Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Les accusations s’effondrent à New York, sur ce front-là un fiasco se prépare…

Dans la situation créée par le coup de force de Trump et de ses acolytes, il y a différents fronts dont celui judiciaire du procès intenté à Maduro. Trump a ramené son trophée et cherche à l’exhiber comme Rome faisait de ses ennemis vaincus. Le triomphe serait procédurier et devrait jouir des grandes orgues médiatiques, les thuriféraires tel est le nom romain de ces trompettes de la renommée accompagnant le char triomphal, il n’en manque pas et une presse devenue système de propagande de la dictature du capital continue à tenter d’entretenir le mythe du Venezuela en proie à un système mafieux, totalitaire, corrompu, ce qui explique par parenthèse selon eux la faiblesse de l’opposition et l’impossibilité de l’installer à la place du gouvernement « chaviste », le soutien populaire évident. Il y a là un autre front de résistance en écho au troisième front international, ce qui se passe à l’ONU et face auquel le déni là aussi est la seule solution impérialiste, le retrait des institutions. En matière de presse, le Washington post qui fut jadis à l’offensive du Watergate est devenu l’un d’entre eux presque aussi lâche que notre propre presse française, que LCI où hier on a pu entendre Ruth Krief, jouant « l’impartiale » mais feignant de constater que l’opinion française était soulagée de voir enfin un homme politique qui « agit ». Tout cela n’empêche pas qu’au niveau du procès commence à se dessiner un fiasco du type de celui de Dimitrov accusé d’avoir incendié le Reichtag. Les États-Unis font marche arrière : le « Cartel de Los Soles » n’était qu’une invention pour discréditer Maduro. Il y a des avocats qui ne lâchent rien et un accusé qui tient bon, le prochain acte aura lieu en mars mais en attendant c’est mal barré (note de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete) .

La vérité finit toujours par se manifester, elle trouve toujours un moyen de se faire connaître. Le département de la Justice des États-Unis a officiellement abandonné l’accusation selon laquelle Nicolas Maduro dirigerait un prétendu cartel de narcotrafic organisé nommé le « Cartel de los Soles », une entité qui, en réalité, n’a jamais existé en tant qu’organisation structurée. Dans l’acte d’accusation modifié, le ministère de la Justice américain admet maintenant que cette désignation n’était qu’une expression floue évoquant un réseau de corruption associé à des agents corrompus, et non une organisation criminelle structurée comme les cartels mexicains ou colombiens traditionnellement identifiés.

Pourtant, pendant des années, cette construction judiciaire et médiatique a servi de fondement à une campagne de pression contre Caracas, y compris la désignation du soi-disant cartel comme organisation terroriste étrangère, des sanctions économiques, et une prime de 50 millions $ pour l’arrestation de Maduro présumé être le chef du Cartel.

C’est là tout le cynisme du procédé : inventer le mot, imposer le récit, criminaliser un chef d’État qui jouit d’une immunité… puis, une fois l’homme durablement condamné dans l’opinion mondiale, admettre que le concept n’avait aucune substance réelle.

Le terme s’évapore, mais l’injustice demeure — et avec elle, un peuple pris en otage par une narration fabriquée.

Il s’agit de gangstérisme à l’échelle mondiale. Le Venezuela conserve Maduro en tant que président constitutionnel, prétendument enlevé par une puissance étrangère qu’il dépeint comme un prisonnier de guerre. Ce qui complique la tâche pour le procureur qui est chargé d’instruire à la fois à charge et à décharge dans un conflit de loi temporel et spatial, notamment concernant le Statut de Maduro, qui n’est pas un trafiquant de drogue à l’instar de Noriega. On se souviendra que les États-Unis ont déposé un chef d’État étranger pour le juger de manière coercitive.

Par ailleurs à la demande de son avocat Barry J Pollack, le tribunal américain accorde les visites du consulat de Venezuela de New-York au President Maduro.

L’avocat de Maduro demande la liberté sous caution de son client, car jusqu’à présent aucune preuve n’a été établie contre son client en rappelant qu’il n’est pas citoyen américain mais président en exercice du Venezuela, avant d’attendre jusqu’au 17 mars pour une autre comparution au procès.

Rodrigue Fénelon Massala Kengue

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