Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

La longue guerre contre le Venezuela et comment un peuple se forge-t-il une conscience ? ..

Si l’on veut une véritable résistance à l’impérialisme des Etats-Unis, encore faudrait-il non seulement l’organiser mais également avoir à cœur de fournir une véritable information sur des pays qui subissent la propagande de l’empire et le financement par la CIA de ceux qui contribuent au mensonge. Cet article constitue un excellent résumé de la véritable histoire du Venezuela et de la victoire qu’un peuple uni peut remporter face au défi de l’empire. Le geste de Maduro avec les pouces tendus ne dit rien d’autre mais ce n’est pas de la gloriole, c’est la force d’une conscience révolutionnaire qui se forge pas seulement dans les armes mais au service d’un peuple qui a connu tant de drames et qui sait qu’il ne peut pas se coucher. Ce sera désormais le seul travail auquel je me livrerai ici et dans le petit livre à paraître (1) qui, sans détruire le peu qui se fait, a comme ce blog à cœur hors tout enjeu politicien d’informer sur la réalité du monde, réalité que l’on vous cache. Cet article nous explique pourquoi le Venezuela associé à Cuba recueille une telle adhésion populaire. Certes il y a la capacité à défendre sa souveraineté mais il y a les réalisations et la manière dont elles sont intégrées à la profondeur de la mémoire historique. Toutes choses pratiquement éradiquées en France. Ce dimanche, nous vous présentons cette réalité sur un mode magazine. Sans parler à la place de ceux qui sont membre du PCF comme Franck et Marianne, en ce qui me concerne j’approfondirais cette voie de la connaissance dans laquelle je suis sûre au moins d’avoir une utilité, en attendant que les Français trouvent les chemins de leur propre histoire révolutionnaire (note et traduction de Danielle Bleitrach).

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Samedi 10 janvier 2026

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La longue guerre contre le Venezuela

Des manifestants brandissent une banderole lors d'une marche à Caracas le 9 janvier 2026, exigeant la libération du président vénézuélien destitué Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Flores, enlevés et emmenés à New York le 3 janvier pour y être jugés pour trafic de drogue et port d'armes. Photo
Des manifestants brandissent une banderole lors d’une marche à Caracas le 9 janvier 2026, exigeant la libération de l’ancien président vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Flores, enlevés et emmenés à New York le 3 janvier pour y être jugés pour trafic de drogue et port d’armes. Photo AFP

Raúl Romero*

10 janvier 2026

La guerre menée par les États-Unis contre le Venezuela dure depuis près de 27 ans, depuis l’accession d’Hugo Chávez à la présidence. Avec son peuple, il a entrepris une série de transformations qui inquiétaient les bellicistes et l’élite fortunée. Le peuple vénézuélien, sous la direction de Chávez, a progressé dans la relance de son industrie pétrolière et a obtenu l’éradication de l’analphabétisme national grâce à des initiatives telles que la Mission Robinson et son programme d’alphabétisation « Oui, je peux » ( avec les Cubains qui ont créé la méthode d’alphabétisation, note de la traductrice).

Avec la formation du pouvoir communautaire, l’une des initiatives de pouvoir populaire les plus intéressantes – et non sans contradictions – du XXIe siècle, de larges pans de la société exploitée et opprimée sont parvenus à proposer une chose aussi authentique que paradoxale : l’État communautaire. Pour les États-Unis, le Venezuela est ainsi devenu un mauvais exemple pour le monde. La guerre menée par les États-Unis contre le Venezuela durant ces 27 années a été constante et a connu différentes phases. 

La désinformation et les attaques médiatiques ont toujours été présentes, de même que le financement de groupes d’opposition et le soutien politique et militaire à des coups d’État. Le coup d’État de 2002 et l’enlèvement d’Hugo Chávez, soutenus par les États-Unis, restent un rappel brutal de ces agressions et ont finalement été déjoués grâce à la mobilisation populaire. On se souvient également de la tentative d’assassinat de Nicolás Maduro en 2018, qui a impliqué l’utilisation de drones et d’explosifs. 

Outre la désinformation, les attaques médiatiques, les conseils et financements politiques et militaires, s’ajoutent des sanctions économiques, le gel des comptes et d’autres mesures financières qui ont toujours visé à asphyxier le peuple vénézuélien. Tandis que toutes les formes de guerre ont été et continuent d’être utilisées contre le Venezuela, le gouvernement américain, ses alliés et certains progressistes égarés ont soutenu, par le biais des médias, des dirigeants sans envergure. 

Bien que Juan Guaidó, Corina Machado, Leopoldo López et Edmundo González aient affirmé à plusieurs reprises avoir « gagné des élections », avoir « bénéficié du soutien de la société » et avoir même été reconnus comme « présidents » par les gouvernements d’autres pays, il est désormais clair qu’ils n’étaient que des marionnettes jetables de Washington. 

Le peuple vénézuélien a résisté à tout cela et continue de résister. Il a résisté à la mort d’Hugo Chávez, alors qu’on prédisait la fin de tout, et il résiste aujourd’hui à l’enlèvement de son président, Nicolás Maduro, et de Cilia Flores. Le peuple vénézuélien résiste aux multiples formes de guerre qui lui sont imposées de l’étranger, ainsi qu’aux contradictions et aux erreurs de ses dirigeants et de son administration. 

Ils ont résisté et continuent de résister à ces guerres qui n’ont jamais eu pour but la démocratie et les droits de l’homme, mais toujours le pétrole et le contrôle des territoires. L’intensification de la guerre contre le Venezuela ces derniers jours s’inscrit cependant dans une restructuration mondiale du capital, marquée par l’expansion des guerres de conquête. 

Dans cette phase, le pétrole vénézuélien reste la cible, mais aussi un message de discipline et de peur : quiconque ne se soumet pas pourrait devenir la prochaine cible. « Chaque bombe qui tombe sur Gaza tombe aussi sur les capitales et les grandes villes du monde, elles ne l’ont simplement pas encore compris », déclaraient les zapatistes en 2023. Ces bombes sont déjà tombées sur le Venezuela. De plus amples informations émergent progressivement sur ce qui s’est passé il y a quelques jours au Venezuela. 

Aujourd’hui, nous savons par exemple que l’invasion a suscité une résistance farouche, que des combattants internationalistes cubains et de nombreux Vénézuéliens ont combattu pendant plusieurs heures. Le bilan officiel n’est pas encore connu, mais on parle d’au moins 80 Vénézuéliens tués et d’une centaine de blessés. 

L’attitude de Nicolás Maduro lors des transferts de pouvoir et de ses apparitions publiques donne l’impression qu’il est vainqueur de cette bataille, si l’on entend par victoire que lui et Cilia sont toujours en vie, que le gouvernement bolivarien se maintient, que son pays n’a pas été conquis, que son discours l’emporte et, surtout, que le peuple vénézuélien résistera dans la rue. Dans les jours qui viennent et dans ceux à venir, de nombreuses informations erronées circuleront. 

Nous devons nous en tenir à une position éthique et à la vérité : sans le soutien de l’appareil juridique de son pays, le gouvernement américain a envahi le Venezuela, kidnappé son président et son épouse, assassiné des dizaines de personnes – y compris des civils –, endommagé des maisons et des centres éducatifs, et propose aujourd’hui d’imposer une sorte de protectorat. 

Habitués à résister, les Vénézuéliens commencent à sortir de leur stupeur et à descendre dans la rue. Ils ont besoin de la solidarité des peuples du monde entier et, plus important encore, les peuples du monde entier ont besoin que le peuple américain intensifie les protestations de l’intérieur. C’est le moment du peuple vénézuélien. C’est le moment du monde. 

*Sociologue 

X : @RaulRomero_mx

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