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Les armes dévorent l'avenir. Le pape Léon XIV appelle à « transformer les épées en socs de charrue ». (Letizia Lucarelli)
Le combat pour la paix a aujourd'hui prend dimension qui implique tout le devenir de l'humanité, il est cet énorme et continuel transfert de richesse né de la peine et de la créativité du travail vers la mort contre la vie, par l'appropriation d'une caste qui a fait son temps. Ce combat pour la paix pose la définition du "progrès" et de la coopération nécessaire, des libertés collectives dans l'émancipation humaine, il faut être à la hauteur de cette exigence en restant pleinement nous mêmes. nous ne pouvons être véritablement des individus de dialogue sans convictions mais en mettant ces convictions à l'expérimentation du faire et construire ensemble. Des possibles s'ouvrent en ce sens ...Parce qu'il faut aider à prendre conscience qu'en ce moment les impérialistes et leurs guerriers par procuration en sont à transfomer les socs de charrue en missiles..
Publié par Danielle Bleitrach
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Source : www.farodiroma.it
Dans un monde ravagé par les guerres, le réarmement, les crises environnementales et de profondes inégalités, le message du pape Léon XIV pour la Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la Création revêt une portée qui dépasse largement la dimension religieuse. Le pontife établit un lien direct entre la paix et la protection de la Terre et pose une question fondamentale aux sociétés contemporaines : que se passerait-il si les ressources considérables actuellement consacrées à la guerre étaient utilisées pour vaincre la pauvreté, protéger l’environnement et restaurer la dignité humaine ?
La référence choisie par Léon XIV est celle du prophète Isaïe : « De leurs épées ils forgeront des socs de charrue, et de leurs lances des serpes. » Cette image est puissante car elle renverse la logique de la guerre. L’instrument conçu pour détruire se transforme en un instrument capable de donner la vie. C’est une métaphore qui résonne particulièrement avec notre époque, où la course aux armements continue de détourner des ressources essentielles à la coopération, à la santé, à l’éducation, à la lutte contre la pauvreté et à la protection des écosystèmes.
Le pape commence par évoquer le don de la vie, placé au cœur de la mission chrétienne et de la construction de cette « civilisation de l’amour » à laquelle il appelle toute l’humanité. Il souligne que la crise écologique et la crise de la paix ne sauraient être considérées comme des phénomènes distincts. Les guerres détruisent les écosystèmes, contaminent l’eau et les sols, compromettent la sécurité alimentaire et engendrent la pauvreté et les migrations forcées. Parallèlement, les inégalités et la concurrence pour les ressources peuvent alimenter de nouvelles tensions et de nouveaux conflits.
Cela nous amène à une conception de la paix bien plus large que la simple cessation des hostilités. La paix est un état dans lequel les individus, les communautés et la création peuvent retrouver un équilibre. C'est une responsabilité politique, sociale, culturelle et spirituelle.
La guerre comme échec de la politique et de l'humanité
Le passage le plus sévère du message concerne la guerre elle-même. Léon XIV la présente non seulement comme une erreur stratégique ou le résultat d'un conflit d'intérêts opposés, mais aussi comme un échec moral et spirituel.
Les conséquences de la guerre, observe-t-il, s'étendent bien au-delà du champ de bataille. Les victimes sont des civils et des combattants, des familles brisées, des communautés déracinées, des enfants privés de leur enfance et des générations entières contraintes de vivre avec un traumatisme. Mais la dévastation persiste même après la fin des combats : décombres, mines, pollution, destruction des infrastructures et perte des conditions de vie essentielles demeurent.
C’est précisément là que la question de la paix rejoint celle de l’écologie. Il est impossible de défendre la Terre tout en continuant de financer une machine de guerre capable de la dévaster. De même, il est impossible de discuter sérieusement du développement durable en ignorant les conséquences environnementales de la guerre.
La paix devient ainsi une forme d'écologie intégrale : protéger la personne signifie protéger l'environnement dans lequel elle vit, tout comme défendre la création signifie défendre les conditions matérielles de la vie humaine.
Le véritable désarmement commence dans le cœur.
L'un des aspects les plus profonds du message concerne le rapport entre les structures de la société et la conscience individuelle. Léon XIV réaffirme la réflexion du Concile Vatican II sur les racines internes des conflits : la violence, l'injustice et la dévastation environnementale ne sont pas seulement le fruit de systèmes politiques et économiques défaillants, mais sont aussi alimentées par la soif de domination, la recherche du profit immédiat, l'indifférence et la perte du sens des limites.
C’est pourquoi le désarmement ne peut se limiter au matériel. Un désarmement des consciences est également nécessaire.
Une société incapable de reconnaître l'humanité d'autrui finira inévitablement par le percevoir comme un obstacle, un ennemi ou une menace à éliminer. Le langage de la guerre naît également de cette déshumanisation. Lorsque ce processus se normalise, il devient plus aisé d'accepter la mort de civils, la destruction de villes et la dévastation de l'environnement comme des « coûts » inévitables de la politique.
La paix, en revanche, exige de reconstruire les relations. Elle exige de voir l'autre non comme un ennemi absolu, mais comme quelqu'un avec qui nous partageons la même vulnérabilité et le même destin planétaire.
Dialogue, miséricorde et vérité contre la logique des armes
Le passage dans lequel le Pontife indique ce qu'il définit comme les véritables instruments de la paix est particulièrement significatif : « la vérité, le dialogue, la patience, la bonté, la justice, la miséricorde, la compréhension, la sollicitude et l'amour ».
C'est une liste qui revêt une valeur à la fois politique et spirituelle.
Le dialogue ne signifie pas accepter une position quelconque ni renoncer à la justice. Il implique de reconnaître que même le conflit le plus dramatique doit, tôt ou tard, trouver une solution négociée. La diplomatie n'est pas un signe de faiblesse : c'est l'outil par lequel les parties cherchent à remplacer la destruction par la recherche d'un accord.
La miséricorde ne doit donc pas être comprise comme une simple indulgence. Elle est la capacité de reconnaître la souffrance d'autrui et d'interrompre le cycle de la vengeance. Sans cette dimension, chaque guerre risque de créer les conditions de la suivante.
La paix ne peut donc pas se construire uniquement par des traités signés par les gouvernements. Elle exige une culture de réconciliation qui transcende les sociétés et les générations.
Des armes au développement humain
L’aspect le plus concret du message est peut-être l’invitation à imaginer un monde où les énergies actuellement employées dans la guerre seraient orientées vers un développement humain intégral.
C'est un véritable renversement de priorités.
Les ressources économiques, l'expertise scientifique, les technologies et les capacités industrielles pourraient être utilisées pour faire face aux grandes urgences de notre époque : la pauvreté, la faim, la crise climatique, la pénurie d'eau, les maladies, l'accès à l'éducation et la protection des populations les plus vulnérables.
Voici la traduction contemporaine de l'image d'Isaïe : transformer les épées en socs de charrue signifie non seulement détruire les armes, mais aussi convertir les ressources de la guerre en instruments de vie.
Le défi est immense, mais le principe est simple. Tout investissement voué à la destruction prive d'autres de possibilités de construction. Toute ressource destinée à la guerre pourrait, au moins en partie, être transformée en ressource vitale.
De la division à la communion
Le message de Léon XIV propose donc une voie qui va de l'intériorité à la politique, de l'individu à la communauté, de la paix entre les êtres humains à la protection de la Terre.
« Nous passerons, lentement mais inexorablement, du désert au jardin, de la division à la communion et de la violence à la paix », déclare le pape.
C’est une perspective qui redonne à la paix son sens le plus authentique : non pas une simple trêve entre deux guerres, mais la construction patiente des conditions dans lesquelles la guerre n’est plus la réponse privilégiée aux conflits.
En ce sens, le message du Jour de la Création contient une proposition radicale : désarmer le monde, c’est aussi désarmer le langage, les consciences et les relations. C’est remplacer la peur par la confiance, la vengeance par la miséricorde, la propagande par le dialogue, la compétition destructrice par la coopération.
Et surtout, cela signifie se souvenir que la Terre n'appartient ni aux guerres ni aux intérêts des puissances, mais aux générations présentes et futures.
La paix n'est donc pas un simple idéal religieux ou moral. Elle est une nécessité concrète pour la survie de l'humanité et de la planète. La prophétie d'Isaïe devient ainsi un programme politique et civique : transformer les épées en socs de charrue signifie choisir la vie plutôt que la destruction, le dialogue plutôt que la guerre, la miséricorde plutôt que la vengeance, et la préservation de la Terre plutôt que son pillage.
