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Le Venezuela veut la paix ; Trump veut un « accès total » à son pétrole

La propagande qui est déversée sur nous Français ne peut pas totalement cacher la mobilisation massive du peuple vénézuélien et le fait qu’aucune opposition crédible n’est capable d’occuper la rue alors même que l’armada des USA est déployée à proximité. D’où cette situation totalement onirique dans laquelle se succèdent dans nos médias des reporters qui essayent d’expliquer que les « Vénézuéliens » (lesquels) sont heureux et soulagés bien qu’un peu gênés par la « méthode » et qu’il y a une partie (25% disent-ils) qui tient elle la rue avec des portraits de Maduro, que les autorités en place demeurent celles du gouvernement bolivarien qui vient d’ailleurs d’expulser le représentant de la France à cause des propos de Macron. Le Venezuela annonce une commission pour la libération de Nicolas Maduro. Cette commission va mener des actions politiques, juridiques et diplomatiques pour mettre fin à l’enlèvement par les États-Unis du dirigeant vénézuélien et de Flores. Quelle sera la suite ? (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Dans les capitales des États, des membres vénézuéliens de la Garde bolivarienne patrouillent dans les rues.
Dans les capitales des États, des membres vénézuéliens de la Garde nationale bolivarienne patrouillent dans les rues. (Photo AP)

Jim Cason et David Brooks, correspondants

5 janvier 2026

Washington et New York – Le président Donald Trump s’est entretenu avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, pour réitérer sa demande que le gouvernement de Caracas lui cède le contrôle de l’industrie pétrolière du pays, mais pour l’instant, les États-Unis se limitent à un changement de régime partiel en République bolivarienne et aucune troupe américaine n’occupe ce pays.

Le président américain a insisté dimanche soir sur le fait que les États-Unis « gèrent » le Venezuela. Mais son secrétaire d’État, Marco Rubio, a déclaré que Washington comptait contraindre le gouvernement chaviste en place à se plier à ses exigences sous la menace de recours à la force contre ses membres, d’un embargo sur les exportations de pétrole et d’une possible seconde vague d’attaques militaires de la flotte déployée dans les Caraïbes si les demandes américaines n’étaient pas satisfaites.

« Un accès total. Nous avons besoin d’accéder au pétrole et aux autres ressources de votre pays », a déclaré le président américain à la presse à bord de son avion. Il a ajouté : « Nous allons tout gérer, régler le problème et organiser des élections au moment opportun. » Il a souligné que le Venezuela se situe « dans notre zone d’influence, au titre de la doctrine Monroe ».

Des récits confus à Washington

Les déclarations contradictoires et confuses du gouvernement américain ces dernières 48 heures reflètent en partie les tensions au sein même de l’administration Trump et parmi les factions qui constituent sa base politique. Parallèlement aux déclarations triomphantes concernant l’exploit militaire américain que représente l’enlèvement du président Nicolás Maduro et de son épouse, Cilia Flores, les explications changeantes quant aux objectifs de Washington dans cette opération pourraient révéler une campagne de guerre psychologique contre les dirigeants vénézuéliens, visant à obtenir leur coopération sans avoir à recourir à nouveau à la force militaire.

Ils pourraient également s’inscrire dans la lutte interne au sein de la Maison Blanche concernant les prochaines étapes à suivre, car certains analystes estiment qu’aucune stratégie post-Maduro n’a été élaborée.

« Il ne s’agissait pas d’une invasion. Nous n’avons occupé aucun pays. C’était une opération d’arrestation », a déclaré Rubio lors d’une interview accordée à ABC News. Peu après, s’exprimant sur NBC News, il a insisté sur le fait qu’« il n’y a pas de forces américaines déployées au sol au Venezuela ». Il a également rejeté à plusieurs reprises toute comparaison de cette intervention militaire avec les occupations de l’Irak et de l’Afghanistan, afin de contrer les accusations de certains membres du mouvement conservateur selon lesquelles les États-Unis seraient engagés dans une nouvelle occupation de longue durée, ce que Trump avait promis de ne pas faire durant sa campagne.

« Notre hémisphère »

Mais le gouvernement américain a clairement l’intention de contrôler non seulement le Venezuela, mais l’ensemble des Amériques. « C’est notre hémisphère », titrait un communiqué de presse publié dimanche par la Maison-Blanche, citant des déclarations de Rubio.

« Ceci est l’hémisphère occidental. C’est là que nous vivons, et nous ne permettrons pas qu’il devienne une base d’opérations pour les adversaires, les concurrents et les rivaux des États-Unis. »

Mais Trump, dans une interview publiée ce matin dans  le magazine The Atlantic, a averti que si la nouvelle présidente vénézuélienne ne se plie pas à ses exigences, « elle en paiera le prix fort, peut-être même plus que Maduro ».

Dans son interview à ABC News, Rubio a adopté un ton plus optimiste. « Nous espérons que des personnes sont déjà en place – nous le verrons, leurs actions ou leurs omissions le prouveront – et qu’elles commenceront à mettre en œuvre certains changements qui, à terme, transformeront radicalement le Venezuela de ces 15 dernières années. » Il a réitéré une série d’allégations non fondées concernant le trafic de drogue en provenance du Venezuela vers les États-Unis et la présence d’« adversaires » dans ce pays, tels que le Hezbollah et l’Iran.

Opinions dissidentes

Cependant, les exigences exactes de Trump restent floues, peut-être parce que les différentes factions au sein de son administration ont des objectifs divergents. Il a maintes fois affirmé vouloir prendre le contrôle du pétrole vénézuélien et même l’utiliser pour contribuer à réduire le déficit budgétaire de son pays.

Mais certains conservateurs ont exprimé des opinions divergentes. « Ce n’est pas du pétrole américain. C’est du pétrole vénézuélien », a tweeté Thomas Massie, membre du Congrès d’extrême droite. Il a ajouté, à juste titre, que « les compagnies pétrolières américaines avaient conclu des accords risqués qui ont été annulés par un précédent gouvernement vénézuélien ». Il a également affirmé que les soldats américains ne devraient pas risquer leur vie pour le profit d’entreprises américaines.

Pour compliquer encore les choses, Rubio a déclaré à NBC News : « Nous n’avons pas besoin de pétrole brut vénézuélien. Nous en avons en abondance aux États-Unis. Ce que nous ne permettrons pas, c’est que l’industrie pétrolière vénézuélienne soit contrôlée par des adversaires », une position quelque peu différente de celle de son supérieur.

Il a affirmé qu’il est inacceptable que « le Venezuela devienne une plaque tournante des opérations de l’Iran, de la Russie, du Hezbollah, de la Chine ou des agents des services de renseignement cubains qui contrôlent ce pays. Cela ne peut plus durer. »

Bien qu’il soutienne publiquement la position du président, le secrétaire d’État fait partie, en privé, de ceux qui estiment qu’il faut éradiquer les vestiges du chavisme, selon certaines sources. Il avance toutefois une explication pragmatique pour justifier l’absence d’un changement de régime radical : « Il faut faire preuve de réalisme », a-t-il déclaré à CBS News.

« Ils ont le système chaviste depuis 15 ou 16 ans, et tout le monde se demande pourquoi, 24 heures après l’arrestation de Maduro, aucune élection n’est prévue pour demain. Il y a une procédure à suivre. »

Intervention dans d’autres pays

De son côté, Trump a tenté d’expliquer sa position sur ses actions contre le Venezuela lors d’entretiens avec divers médias, mais il n’a souvent fait qu’alimenter la confusion. Par exemple, samedi, il a indiqué que les États-Unis devaient maintenir leur contrôle et leur domination sur l’hémisphère occidental, mais dimanche, il a laissé entendre que cette domination sur le Venezuela ne se limitait pas à une simple mise à jour de la doctrine Monroe.

« Lors de l’entretien, il a déclaré que la décision d’enlever le président vénézuélien ne reposait pas uniquement sur des considérations géographiques », a expliqué le journaliste Michael Scherer du magazine The  Atlantic  après son entretien téléphonique avec le président. Il a cité Trump : « Ce n’est pas une question d’hémisphère. C’est une question de pays. C’est une question de nations individuelles. »

Pour illustrer son propos, Trump a mentionné que les États-Unis pourraient intervenir dans d’autres pays, mais il n’a cité aucun autre pays de l’hémisphère occidental, seulement le Groenland.

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