Voici un article de Radio Miami Today qui entretient les relations entre l’émigration cubaine et l’ile. Si les articles et les émissions s’adressent en priorité à cet échange, nous y apprenons beaucoup parce que les articles s’ingénient à démonter les mensonges dont nous sommes nous-mêmes abreuvés. Voici ce qu’il en est de la lutte contre la drogue du pur produit de la mafia cubaine de Miami qu’est le secrétaire d’État (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete).

Le secrétaire d’État Marco Rubio, comme l’a démontré son année en fonction, n’a aucune expérience en matière de relations internationales, mais il connaît très bien les organisations et les individus impliqués dans le trafic de drogue aux États-Unis, ce qu’il a utilisé pour faire avancer sa carrière politique.
L’image de fermeté que Rubio souhaite projeter contre ceux que Washington considère comme des alliés du trafic de drogue contraste fortement avec son passé entaché de scandales impliquant des trafiquants de drogue, des escrocs, des politiciens corrompus et du blanchiment d’argent mafieux.
Dans cet article, je ne présenterai que trois exemples de ses relations étroites, directes ou indirectes, avec des opérations de trafic de drogue.
Sa première implication dans ces affaires louches remonte à l’âge de 16 ans, lorsque son beau-frère Orlando Cicilia, marié à sa sœur aînée Barbara, fut arrêté en 1987 pour trafic de cocaïne qu’il stockait chez lui à West Kendall avant de la faire passer clandestinement à travers le pays dans des boîtes de cigares.
En 1989, Cicilia fut condamné à 25 ans de prison, mais libéré en 2000 pour avoir collaboré avec les autorités. Il était l’un des hommes de paille du grand trafiquant de drogue Mario Tabraue, qui avait fait entrer clandestinement aux États-Unis des stupéfiants d’une valeur de plus de 75 millions de dollars à l’époque. Tabraue fut condamné à 100 ans de prison, mais acquitté en 2003 pour bonne conduite.
Rubio, bien qu’ayant vécu un temps chez Cicilia, a toujours affirmé que ni lui ni ses parents n’étaient au courant du trafic de drogue et qu’Orlando le payait dix dollars par semaine pour laver chacun de ses chiens. Deux agents des forces de l’ordre ont déclaré à l’hebdomadaire New Times qu’ils avaient du mal à croire cette histoire.
Après la libération de Cicilia, Marco Rubio, alors président de la Chambre des représentants de Floride, a fait pression sur la Division de l’immobilier pour qu’elle lui accorde une licence d’agent immobilier. Dans sa lettre de recommandation de 2002, il déclarait : « Je connais M. Cicilia depuis plus de 25 ans et je le recommande sans réserve pour l’obtention de sa licence. »
Un autre scandale a éclaté en 2009 lorsque Rubio a annoncé sa candidature au Sénat américain. À cette occasion, des enquêtes journalistiques l’ont impliqué dans le financement de ses campagnes.
Le journal The Observer a rapporté que Rubio et son ami, l’ancien membre du Congrès David Rivera, ont non seulement reçu des milliers de dollars d’un comité d’action politique lié à des criminels opérant un système de Ponzi, mais ont également entretenu des liens avec un lobbyiste proche d’un criminel accusé de blanchiment d’argent pour des cartels sud-américains.
Un PAC (Political Action Committee) est un comité d’action politique, terme couramment utilisé pour désigner, quelle que soit sa taille, une organisation privée dont le but est d’aider ou d’interférer dans les élections et d’encourager ou de décourager l’adoption de certaines lois.
Le lobbyiste était Joe Steinger, cerveau de l’escroquerie de la Mutual Benefits Corporation, un réseau d’investissement basé à Fort Lauderdale qui achetait des polices d’assurance-vie à des personnes en phase terminale – des membres de la communauté homosexuelle floridienne infectés par le VIH. Ils revendaient ensuite ces polices à des investisseurs en leur promettant des rendements élevés. Ce réseau a escroqué plus de 30 000 personnes pour un montant supérieur à 1,2 milliard de dollars.
Steinger a été condamné à 20 ans de prison en 2014. Il est accusé d’avoir utilisé l’achat de ces polices d’assurance pour blanchir de l’argent pour le compte de cartels de la drogue colombiens et d’autres organisations criminelles du monde entier.
L’argent de Steinger est parvenu à la campagne de Rubio par l’intermédiaire du lobbyiste Alan Mendelsohn, qui a collecté près de deux millions de dollars qu’il a distribués à plusieurs politiciens de Floride via un comité politique appelé The Ophthalmology PAC.
Selon l’enquête, Mendelsohn a collecté des fonds pour Marco Rubio jusqu’en 2009, même après le démantèlement du système de Ponzi de Steinger, d’après des rapports judiciaires et journalistiques de Floride.
Un système de Ponzi est un type d’escroquerie financière dans lequel on promet aux investisseurs des taux de rendement artificiellement élevés avec peu ou pas de risque.
Une autre des transactions de Rubio avec des trafiquants de drogue a eu lieu avec l’ancien président hondurien Juan Orlando Hernández.
Des membres démocrates du Congrès et des experts en politique américaine affirment que la grâce d’Hernandez a été proposée à Trump par l’actuel ministre des Affaires étrangères, alors corrompu.
Rappelons qu’Hernández a été emprisonné aux États-Unis avec une peine ferme de 45 ans prononcée par les juges du district sud de New York, pour le crime d’exportation et d’importation de 400 tonnes de cocaïne aux États-Unis.
Les relations de Rubio avec l’ancien président hondurien et le puissant groupe BGR ont été documentées pendant des années.
Une enquête du magazine canadien VICE, actuellement basé à New York, a révélé que Juan Orlando avait signé début 2020 un contrat avec le cabinet de lobbying BGR Group, fondé par le millionnaire républicain Haley Barbour, pour un montant total de 660 000 dollars, dans le but de renforcer son image à Washington en tant qu’allié fiable et combattant contre le crime organisé.
À cette époque, l’environnement juridique du président commençait à s’effriter, son frère, Juan Antonio « Tony » Hernández, ayant été condamné à la prison à vie pour trafic de tonnes de cocaïne vers les États-Unis.
Le groupe BGR a lancé une véritable machine publicitaire en faveur du président hondurien, contactant le personnel du Congrès, distribuant des communiqués de presse et renforçant l’image d’Hernández comme un partenaire fiable de Washington.
Et le nom de Marco Rubio réapparaît, lui qui, selon le reportage de VICE, est historiquement l’un des principaux bénéficiaires des contributions politiques du groupe BGR.
La société a organisé des levées de fonds pour Rubio lors de ses campagnes sénatoriales de 2010 et 2016, ainsi que lors de sa brève campagne présidentielle. Après la signature du contrat avec le Honduras, BGR Group a contacté onze membres du personnel du Congrès ; trois d’entre eux avaient travaillé directement avec Rubio.
Autrement dit, le gouvernement Hernández a payé une entreprise liée à un homme politique qui, aujourd’hui, depuis le Département d’État, participe à la définition de la politique étrangère envers l’Amérique latine, dans laquelle il tente de mettre en œuvre la néfaste doctrine Monroe.
L’actuel secrétaire d’État américain rendait fréquemment visite au trafiquant de drogue durant son second mandat, obtenu frauduleusement mais avec le soutien de l’Organisation des États américains (OEA), alors dirigée par l’extrême droite Luis Almagro. Lors d’une de ses visites, Rubio a fait l’éloge de la « guerre contre la drogue » menée par le gouvernement d’Hernández, tandis que son frère, Juan Antonio, inondait les États-Unis de tonnes de drogue.
Telles sont les relations étendues que Rubio entretient avec des individus impliqués dans le trafic de drogue, dont il a profité financièrement pour gravir les échelons politiques.
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