Les Etats-Unis ont cessé de faire semblant, constatent les Cubains, et la question ne peut plus être éludée, qui se bat et qui se couche ? Il n’y a pas que l’Amérique latine qui soit confrontée à une telle alternative, la servitude ou la souveraineté, quel que soit le choix il faudra en payer le prix. Cuba s’adresse à l’hémisphère menacé d’asservissement mais l’invitation est plus large c’est le destin de l’humanité qui se joue, malheureusement nous n’avons pas le savoir des Cubains en matière de résistance, nous sommes incroyablement naïfs et encore aveugles. Et combien d’entre nous s’imaginent qu’en allant toujours plus loin dans la lâcheté pour être « toléré » nous échapperons au fascisme qui est déjà là, c’est une illusion et je place en fin de cet article des Cubains une invite de Valérie Pecresse à renouveler l’exploit du maire de Draguignan : organiser officiellement la « dénonciation des crimes des communismes » mais cela concerne désormais les programmes scolaires de l’Ile de France. Là encore au vu de certains manuels et de l’autoflagellation imposée aux membres du PCF il s’agit comme pour Trump d’une simple officialisation (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)
Par : Nicolas Schamne
Dans cet article : Amérique latine et Caraïbes
7 janvier 2026
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Les États-Unis ont cessé de faire semblant : l’Amérique latine est à nouveau perçue comme un territoire à administrer, et non comme une région avec laquelle dialoguer.
Telle est la thèse centrale qui sous-tend la nouvelle architecture stratégique promue par Donald Trump, une doctrine qui n’innove pas, mais qui se contente de moderniser les anciennes hiérarchies impériales avec le langage du XXIe siècle.
Le document (Donroe : Le corollaire Trump à la doctrine Monroe) présenté par Washington en décembre 2025, qui encadre cette étape, parle non de coopération, mais de contrôle ; non d’alliances, mais d’obéissance. L’Amérique latine y apparaît comme un espace « naturel » d’influence exclusive, une sorte d’arrière-cour réévaluée dans un monde où les États-Unis ne peuvent plus gouverner seuls, mais refusent également de renoncer au pouvoir.
La métaphore est claire : un empire en déroute qui s’accroche au sol pour éviter de perdre du territoire. Trump ne propose pas une hégémonie mondiale expansionniste, mais plutôt une hégémonie sélective et brutalement territorialisée. Face à la montée en puissance de la Chine et à la persistance de la Russie, Washington redéfinit ses priorités et concentre ses forces là où il a historiquement exercé son emprise : en Amérique latine.
Le premier axe est militaire. La présence croissante de troupes, les exercices conjoints et les bases « temporaires » constituent une occupation de faible intensité, légalisée par des gouvernements locaux complaisants. L’Argentine, l’Équateur, le Pérou et les Caraïbes ne sont pas des exceptions, mais plutôt des laboratoires. On y teste une doctrine où la souveraineté est bafouée par décret et la défense nationale externalisée sous prétexte de « sécurité ».
Le second axe est politique. La rhétorique de la lutte contre le trafic de drogue et le terrorisme sert de prétexte discursif, et non de véritable objectif. Le véritable ennemi est tout projet indépendant qui tente de diversifier les alliances, de protéger les ressources stratégiques ou de remettre en question les normes établies. L’avertissement est clair : quiconque ne se soumet pas sera considéré comme une menace.
Le troisième axe est économique et culturel. Trump rejette la mondialisation, mais pas la domination. Il s’oppose au libre-échange lorsqu’il ne profite pas à son secteur, mais exige une ouverture totale en matière de ressources étrangères. C’est un nationalisme impérial : protectionniste à l’intérieur, extractiviste à l’extérieur.
Voici un paradoxe que le péronisme connaît bien : un pouvoir exercé sans légitimité a besoin de force ; un pouvoir sans avenir a besoin de rapidité. Les États-Unis accélèrent car ils savent que le temps joue désormais contre eux. C’est pourquoi ils imposent, font pression et menacent. Ils ne convainquent pas.
La question cruciale n’est pas de savoir ce que veut Trump, mais ce que feront les peuples d’Amérique latine. L’histoire de cette région n’est pas celle d’une soumission passive, mais celle d’une résistance cyclique. Toute tentative de contrôle s’est, tôt ou tard, heurtée à une réaction populaire, politique ou culturelle.
L’avenir n’est pas écrit. Mais une chose est sûre : si l’Amérique latine accepte d’être un butin de guerre, elle le sera ; si elle décide de se considérer comme un sujet historique, elle défiera de nouveau les puissants. Et cela – hier comme aujourd’hui – demeure le plus grand péché impardonnable pour tout empire en déclin.
www.atom.bio/shamnenicolas
(1) la vague du Maccarthysme ne nous épargnera pas si nous acceptons de définir tous les pays et dirigeants véritablement socialistes et communistes comme des dictatures.

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