militaires israéliennes et des idées maximalistes de déplacement forcé des Palestiniens vers l’Égypte et la Jordanie – a isolé Israël diplomatiquement, une situation qui s’aggrave avec le temps.
Les gouvernements arabes qui coopéraient discrètement avec Israël en matière de sécurité se retrouvent aujourd’hui politiquement bloqués par leurs opinions publiques. La perspective d’une normalisation des relations avec l’Arabie saoudite, qui semblait à portée de main avant le 7 octobre, est désormais compromise.
Et les dommages causés à la réputation d’Israël dans les pays du Sud — avec des répercussions sur le commerce, les institutions multilatérales et même la diaspora — ne sont pas quelque chose que les encouragements américains peuvent inverser.
Se pose également la question de la dépendance stratégique. Chaque fois que Washington donne carte blanche à Jérusalem – militairement, diplomatiquement, au Conseil de sécurité de l’ONU – il sape subtilement la motivation d’Israël à faire les choix stratégiques difficiles que les petits États situés dans des régions instables doivent finalement faire eux-mêmes.
Une politique véritablement pro-israélienne insisterait sur l’autonomie israélienne et une vision à long terme, et non sur la justification de décisions dont les conséquences retombent entièrement sur les Israéliens.
Il faut reconnaître à Trump le mérite d’avoir parfois fait preuve d’un instinct réaliste : sa volonté de négocier avec ses adversaires, son scepticisme à l’égard des engagements militaires sans limite de temps, son exigence que ses alliés assument une plus grande part de leurs responsabilités.
Mais ces impulsions sont étouffées par son besoin de faire preuve de loyauté envers sa base politique, et par des conseillers dont les engagements idéologiques envers le Grand Israël l’emportent sur tout calcul lucide des intérêts américains ou israéliens.
Il en résulte une politique qui, en apparence, se veut résolument pro-israélienne, tout en accumulant discrètement une dette stratégique. Israël est un État résilient et capable. Il n’a pas besoin que Washington soit son protecteur inconditionnel. Il a besoin que Washington soit un allié réfléchi, capable de dire de temps à autre : « Cette voie mène là où aucun de nous deux ne souhaite aller. »
Cette conversation exige de l’honnêteté. Et l’honnêteté, malheureusement, n’a jamais été le point fort de Washington en ce qui concerne le Moyen-Orient.
Cet article a été initialement publié sur Global Zeitgeist de Leon Hadar et est republié avec son aimable autorisation. Abonnez-vous ici .
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Article très intéressant. La sécurité, bien comprise, et la pérennité d’Israël dépendent de son émancipation de ce que j’appelle « la prison étatsunienne ». Et de l’approfondissement de ses relations avec la Russie et la Chine socialiste qui constituent l’axe du front uni mondial anti hégémoniste. A cet égard les liens de confiance entre la Russie et Israël sont un atout non négligeable. « Socialisme ou barbarie », c’est vrai aussi au proche orient et cela vaut également pour le peuple israélien. Fraternellement.