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Pourquoi mille milliards de dollar pour une guerre incompréhensible et perdue? +cela s'appelle le capitalisme. : une seule issue le socialisme mais qui en est capable ?
Cette guerre avec l'Iran;, et bien au-delà le choix systématique de l'occident "global" de l'escalade; est irrationnelle dans les raisons invoquées par le couple infernal formé par les Etats-Unis ivres de puissance et son âme damnée Israël. Mais "la coalition" est plus large avec ses mafieux de Zelensky à Milei pour ne citer que les voyous en chef. On s'interroge : qu'a donc fait l'Iran qui justifie de bafouer toutes les règles de droit international ? Qu'est ce qui justifie une telle tolérance à que soient investis des sommes aussi monstrueuses dans des programmes dont aucun n'est capable de renforcer la capacités des USA et de ses chiens de garde allemands, français etc... à dissuader ou l'emporter dans un conflit conventionnel moderne? Pourquoi ne se trouve-t-il pas en France une force politique responsable pour réellement refuser ce recours à la loi de la jungle versus apocalypse now? . Pourquoi faut-il s'emberlificoter de tartufferies sur la démocratie devant un tel déni de droit et laisser de ce fait la parole française à Barrot ? Pour ceux qui auront la patience et seront capables de lire ce long texte.
Publié par Danielle Bleitrach
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Article original pour le blog
1- LE POURQUOI DE CETTE GUERRE PERDUE A MILLE MILLIARDS DE DOLLARS ? DE QUOI EST COUPABLE L-IRAN, QUI EST EN ETAT DE LE JUGER ?
Qu'est-ce que l'Iran a vraiment fait qui est si impardonnable ? pour provoquer la fureur de Trump, le faire s'engouffrer dans cette guerre ? A-t-il envahi des continents étrangers ? A-t-il colonisé la moitié de la Terre ?A-t-il lancé des bombes atomiques sur des civils ?A-t-il construit des bases militaires partout dans le monde ?A-t-il renversé des dizaines de gouvernements dans le monde ?A-t-il affamé des nations avec des sanctions et l'a-t-il appelé diplomatie ? Non. Son acte impardonnable était quelque chose de plus ordinaire. Il a refusé de se laisser gouverner.
IL reste tous les prétextes habituels d'un monde qui lui même tourne de plus en plus à la bigoterie et à la répression des moeurs, les régréssions et qui se tait devant l'Arabie saoudite, les évangélistes et tous les fanatismes et refuse de voir que non seulement l'accès des femmes iraniennes à la culture et l'éducation n'a rien à voir avec ces modèles là. Qui refuse de voir ce que même le Courrier international voit aujourd'hui dans les rues de Téhéran : Reportage de Radio Farda, le media iranien en exil est obligée de le reconnaitre. En Iran, la police des mœurs a disparu du paysage . Les patrouilles qui surveillaient minutieusement le port du voile ont pratiquement disparu des rues de Téhéran et des grandes villes du pays. Un relâchement tactique accéléré par la guerre, mais la loi est toujours là et certaines restrictions subsistent. À première vue, les trottoirs bordés d’arbres de la rue Valiasr – dans le principal quartier culturel et commercial de Téhéran – ont un air de normalité. Mais c’est ce qu’on n’y voit pas qui étonne. Les femmes marchent dans la ville en haut sans manches ou en robes à manches courtes, en pantalons amples ou en jeans ajustés. Certaines portent des foulards par choix. Beaucoup ne le font pas. Les cafés sont animés, les voitures se traînent. Personne ne regarde ou ne fait vraiment attention à ce qui se passe. Et pourtant, c’est ce qu’on remarque le plus.
Non il faut assortir tous les vagues appels à la paix d'un discours immonde contre le régime quand un peuple et des enfants meurent sous les bombes... N'avez vous pas honte vous qui avait été jadis la "gauche" et même les communistes.
Cette complicité avec ce qui porte un nom - le capitalisme à son stade impérialiste financiarisé et fascisant- n'a qu'une seule alternative rationnelle le socialisme? Quel socialisme peut exister dans ce qui caractérise la gauche française depuis l'eurocommunisme qui feint de vouloir revendiquer des droits internes la poursuite d'un modèle social et qui un boulet au pied continue à soutenir de fait les agresseurs en inventant des crimes à l'Iran, ou à la Russie et faisant la fine bouche sur la Chine pour mieux bloquer la colère populaire, la canaliser derrière la propagande occidentale comme ils le font depuis des décennies,. Pas un pour sauver l'autre et vous prétendez combattre le fascisme sans voir ce qui le fait se gonfler y compris le désaveu des peuples.
On a envie de hurler : vous ne voyez pas l'inquiétude et le mépris du peuple, jusqu'où irez vous dans vos obsessions, vos incapacités à vous situer à la hauteur d'un moment historique dans lequel une bande de corrompus, avides sont prêts à tout détruire ? Il manque aux "élites politico-médiatiques françaises, à la totalité de la représentation nationale du coeur à tous les sens du terme, de la compassion et du courage et il a la plus déplorable bande de lâches imbéciles qui se puisse imaginer. Qui peut avoir confiance en ceux qui tiennent un tel langage ? Oui je sais vous évoluez peut-être que vous n'accepteriez plus l'article 390 qui laissa les mains libres à Macron? L'histoire vous précède toujours et vous fait évoluer à reculons,.
2- UN JOUR NOUS NOUS GOUVERNERONS NOUS MEMES DE L'INTERIEUR POUR LE MOMENT LES "ELITES POLITICO-MEDIATIQUES" REFUSENT DE VOIR QUE NOUS AVONS PERDU NOTRE SOUVERAINETE PLUS ENCORE QUE L'IRAN ET C'EST CE QUI NOUS POUSSE A JUGER CEUX QUI RESISTENT
Comme nous nous laissons gouverner par ceux qui aux Etats-Unis, en Europe joue le surarmement avec l'Allemagne comme nous le décrivons dans d'autres articles. la France est devenue le laboratoire des contradictions sociales de l'Europe parce que le surarmement ne peut se concilier avec le modèle social . Il est clair que si la France se rebelle, ses forces sont divisées "à l'américaine", un clientélisme de prétendants et pas un pour manifester la moindre conscience des enjeux géopolitiques, tous en proie à la propagande et n'osant pas se distancier du discours sur le méchant Russe en alimentant le surarmement. Face à l'Iran l'hypocrisie totale, les plus écoeurant sont ceux qui parlent de paix en attaquant "le régime des mollahs" comme si c'était là l'urgence. Même le PCF se met à la remoque du malheureux Toudeh qui n'a plus aucun lien depuis des années avec l'IRAN et croit de son devoir de dire qu'il est contre l'intervention tout en continuant le procès de ceux qui subissent une attaque de la part du vrai fascisme celui qui s'impose au niveau international et fait de la France le laboratoire de contradictions sociales. Avec une classe politique qui prétend être attachée au modèle social et promet que demain on rasera gratis sans oser s'opposer réellement à ces guerres. Sans oser dire ce qu'est le socialisme réel celui qui ne se résoudra pas par l'élection d'un obsédé qui jouera les Tsipras sitôt élu parce qu'il n'a rien derrière lui.
Comment en êtes vous arrivés à ce degré d'endoctrinement pour vous accommoder du régime saoudien, des émirats arabes unis et oser mener campagne sur la situation des femmes en Iran? Comment osez vous au nom de ces mêmes femmes appuyer l'horreur de ce que vivent sous les bombes les femmes et les enfants d'Iran? Comment osez vous dénoncer le fanatisme et le danger du régime des mollahs en ignorant que l'ayatollah Khameini tué avec vos applaudissement interdisait l'arme nucléaire ?
Un jour, notre pays pourra être gouverné uniquement de l'intérieur en fonction de nos choix citoyens, et nous serons informés, pas soumis à la censure la plus imbécile, l'abus de droit général qui fait que n'importe qui peut censurer à partir du moment où il a un petit pouvoir sans rendre des comptes en personne. Un jour nous aurons reconquis le droit d'être des citoyens, cela ne résoudra pas tout mais déjà une bonne partie des problèmes. .Cela dépend uniquement de nous, choisissons la souveraineté et pas la démagogie qui nous divise en fonction de l'exemple atlantiste et des "intérêts" loin de l'intérêt général ou du moins réellement majoritaire
3- MAIS LA GUERRE ET SES CONSEQUENCES EST UN REVELATEUR : CE SYSTEME NE PEUT PLUS RIEN D'AUTRE QUE DETRUIRE, S'AUTODESTRUIRE
Mais cette guerre qu'apparemment rien ne justifie confronte les Etats-Unis à leur propre système et ce n'est pas seulement l'origine de la guerre qui paraît totalement irrationnelle. Le système tel qu'il est décrit nous concerne également puisqu'il revient à l'énigme habituelle de l'oeuf et la poule .
Ce système est totalement autiste : incapable de sortir de sa propre vision du monde : . Plutôt que de s’efforcer de comprendre comment les dirigeants iraniens raisonnent et agissent, Trump, son « ministre de la guerre », Pete Hegseth, et d’autres responsables américains les ont considérés comme des pantins qui se soumettraient dès que les premières bombes commenceraient à tomber. Il n'en était rien, mais rien ne semble pouvoir transformer l'autisme néo colonial de notre vision occidental, même les "dames patronnesses" qui secourent les nécessiteux méritants, ou ce qui revient au même les "gauchistes" qui attaquent en priorité leur camp sous prétexte d'absence de pureté révolutionnaire, n'arrivent pas à faire l'effort de comprendre à qui ils ont affaire en réalité.
Mais il y a pire quand cette absence de compréhension géopolitique se double d'une incapacité interne à modifier un fonctionnement totalement inadapté à une issue quelconque, un système qui ne fait qu'engendrer souffrances et destruction sans prétendre l'emporter.
Les partis,, toutes les forces organisées qui ont jadis représenté le monde du travail, la souveraineté populaire acceptent de fait la propagande qui invente la menace par censure et ils perdent peu à peu leur droit à exister, ils sont marginalisés. Le consensus qu'ils ont créé les étouffe et il ne leur reste plus qu'à se diviser sans fin puisqu'ils ont accepté de ,ne plus être ce qu'ils étaient.
4- LE SUZERAIN NE PEUT PLUS RIEN QUE NOUS ENTRAINER DANS SON ABYME
Le ministère de la Défense est en difficulté. Durant le second mandat du président américain Donald Trump, l'attention médiatique s'est concentrée sur les défilés militaires, les limogeages retentissants et les leçons de morale sur les coupes de cheveux. Mais depuis les années 1980, un phénomène moins médiatisé, mais tout aussi préoccupant, fragilise progressivement l'armée américaine : l'acquisition de matériel de défense demeure obstinément lente et largement hors budget. Et la présentation du problème ci-dessous à savoir que l'oligopole qui gouverne la machine industrialo-militaire financiarisée des Etats-Unis et donc toute l'armada occidentale intégrée à cette machine (comme l'OTAN et même dans un partage des rôles dans lequel les vassaux payent plus pour leur défense) s'avère complètement inadaptée à l'objectif qui est de soumettre la planète à une suprématie néocoloniale : le coût et le rapport qualité prix de l'acquisition du matériel de guerre. Ce que défend cet article, ce programme de rupture avec la gabegi de l'oligarchique suppose un congrès indépendant politiquement de ce complexe industrialo-militaire et de l'oligarchie alors que les élections aux Etats-Unis ne serait ce que par leur coût sont complètement soumis à cettre caste. C'est la même chose en france et c'est peut-être encore plus évident pour deux raisons au moins à savoir que la propagande et sa presse, ses plateformes comme LCI, BMTV sont directement liés aux intérêts des trusts de l'armement, du budget de la reconstruction type black rock et que le président Macron qui est leur créature n'a même pas de compte à rendre au sénat comme le président américain et il peut emprunter les crédits militaires et offrir la dissuasion française à son complice Merz sans avoir de compte à rendre à personne.
5- VOICI LA DESCRIPTION DE CETTE ENIGME DE LA GUERRE PERDUE A MILLE MILLIARDS DE DOLLARS
Voici donc une description de cette énigme de la guerre perdue à mille milliards de dollars telles que la pose un citoyen des Etats-Unis qui a encore la foi du charbonnier dans son système représentatif et le pouvoir du Congrès d'arrêter ce système qui a perdu toute rationalité . On a envie de lui dire qu'il a parfaitement raison mais que ce qu'il propose s'appelle le socialisme, ce mode de gouvernance qui en finit avec la dictature du capital pour lui substituer une forme de démocratie contraignant le capital au nom de l'intérêt des producteurs et de la nation souveraine.
Voilà avec quoi notre gauche française peut au meilleur des cas adhérer, cette gaauche qui nous la joue front populaire pour finir comme celui-ci en acceptant Pétain, qui dans sa totalité a depuis des décennies renoncé au socialisme, le vrai, et pour lequel toutes les tentatives de souveraineté de justice que tentent les êtres humains depuis la commune de Paris n'attirent que leur critiques "démocratiques", leurs attaques d'abord contre les victimes de la monstruosité à laquelle de fait ils adhèrent, incapables d'une analyse politique, tout au plus jouant les dames patronnesses à Gaza, à, Cuba quand ils n'accablent pas les dirigeants qui osent résister...
Voilà le diagnostic imparable de ce qui produit des guerres qui ne peuvent pas être gagnées et qui néanmoins sont menées pour qu'en crèvent et en souffrent un maximum de gens, et qui ne voient d'issus que dans un Congrès des Etats-Unis qui est ce qu'il est comme notre parlement français et comme toutes les institutions qui couvrent tant de crimes.
Ce texte à été publié sur un site des USA et il a aussitôt disparu je ne connais donc pas ses auteurs. Mais rarement on a vu diagnostic aussi pertinent et illusion aussi manifeste sur ce que peut le système Etats-Unis au stade où il en est.
Danielle Bleitrach
POUQUOI DEPENSER DES SOMMES AUSSI FANTASTIQUES DANS DES PROGRAMMES DONT AUCUN N'EST CAPABLE DE RENFORCER LA CAPACITE DES USA ET DE "NOS" ETATS OCCIDENTAUX A DISSUADER OU L'EMPORTER DANS UN CONFLI CONVENTIONNEL MODERNE ?
Les États-Unis sont actuellement confrontés à des conflits de nature différente et à un éventail d'adversaires plus large qu'auparavant. Pour rester compétitif, le département de la Défense doit être aussi agile que puissant, sous peine de perdre sa capacité à intervenir dans les zones de tension internationales et à dissuader les grandes puissances de s'engager dans un conflit. Or, malgré des dépenses de plus de 1 000 milliards de dollars consacrées à la défense, l'armée américaine n'a pas encore pleinement modernisé ses capacités ni adapté ses acquisitions au contexte des menaces actuelles. Elle reste en retard sur la Chine, par exemple, en matière de déploiement d'armes hypersoniques et d'intercepteurs de missiles, ainsi que de production en série de technologies autonomes telles que les robots militaires et les essaims de drones. Pour l'exercice budgétaire 2026, l'armée américaine consacre 24,4 milliards de dollars au controversé système de défense antimissile Golden Dome de Trump et 3,3 milliards de dollars au programme de missiles balistiques intercontinentaux Sentinel, alors même qu'aucun de ces programmes ne renforcera la capacité des États-Unis à dissuader ou à l'emporter dans un conflit conventionnel moderne.
Ni le ministère de la Défense ni le Congrès, qui contrôle son budget, ne souhaitent de telles dépenses inefficaces. Dans un rare consensus bipartisan, les deux partis reconnaissent que les États-Unis paient trop cher pour des services insuffisants. Même le prétendu « ministère de l'Efficacité gouvernementale » de l'administration Trump estimait que le ministère de la Défense devait faire preuve de plus de rigueur dans l'utilisation des deniers publics, durement gagnés par les contribuables américains. Cependant, ce ministère a lamentablement gâché cette opportunité de réforme en se concentrant sur des attaques partisanes contre les programmes liés au changement climatique et à la diversité, l'équité et l'inclusion, et n'a réussi à réduire le budget total du Pentagone que de 0,59 %.
-L'OLIGOPOL DE LA DÉFENSE
En 1993, le secrétaire à la Défense Les Aspin et son adjoint William Perry ont reçu les dirigeants des principaux groupes d'armement américains lors d'un dîner désormais célèbre sous le nom de « Cène ». À cette occasion, ils ont indiqué aux chefs d'entreprise que le gouvernement ne poursuivrait pas de mesures antitrust contre les fusions d'entreprises du secteur. L'objectif était de préserver les piliers de l'industrie de la défense dans un contexte de réduction des dépenses militaires, mais ce message a paradoxalement entraîné des regroupements massifs, réduisant rapidement l'industrie de la défense américaine de 51 entreprises aux cinq géants que l'on appelait les « Big Five » : Lockheed Martin, RTX (anciennement Raytheon), Boeing, General Dynamics et Northrop Grumman, dès 1997.
Cette consolidation a engendré une industrie de la défense plus lente, moins innovante et moins accessible aux nouveaux entrants. Aujourd'hui, tous les grands systèmes d'acquisition, du F-35 Joint Strike Fighter au porte-avions de classe Ford, accusent des dépassements de budget ou des retards de livraison. Les États-Unis consacrent environ trois fois plus de ressources à leur budget de la défense que la Chine et pourtant, ils sont largement distancés par la base industrielle de défense chinoise dans des domaines critiques. La marine chinoise, par exemple, devrait compter 435 navires d'ici 2030, contre 297 pour la marine américaine. La Chine prend également une avance considérable dans la production de systèmes autonomes sans pilote et prévoit de construire un million de drones d'attaque unidirectionnels cette année. Le Pentagone, en revanche, espère produire environ 300 000 drones d'attaque au cours des prochaines années.
L'industrie de la défense américaine n'a pas toujours été aussi lente. En 1989, la quasi-totalité des entreprises de défense américaines bénéficiaient également d'une activité commerciale substantielle, ce qui leur permettait de maintenir une main-d'œuvre qualifiée, de mieux intégrer les innovations commerciales et de conserver une capacité de production résiliente, moins vulnérable aux fluctuations des dépenses de défense. Aujourd'hui, cependant, les entreprises ayant peu ou pas d'activité commerciale représentent plus de 60 % de la valeur des principaux programmes du Pentagone. De ce fait, elles tardent à intégrer les dernières technologies commerciales et manquent de capacité de production évolutive et d'économies d'échelle. Le manque général de concurrence a également entraîné une hausse des prix, des retards de livraison et des pertes d'emplois, le nombre de personnes travaillant dans le secteur de la défense passant de trois millions en 1985 à 1,1 million en 2021.
Seul le Congrès, grâce à son pouvoir législatif et budgétaire, peut véritablement améliorer les dépenses du ministère de la Défense. Le Pentagone a également un rôle à jouer, notamment dans sa communication avec le Congrès. En effet, pour garantir que l'armée américaine puisse faire face efficacement aux menaces de demain – et dégager des fonds pour la création d'emplois aux États-Unis – le Pentagone et le Congrès doivent modifier en profondeur leur mode de collaboration et leurs pratiques respectives. Le rôle du Congrès dans l'autorisation et l'approbation du budget de la défense, ainsi que dans la régulation du soutien aux forces armées, est inscrit à l'article I, section 8 de la Constitution. Grâce à sa loi annuelle d'autorisation de la défense et à ses autres pouvoirs législatifs, le Congrès est chargé de déterminer le budget global du Pentagone et de veiller à ce que la base industrielle américaine soit suffisante pour répondre aux besoins de défense des États-Unis. Le Congrès a cherché à stimuler la concurrence entre les entreprises de défense en réformant le processus de passation des marchés et en renforçant son contrôle sur les acteurs de la base industrielle de défense. Cependant, ces efforts sont encore à leurs débuts et n'ont pas fondamentalement modifié la structure du paysage des acquisitions de défense.
Pour s'attaquer aux causes profondes des problèmes de l'industrie de défense américaine, le Congrès doit envisager un contrôle plus strict, y compris d'éventuelles actions antitrust. Il devrait également adopter la proposition de loi que j'ai présentée dans le cadre du projet de loi annuel de défense de cette année, qui exige du Pentagone qu'il examine les capacités actuelles de la base industrielle organique (c'est-à-dire la partie de l'industrie de défense détenue par l'État) afin d'identifier les secteurs dans lesquels le gouvernement fédéral doit accroître sa propre capacité de production et créer de nouveaux emplois manufacturiers bien rémunérés. Enfin, il devrait adopter une loi interdisant les rachats d'actions et plafonnant la rémunération des dirigeants des entreprises de défense les moins performantes, à l'instar d'un projet de loi récemment déposé au Sénat.
Le Congrès peut également contribuer à intégrer un plus large éventail d'entreprises au processus d'acquisition. Il a déjà obtenu des résultats positifs en soutenant la Defense Innovation Unit (DIU), une organisation du ministère de la Défense chargée d'accélérer l'adoption de nouvelles technologies au sein des forces armées. Initialement une initiative du Pentagone, la DIU a été inscrite dans la loi par le Congrès en 2023, puis son financement a été considérablement renforcé, augmentant ainsi la capacité du ministère de la Défense à intégrer des technologies de pointe. Entre 2016 et 2023, la DIU a attribué des contrats de développement de prototypes à 450 entreprises différentes, dont 51 % ont été mis en production, avec notamment plusieurs succès importants, tels que les drones Shield AI.
Pourtant, même après la mise au point d'un prototype par la DIU, les forces armées hésitent souvent à prendre le risque de déployer de nouvelles plateformes développées en dehors du cadre bureaucratique traditionnel du Pentagone, préférant continuer à financer les systèmes existants. Les cinq grands constructeurs automobiles consacrent également des départements entiers à garantir la conformité aux exigences excessivement rigides du ministère de la Défense, tandis que des entreprises plus petites, capables de fournir des capacités équivalentes, voire supérieures, plus rapidement et à moindre coût, peinent à être compétitives. Par le biais de sa loi de finances annuelle, le Congrès pourrait contraindre le ministère de la Défense à assouplir ses exigences et à instaurer des plafonds budgétaires pour certains programmes existants afin de dégager des fonds pour les nouvelles technologies.
Il existe d'autres moyens novateurs d'encourager la collaboration du secteur privé et de briser le monopole des entreprises de défense. Le B-21, bombardier furtif de nouvelle génération, constitue une étude de cas intéressante. Rompant avec ses pratiques habituelles, le Pentagone a, dès 2015, fait appel à plusieurs entreprises pour l'approvisionnement en pièces du B-21, selon une architecture de systèmes ouverts. Northrop Grumman était le maître d'œuvre du B-21, mais en ne lui confiant pas le contrôle permanent de la technologie de l'appareil, le Congrès et le Département de la Défense ont permis une modernisation future par des entreprises plus petites et plus agiles. L'acquisition du B-21 a également été réalisée dans le cadre de procédures d'acquisition accélérées, réduisant la bureaucratie et la centralisation des décisions, ce qui a permis un développement plus rapide et moins coûteux. Reconnaissant le succès de ce modèle, que le Département de la Défense n'avait auparavant utilisé que pour des projets de moindre envergure, le Congrès a rendu obligatoire l'utilisation d'une architecture de systèmes ouverts pour tous les grands programmes de défense à partir de 2019 et a étendu cette exigence à tous les programmes d'acquisition en 2021. À l'avenir, le ministère de la Défense et le Congrès pourront de la même manière inciter les cinq grands constructeurs automobiles à collaborer avec leurs concurrents en imposant des exigences en matière de systèmes ouverts et en encourageant l'utilisation de processus d'acquisition plus rapides et plus rationalisés.
-RÉDUISEZ VOS PERTES
Le Congrès peut contribuer à optimiser le budget du ministère de la Défense de deux manières : en approuvant des cessions d’actifs – la fermeture de programmes et de technologies obsolètes – et en accélérant le financement d’initiatives plus stratégiques. La déclaration du général américain Hap Arnold en novembre 1945, selon laquelle « les armes d’aujourd’hui sont les pièces de musée de demain », se vérifie chaque jour davantage. Les plateformes et systèmes anciens, devenus obsolètes, absorbent non seulement des fonds essentiels, mais aussi du personnel clé. Or, le ministère de la Défense a souvent peiné à se débarrasser progressivement de ces plateformes. Par exemple, l’armée de l’air a constaté dès 2014 que l’A-10 – un avion d’appui aérien rapproché bimoteur créé dans les années 1970 – ne peut pas survivre dans l’environnement opérationnel actuel et détournera des fonds et du personnel de plateformes mieux adaptées aux espaces aériens contestés. Mais pendant plus d’une décennie, le Congrès, soucieux de préserver l’emploi local, a soutenu qu’il n’existait aucun remplaçant adéquat et a interdit le retrait complet de l’A-10. En conséquence, le Pentagone a dépensé des milliards de dollars et mobilisé des milliers de pilotes et de techniciens de maintenance sur une plateforme vieillissante au cours des années suivantes. Le Congrès souhaite désormais maintenir l'appareil en état de vol et opérationnel jusqu'en 2030, tout en testant des systèmes autonomes de remplacement.
Un scénario similaire s'est déroulé avec les navires de combat littoral (LCS), ces plateformes multimissions notoirement controversées, critiquées par la Marine pour leurs coûts de production et de maintenance élevés. Les responsables de la Marine ont cherché à les exclure du budget 2021, mais leurs partisans au Congrès y voyaient une opportunité de créer des emplois et de relancer la construction navale américaine, tout en compensant les retards d'autres programmes de la Marine. De nombreux LCS sont actuellement en cours de retrait du service, mais un analyste militaire du Bureau de la responsabilité gouvernementale (GAO) estime que le coût total du programme LCS atteindra 100 milliards de dollars, voire plus.
Le Congrès doit collaborer plus étroitement avec les chefs d'état-major et examiner systématiquement les autres systèmes existants afin d'identifier les réductions budgétaires potentielles. Il doit également abandonner les projets dispendieux et non rentables. Par exemple, les estimations actuelles indiquent que le programme de missiles balistiques intercontinentaux Sentinel coûtera au moins 140,9 milliards de dollars et n'atteindra sa capacité opérationnelle initiale qu'au début des années 2030, soit une augmentation de 81 % par rapport à l'estimation initiale et un retard considérable. Pour bien comprendre l'ampleur de ces dépenses, Washington s'apprête à consacrer chaque année au programme Sentinel et aux autres composantes du programme nucléaire américain plus du double du coût total du projet Manhattan, ajusté à l'inflation, transformant ainsi une mobilisation exceptionnelle en temps de guerre en une simple ligne budgétaire annuelle. Un pays confronté à des besoins urgents sur son territoire et à des menaces complexes à l'étranger ne peut se permettre une telle inflation des coûts.
-AGISSEZ VITE ET FINANCEZ LES PROJETS
Les dirigeants de la Silicon Valley expriment souvent leur frustration face à l'incapacité du ministère de la Défense à acquérir les nouvelles technologies dont il affirme avoir besoin. Selon eux, le Congrès devrait cesser d'entraver le processus budgétaire du Pentagone. Cette proposition est évidemment anticonstitutionnelle, mais l'intuition selon laquelle les acquisitions de défense doivent être accélérées est juste, et le Congrès dispose de moyens pour favoriser le déploiement à grande échelle des innovations.
Premièrement, le Congrès peut accorder davantage de contrats d'approvisionnement pluriannuels. Historiquement, ces contrats n'ont été utilisés que pour quelques programmes par an, comme le sous-marin d'attaque de classe Virginia et le destroyer de classe Arleigh Burke, en raison des économies attendues et des avantages pour la sécurité nationale et la base industrielle de défense. En garantissant aux entreprises des commandes futures, ils les incitent à investir dans leurs effectifs, leurs installations de production et leurs fournisseurs en amont, ce qui contribue à stimuler la production et à réaliser des économies d'environ 5 à 10 %. Après l' invasion de l'Ukraine par la Russie , par exemple, les États-Unis ont constaté que leurs stocks de munitions étaient insuffisants et que les contrats pluriannuels constituaient un outil efficace pour accroître rapidement les capacités de production. Le Congrès a donc adopté des contrats pluriannuels pour 17 munitions critiques afin de reconstituer les stocks et d'encourager les investissements dans l'expansion des chaînes de production de munitions telles que le missile air-sol de croisière JASMS (Joint Air-to-Surface Standoff Missile) et le missile antinavire à longue portée (LARM). En conséquence, la capacité de production de ces deux systèmes a plus que doublé, passant d'un peu plus de 500 missiles par an en 2023 à 1 100 missiles par an prévus en 2026. Le Congrès devrait suivre une voie similaire pour les véhicules aériens, de surface et sous-marins sans pilote évolutifs, en particulier ceux qui sont les mieux adaptés au renforcement de la dissuasion dans le détroit de Taïwan.
Le Congrès peut également faciliter l'allocation des fonds par le ministère de la Défense aux théâtres d'opérations et aux capacités les plus prioritaires. Une grande partie du budget de la Défense semble fixe car les forces armées, plus puissantes politiquement et bureaucratiquement, privilégient systématiquement les dépenses conformes à leurs propres objectifs plutôt qu'à celles des commandements de combat, qui appréhendent mieux les menaces pesant sur les États-Unis dans les théâtres d'opérations géographiques dont ils sont chargés. La Marine, par exemple, a cherché à désarmer quatre navires amphibies et à suspendre les nouvelles acquisitions de grands bâtiments de guerre amphibie en 2022, alors même que les commandants des forces de combat responsables de l'Afrique, de l'Europe et de l'Indo-Pacifique ont constamment jugé la présence de ces navires essentielle pour dissuader et contrer les menaces dans leurs théâtres d'opérations respectifs.
Le Congrès a tenté de remédier à ce problème avec l'Initiative de dissuasion du Pacifique de 2021, qui a contraint le Pentagone à mieux aligner les priorités des forces armées sur les objectifs opérationnels dans la région indo-pacifique. Cependant, cette initiative souffre d'un manque de financement dédié ; au lieu de recevoir une enveloppe budgétaire distincte et exclusivement réservée à cet effet, le Pentagone est tenu de rendre compte des parts de son budget existant qui soutiennent les objectifs indo-pacifiques. De ce fait, il s'agit davantage d'un exercice d'étiquetage, le département se contentant de requalifier les dépenses prévues en les déclarant conformes à l'Initiative de dissuasion du Pacifique. Le Congrès devrait plutôt créer un nouveau fonds de dissuasion indo-pacifique, similaire à l'Initiative de dissuasion européenne, doté d'un financement dédié et dont les critères seraient définis par le Congrès et le commandant du Commandement indo-pacifique. Le Commandement indo-pacifique des États-Unis, par exemple, a régulièrement demandé des fonds supplémentaires pour le développement et la construction de systèmes de défense aérienne à Guam afin de contrer la menace que représentent les missiles balistiques, hypersoniques et de croisière chinois, mais il a eu du mal à obtenir le soutien nécessaire lors des demandes budgétaires annuelles du Pentagone au Congrès. Une meilleure coordination et une meilleure compréhension entre le Congrès et le Pentagone sur ces stratégies de défense permettraient de résoudre les problèmes concrets auxquels l'armée est confrontée.
- EFFORT COLLECTIF
Malgré ces défis considérables, la loi d'autorisation de la défense nationale et les projets de loi de crédits de la défense figurent parmi les rares textes législatifs ayant fait l'objet d'un consensus bipartisan constant au Congrès ces dernières années. Tant que le Congrès agit – et agit avec audace –, il peut mettre en œuvre bon nombre des changements nécessaires au bon fonctionnement du Pentagone. Cependant, lorsque l'administration est paralysée, comme ce fut le cas l'an dernier, l'adoption des projets de loi de crédits devient plus difficile, et le Congrès vote alors des résolutions de financement provisoires, des lois de financement d'urgence qui reconduisent généralement le budget de l'année précédente. Ces lois de financement provisoires sont devenues plus fréquentes au cours des quinze dernières années, mais elles nuisent gravement à la sécurité nationale. Lorsque le Congrès ne parvient pas à adopter les projets de loi de crédits à temps, les nouveaux programmes sont retardés, les coûts explosent et la formation et la préparation opérationnelle s'en trouvent affectées. En repoussant sans cesse les problèmes et en négligeant les investissements et les désinvestissements indispensables, les résolutions de financement provisoires ont, à long terme, coûté plus cher aux contribuables et ont empêché l'armée de remplir efficacement sa mission.
De nombreux parlementaires souhaitent éviter cette inefficacité et cette incertitude et faire valoir leur pouvoir constitutionnel en matière budgétaire. Il est peut-être temps que le Congrès et le ministère de la Défense reconnaissent les résolutions de financement provisoire comme la nouvelle norme et s'efforcent d'en atténuer les aspects les plus problématiques, tels que les retards dans la mise en œuvre de nouveaux programmes. Durant les années où une loi de finances est absente, le Congrès pourrait autoriser le ministère de la Défense à ajuster les tableaux budgétaires et à approuver de nouveaux programmes sur la base de la loi d'autorisation de la défense, régulièrement promulguée depuis plus de soixante ans.
Une telle mesure exigerait toutefois que le Pentagone utilise l'argent des contribuables de manière responsable, ce qu'il pourrait démontrer en obtenant un audit sans réserve. Or, jusqu'à présent, la plupart des branches militaires et le Pentagone dans son ensemble n'ont pas réussi les audits financiers rendus obligatoires par le Congrès en 2018. Seuls le Corps des Marines et la Defense Threat Reduction Agency méritent des félicitations pour leurs audits, et il incombe au reste du ministère de la Défense de suivre leur exemple – et rapidement – s'il veut gagner la confiance du Congrès.
La confiance et une bonne communication entre le ministère de la Défense et le Congrès font cruellement défaut ces temps-ci. Durant le second mandat de Trump, les membres de la Chambre et du Sénat siégeant aux commissions de la défense, du renseignement ou des affaires étrangères n'ont pas reçu d'informations cohérentes sur la manière dont l'armée fait face aux menaces, notamment sur les capacités, le personnel et la formation nécessaires. Ce manque de communication empêche de bien comprendre les mesures à prendre pour garantir la disponibilité opérationnelle des forces armées, et les investissements et désinvestissements budgétaires qui en découlent sont souvent incohérents. Le Congrès doit entendre les hauts responsables du Pentagone exposer les principaux problèmes opérationnels auxquels l'armée est confrontée et les capacités requises pour les résoudre.
