Histoire et société3

Tant qu'il n'y a pas d'œuvre commune, il y aura toujours de l'intolérance

article header cover image

Histoire et société > Éditorial

Editorial : Dans leur système plus les choses changent, plus en réalité elles s'enlisent. Que de temps perdu par Danielle Bleitrach

Leur nouveau vieux monde est plein de bruit et de fureur, il est épuisant et vain...Mais les illusions tombent sur leurs champs de bataille et leurs pseudos victoires, alors il faut arrêter, Franck est rentré hier de Chine, et, au vu de ce qu'il a emmagasiné l'enjeu se fait plus précis : nous devrions choisir une stratégie qui soit la réponse aux défis auxquels nous sommes concrètement confrontés et pas seulement défensive face à leur nouveau vieux capitalisme, dans leur village Potemkine de leur guerre. Cette stratégie doit être consciente de la force prométhéenne que recèle le socialisme réel, celui mis en oeuvre, avec ses exploits inouïs et ses impasses, et la force et l'organisation collective dont nous avons besoin. Il faut arrêter de déformer le passé et le présent pour boucher l'avenir, pour nous diviser et nous perdre dans de vains papotages derrière des illusionnistes qui font de moins en moins illusion.

Publié par Danielle Bleitrach

le

Article original pour le blog

Quelle que soit la durée des guerres ou leur issue, ces guerres dans lesquelles l'impérialisme nous entraîne, quels que soient les drames et le sang versé, il ne s'agira alors que de leur préparation la prochaine. Il n'y aura rien d'autre que cette terrible phrase que Shakespeare a placé dans la bouche de Macbeth :
« La vie n’est qu’un fantôme errant, un pauvre comédien qui se pavane et s’agite durant son heure sur la scène et qu’ensuite on n’entend plus ; c’est une histoire dite par un idiot, pleine de bruit et de fureur, et qui ne signifie rien…  L 'impérialisme est ainsi fait : tant qu'il n'y a pas de changement significatif dans la dynamique et les intérêts essentiels , même quand un cessez-le-feu plus durable parait instauré, le compte à rebours avant la prochaine guerre aura déjà commencé.

Que l'on prenne la guerre en Ukraine, ou la guerre americano israélienne en Iran et tout ce qui l'a précédé, les autres tout aussi meurtrières mais moins médiatisées, nous sommes devant un discours qui nous vante des exploits imaginaires de la part de ceux qui subissent de vrais fiascos, le tout pour nous inciter à accepter leur surarmement et le fait qu'ils n'ont pas la moindre issue sinon celle de perdurer en faisant un maximum de destructions.

Lisez "l'événement " : Zelensky avait sorti son grand plan. 40 jours de frappes en profondeur pour « faire plier » la Russie. Pour forcer Moscou à négocier. Pour changer le cours de la guerre. Les quarante jours sont passés pendant lesquels la situation militaire et économique de l'Ukraine n'a cessé d'empirer et celle de ses sponsors de témoigner de leur vanité. Ici comme en Iran ils n'ont même le stock d'armes nécessaires pour mener à bien autre chose que des attaques de cibles civiles et ils n'arrivent plus à protéger ceux qu'ils ont entraîné dans leurs aventures. La Russie a riposté d'une manière "existentielle". Trois navires transportant des armes pour l’Ukraine ont été détruits en mer Noire. Un blocus effectif des ports ukrainiens se met en place. Les livraisons d’armes par voie maritime sont gravement perturbées. L’export de céréales est menacé et la faim ouvre un peu plus ses bouches faméliques. Et le régime de Kiev se retrouve un peu plus asphyxié économiquement. Ce que cette tactique a réussi c'est de désinhiber les formes de guerre et à ce petit jeu l'occident manque de munitions à tous les sens du terme. mais notre étranglement, celui de l'espèce se poursuit.

Le monde est incendié, et il subit le boomerang du blocus que l'impérialisme a créé à Ormuz et toujours montent les abyssales inégalités de ses choix politiques et les protestations vaines de ceux qui sont incapables de changer. The Guardian, révèle ainsi le montant astronomique des profits des grandes compagnies pétrolières ces trois derniers mois : 93 milliards de dollars, soit plus de 700 000 dollars de profit par minute. Selon les calculs du journal, c'est le montant amassé par les huit plus grandes compagnies pétrolières mondiales depuis que la guerre en Iran a fait flamber les prix de l'énergie, et alors que la crise climatique alimentée par les émissions de gaz à effet de serre provoque des vagues de chaleur meurtrières. "Des profits tellement obscènes que même Trump dit que c'est trop", dénonce le Morning Star. Le président des États-Unis déclare, en effet, "ne pas aimer" que les compagnies pétrolières gagnent "trop d'argent" grâce à la guerre en Iran et dit même vouloir qu'elles en "restituent une partie au public". Parce que derrière la guerre et ses justifications, il y a la tentative du capital de concevoir une "réforme" radicale de son propre système financier et ce dans l'opacité relative des manipulations "techniques". Comment résoudre le problème de la dette abyssale du dollar, combiné à l'inefficacité de leur armada, face à la concurrence dans le développement des forces productives du "socialisme à la Chinoise" à leur déstabilisation dans leur gouvernance face à la formidable pression qui s'exerce sur les politiques. Tout cela s'accompagne de cette "guerre Potemkine" livrée en surface mais qui est un sauve qui peut, chaque coup joué rend la position plus défavorable avec la nécessité d'en faire payer la note à la classe ouvrière, aux travailleurs, aux plus faibles...

Oui, l’Ukraine a réussi à causer des dégâts en Russie comme ce système aux abois réussit à asphyxier Cuba, à créer des génocides à Gaza, et il sera ainsi tant que nous accepterons de penser et d'agir dans l'étroit espace que nous laisse leur idéologie qui a marqué des points avec l'effondrement de l'URSS, leurs recyclages sur l'éternel péril rouge, les chars russes à Paris, le pervers asiatique qui nous veut du mal. Alors même que les mensonges apparaissent pour ce qu'ils sont et ce qu'est cette gouvernance baptisée démocratie, république, j'en passe et des meilleures. Mais où l'on continue d'attendre de l'atlantisme, les uns rêvent de Maga et les autres des démocrates dans l'espace mythique "européen"; et alors sans que soit tracée la moindre perspective qui nous permette d'échapper à leur tintamarre plein de bruit et de fureur et qu'ils croient pouvoir raconter à un idiot .

Pourtant malgré leurs dire : le résultat concret est là de l'inanité de leur propagande en Iran et en Ukraine : les ports ukrainiens sont sous pression maximale, les flux stratégiques sont touchés, et la capacité de Kiev à tenir sur le long terme s’affaiblit encore, le pays se vide de ses habitants et il ne reste plus qu'à assurer des dispositions pour tenter de prendre dans la nasse les fuyards en leur mettant le marché en main : tu acceptes d'aller jour la chair à canon sur le front où tu défends nos intérêts de marchands d'armes ou on te prive de ressources.. Mieux ou pire, chacun découvre que l'Ukraine est le terrain d'entrainement des narco-trafiquants de Colombie qui y envoient leurs hommes de main apprendre la guerre moderne. Est-ce que Macron croit réellement à ce dans quoi il nous précipite ? La justification de la prochaine exigence de milliards pour assurer la paix, la négociation qu'ils ne cessent de repousser... Toujours plus d'armes et partout repousser toute négociation réelle en bombardant, en frappant plus loin, en asphyxiant les femmes, les vieillards et les enfants.

Au Moyen Orient, après des décennies de guerres larvées ou jetant les une contre les autres les populations, il a été proclamé une fois de plus qu'il s'agissait d'un assaut final contre l'Iran. Et leur système de propagande jamais en reste nous a présenté un tableau qui justifiait cet assaut. Il a été considéré comme celui susceptible d'assure paix et sécurité bien que totalement illégal. La République islamique a perdu son guide suprême, au pouvoir depuis 36 ans, et comme l'a déclaré Trump la quasi totalité de son infrastructure de défense. Ils avaient oublié de voir la réalité, celle de la géographie, celle de ce qu'est l'Iran. Ils n'avaient pensé qu'à nous chauffer à blanc sur la situation des femmes iraniennes, tout en nous invitant à considérer comme des allies le saoudiens et les émirats qui en ce domaine sont à la pointe de la négation des droits de la personne. Ces États du Golfe, autrefois largement épargnés par les combats, ont vu leurs installations énergétiques, leurs aéroports et leurs hôtels partir en fumée. le Liban, qui commençait à peine à se relever de sa dernière guerre, a été replongé dans le conflit. Le régime d'Assad, qui a dirigé la Syrie pendant près d'un demi-siècle, avait été renversé lorsque ses alliés à Beyrouth et à Téhéran, affaiblis et incapables de lui apporter le moindre secours, ont été renversés. Israël, quant à lui, a rasé Gaza, s'est engagé dans l'annexion de la Cisjordanie, a réoccupé des parties du sud du Liban et a étendu son contrôle sur le territoire syrien au-delà du Golan.mais tout n'a pas exactement tourné comme ils le pensaient.

Tous ces changements qui étaient censés assurer la paix en finir avec "le terrorisme" ont causé des souffrances à des millions de personnes.

Et pourtant ce qui émerge de ces bouleversements conduits par les cavaliers de l'apocalypse ressemble toujours à ce qu'ils ont prétendu vaincre simplement leur jeu d'influence se heurte à ce qui demeure irrésolu parce que cela n'a aucun avenir. Les nations qui subissent le choc sont de plus en plus fragilisées, la seule différence est que les Etats-Unis et leurs vassaux n'ont ni la capacité, ni la volonté d'imposer un ordre quelconque et sont toujours plus impliqués dans la guerre sans le pouvoir de s'en retirer au point de ne plus même en situation de négocier. .Toujours plus contraints d'inventer des scénarios de victoire à partir de nouveaux crimes à nos frais.

Ce qui se passe sur les terrains de leurs méfaits est d'une effrayant banalité parce que c"est la même logique répétitive : il faut prolonger coûte que coûte masquer l'impasse par toujours plus de spectaculaire. Plus de ruines et une frappe plus loin comme seul argument. La réalité est partout la même, toujours plus d'argent exigé qui va dans les mêmes poches et on continue parce que l'impérialisme, tente de nous masquer l'évidence : une guerre qui s'enlise et qui ne mène nulle part et la démocratie comme un chèque en blanc parce que l'on nous a convaincu qu'il n'y a rien d'autre.

Je vais essayer d'être simple à partir de ce que m'inspire le texte que Franck publie aujourd'hui à son retour de Chine et qui renvoie à tout ce sur quoi je médite depuis pas mal de temps et y compris ce week end sur l'utilisation des événements de Budapest en 1956, les scénarios dont nous avons été victimes,pour nous détourner du socialisme et donc notre absence de stratégie autre que défensive qui nous a conduit nous communistes à subir leur propagande dans les années 1980, sur la nature de la crise, les "réformes" que nous devions accepter alors qu'elles accompagnaient la désindustrialisation et la perte de souveraineté de la France. Ce que j'esquissais à propos du livre autobiographique de François Asensi .

Nous nous sommes laissés leurrer sur ce que représentait le socialisme et cela continue. Non cz n'était pas le paradis avec un changement instantané, c'est un combat très difficile : une guerre prolongée mais dans laquelle l'objectif à mettre en oeuvre sans attendre est les formes de coopération.

Les illusions tombent sur leurs champs de bataille et leurs pseudos victoires, alors il faut arrêter,
Franck est rentré hier de Chine, et, au vu de ce qu'il a emmagasiné nous allons avoir pas mal de réflexions qui porteront sur deux points essentiels: qui conditionnent la réponse aux défis auxquels nous sommes concrétement confrontés et pas dans leur village Potemkine de leur guerre et qui nous permettra de comprendre la force prométhéenne que recèle le socialisme réel, celui mis en oeuvre, avec ses exploits inouïs et ses impasses, la force et l'organisation collective dont nous avons besoin...

1- nous sommes loin de comprendre ce qu'est la Chine et la nature de son modèle de croissance, l'audace encore aujourd'hui des voies empruntées 2- nous devons nous mêmes réfléchir dans un tel contexte à ce que signifie le socialisme et nos capacités à dépasser la simple référence à une nécessaire ré-industrialisation, .
Tout à fait d'accord avec Franck, il faut arrêter cette stratégie défensive et oser comme l'a fait la Chine, comme le font à leur manière les nations des BRICS, de la route de la soie.
C'est d'ailleurs le sens que je donne à ce travail sur la mémoire qui permet de se réapproprier le passé de l'expérience socialiste ses exploits et ses échecs parce qu'il est évident qu'il y a dans le socialisme une force prométhéenne que l'on nous a appris à sous estimer.
Les communistes ont été historiquement la victime d'une formidable injustice mais il ne s'agit pas seulement pour eux de demander réparation au capital et de lécher nos plaies, nous ne l'obtiendront pas, seulement un coup de pied. il s'agit de rompre avec cette inertie qui nait de la sous estimation de ce que le socialisme dirigé par un parti communiste a représenté et continue à représenter d'entièrement nouveau.

Faute de cette prise de conscience agissante, nous nous enliserons dans l'illusion que les Etats"faibles", et les peuples ne peuvent imposer la paix qu'ils doivent s'en remettre à ce que l'on a décidé pour eux. Pourtant le socialisme a bousculé tout ça en faisant de la paix le but des relations internationales et en garantissant cette paix sur la souveraineté de toutes les nations garantie par la mobilisation de ceux qui n'ont pas intérêt à la guerre. Il faut se souvenir de ce que nous portons en nous.

Le jour où il sera question de ça et pas des nombreuses diversions dans lesquelles sous des prétextes électoraux on entretient nos divisions et nos pugilats stériles, je trouverai la force peut-être d'assister à des débats mais tant qu'il en sera autrement quelle que soit la sympathie que j'éprouve pour les moins pires je vous laisserai à vos divertissements.

En attendant, plus les choses changent, plus elles sont les mêmes... Le fait est que la caste qui est au pouvoir nous enferme dans son cauchemar des vanités..; Les guerres qu'elle allume partout en sont l'exemple . Les USA et même Israël n'avaient aucune raison d'entrer en guerre contre l'Iran , pas plus que contre Cuba ou d'autres lieux et ce faisant ils ont exposé la planète et eux mêmes à des dangers que rien ne justifie. En revanche ceux qu'ils attaquent ont très rapidement conscience que c'est leur existence qui est menacée.  

En France, nous mesurons à peine ce FAIT du moins au niveau du débat politicien, nous y avons été habitués depuis des décennies alors que la nouvelle configuration s'impose à nous et ce qui a été conçu hier comme un état de nature y compris quand on a sciemment détruit notre économie, désormais apparait comme un chantage incompatible avec les termes du débat dit démocratique.

danielle Bleitrach
Voici un dialogue entre des gens qui s'affirment de gauche et souverainistes, qu'est-ce que la gauche dont ils ont de la peine à dessiner les contours si ce n'est "la question sociale" devenue la grande oublié<; notez que l'existence d'un parti communiste français ne les effleure même pas. Mais ce qu'il disent n'est pas très éloigné pourtant de ce que nous tentons de faire émerger comme l'enjeu réel de ce parti. parce que nous pensons que seuls les communistes peuvent sortir de la peur et des divisions dans lesquelles cette obsession du déclin et de la guerre nous enferme en se donnant des perspectives concrètes qui ne relèvent pas de la charité humaniste, mais bien d'une autre centralité de classe sans laquelle effectivement il n'y a pas de souveraineté, de dialogue imposant négociation et paix. . Donc pour résumer par rapport à ce qui est dit là et que l'on peut partager il y manque deux choses essentielles que seuls les communistes peuvent apporter 1) passer de la question sociale comme charité sociale à la lutte des classes et le caractère indispensable de la classe ouvrière et des travailleurs , "la boussole" dont parlait y compris Robespierre et la classe ouvrière du marxisme, refuser l'idée de post-marxisme. 2) le fait que la souveraineté ou l'indépendance française ne peut avoir une perspective que dans le contexte géopolitique du multipolaire qui est complètement occulté dans cette"prise de conscience" de ce qu'est l'UE, effectivement une machine à "dépolitiser" c'est-à-dire à empêcher l'initiative des masses dans la transformation indispensable. Et de ce fait ce que l'on peut reprocher à ces deux intervenants qui disent des choses fort justes, c'est qu'ils n'ont aucune "stratégie" simplement celle de se débarrasser de cette classe politique qui effectivement nous conduit au déclin et à la guerre, ils n'ont que des tactiques électorales qui peuvent nous conduire à pire faute d'accepter le monde multipolaire et le socialisme.

Commentaires