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Le sommet de l'OCS s'est ouvert à Bichkek, la capitale du Kirghizistan.
Dans le contexte de crise profonde dans lequel nous plonge l'erratique monde occidental derrière son suzerain avec comme seule boussole les superprofits du pillage, du surarmement +, ce sommet prend une importance particulière. Tout le monde souhaite la fin de la guerre et la déclaration de Poutine avant le sommet affirmant que la Russie était disposée à la paix mais dans des conditions où il serait tenu compte de ses impératifs de sécurité autant que des rapports de force sur le terrain avec des interlocuteurs crédibles, ce qui est aussi la position de l'IRAN et avec une Chine dont le poids international est toujours plus attractif, on mesure bien à quel point le sort du monde se joue dans cette alternative multipolaire.
Publié par Danielle Bleitrach
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Source : www.farodiroma.it
puis Équipe éditoriale de Culture2-31 août 2026
À Bichkek, capitale du Kirghizistan, le sommet annuel de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) s'ouvre le 31 août 2026, dans un contexte de fortes tensions internationales. Autour de la même table se réunissent le président russe Vladimir Poutine, le dirigeant chinois Xi Jinping et de nombreux chefs d'État et de gouvernement de toute la région eurasienne, à l'occasion de ce sommet qui marque également le vingt-cinquième anniversaire de l'OCS.
Officiellement créée en 2001 sur les fondements du groupe dit des « Cinq de Shanghai », l'organisation compte aujourd'hui dix membres permanents : la Chine, la Russie, l'Inde, le Pakistan, l'Iran, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l'Ouzbékistan et le Bélarus. À ces pays s'ajoutent des pays observateurs et des partenaires de dialogue, dont la Turquie, l'Arabie saoudite et le Qatar, confirmant ainsi une plateforme qui aspire à représenter une part toujours plus large du Sud global et de l'espace eurasien.
L'OCS se présente officiellement comme un forum de coopération économique, politique et sécuritaire, et non comme une alliance dirigée contre d'autres États. Cependant, ces dernières années, ses sommets sont également devenus une vitrine diplomatique pour Moscou et Pékin. Poutine et Xi ont régulièrement utilisé ce format pour promouvoir l'idée d'un ordre international multipolaire et contester l'hégémonie occidentale, notamment celle des États-Unis.
Dans ce contexte, le sommet de Bichkek revêt une importance particulière. La guerre en Ukraine continue de peser sur les relations entre la Russie et l'Occident, tandis que les tensions entre les États-Unis et la Chine se répercutent sur les plans stratégique et commercial. L'OCS offre ainsi à Moscou et Pékin un espace pour renforcer leurs relations avec leurs partenaires régionaux, faire preuve d'initiative et proposer une autre vision des équilibres mondiaux.
Parmi les rencontres les plus attendues figurent les entretiens bilatéraux entre Poutine et le président iranien Massoud Pezeshkian. L'Iran, qui a rejoint l'OCS en 2023, a renforcé ses relations avec la Russie ces dernières années, en particulier dans le domaine militaire, et entretient d'importants liens énergétiques avec la Chine. La présence de Téhéran au sommet confirme la volonté du bloc d'inclure des pays soumis à de fortes pressions occidentales et désireux de développer des voies alternatives de coopération économique et diplomatique.
La participation du président turc Recep Tayyip Erdogan, malgré le fait que la Turquie ne soit pas membre à part entière de l'organisation, souligne également la flexibilité de l'OCS. Ankara, membre de l'OTAN mais attachée depuis des années à une politique étrangère autonome et multidirectionnelle, considère cette plateforme eurasienne comme un espace utile pour étendre son influence diplomatique entre l'Europe, le Moyen-Orient et l'Asie centrale.
La présence simultanée de l'Inde et du Pakistan rappelle que l'OCS n'est pas une alliance compacte et homogène. En son sein coexistent des intérêts divers, des rivalités historiques et des priorités nationales souvent divergentes. Cette hétérogénéité même constitue à la fois une limite et un atout : d'une part, elle complexifie la définition de positions communes contraignantes ; d'autre part, elle permet à l'organisation de se présenter comme un espace de dialogue entre des acteurs qui, dans d'autres contextes, peinent à dialoguer.
Avec une population cumulée équivalente à environ 40 % de la population mondiale et un poids économique estimé à près d'un quart du PIB mondial, l'OCS revendique une centralité croissante. Cependant, plus qu'une structure supranationale comparable à l'Union européenne ou à une alliance militaire comme l'OTAN, elle demeure avant tout un forum politico-diplomatique, utile pour coordonner les intérêts, renforcer les relations bilatérales et mettre en avant les ambitions de ses membres fondateurs.
Ce sommet se tient alors que les États-Unis exercent une nouvelle pression économique sur Pékin. Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a annoncé son intention d'exhorter les membres du G20 à réévaluer leurs relations commerciales avec la Chine, dénonçant l'excédent commercial mondial de cette dernière, estimé à environ 1 200 milliards de dollars, comme non viable. Selon Washington, la faiblesse de la demande intérieure chinoise pousse Pékin à soutenir la croissance par les exportations, compensant ainsi les déséquilibres sur les marchés internationaux.
Cette question commerciale renforce l'importance politique de l'OCS pour la Chine. Alors que les États-Unis et les économies occidentales discutent de nouvelles mesures pour freiner l'expansion des exportations chinoises, Pékin utilise les forums multilatéraux non occidentaux pour démontrer sa force diplomatique, construire un consensus et se présenter comme un promoteur de la coopération économique et de la stabilité régionale. Le sommet de Bichkek
ne doit donc pas être perçu comme une simple réunion régionale. Il témoigne plutôt des transformations en cours de l'ordre international : d'une part, l'Occident cherche à contenir la Russie, l'Iran et la Chine par des sanctions, des pressions commerciales et des outils diplomatiques ; d'autre part, ces pays œuvrent à la mise en place de réseaux de coopération alternatifs, capables de réduire l'isolement politique et économique et d'attirer des États désireux d'une plus grande autonomie stratégique.
L’OCS demeure une organisation marquée par de nombreuses contradictions, mais son poids symbolique et diplomatique ne cesse de croître. Vingt-cinq ans après sa création, le sommet du Kirghizistan confirme que l’Eurasie est de nouveau au cœur de la compétition mondiale : non seulement comme espace géographique de transit et de ressources, mais aussi comme laboratoire politique pour un monde de plus en plus fragmenté et multipolaire.
Carlo Marino
www.eurasiaticanews.com
