l’éditorial du “New York Times” dit que Trump a perdu en Iran et face à la Chine, faute d’une stratégie, ce que nous annoncions dès l’impasse d’Ormuz. Mais dans son propre camp, il a gagné en tactique électorale puisque l’objectif est alors de soumettre les adversaires démocrates, les Républicains, son équipe de campagne et ses alliés, une soumission totale à la volonté de cette dictature du capital dont la brutalité séduit ses bailleurs de fond et pétrifie les concurrents… Mais il y a la guerre et la vague conscience de perdre sur le fond et c’est la ruée de tous les esclaves vers la puissance destructrice, celle qui fera de vous les favoris des sondages, les maitres de l’apocalypse nucléaire et de l’IA, les vassaux du G7 cherchent une marge d’autonomie qui les revaloriserait outre les ors du palais de Versailles, l’histoire nationale bradée.
ces articles de la presse des Etats-Unis, en particulier le New york Times émanent d’un camp démocrate qui joue d’autant plus la surenchère que les dirigeants démocrates appartiennent à la même classe et n’ont pas plus de stratégie que Trump . Aujourd’hui nous insistons sur la mise en évidence par le léninisme et autre stratèges marxiste, de cette nécessité d’une stratégie et d’une perspective, c’est essentiel pour les révolutionnaires. Mais l’est-ce autant pour le capitalisme, qui lui paraît favorisé par les cycles courts et en particulier électoraux là où il a réussi à imposer une adéquation quasi totale entre lui et les exploités, un pacte avec une « aristocratie » ouvrière comme la décrit Lénine. Mais il y a la guerre, y compris sous une forme hybride qui change plus ou moins la donne, et fait apparaître ce défaut stratégique qui condamne dans un cas de guerre prolongée et globalisée à n’avoir que des victoires à la Pyrrhus, ou le Zugzwang. Les uSA ne sont pas les seuls à ne pas avoir de stratégie, le G7 aussi. Pourtant ils ont des tactiques, celle de Trump est d’empocher du fric, lui et ses proxy, en jouant la bourse et surtout de transformer tout son entourage en carpette servile, ses alliés en subordonnés et là on peut dire qu’il a réussi au de là de ses espérances.

L’accord préliminaire qui met fin à la guerre de quatre mois du président Trump contre l’Iran est bienvenu, mais il s’accompagne de vérités douloureuses . Trump a commis une erreur catastrophique quand il a déclenché ce conflit. Il a fait fi aussi bien de la loi que de la prudence la plus élémentaire. Les États-Unis en ressortent affaiblis – sur les plans militaire, diplomatique et économique – et vont en payer le prix stratégique pendant des années.Les détails de l’accord sont encore flous mais, à en juger par le cadre annoncé, Trump n’a obtenu gain de cause que sur peu des points où il prétendait imposer sa volonté. C’est un camouflet humiliant pour lui et le pays qu’il gouverne.dit le New York Times
Le sénateur démocrate de Californie, Adam Schiff, fustige sur X une « capitulation » de son pays face à l’Iran.« L’Iran obtient un allègement des sanctions, le déblocage des fonds gelés, l’autorisation d’exporter du pétrole, et un fonds de reconstruction de 300 milliards de dollars », déplore-t-il. Et d’ajouter en miroir un pendant bien maigre pour son pays : « Les Etats-Unis, quant à eux, se voient réaffirmer leur vague promesse que l’Iran ne développera pas l’arme nucléaire. »
« Difficile d’imaginer une capitulation plus totale. », s’insurge-t-il.
Mais le Wall street journal approuve sans réserve, le président a bien eu raison d’arrêter la guerre en Iran dit-il sans s’interroger ni sur qui a déclenché l’expédition, bloqué Ormuz et surtout tenté de voir les origines de la situation y compris le renversement de Mossadegh. Là aussi nous sommes dans le cycle court des campagnes électorales, ces horizons indépassables dans lesquels ils sont pris avec leurs alliés européens, et asiatiques en particulier le Japon.

Ces débats partisans dont l’horizon demeure une empoignade électorale entre les mêmes ont néanmoins le mérite de désigner des enjeux qui exigent d’autres temporalités que celle des joutes électorales y compris le devenir de l’Intelligence artificielle ou la maitrise du nucléaire.
Il suffit de voir comment les tacticiens du G7 (se servir avant toute chose et tout sacrifier à leur intérêt) la servilité totale du dit G7. Mais aussi la manière où cette bande, tous plus exécrables les uns que les autres, ont prétendu s’en donner une derrière l’intelligence artificielle, l’inhumanité acceptée comme le réalisme derrière la possibilité de déclencher à tout moment l’apocalypse nucléaire face aux aspirations humaines devenues envahissante, la lutte des classes en fait. C’est pour cela qu’il est impossible de gagner la guerre qu’ils ont choisi de mener sans une stratégie et c’est de celle-ci qu’il devrait être question derrière et avec la multipolarité.
Elle s’accompagne d’une autre toujours selon le principe du zugzwang qui concerne l’intelligence artificielle et toujours dans le même sens : transformer les alliés en serviteurs dociles :
Avec l’interdiction de certains de ses modèles d’IA, Anthropic récolte ce qu’elle a semé
Invoquant un risque pour la sécurité nationale, Washington a forcé, le 12 juin, Anthropic à désactiver ses modèles d’IA les plus puissants, Mythos 5 et Fable 5. Une alerte pour l’Europe, dépendante de ces outils. Et une victoire pour la Chine, analyse ce journaliste britannique spécialiste de la tech.
. Publié le 17 juin 2026 à 05h00
Cet article est issu de Réveil Courrier.

Le gouvernement Trump a porté un coup très rude aux plans du reste du monde en matière d’IA en imposant une interdiction d’exportation des tout derniers modèles d’Anthropic, les très médiatisés Mythos et Fable. Il l’a fait à contrecœur après qu’Anthropic a refusé de régler ce que de hauts fonctionnaires considéraient comme de graves problèmes de sécurité, à en croire David Sack, ancien tsar de l’IA à la Maison-Blanche et homme aux nombreuses relations.
L’avantage si l’on peut dire de Trump en matière de soumission des « alliés » c’est qu’il ne fait pas dans la dentelle quand il tombe sur des gens qui ont des états d’âme, ils l’ennuient profondément. Il n’est pas loin du diagnostic que Napoléon émettait sur Talleyrand et son art diplomatique, ses mondanités: « de la merde dans un bas de soie ». cet art d’étaler un coeur en écharpe pour retomber dans la soumission en ayant obtenu quelques grains à moudre est largement partagé et Trump se réjouit de ce spectacle.
L’équipe de Trump se méfiait déjà d’Anthropic après que l’entreprise avait exprimé publiquement ses craintes sur l’utilisation de sa technologie dans les décisions militaires. Alors même que des drones commençaient à pleuvoir sur les soldats américains, ainsi que sur les alliés de Washington, Anthropic était tourmentée : fallait-il aider les États-Unis dans un conflit armé ? Mais pour Washington, l’heure n’était alors pas à l’hésitation : cette entreprise représentait un risque [pour la chaîne d’approvisionnement], a déclaré le gouvernement. “Il y a trois mois, le ministère de la Guerre a viré Anthropic à coups de pied du bâtiment, écrivait sur X Pete Hegseth, à la tête de ce ministère. Chaque jour qui passe apporte la preuve que c’était la bonne décision à prendre.”
Résultat l’ordre du jour réel du G7 est devenu l’intelligence artificielle avec les fantasmes affichés de milei en toile de fond dont nous parlons par ailleurs mais aussi le deal passé avec cette crapule intégrale des émirats sans parler de Zelenski de plus en plus beurré mais prêts à tout essayer en paradis artificiels à tous les sens du terme?

Le fait est que Trump a gagné par une sorte de syndrome de Stockolm dans lequel le citoyen devant l’urne est pris en otage par celui qui le maltraite, ce qu’a exprimé De Niro d’une manière assez claire, se comparant à une femme battue et soumise:

Cela dit tout cela ne nous fait pas encore assez avancer sur les apparentes incompatibilités entre ceux qui limitent le politique au jeu électoral et ceux qui considèrent que pour ne pas être otages de l’idéologie dominante et de ses moyens financiers et ses appareils, il faut construire un parti, une alternative. Et les premiers sont pour le moment incapables de comprendre que cela ne signifie pas seulement la prise d’assaut de l’Elysée ou du Capitole mais de transformer la conscience par l’éducation et par d’autres formes de collectifs qui sont en rupture avec l’aliénation de la soumission. Nous sommes exactement au point où les deux approches paraissent des contraires irréconciliables parce que la réalité tend à faire sauter cette opposition idéologique entretenue par des discours et des appareils de la classe dominante, mais déjà il y a des formes de scepticisme, d’incrédulité…

C’est un enjeu mais il témoigne déjà de la manière dont l’information, la connaissance peut et doit devenir la classe qui conquiert son hégémonie.(1) parce que celle qui festoie dans le palais de Versailles le suzerain qui vient de perdre en Iran et qui se venge en organisant un siège médiéval devant Cuba, dans ce qui demeure le silence devant la mort de masse et une sorte de remake de la lutte contre le bolchevisme ne peut régner que par la peur et le silence pas par l’hégémonie. Il y a eu bien des invités aux G7 mais il y avait un invité surprise qui ne s’est pas présenté en personne mais comme la statue du commandeur c’était XI et ce qui a besoin de temps pour devenir mature: le socialisme.
danielle Bleitrach
(1) c’est ce qui m’a intéressé chez l’historien Garlo Guinzburg , son étude des hérésies populaires dans les périodes charnières de la transformation sociale.
Views: 87



