C’est ce que nous définissons comme le Zugzwang et qui est avec la guerre au Moyen orient et en Iran entré dans une nouvelle phase, celui où l’intervention des peuples, leur niveau de conscience joue un rôle grandissant. Les conditions objectives sont réunies et la division de la classe capitaliste est à son comble dirait Lénine au titre des conditions subjectives, il manque à ce moment « révolutionnaire » l’intervention populaire, le facteur religieux peut jouer. Nous devrions donc donner une perspective politique, le socialisme mais le faire en rassemblant large et aujourd’hui non seulement Macron mais la quasi totalité de la classe politique française se conduit a contrario de cette double exigence. La « logique » en effet de l’impérialisme n’est pas en rupture avec le néolibéralisme, le néocolonialisme qui l’a précédé, ses cibles restent les mêmes mais la dimension apocalyptique, religieuse, devient plus évidente même si elle est articulée en priorité avec les marchés financiers. Les USA y survivront mais leurs guerriers par procuration qui paraissent définir les buts des interventions comme conduisant celles-ci (Israël, l’Ukraine de Zelenski) comme nous le démontrons risquent à terme d’en être les principales victimes et y jouer leur survie ou du moins leur rôle international (L’UE, le Japon, la Corée du sud, l’Australe, etc…) Quant aux monarchies du Golfe elles s’aperçoivent qu’elles ne sont pas protégées par les puissances occidentales non seulement du feu du ciel venu d’Iran mais du mécontentement de leur population. C’est pour cela qu’outre la perspective il faut faire le choix de l’ordre multipolaire et de la proposition de paix chinoise. Là encore il n’y a guère que l’Espagne pour l’entrevoir.
Miami. Le secrétaire au Pentagone, le fantasque calviniste, et incompétent militaire, Pete Hegseth, a déclaré lors d’une réunion avec des responsables de la défense latino-américains que leurs pays étaient confrontés à un choix crucial : rester occidentaux et chrétiens ou être déchirés par des « migrations de masse incontrôlées » et d’autres menaces. Une fuite du New York Times a fait croire à une désescalade entre Washington et Téhéran. Cependant, l’illusion d’une accalmie n’aura duré que quelques heures : la guerre entre Israël, les États-Unis et l’Iran semble s’installer dans une logique d’escalade que plus personne – pas même ses instigateurs – ne contrôle vraiment. Le New York Times a lâché une bombe mardi soir en publiant une dépêche indiquant que l’Iran avait – secrètement, bien sûr – contacté la CIA pour des pourparlers de paix. Cela a provoqué l’euphorie sur les marchés en présentant les États-Unis, qui se voulaient « maîtres des horloges », comme des vainqueurs faciles.
Mais face aux démentis massifs de Téhéran, il faut se demander quel était le fondement de l’article du New York Times. Apparemment, il s’agissait moins de journalisme que d’une manœuvre calculée pour provoquer un bref accès d’euphorie des marchés, permettant aux investisseurs (aux initiés ?) de s’en échapper en perdant le moins de plumes possible ! Quelques heures plus tard, le fragile espoir que la Maison-Blanche se retrouve obligée de retenir ses coups à l’encontre de l’Iran à l’issue du 5e jour de l’opération « Epic Fury » s’est évaporé avec le vote du Sénat des États-Unis qui a rejeté, par 53 voix contre 47, une résolution qui aurait empêché toute nouvelle frappe contre l’Iran sans l’approbation préalable du Congrès. On remarque qu’une voix démocrate s’est jointe à la majorité républicaine : il s’agirait d’un sénateur démocrate évangéliste pro-sioniste – comme quoi la dimension religieuse du conflit n’est pas à négliger (Trump a créé un « White House Faith Office » pour favoriser les liens avec les chrétiens, mais pas n’importe lesquels : ceux qui valident le caractère messianique et apocalyptique des Évangiles).
Les plus radicaux parmi les évangélistes n’ont pas honte du qualificatif de « fous de Dieu ». Il n’est pas inutile non plus de mentionner cette « petite phrase » de Donald Trump : « Quand des fous possèdent des armes nucléaires, des choses terribles se produisent. »
Qui est fou? Cela dépend du point de vue où l’on se place… Même si l’on considère le point de vue occidental la Corée du Nord serait selon la propagande habituelle le modèle du genre. Curieusement, Trump n’a plus jamais traité Kim Jong-un de « fou », alors qu’il le faisait volontiers avant de constater qu’il a effectivement « la bombe ». Et justement, il se trouve que l’Iran ne possède pas l’arme nucléaire.
Non pas qu’elle ne sache pas la fabriquer – elle aurait eu dix fois le temps de la mettre au point depuis 40 ans – mais l’Ayatollah Khamenei s’est opposé avec constance durant tout son règne à l’enrichissement de l’uranium vers une « qualité militaire ». Khamenei n’était manifestement pas « fou » d’un strict point de vue géopolitique, il s’est contenté de résister à Israël par proxi : le Hezbollah, ou « parti de Dieu », d’obédience chiite, inféodé à l’Iran, s’est progressivement imposé comme la force politico-religieuse dominante au Sud-Liban de 1992 à 2000, jusqu’à ce que Tel-Aviv emploie les grands moyens en 2024 pour éradiquer la quasi-totalité de la hiérarchie politique et militaire du Hezbollah au Liban. Le plan selon toujours le système de propagande aurait été exécuté en quelques semaines, entre le 30 septembre et le 27 novembre 2024, via des frappes anéantissant des quartiers entiers et une partie de leurs habitants du centre de Beyrouth pour liquider les « cibles prioritaires ». On se demande ce qu’il en a été en réalité mais le fait est que cela a eu lieu sans que Khamenei ou les Pasdaran agissent et sortent de chez eux, une fois de plus l’Iran faisait la preuve de son refus d’un embrasement géopolitique.
Il en est du Liban comme de Gaza : l’hypothèse du génocide, de s’attaquer non seulement aux têtes mais à la population civile est devenue la doctrine de fait et aujourd’hui des « résistants » sont encore parvenus à tirer des roquettes vers Israël en représailles de l’ouverture des hostilités contre l’Iran. Les bombardements meurtriers sur le centre de Beyrouth ont aussitôt repris, des chars israéliens ont fait une première incursion depuis 18 mois au Sud-Liban, la France a appelé Benjamin Netanyahu « à la retenue » (là aussi les appels de la France n’ont jamais été entendus surtout quand par ailleurs ladite France partage des bases et des expéditions aériennes avec de fait Israël et les Etats-Unis elle n’a aucune chance d’être entendue, jamais !) et à renoncer à une offensive terrestre vers Beyrouth qui causerait un grand nombre de victimes civiles. Quand Macron parle tout le monde se marre. Paradoxalement l’Espagne qui ne possède pas le feu nucléaire a plus d’écho et notre hypothèse est parce que ce refus s’appuie sur l’Amérique latine et les possibilités d’un monde multipolaire alors que la France dans sa totalité glandouille dans le consensus néolibéral du type c’est mal de bombarder sans déclarer la guerre mais on est bien content que l’abominable Khamenei, (ou Saddam Hussein ou Kadhafi voir Maduro) soit abattu.
Oui, la guerre de religion ça compte et la religion du consensus néo-libéral vaut bien celle aux Etats-Unis qui a été fabriquée avec les évangélistes. Ainsi Lindsay Graham, chef de file républicain, sénateur de la Caroline du Sud, chrétien évangéliste ultra-sioniste qui a soutenu toutes les guerres impériales américaines depuis 2003 et se vante de séjourner en Israël une fois par semaine, mettait la pression sur Donald Trump pour envoyer des soldats américains aider les troupes israéliennes à « finir le travail », admettant que cette option fera des victimes mais que cela sert un dessein biblique et eschatologique.
Une autre question est intéressante : pourquoi Israël au point où il en est recourt à l’aide de l’Oncle Sam alors qu’au contraire de l’Iran il possède la bombe atomique (fin des années 1960, son arsenal nucléaire comporterait une centaines d’ogives, de quoi vitrifier l’intégralité du territoire iranien et anéantir tous ses habitants). Pourquoi ont-ils besoin de s’appuyer sur des préceptes religieux datant de millénaires au point d’intervenir à Pourim pendant le mois sacré du ramadan ? Cela veut dire que l’on va agir sans anesthésie avec un maximum de souffrance infligé au peuple considéré comme maudit par quelque vision messianique. Jusqu’où et jusqu’à quel feu iront-ils flanqués des évangélistes ? L’opération baptisée « Flèches du Nord » fut définie comme un succès éclatant… mais le mythe de David terrassant Goliath a pris du plomb dans l’aile : Israël disposait de moyen disproportionnés. La réalité est que Goliath disposait de l’armure et de l’arsenal d’Iron Man, ainsi que de la capacité de renseignement de « Big Brother », face à un David – peut-être animé de mauvaises intentions, mais ne disposant que d’une fronde, tout juste capable de faire une rayure sur un casque lourd.
Pourquoi cette impossibilité à écraser définitivement l’ennemi et pourquoi ont-ils besoin des Etats-Unis ? c’est que ça leur permet de se foutre complètement des résolutions de l’ONU. L’ONU face à la protection des Etats-Unis ayant renoncé à opposer des « résolutions » à Israël, qui ne les a jamais respectées depuis 1967, et le seul pays qui est jusqu’ici en situation de se moquer totalement des résolutions de l’ONU sont les Etats-Unis et leurs protégés. Ce sont les mêmes que l’on retrouve dans le vote face à Cuba.
Le religieux millénariste plus la défense des « intérêts » ne font pas toujours bon ménage et la « guerre préventive » est un bide assumé depuis Bush fils… quand il y a non seulement le lieu d’affrontement des monothéismes mais aussi le détroit d’Ormuz…
Israël a repris à son compte la théorie de la guerre préventive assumée par Bush fils et qui a déclenché la guerre dite contre le terrorisme. Notons que c’est à la même époque que la France avec Chirac dans le discours de Cherbourg modifie la doctrine de la force de frappe française, ce ne seront plus des rampes défensives sur le territoire mais des sous-marins et des porte-avions qui ne défendront plus la France mais « les intérêts français ». Et Macron aujourd’hui peut affirmer qu’il reste dans la logique gaullienne en construisant l’invincible et en offrant ses service au bellicisme otanesque des « Européens » alignés toujours sur les USA.
Mais pour revenir au Liban, c’est exactement le scénario qui se déroule depuis le 28 février à 6 heures du matin. Une « guerre préventive », justifiée par la 278e mise en garde en 37 ans « l’Iran aura la bombe d’ici quinze jours » et l’élimination physique d’un dirigeant ayant le titre de « guide suprême » (rayonnant au-delà des frontières de l’Iran), de ses ministres, chefs et sous-chefs d’état-major – en espérant un résultat comparable aux bombardements de Beyrouth et l’incursion de chars au Sud-Liban.
Trump n’a pas fait mystère au cours de ses premières déclarations, samedi, de son espoir de voir le régime des mollahs s’effondrer en 48h, comme le Hezbollah 18 mois plus tôt. Mais dès le lendemain, au vu la puissance de la riposte iranienne – témoignant d’un dispositif militaire ni désorganisé, ni démotivé, ni obsolète technologiquement – il admettait que cela pourrait prendre plutôt quatre à cinq semaines plutôt que quatre à cinq jours (et le cinquième jour est passé).
Puis, surviennent la fermeture de fait du détroit d’Ormuz, l’arrêt des opérations de liquéfaction de gaz au Koweït, la paralysie des trois principaux hubs aériens planétaires (l’aéroport d’Abu Dhabi perd 1 000 $ par seconde où les avions ne volent pas !), les bombardements ciblés de bases aériennes US dans sept pays du Golfe persique, les missiles hypersoniques inarrêtables tombant sur Tel-Aviv, Haïfa, Holon… Aucune de ces conséquences les plus prévisibles ne semblent avoir été sérieusement évaluées et anticipées.
Pour certains pays du Golfe, il existe quantité d’autres « inconvénients » qui relèvent de la logistique, comme le risque de perte de capacités de dessalement, une pénurie de produits frais si Ormuz reste fermé et le fret aérien cloué au sol. À plus long terme, si le conflit se prolonge, les millionnaires vont fuir ce qu’ils prenaient pour les endroits les plus « sécuritaires » et les plus attrayants pour le business (si tout le monde s’enfuit vers Miami et Monaco, Dubaï va perdre beaucoup de son attrait). Outre le fait que si le soutien à Israël par les USA est indéfectible visiblement la protection accordée par les occidentaux aux monarchies du Golfe est quasi nulle.
Un krach immobilier pourrait détruire l’économie des monarchies du Golfe bien plus efficacement qu’un tapis de bombes larguées sur Téhéran.
Et les tapis de bombes comme ceux que le « ministre de la Guerre » (c’est ainsi que Donald Trump a rebaptisé la fonction qu’exerce le néo-calviniste Peter Hegseth) vient de déverser sur les villes iraniennes ce mercredi ne traduit pas franchement la sérénité et la certitude tranquille de renverser le régime des mollahs – sans trop de dommages collatéraux – avec la pleine coopération d’un peuple qui se soulève pour renverser ses tyrans. Cette fois, les dommages collatéraux sont devenus un moyen de pression pour Washington, et Tel-Aviv voudrait y rajouter une pincée de guerre civile en encourageant le séparatisme kurde ou d’autres séparatismes (lours, gilaks, baloutches…). Autrement dit, semer le chaos comme en Afghanistan, en Syrie, en Libye. Chacun mesure bien le genre de paix promise par le suzerain qui a perdu les pédales.
Du coup, on touche du doigt le fait que les pseudo maitres du monde ignorent non seulement l’histoire mais la géographie, l’aspect inculte de l’hégémonisme, le néocolonial nous laisse ignorer que le peuple iranien est composite et qu’il serait vain d’espérer un soulèvement d’un seul élan des groupes culturels ayant des intérêts divergents et des relations plus ou moins fluides avec le régime des mollahs. Mais surtout, l’Iran – contrairement au Liban – c’est très grand et d’un point de vue topographique, c’est une forteresse montagneuse inexpugnable. Les missiles, les drones, les blindés sont protégés par des centaines de mètres d’épaisseur de roche. L’idée de s’en prendre à quelques bunkers construits en surface (montrer les images au 20h, se vanter d’avoir anéanti l’adversaire) est tout bonnement ridicule, avec un impact opérationnel nul.
Trump maîtrise peut-être « l’art du deal », mais peut-être pas l’art de la guerre à la Su Tzu. Normal, il avait affirmé que, sous son mandat, il n’y aurait pas de guerre avec l’Iran et qu’il éteindrait le conflit en Ukraine en quinze jours. Le problème, c’est qu’avec l’Iran, il n’y a plus rien à négocier, ceux qui auraient pu le faire ont été pulvérisés… et ceux qui le voudront le seront aussi. Et c’est là qu’intervient une autre donnée : la guerre de succession à la présidence est ouverte au sein de l’équipe de Trump et chacun prend la parole pour dire n’importe quoi. Il y a les « faucons » hérités de l’ère Bush qui veulent remettre ça, il y les jeunes avec Rubio qui ne rêve que des Caraïbes et qui voit dans chaque mise au pas celle de Cuba, mais il y a aussi Vance qui se tait parce qu’il cherche à représenter une tout autre stratégie celle de résoudre les problèmes des USA, les religieux qui croient à leur mission et de ce point de vue ça remue beaucoup dans la contestation avec Carlson, ceux qui sont partisan de liens avec la Russie et les conservateurs européens.
La Chine a très bien saisi la nature de la situation et se met en position d’en tirer les fruits sans imaginer que ce nouvel épisode signifie la fin de l’empire américain mais un peu plus de difficultés dans ce désordre stratégique comme à terme cela signifie la fin des guerriers par procuration que sont Israël, l’Ukraine et la décadence de l’UE. La Chine n’agit pas de cette manière.
Une des maximes cardinales de L’Art de la guerre de Sun Tzu, c’est qu’il faut éviter de désespérer l’adversaire, de l’acculer, de l’humilier, de ne lui laisser que le choix que vendre sa peau le plus chèrement possible, de mourir en martyr et d’inspirer une vendetta pour des siècles et des siècles comme cela se produit au Moyen orient et dans l’espace européen, africain, américain du sud, etc…
En attendant ce que doit gérer Trump : plus rien à négocier (on va vous écraser quoi que vous fassiez), plus personne avec qui négocier (tous morts), mais des militaires désormais seuls aux commandes qui n’ont plus rien à perdre, dotés d’un arsenal impossible à éradiquer et qui sera utilisé jusqu’à la dernière ogive.
Voilà qui diverge fortement du scénario « Flèches du Nord » qui semblait être le modèle à suivre. Le scénario poursuivi par Trump, sous l’influence de la chrétienne évangélique Paula White-Cain, sa « ministre de la Foi », semble être celui qui mène tout droit vers Armageddon. « Nous sommes confrontés à une épreuve cruciale qui déterminera si nos nations seront et resteront des nations occidentales dotées de caractéristiques distinctives, des nations chrétiennes sous la protection de Dieu », a déclaré Hegseth lors de la Conférence des Amériques contre les cartels. Mais on voit que la base « religieuse » avec Vance n’est pas convaincue.
Visiblement ça ne marche pas pour les Russes sur le fond avec Poutine qui a parfaitement compris qu’il ne peut en rien faire confiance à une telle bande de « gouvernants » représentés par Trump avec qui personnellement il aurait pu s’entendre ou du moins comprendre son langage même s’il est totalement dénué de toute profondeur historique et fonctionne à coup de bluff destiné d’abord aux marchés financiers. Mais ses propres intérêts de pays producteur de pétrole et de gaz s’inscrivent a contrario de ce désordre programmé et il agit en sous main dans l’Opep + une des bases des BRICS en particulier en Asie centrale. De surcroit la stratégie de Trump lie de plus en plus ses intérêts avec la Chine et renforce son partenariat stratégique. Mais à tout cela qui détermine la gouvernance de Poutine il faut encore ajouter ce que ne prennent jamais en compte les occidentaux et notre système de propagande et qui est pourtant l’essentiel pour la Chine communiste, à savoir les intérêts réels des peuples et leur vision subjective de la solution à y apporter, de ce point de vue nous insistons dans notre conclusion sur le fait que la Russie n’a jamais oublié l’URSS et son apport et l’on trouve ce patriotisme et ce refus de la stratégie des USA au Venezuela, à Cuba et au Moyen Orient non seulement chez les communistes mais chez les forces conservatrices comme Alexandre Douguine qui a déjà expliqué avoir refusé le contact avec Steve Banon pro nazi et les évangélistes, y voyant une menace directe contre la Russie (1).
C’est ce que nous définissons comme le Zugzwang et qui est avec la guerre au Moyen orient et en Iran entré dans une nouvelle phase, celui où l’intervention des peuples, leur niveau de conscience joue un rôle grandissant. Nous devrions donc donner une perspective politique, le socialisme mais le faire en rassemblant large et aujourd’hui non seulement Macron mais la quasi totalité de la classe politique française se conduit a contrario de cette double exigence. La « logique » en effet de l’impérialisme n’est pas en rupture avec le néolibéralisme, un néocolonialisme qui l’a précédé, ses cibles restent les mêmes mais la dimension apocalyptique, religieuse, devient plus évidente même si elle est articulée en priorité avec les marchés financiers. Les USA y survivront mais leurs guerriers par procuration qui paraissent définir les buts des interventions comme conduisant celles-ci (Israël, l’Ukraine de Zelenski) comme nous le démontrons risquent à terme d’en être les principales victimes et y jouer leur survie ou du moins leur rôle international (L’UE, le Japon , la Corée du sud, l’Australe, etc… ).
Danielle Bleitrach (en utilisant un certain nombre de constats y compris ceux des « investisseurs » en bourse qui souvent apportent une lucidité qui fait défaut aux éditoriaux de la presse française.
(1) voici un extrait de la Conversation avec Alexander Douguine dans l’émission Escalade de Sputnik TV à propos de l’assassinat de Khameini . »Il s’agit là d’un événement d’une importance capitale. Il est tout à fait possible qu’il marque le début de la Troisième Guerre mondiale, compte tenu des forces considérables désormais en jeu. Les actions des Américains – Trump et Netanyahou – dirigées contre les dirigeants politiques iraniens ont été d’une brutalité extraordinaire. Il s’agit déjà du deuxième cas de ce genre. Après l’enlèvement de Maduro par les États-Unis, qui ont établi un contrôle direct sur le Venezuela et occupé de facto le pays, ils ont anéanti l’ensemble du pouvoir militaro-politique et religieux iranien. Par son importance, cet acte est comparable à l’élimination du pape ou d’un patriarche orthodoxe, car le chef spirituel des chiites – le Rahbar, l’ayatollah Khamenei – était vénéré bien au-delà de l’Iran. Il était en réalité le chef de l’ensemble du monde chiite, qui compte des centaines de millions de fidèles à travers le globe. Auparavant, Israël avait éliminé les dirigeants du Hamas – une situation plus limitée – puis ceux du Hezbollah, une opération d’une gravité bien plus grande. Le pouvoir iranien a été brutalement et ouvertement anéanti. Dès lors, les normes internationales, les règles, n’existent plus, et l’ONU, de fait, n’est plus qu’un souvenir. Cette organisation appartient désormais au passé, tel un vestige fantomatique d’un monde disparu. Trump lui-même l’a implicitement admis : le droit international n’existe plus ; tout ce qu’il fait est moral. Tout bascule. L’ancien ordre mondial s’est effondré. Nous avancions progressivement dans cette direction, mais le point de non-retour est désormais franchi. Si un pays peut détruire les dirigeants militaro-politiques et religieux d’un État souverain sans le moindre fondement, alors nous vivons dans un monde radicalement différent : un monde où tout est permis, où la force remplace le droit, où règne le principe : « Si je peux le faire, je le ferai. » Le comportement de Trump est particulièrement frappant. Tout cela s’est produit pendant les négociations entre Kushner et Witkoff, et selon les informations disponibles, l’Iran avait accepté la quasi-totalité des exigences américaines, littéralement presque tout. Malgré cela, une telle frappe a visé directement les dirigeants du pays. Avant tout, il faut bien comprendre que dans cette situation, nous sommes les prochains. Le Venezuela, l’Iran, et avant cela la Syrie et le Hezbollah : tous ces régimes ou systèmes politiques sont actuellement ciblés par les États-Unis, et ce sont nos alliés. En effet, si de telles actions peuvent être entreprises contre nos alliés, si tout cela reste impuni, si Trump réussit dans tout ce qu’il entreprend, alors à l’étape suivante — peut-être même lors des négociations entre Kirill Dmitriev et Kushner et Witkoff — une opération similaire visant à un changement de régime dans notre pays pourrait avoir lieu. Et qu’est-ce qui nous protège d’un tel scénario ? Les armes nucléaires ? Même dans ce cas, la question demeure : les utiliserions-nous réellement ? Dans une situation extrême, l’Occident doute fortement que nous soyons prêts à franchir le pas ; nous proférons trop souvent des menaces sans jamais les mettre à exécution. Parallèlement, des efforts sont déployés pour encercler et isoler notre président. Notre président est, sans aucun doute, la figure sur laquelle repose tout. Dans notre pays, et peut-être même dans le monde, tout dépend de lui. Il est celui qui retient le pouvoir – le Katechon, comme le décrit notre tradition orthodoxe. Aujourd’hui, c’est tout simplement un fait géopolitique, un fait de l’ordre mondial. Mais si les Américains — Trump lui-même — se persuadent que d’autres dirigeants russes qui pourraient, Dieu nous en préserve, remplacer notre président seraient plus conciliants envers l’Occident — et c’était précisément le calcul en Iran, lorsque les dirigeants souverains de ce pays ont été physiquement éliminés parce qu’ils menaient des politiques qui ne correspondaient pas aux intérêts américains —, alors qu’est-ce qui les empêcherait de tenter de mettre en œuvre le même scénario ici ? Trump mène une stratégie géopolitique néoconservatrice d’attaque parfaitement cohérente. Les États ciblés par les mondialistes sous Biden, Obama et Clinton sont exactement les mêmes qu’aujourd’hui. Rien de fondamentalement nouveau n’est apparu. Malgré les scandales et les différends avec les alliés européens de l’OTAN, ces derniers finissent par se rallier aux États-Unis et adopter la même position. Pour nous, la situation est donc extrêmement grave. C’est un dernier avertissement.
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