Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Le choc iranien et la capitulation de l’impérialisme par danielle Bleitrach

Tout ce qu’a obtenu Rambo – et il ne va cesser de s’en vanter- c’est l’ouverture du détroit d’Ormuz qui était ouvert avant son expédition. C’est là tout l’art des « évidences », de la norme, de ceux qui bénéficient de l’idéologie dominante. C’est un peu comme la censure dont nous sommes l’objet pour avoir proposé d’adhérer aux BRICS et en tous les cas ne plus lier le sort de la nation à celui de ce syndic de faillite qu’est l’administration des USA, le bras armé de l’impérialisme. Trump n’en étant que le dernier avatar, celui qui dit tout haut la nature de l’impérialisme qui jusque là était moins « vulgaire ». Cette fenêtre entrouverte sur la nature de l’impérialisme aujourd’hui, va permettre à des gens qui n’ont cessé de nous interdire de publication(1) de feindre. Ils vont vraisemblablement continuer d’inventer qu’ils ont tout prévu et qu’ils l’ont toujours dit pour continuer à nous imposer les ornières de la propagande. leur vision du monde date toujours de quelques décennies. Y compris quand ils se prétendent de gauche, voir communistes. Du temps perdu et nous en avons peu…

Au delà de la propagande digne de Rambo , c’est une manière de capitulation à laquelle nous assistons même si la Chine a pour principe de gagner en laissant à l’adversaire un espace de survie. il existe une réalité incontournable dont nous ne cessons ici de vous faire la démonstration. Comme cela était prévisible, quelques jours après l’agression américano-israélienne contre l’Iran le 28 février 2026, le monde découvre où le mène cet hégémon, ce leadership en faillite, devant le détroit d’Ormuz. L’opinion est alors plongée dans une crise énergétique sans précédent. La dite opinion publique s’est habituée au crime, au fait qu’ en pleine négociation l’impérialisme puisse tuer le chef d’Etat avec qui il négocie, en enlever un autre et même frapper une école en tuant plus d’une centaine de fillettes, au nom du féminisme. Tout cela dans sa dernière conférence de presse Trump a prétendu l’assumer, selon un modèle que tout le monde dit inspiré par Israël, mais qui en fait correspond à l’impérialisme dans sa réalité brutale.

Comme nous vous l’avons dit la victoire militaire du « sauvetage » du guerrier a eu un coût tel qu’elle a débouché sur une défaite stratégique.

Ce qui est inusité c’est le poids dans la « conscientisation » de la quasi-fermeture du détroit d’Ormuz par Téhéran, voie de transit quotidienne d’environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux, et le fait que cela a constitué la plus grave perturbation des flux énergétiques mondiaux de l’histoire, selon l’Agence internationale de l’énergie. Il faut ^partir de là et du fait que Rambo doit reconnaitre l’existence de ce monde multipolaire avec le rôle de la Chine en partenariat stratégique avec la Russie pour enfin ,nous convaincre que rien n’est « normal » dans ce que nous avons pris l’habitude de considérer depuis des décennies comme l’ordre normal des choses. .

Comprendre dans quel monde nous avons été contraints de penser et d’agir : celui de la financiarisation et des marchés, l’ultralibéralisme et pas celui du libéralisme libertaire qui n’est que le gadget, le papier cadeau dans lequel l’hégémon a prétendu envelopper l’atrocité de sa répression…

Mais il faut mesurer comme nous ne cessons de l’annoncer la nature du changement qui a été imposé et en tirer pour nous Français qui ne manquons pas d’atouts une vision politique, des objectifs qui correspondent à ce renversement de la logique du monde.

Au cours des trois premières semaines du conflit, les prix du pétrole ont grimpé de 55 %. L’essence a bondi d’environ un dollar le gallon, et le fioul domestique et le kérosène ont connu des hausses encore plus importantes. De nombreux pays ont commencé à rationner le carburant, à réduire la semaine de travail et à fermer des usines. Il est rapidement devenu évident que tant que le détroit ne serait pas rouvert, les prix continueraient d’augmenter, alimentant l’inflation et freinant la croissance.

Le premier constat que l’on a rarement posé est celui sur lequel a buté Trump : le paradoxe qui veut que des pays producteurs et même auto-suffisant en pétrole comme les Etats-Unis connaissent les effets de l’augmentation de l’essence pour le consommateur. Ce fait paradoxal est au coeur des recherches de solutions alors que les propositions les plus réalistes en France se contentaient de dénoncer l’attitude des compagnies pétrolières comme Total ou les taxes gouvernementales en France et à avancer jusqu’à un blocage des prix du pétrole, disposition qui a existé en France et qui a été remise en cause quand y compris le gaullisme chiraquien a renoncé à toute planification en même temps qu’il inaugurait une force de frappe allant défendre « nos intérêts » et pas la France comme le prévoyait la force de frappe initiale.

Comment et pourquoi les solutions issues de l’histoire de la France et de sa souveraineté sont-elles devenues iconoclastes au nom de la toute puissance du marché?

Il y a déjà eu une crise pétrolière en 1973, les membres arabes de l’OPEP ont imposé un embargo sur les exportations de pétrole vers les pays soutenant Israël lors de la guerre israélo-arabe, provoquant une flambée des prix qui a traumatisé les consommateurs américains et contribué à une forte inflation et à une croissance atone. La crise de 1973 a été également un tournant dans la conduite des divers protagonistes de la crise qui intervient peu de temps après la victoire du Vietnam, mais aussi l’assaut contre le gouvernement d’Allende avec l’installation au pouvoir d’un régime tortionnaire et liberticide mais qui innove en matière de libéralisme économique en dérégulant les fonctions étatiques soumises au marché. La crise pétrolière a accompli un mouvement parallèle : les gouvernements ont constitué des stocks mais surtout ont choisi d’intégrer les marchés qui sont devenus le principe de coopération avec comme vecteur l’accumulation du capitalisme financier.

Si cette transformation avait lieu en Amérique latine et dans d’autres pays du tiers monde sous dictature torturant les militants avec une vague anticommuniste, en Europe et en France, cela s’est fait dans un choix atlantiste de rupture avec l’autonomie stratégique gaullienne et communiste, ce fut Giscard puis Mitterrand avec en 1983, la vague de privatisations et le choix de la rigueur et enfin les privatisations Jospin avec l’accord de gayssot. Dans cette logique, faire confiance au marché plutôt qu’à la planification étatique est devenue le positionnement non seulement de la droite mais de la gauche communiste de l’eurocommunisme compris. D’où le caractère révolutionnaire par rapport à cette doxa de la proposition de Roussel de nationalisation de Total, sauf que…

Le retour de la réalité face au virtuel de la puissance et le Zugzwang des tactiques sans stratégie de l’hegemon

Même s’il avait été question de la fin de l’histoire et du libéralisme comme modèle politique et culturel certes mais surtout domination des marchés financiers surtout était considéré comme la perfection à laquelle on conduisait l’ensemble de l’humanité à travers une mondialisation heureuse. Pourtant, le monde n’a jamais échappé à la réalité de la géopolitique pétrolière puisque désormais la plupart des commentateurs divisent la mondialisation dominée par les marchés financiarisés au retour en force d’une autre réalité celle des conditions matérielles réelles et celles osons le dire de la lutte des classes dans l’impérialisme avec la pression du sud devenu productif.

Comme je l’ai noté dans mes interventions en vidéo l’extraordinaire est que tous les analystes et responsables avaient averti pendant des décennies de la vulnérabilité du détroit d’Ormuz ; sa fermeture constituait le scénario catastrophe périodiquement rappelé et la question était alors quelle mouche avait bien pu piquer Trump et Netanayoun à aller se mettre là-dedans. Il y avait déjà eu un piège équivalent avec la guerre en Ukraine, chacun de ces conflits engendrant selon nous ce contre quoi les Etats-Unis et l’occident prétendait lutter à savoir la perte de l’unipolarité avec le contrôle de fait de toutes les ressources par le rôle du dollar et l’armada veillant à la circulation maritime. J’ai insisté sur le fait que ce monde multipolaire était né dès la nécessité d’empêcher en Asie centrale l’explosion de l’ex-URSS, cette « sécurisation » ayant inauguré un partenariat Chine Russie. Cette initiative s’était doublée de l’entente des pays producteurs de pétrole dans laquelle Chavez et Poutine avaient joué un rôle majeur et ce dernier s’était attiré la colère des Etats-Unis et des majors du pétrole dont les Bush étaient on le sait d’assez bons représentants. On retrouve dès cette époque au début des années 2000 les mêmes protagonistes, les « évangélistes » pro-sionistes et la CIA, confondue avec la mafia cubaine de Miami, le trafic de drogue, etc…

Malgré ce que l’on savait donc de ce détroit d’Ormuz, il y a eu une surprise générale devant la rapidité à travers laquelle l’économie mondiale a été mise en péril, les prix à la pompe, tous les secteurs productifs déjà fragilisés en train d’être touchés et l’on s’est rendu compte de ce qu’un pays inférieur pourtant à la force écrasante qui s’attaquait à lui pouvait avoir un poids réel en contrôlant les routes maritimes et le paradoxe qui veut que plus les Etats-Unis et Israêl détruisent comme ils l’ont fait à Gaza cela ne fait qu »aggraver la crise non seulement pour le pétrole mais pour un nombre grandissant de ressources.

Le retour en force de la souveraineté dominé par la pression des peuples, des producteurs dans un contexte renouvelé des « forces productives »

Et j’en reviens à ce fait extraordinaire que la vulnérabilité des marchés mondiaux de l’énergie est telle que chaque pays doit revoir son exposition aux dits marchés. C’est le retour en force de ce contre quoi le marché était sensé protéger à savoir l’instrumentalisation de pays producteurs à des fin considérées comme politiques et qui n’était que le plis souvent de timides essais dans le cadre des non alignés et des pays socialistes contre le pillage impérialiste. Avec le monde multipolaire c’est le retour en force de la souveraineté mais paradoxalement aussi de la défense d’un marché et de relations internationales basées sur la coopération à commencer par les nations productrices. C’est là que les conséquences de la coupure de l’UE avec la Russie et de la pression vers son isolement, l’imposition de gouvernement compradore, réservant aux Etats-Unis la maitrise de leur propre production comme cela est encore l’enjeu au Venezuela a rendu plus concret la réalité de ce monde multipolaire et de la Chine dans son partenariat stratégique avec la Russie.

la Chine a répondu à la pression tarifaire par ses exportations de terres rares utilisées dans les énergies propres, la défense et d’autres technologies ; et au blocage, par les États-Unis, des échanges énergétiques entre Cuba et le Venezuela. Le choc économique que représente l’IRAN peut duper le naif spectateur des chaînes en continue, tant que le monde politicien français se prêtera à ces petits jeux de bac à sable dans laquelle il paraît soucieux de rajouter de la division et de la confusion à celle de ce monde en pleine transformation. Mais les gouvernements, les investisseurs ne peuvent que considérer avec scepticisme ce que l’on peut attendre en approvisionnements et intrants énergétiques commercialisés à l’échelle mondiale, qu’il s’agisse d’hydrocarbures transitant par des points de passage maritimes stratégiques ou de minéraux critiques circulant dans les chaînes d’approvisionnement internationales. Ou alors ils ont lié leur sort personnel à ce système et comme un Zelenski ils s’acharneront à proposer une aide intéressée.

Il y a l’autre tentation celle d’un certain gauchisme mais aussi d’un populisme d’extrême-droite dont Trump est la figure principale qui cherche à construire une pseudo autosuffisance sans tenir compte de la réalité de ce que représente le syndic de faillite et sa capacité autodestructrice, et en refusant de s’insérer dans ce monde multipolaire qui est pourtant la seule alternative y compris pour construire le socialisme.

Il n’y avait pas de crise pétrolière ou énergétique en vue , il était question de diversification des sources énergétiques; La signature de l’accord de Paris sur le climat, en 2015, insistait sur cette diversification par rapport aux énergies fossiles en faveur des énergies renouvelables. Mais déjà les Etats-Unis tablaient sur le schiste bitumeux et de ce fait augmentaient leur potentiel en pétrole et en gaz malgré les critiques écologiquement vertueuses. Apparemment l’approvisionnement en pétrole du Moyen Orient n’était pas la préoccupation première des différentes administrations des Etats-Unis.

Toutes ces analyses ont beaucoup contribué à ce que l’attention du gouvernement américain qu’il s’agisse d’Obama, Biden ou Trump lui-même se tournent contre la Chine dont ils voyaient la montée en puissance et qu’ils avaient décidé d’empêcher. C’est d’ailleurs dans ce contexte géopolitique que Trump a tenté en fait d’enrayer l’influence chinoise en particulier en Amérique latine avec le Donroisme et l’expédition du Venezuela, l’installation de gouvernements soumis aux USA et on peut considérer que l’expédition en Iran fait partie de cette logique là. Sans mesurer la réalité qui étaient que les énergies fossiles continuaient à fournir plus de 80% de l’énergie mondiale et qu’en fait la demande n’avait pas cessé de croître. Le pétrole étant négocié sur un marché mondial, les hausses de prix se répercutent sur le prix à la pompe pour tous, qu’un pays soit importateur ou exportateur net. Les perturbations de l’approvisionnement en gaz naturel ont également des répercussions en Asie et en Europe, même si les États-Unis en sont largement protégés. En raison d’infrastructures fixes d’exportation de gaz naturel liquéfié américain fonctionnant généralement à pleine capacité, les producteurs américains ne peuvent pas transformer davantage de gaz en GNL pour le vendre à l’étranger à des prix plus élevés et doivent donc le vendre à des prix intérieurs inférieurs.

On peut dire que le États-Unis, qui avaient décidé d’empêcher la montée en puissance de la Chine comme superpuissance en coupant cette dernière du domaine de l’innovation comme de celui de l’énergie. La crise iranienne a été un choc pour les Etats-Unis parce qu’ils ont découvert que leur statut de superpuissance énergétique ne les met pas à l’abri des bouleversements géopolitiques. Bien que le pays produise plus de pétrole brut et de produits pétroliers qu’il n’en consomme, il demeure dépendant des marchés mondiaux. Les producteurs américains peuvent certes profiter de la hausse des prix, mais ce n’est pas le cas des ménages ni des industries énergivores. La conception du marché que l’impérialisme avait promu et qui avait garanti leur domination se retournait tel un boomerang et ce n’étaient pas seulement les flux de pétrole et de gaz qui paraissent profiter à la Chine et à la Russie mais la Chine a acquis une domination dans l’économie émergentes des énergies propres ce qui était déjà un levier d’action interne et externe. le monde multipolaire est apparu aux USA et à leurs alliés comme une possibilité d’intensification de la dépendance des pays aux marchés et aux sanctions qui vont avec. On pense bien sur au cas de Cuba et à l’asphyxie qui a été imposée en particulier avec le blocus sur le pétrole vénézuélien et la manière dont Trump a tout simplement déclaré que les dirigeants vénézuéliens devaient leur rendre leur pétrole et baptisant le golfe du mexique celui des USA. L’exclusion portant surtout sur Cuba, la Chine et la Russie.

Les énergies propres n’offrent aucune échappatoire à ces risques géopolitiques. La Chine contrôle une grande partie du traitement des minéraux critiques à l’échelle mondiale et domine les chaînes d’approvisionnement des panneaux solaires, des éoliennes, des batteries et des véhicules électriques. Lorsque Pékin a restreint ses exportations de terres rares en 2025 en réponse aux restrictions américaines sur les exportations, cela a provoqué une onde de choc à Washington et dans les capitales européennes. Les constructeurs automobiles des deux côtés de l’Atlantique ont eu du mal à s’approvisionner en pièces détachées, certaines productions ont été interrompues et les prix européens des composants essentiels des véhicules électriques ont explosé. La leçon était claire : la dépendance pouvait être instrumentalisée dans le secteur des énergies propres aussi facilement que sur le marché des énergies fossiles.

Conscients des vulnérabilités des systèmes énergétiques traditionnels et propres, les gouvernements sont de plus en plus tentés de viser l’autarcie énergétique, c’est-à-dire la capacité de subvenir à leurs propres besoins en énergie. La crise énergétique provoquée par la guerre en Iran peut accentuer cette tendance, c’était la promesse sur laquelle Trump s’est fait élire et celle de tous les populismes d’extrême-droite qui cherchent à inventer un capitalisme d’Etat financiarisé et qui comme Trump céderont devant la réalité géopolitique d’un autre marché.

Avant la guerre en Iran, les gouvernements et le covid l’a favorisé sont intervenus. Lors des premières perturbations des approvisionnements énergétiques, les gouvernements ont collaboré avec l’Agence internationale de l’énergie pour coordonner la libération des stocks mondiaux de pétrole afin de stabiliser les marchés. Cette tendance à l’interventionnisme étatique va bien au-delà de ces mesures d’urgence. Les gouvernements qui se montrent plus réticents à s’en remettre aux marchés interconnectés pour l’allocation des ressources énergétiques privilégieront un contrôle accru de la production nationale, des chaînes d’approvisionnement, des infrastructures et même des routes commerciales. L’objectif ne sera plus seulement de diversifier les sources d’approvisionnement ou d’accroître les réserves – piliers des stratégies de sécurité énergétique de la plupart des pays depuis longtemps – mais de réduire globalement la dépendance aux systèmes énergétiques mondiaux.

La volonté de réduire l’exposition aux marchés pétroliers et gaziers risqués donnera un nouvel élan aux efforts déployés pour trouver des sources d’énergie alternatives et alimenter une plus grande partie de l’économie nationale avec de l’électricité produite à partir de sources nationales. On observera des gains d’efficacité, une réduction de la consommation de pétrole grâce à l’intégration croissante des véhicules électriques dans les réseaux de transport, et une substitution du gaz par l’énergie solaire, éolienne, nucléaire ou à partir du charbon.

Il faut mesurer dans quoi la Chine s’est engagée et qui devient contraignant de fait pour toute issue, elle a créé les conditions de résister aux chocs mais sans pour autant aboutir à une autarcie énergétique: la moitié des importations chinoises de pétrole brut et un tiers de ses importations de gaz naturel liquéfié transitent par le détroit d’Ormuz. et elle a bénéficié de l’intégration de l’Iran dans les BRICS et le monde multipolaire avec des échanges multiples en matière de capacité de défense de l’IRAN, le test même de protections et de capacité à prévoir les interventions des USA et d’israêl, des échanges technologiques de haut niveau. Mais à côté de ces relations du monde multipolaire qui a également donné son plein effet auprès du Pakistan, intermédiaire dans les négociations indirectes. La Chine a conçu également sa propre résistance au choc après deux décennies d’électrification intensive – l’électricité représente désormais plus de 30 % de la consommation énergétique finale de la Chine – et un développement massif de la production nationale d’électricité à partir du charbon et des énergies renouvelables, la Chine est mieux armée qu’elle ne l’aurait été pour absorber les chocs externes affectant ses approvisionnements en pétrole et en gaz. Les importantes réserves stratégiques de pétrole qu’elle a constituées constituent également un atout. (Les États-Unis, quant à eux, ont vendu une partie de leurs stocks.) Pékin va probablement accélérer l’électrification des transports et de l’industrie, rechercher des sources d’approvisionnement en minéraux critiques encore plus importantes, tant au niveau national qu’international, et poursuivre le développement de ses réserves, de son réseau électrique et de ses capacités de stockage.

L’Europe est elle qu’elle le veuille ou non contrainte à l’Eurasie, non seulement aux ressources russes que l’hégémon lui a fait abandonner avec les illusions mortifères d’une reprise de l’OTAN à leur compte. Une stratégie européenne fondée sur l’électrification et le développement de la production nationale d’électricité à partir de sources renouvelables l’oblige à se retourner vers les chaînes d’approvisionnement en énergie propre dominées par la Chine.

la fin de l’impérialisme unipolaire va nous confronter à des réajustements considérables dans lesquels il faut accepter de sortir des ornières pour mieux tenir bon sur la nécessité du socialisme comme transition

On a eu avec la crise iranienne qui dans ses conséquences n’est pas terminée un aperçu de ce que pouvait représenter la pseudo indépendance énergétique dont ils croyaient bénéficier avec le gaz de schiste et de fait l’impossibilité de se déconnecter des marchés pétroliers mondiaux et l’impossibilité d’imposer une logique nationale aux raffineurs. Avec la découverte qu’ont été introduites de nouvelles sources d’instabilité parce que la pseudo autarcie s’avère plus couteuse que prévu et que in fine ni l’opinion publique, ni les marchés n’obéissent à une gestion aussi erratique. Bref on en arrive à ce qui ressort de cette crise et qui est déjà contenue dans le monde multipolaire à savoir que l’ordre international est moins dicté par les marchés financiers et plus dans des considérations géopolitiques dans lesquelles la souveraineté des nations mais aussi la pression des peuples et des couches populaires, en particulier des « producteurs » jouent un rôle nouveau . Il n’y a pas retrait complet des marchés mondiaux ni dans la réalité, ni dans la manière dont on doit définir les objectifs de cette souveraineté mais une construction nouvelle des chaînes d’approvisionnement.

bien sur il faudrait longuement développer le fait que Pékin est occupée à prémunir son pays des conséquences dévastatrices des folies occidentales particulièrement en terme de politique monétaire, ce qui a été défini comme l’assouplissement quantitatif et qui n’est que l’art de faire tourner la planche à billet , elle façonne depuis une vingtaine d’années un système planétaire mais aussi d’envergure régionale dans lequel les Etats façonnent leurs échanges avec leur propre monnaie, la Chine étant le principal partenaire de ses voisins asiatiques et russe au lieu de passer par le dollar dont plus personne en particulier la FED ne sait sa valeur exacte. Dans un tel contexte, le rôle du pétrodollar est un rempart face à l’écroulement qui menace. Là encore il faut mesurer ce que le coup de poker de Trump pour accroître son contrôle, y compris par l’asphyxie asiatique en particulier et la Chine est apparue comme un rempart.

la zone européenne et celle du Moyen Orient /Afrique a tout intérêt à participer à ce système en développant à leur tour des connexions nouvelles, mais l’UE ne le fait pas parce qu’elle abandonne sa souveraineté à l’hégémon du moins sur un plan collectif supposé puisque chacun va négocier à titre individuel.

En fait la conclusion qui s’impose c’est que ce que la crise du détroit d’Ormuz révèle n’est pas la fin de la coopération et de l’interconnexion mais ses nouvelles modalités qui sont celles de ce monde multipolaire avec à la fois une prise en compte par les nations de la nécessité de gérer leurs vulnérabilités et leur atouts dans le cadre d’un commerce mondial qui se rééquilibre. Il ne s’agit pas de se mettre dans la dépendance de la Chine après les USA mais de bien mesurer au contraire ce qu’elle propose au monde y compris à partir de sa propre gestion face aux chocs, en combinant ses capacités nationales avec une intégration planifiée et prévoyante sur des décennies à l’intégration aux marchés mondiaux. Elle l’a fait en affrontant des défis considérables quant à son propre développement.

Enfin la crise iranienne prouve que dans ce monde d’interdépendance aucun conflit régional n’est isolé et négocier en des termes nouveaux est la seule réponse à l’arbitraire autodestructeur de ce monde unipolaire qui meurt.

Nous avons assisté en temps réels à la modification de la carte stratégique du monde discrètement apparemment en coulisse mais de manière spectaculaire. Comme nous n’avons cessé de l’affirmer dans l’agitagtion générale il s’est avéré que ceux qui détenaient les clés étaient d’abord la Chine mais dans son partenariat renforcé avec la Russie. Le rôle du Pakistan, lui même pris dans des menaces existentielles a servi d’intermédiaire, il a été la voie par laquelle la Chine accordait une porte de sortie aux Etats-Unis. À Pékin, le vice-Premier ministre pakistanais, Ishaq Dar ,  s’est entretenu avec le ministre chinois des Affaires étrangères,  Wang YI   pour des consultations « approfondies ». Officiellement consacrées aux relations bilatérales, ces rencontres constituaient en réalité une leçon magistrale sur la nouvelle diplomatie du Moyen-Orient, où l’absence de Washington est de plus en plus compensée par ses rivaux. La manière d’aider Trump à sortir de l’impasse dans laquelle il s’était lui même placé et qui, comme nous le voyons par ailleurs se faisaient téléscoper sa tactique tarifaire et son déplacement de l’armada.

Mais il faut aussi concevoir à quel point le socialisme est la seule perspective avec sa planification comme stratégie mais en sachant sortir des ornières dans lesquelles le capitalisme nous a enfermé et des décennies d’illusion quant à sa propre puissance dans la fin de l’histoire . Celle-ci a repris de plus belle

Danielle Bleitrach

(1) il y a eu bien sur la censure de la presse de propagande souvent tenue en France par des marchands d’armes, celle déjà plus étrange de l’Humanité et de la quasi totalité de la presse communiste ou dite telle avec le cas stupéfiant de la revue la Pensée exigeant que mes écrits soient effacés de leur patrimoine numérique par l’UE, mais il faut également noter que les deux videos que j’ai réalisées l’une avec la librfairie tropique, l’autre avec « la jeunesse du monde » ont été confiées à notre éditeur Delga, mais la librairie comme le groupe « jeunesse du monde » ont refusé de la publier sur leur site parce que je n’étais pas assez critique de Roussel et pas assez révolutionnaire à leur grè; Pour la librairie tropique c’était faire le choix « révolutionnaire » de voter Rachida Dati, et pour la jeunesse c’était ne pas assez dénoncer l’UE et ne pas assez coïnicider avec la vision de l’impérialisme du temps de Dimitrov. Ce qui dit l’état réél du débat en france et l’on pense avec nostalgie à Aristote estimant qu’il faut atteindre un degré supérieur dans le raisonnement pour comprendre ce que dit quelqun dont pourtant on ne partage pas les idées.

v livre qui propose que l’on discute de l’adhésion de la France aux BRICS et qui se heurte à la censure générale et en particulier celle de l’humanité et de la presse communiste avec l’argument que ce serait l’oeuvre d’ennemis du parti. A la question pourquoi alors la préface de Roussel il a été répondu « elle (moi) l’a obligé par un membre du comité national.

livre écrit pour s’interroger sur les raisons historiques d’une telle censure… et également censuré…

ideo à la librairie tropique que le libraire a eu la gentillesse de nous fournir mais qu’il a considéré en ruopture avec son projet éditorial… Notez la manière dont je tente de survivre à ses interruptions.

video gentiment filmé par la jeunesse du monde mais qui n’a pas osé la mettre sur son propre site parce que ne correspondant pas à son projet éditorial. la communication de cette vidéo étant néanmoins un exploit démocratique par rapport à ce qui se passe dans la presse dite communiste où ils en sont à interdire la moindre parole sur un livre préfacé par Fabien Roussel. Ou comme la revue la Pensée qui en est à effacer mes écrits en utilisant un dispositif européen destiné à effacer la mémoire des révolutionnaires.

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