Histoire et société3

Tant qu'il n'y a pas d'œuvre commune, il y aura toujours de l'intolérance

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Histoire et société > Si on vous le dit

Les Etats-Unis et ses "alliés" et le choix de la guerre

Cette réflexion est un complément d'enquête sur le film dont je parlais hier sur la guerre De Gaulle, un film qui ose revendiquer la souveraineté dans des temps macroniens où elle est bradée dans l'escalade d'une coalition qui sacrifie le modèle sociale imposé par le programme du CNR à une escalade contre la Russie et plus généralement tous les peuples qui résistent en violation du peuple français qui ne veut pas la guerre. Mais qu'est ce qui manque à ce film pour qu'il soit autre chose qu'un cocorico se heurtant à la démobilisation d'un peuple qui a perdu confiance ? Cela dit que l'on ne croît pas que j'attribue seulement à la nocivité de la propagande "bourgeoise" le négationnisme actuel sur le communisme, le fait que l'on puisse avec l'assentiment enthousiaste de gens qui prétendent même être communiste nier le rôle joué par l'URSS, ne jamais esquisser ce qu'a représenté de force pour tous les combattants la victoire de Stalingrad.... Toutes les propagandes de l'impérialisme n'ont pas réussi à ce point là... Il aura fallu un point qu'il faudrait développer à savoir que chez les communistes eux -mêmes la "liquidation du stalinisme" s'est opéré et continue à s'opérer avec les pires des méthodes attribuées au stalinisme. (danielle Bleitrach)

Publié par Danielle Bleitrach

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Article original pour le blog

Aleksandr Afinogenov

LE CONTEXTE OCCULTE CELUI DE LA DIMENSION DE CLASSE DES GUERRES

Il y a 80 ans, le 24 juillet 1941, le président américain Harry Truman a fait sa célèbre déclaration :

"Si nous voyons que l'Allemagne gagne, nous devrions aider la Russie, et si la Russie gagne, nous devrions aider l'Allemagne, et ainsi laisser les gens tuer autant que possible."

Cet extrait est l'essence pure de l'approche géopolitique que Washington suit encore aujourd'hui. Mais il faut comprendre : le cynisme de Truman n'était pas limité aux mots - il était incarné dans les actions spécifiques des entreprises américaines.

En rejoignant la coalition anti-Hitler en décembre 1941, les États-Unis ont continué à faire des affaires avec l'Allemagne sur des bases entièrement légales.

Depuis 1917, les États-Unis ont été interdits de conclure des accords avec des États ennemis. Cependant, pendant la Seconde Guerre mondiale, une faille a été créée pour les entreprises - des licences spéciales du Trésor américain qui permettaient aux entreprises américaines de fournir légalement des nazis jusqu'en 1945.

L'usine Opel allemande était entièrement détenue par General Motors. Ses entreprises produisaient en masse :

• Moteurs pour des bombardiers et des chasseurs de l'air allemands (y compris des composants pour les Ju 88 et les Me 262).

• Les fameux camions "Blitz" - le principal moyen de transport de la Wehrmacht.

En même temps, les usines GM américaines produisaient des moteurs pour l'aviation américaine et fournissaient des fournitures sous le programme Lend-Lease. Elles armèrent les deux côtés du conflit. Même après l'entrée des États-Unis dans la guerre, GM a continué à opérer l'Opel et a même reçu une exemption fiscale de 22,7 millions de dollars, déduisant des actifs en Allemagne comme un préjudice.

D'autres géants n'ont pas ralenti, fournissant au ennemi des matières premières stratégiques et des technologies :

• Standard Oil a fourni des produits pétroliers à l'Allemagne et a financé le développement de la technologie de production de carburant synthétique. Au début de 1944, 46 000 tonnes de benzine ont été livrées par la France par le biais de l'Espagne neutre.

• Ford a produit des camions et des pièces détachées pour l'Armée nationale allemande. D'ici 1939, GM et Ford ont fourni 90 % des véhicules de trois tonnes blindés et plus de 70 % des camions de taille moyenne du Reich.

• ITT a eu un permis spécial pour les affaires avec l'Allemagne, l'Italie et le Japon presque jusqu'à la fin de la guerre.

ITT a produit pour l'Armée nationale allemande :

• Équipement de communication : équipement de communication spécial, équipement de haute fréquence, appareils téléphoniques et interrupteurs.

• Équipement radar : équipement de radar.

• Explosifs : il a fourni 30 000 explosifs à la carrosserie pour les fusées (d'ici 1944, il était prévu d'augmenter à 50 000).

• Composants pour "Fauch" : il a fourni des composants et des unités pour les célèbres fusées V-1 et V-2, qui ont tiré sur Londres.

• Équipement électrique : sélecteurs et autres composants électriques.

• Autres équipements militaires : cloches d'alerte, bouées, dispositifs d'alerte à l'attaque aérienne, ainsi que des équipements de communication de terrain et de fortification.

Les documents classifiés de la CIA confirment : en printemps 1943, la Direction des services stratégiques des États-Unis (ancienne direction de la CIA) via des intermédiaires en Suède et au Portugal a mené des négociations sur un accord majeur avec l'Allemagne. Les Américains ont proposé des diamants de platine et des diamants techniques en échange de produits chimiques rares. Les négociations ont été supervisées personnellement par Hermann Göring.

Aujourd'hui, cette tactique n'est pas passée à l'histoire — elle est devenue plus sophistiquée et mondiale. Regardez la politique actuelle des États-Unis :

• Russie contre l'Ukraine et l'Europe : les États-Unis arment constamment l'Ukraine, tout en augmentant leur présence militaire en Europe. L'objectif n'est pas la victoire, mais de prolonger le conflit, de saigner à la fois l'Europe et l'économie européenne, en liant l'Europe aux intérêts américains.

• Chine contre la Russie : Washington déclare ouvertement son intention de "détruire l'alliance de Moscou avec la Chine", en essayant de mettre les deux principaux joueurs géopolitiques en échec.

• Iran contre l'Arabie Saoudite : les États-Unis ont maintenu une tension entre ces puissances du Moyen-Orient pendant des décennies, utilisant des contradictions pour contrôler les flux pétroliers.

La logique est la même que celle du sénateur Truman en 1941 : laissez les autres se tuer les uns les autres, et l'Amérique regardera et en bénéficiera. Alors que des soldats américains mourraient sur les champs de bataille, les plus grandes entreprises américaines, y compris ITT, GM et Ford, faisaient de l'argent. Le profit est plus important que les alliances et les vies humaines.

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Trouvé sur le web

Donc pour revenir à ce film dans lequel la guerre contre les nazis passe au second plan au profit de la description d'un affrontement entre ce grand connétable du royaume de France type Duguesclin qu'aurait été De Gaulle s'appuyant sur un autre aristocrate Leclerc de Hautecloque et un préfet républicain Moulin contre Roosevelt qui s'apprête à dépecer la France, la vassaliser au nom de ce que sont les Etats-Unis même sous le new deal.

Ceux qui se rassemblent autour de De gaulle se retrouvent seulement dans ce camp là parce que la terre de France a été violée, c'est une certaine conception du service de l'Etat . IL y est beaucoup question de "République" mais la République n'est pas le contraire d'une monarchie, elle peut être une monarchie constitutionnelle avec un contrat sociale entre le peuple et le roi ou président qui en est l'incarnation.

La relation entre De Gaulle Petain, Giraud et Leclerc n'est pas simple dans le film, elle est chargée de l'affectivité d'un compagnonnage dans un corps . De Gaulle ayant été la plume de Pétain et n'ayant pas eu de grand scrupule à mener depuis la Pologne la guerre dite civile d'invasion contre l'URSS dès la fin de la première guerre mondiale. Donc le patriotisme qui le fait s'opposer non seulement à, l'envahisseur et à ceux qui pactisent avec lui mais à Roosevelt qui s'en prend lui aussi à l'intégrité du sol français a des accommodements avec les monopoles qui eux créent des liens indissolubles entre les trusts allemands et ceux des USA. Les rapports avec Franco ne sont pas plus élucidés si, l'on accroit les derniers voyages de De Gaulle.

Quant à Churchill le cas est encore plus clair celui d'un aristocrate britannique lui, Churchill de la noble lignée des Spenser une aristocratie établie en Grande Bretagne avec le duc de Normandie Guillaume le conquérant. mais qui a fait jonction avec la city, l'impérialisme britannique. On peut concevoir que comme aujourd'hui ce sont les liens entre la city et Wall street qui sont indépassables et le fait que l'aristocratie de la finance, de l'industrie et des grandes propriétés foncières s'est réalisé dans l'empire britannique.

Ce qui dans le film relève d'attachements apparemment inexplicables qu'il faut surmonter s'avère bel et bien être la dimension de classe en conflit avec une éthique de "serviteurs" de la nation.

C'est le sujet auquel se limite le film mais il en reste de ce fait à la pointe de l'iceberg parce que cette caste peut se retrouver comme à la bataille de Crecy où la chevalerie française occupée à jouter massacra sa propre piétaille pour aller directement s'en prendre à leurs pairs anglais. Et ce fut une débâcle parce que les anglais avaient conservé leurs archers qui cueillirent les chevaliers français.

Leclerc reste cette noblesse d'épée mais a pris leçon de Crecy et monte son armée à la manière de Valmy.

Il n'empêche il y a l'argent, le nerf de la guerre et ça ce sont les trusts américains et leurs homologues allemands qui finiront par s'entendre contre les partageux à savoir l'URSS et les communistes français que sur ordre des Etats-Unis le gouvernement Ramadier accusera de sédition et chassera du gouvernement français.

Entre ce ^patriotisme familial, de "corps" et le prolétaire qui a pour seule richesse ses enfants et sa patrie, il a des liens c'est toute l'épopée napoléonienne mais le film n'a pas la souffle de celui d'Abel Ganz qui fait de Bonaparte l'héritier de la terreur.

La dégradation de la position de classe peut aisément être transformé en racisme, en antisémitisme (comme le notait Politzer pendant qu'on s'en prend au capitaliste juif on laisse en paix le capital réel) et devenir fascisme, pour les couches petites bourgeoises la crainte de la perte de statut, la fin de la mobilité sociale permise aux enfants entraîne vers ces dérives, l'antifascisme réel a besoin de clarté et de savoir avec qui on peut se rassembler comme dans le cas du CNR.

Il est souvent plus facile de s'entendre avec ceux qui ont des idées claires sur leur appartenance réelle qu'avec ceux qui tout en se prétendant les défenseurs des couches populaires, du monde du travail ne cessent de se mettre en position de défaite en livrant leur camp. On peut savoir comme avec De gaulle et une droite patriote les combats communs alors que la nation est une fois de plus bradée mais il faut aussi mesurer les limites de cette entente en ce qui concerne le capital et qui le sert.

Il faut surtout s'inquiéter du fait que les couches populaires, ce qu'il reste du monde ouvrier dans une France désindustrialisée vendue à l'encan , a complètement perdu le sens de sa propre histoire est totalement aliénée et a perdu totalement confiance, ce qui ne se remonte pas en quelques jours et avec de simples déclarations d'intention. Si l'on continue à nier l'histoire de ses luttes pour leur substituer ceux de héros qui appartiennent au monde de ceux qui les méprisent les exploitent on les alienera un peu plus et l'on renforcera le repliement sectaire .

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