Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

La ligne de non-retour de l’impérialisme vu de la Chine

L’article suivant est publié sur le site théorique du PCC, où l’on trouve toutes ses campagnes de mobilisation. Mais ici il ne s’agit pas des dernières directives, qui mettaient l’accent sur la consommation intérieure, considérée avec la production comme la contradiction principale actuelle en Chine.

Il ne s’agit pas non plus de l’acte de piraterie internationale des USA contre le Venezuela, mais de la société nord-américaine elle-même et de ses contradictions. Ne sont-elles pas le fondement de l’hégémonisme US ?

Chez nous, France-Info relève que l’électorat de Trump, qui a voté pour un « président de la paix », est désorienté par les interventions militaires successives. L’article cite « Marjorie Taylor Greene, par exemple, ex-fervente militante du mouvement MAGA, qui a claqué la porte du parti présidentiel avec fracas ces derniers jours, estime pour sa part que la lutte contre la drogue ne peut pas justifier l’intervention au Vénézuela. « La plupart du fentanyl mortel qui entre aux États-Unis provient du Mexique. Pourquoi l’administration Trump n’a-t-elle pas pris de mesures contre les cartels mexicains ? », interroge-t-elle. Puis « Beaucoup de partisans MAGA pensaient avoir voté pour mettre fin aux interventions américaines à l’étrangerNous nous sommes vraiment trompés ».

Puis, côté démocrate : « Le chef de file des sénateurs démocrates, Chuck Schumer, qualifie l’opération d’« irresponsable »« Deuxième guerre injustifiée de ma vie. Cette guerre est illégale », a même fustigé Ruben Gallego, sénateur démocrate et ancien combattant en Irak. Il ajoute qu’il n’y a « aucune raison » pour les Etats-Unis « d’être en guerre avec le Venezuela ». Chris Murphy, sénateur démocrate du Connecticut, juge, lui, que l’arrestation de Nicolas Maduro et la prise de contrôle du Venezuela par les États-Unis n’ont même rien à voir avec la sécurité du pays. « Il semble que ce soit surtout pour le pétrole et les ressources naturelles. La politique étrangère de Donald Trump est corrompue. La Russie, le Moyen-Orient et maintenant le Venezuela, c’est pour que ses amis fassent de l’argent. Pas pour notre sécurité », tance-t-il. Plusieurs élus démocrates soulignent d’ailleurs que des entreprises américaines préparent déjà des voyages d’affaires au Venezuela pour tenter de s’y implanter rapidement. »

Tandis que la Chine Populaire agit à l’échelle internationale pour élargir le front uni mondial anti hégémonique, l’article de QStheory pointe les contradictions internes des USA et leur cause profonde, le grand capital.

Il s’adresse de fait au peuple américain. Sans s’ingérer dans ses décisions il indique que le grand capital est l’obstacle principal à toute réforme. … « toute réforme authentique visant à renforcer la protection sociale et à optimiser la répartition des richesses se heurtera inévitablement à des difficultés considérables dès lors qu’elle s’attaquera à cette structure d’intérêts fondamentale. »

Xuan pour Histoire & Société

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La situation politique américaine à l’article de la rupture

Source : Qiushi.com Auteur : Zhong Yan 04/01/2026

https://www.qstheory.cn/20260104/0a091946537a4ea789a07bd4e40253b3/c.html

  Récemment, l’expression « ligne de non-retour », issue des jeux en ligne, a gagné en popularité sur Internet en Chine, devenant une métaphore saisissante de la situation précaire de la société américaine. Elle ne désigne pas une misère extrême, mais plutôt une situation généralisée où la résilience est mise à rude épreuve : de nombreuses familles américaines, malgré un emploi, disposent de maigres économies. Confrontées à des événements imprévus tels que le chômage ou une maladie grave, leurs finances peuvent s’épuiser complètement, entraînant une chute vertigineuse et des conséquences désastreuses, comme la perte de leur logement et la faillite. Les données officielles montrent qu’en 2024, le nombre de sans-abri aux États-Unis a dépassé 770 000, soit une augmentation de 18,1 % par rapport à l’année précédente. Parmi eux, de nombreuses personnes occupant un emploi formel, ce qui révèle une faille importante dans le système de protection sociale. La « ligne de non-retour » illustre de façon frappante la fragilité économique structurelle de la société américaine.

  Lorsqu’une société compte une population aussi importante vivant dans la crainte de « s’effondrer », une forte demande politique se fait jour. Le mouvement massif « Make America Great Again » (MAGA) de ces dernières années constitue une réponse politique à ce problème social. Cependant, une analyse plus approfondie de son approche politique révèle que, si le mouvement MAGA utilise la lutte contre l’insécurité économique de la population comme l’un de ses principaux slogans de mobilisation, il existe un décalage important entre ses promesses politiques et l’angoisse existentielle que représente le « seuil de non-retour ».

  Le mouvement MAGA oriente et transforme systématiquement les revendications publiques dans les domaines économique et social en confrontations de groupe sur le terrain de l’identité culturelle. L’analyse de ses politiques et de sa propagande révèle que sa stratégie principale consiste à substituer à la pression économique réelle des accusations contre des groupes culturels spécifiques : imputer les difficultés aux immigrés illégaux qui « volent des emplois », à la « concurrence déloyale » des pays étrangers et aux « élites » nationales qui méprisent le peuple. Il offre davantage une affirmation identitaire et une catharsis émotionnelle, donnant aux sympathisants le sentiment d’être vus et représentés. Ainsi, la construction de murs aux frontières, le déclenchement de guerres commerciales et l’incitation à des luttes culturelles contre le « politiquement correct » … ces mesures servent avant tout à créer des ennemis et à renforcer l’identité de groupe ; ce sont de puissantes mobilisations politiques, mais elles ne peuvent véritablement améliorer la situation économique des familles ordinaires.

  Le mouvement MAGA, parmi ses partisans, n’a jamais réussi à dégager un véritable consensus sur la manière de résoudre les problèmes économiques auxquels la population est confrontée. Récemment, l’organisation « Turning Point in America », un baromètre essentiel du mouvement MAGA, a tenu sa réunion annuelle à Phoenix, en Arizona. Lors de cette réunion, les conflits internes au sein du camp MAGA se sont intensifiés au grand jour, révélant de multiples divisions : une faction proclame haut et fort son opposition à l’establishment, mais son autorité morale a été considérablement amoindrie par son implication dans l’affaire Epstein ; une autre clame « L’Amérique d’abord », mais se déchire violemment sur des questions telles que le soutien inconditionnel à Israël ; une division plus profonde touche à l’identité nationale : une faction insiste sur une citoyenneté fondée sur les principes constitutionnels, tandis que l’autre défend une idéologie nationaliste chrétienne plus radicale, teintée de xénophobie et de racisme. Ces querelles illustrent précisément qu’un mouvement défini par les politiques identitaires est intrinsèquement fragile dans ses alliances internes ; les désaccords et les conflits idéologiques rendent difficile la recherche de solutions unifiées et efficaces aux problèmes économiques et sociaux complexes.

  Si le mouvement MAGA, avec son slogan « L’Amérique d’abord », a su capter le mécontentement populaire généralisé dans des domaines tels que la santé, l’emploi et le logement, ses pratiques politiques ont éludé les causes profondes de ces difficultés de subsistance, reléguant de fait au second plan les réformes de fond concernant la sécurité sociale et la redistribution des richesses. Il en résulte une stagnation politique aux États-Unis : une mobilisation politique massive, mais des progrès au point mort dans l’amélioration des conditions de vie des citoyens ordinaires. Ce décalage systémique entre la réactivité politique et les véritables besoins sociaux constitue précisément la contradiction structurelle qui ne cesse de s’aggraver et de devenir difficile à résoudre au sein de la société américaine.

  Le phénomène de la « ligne de sécurité » révèle une logique institutionnelle froide et implacable, privilégiant le capital : selon cette logique, les dispositifs institutionnels privilégient systématiquement la sécurité et le rendement du capital au détriment de la survie et de la dignité des travailleurs. Il en résulte une situation où, lorsque des individus se retrouvent en situation d’incapacité économique due à des risques, le système privilégie l’isolement des risques financiers et la préservation du capital, plutôt que de fournir un soutien substantiel suffisant pour le redressement et la protection des populations, quitte à sacrifier certains membres de la société. Par conséquent, toute réforme authentique visant à renforcer la protection sociale et à optimiser la répartition des richesses se heurtera inévitablement à des difficultés considérables dès lors qu’elle s’attaquera à cette structure d’intérêts fondamentale.

  (Écrit par : Zhou Luming)

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